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III. — MOUTOXS

Étiologie. — Les moutons ne sont pas à l'abri des broncho-pneumonies par corps étrangei's. Les agneaux nourris au biberon contractent cette alfection quand on élève trop leur museau (Daubenton).

Les breuvages administrés de force peuvent également tomber dans la trachée, déterminer l'asphyxie ou une broncho-pneumonie qui revêt quelques jours après sa physionomie suppurée ou gangreneuse (Hurtrel d'Arboval,. de Gasparin, Guillaume). Nous avons vu mourir subitement six moutons météorisés auxquels on venait d'administrer une petite quantité de solution ammoniacale.

Des corps étrangers (épillets de graminées ou épis de céréales) peuvent pénétrer spontanément dans les voies respiratoires au cours de repas pris en toute liberté [Moreau, Blanc. Strebcl(l). Dubois (2)].

Anatomie pathologique. — Tantôt on constate les lésions de l'asphyxie et d'une bronchite intense accompagnée de congestion et d'œdème pulmonaire, tantôt on rencontre des noyaux fibrineux, des foyers d'hépatisation ou des abcès qui englobent les corps étrangers.

La gangrène du poumon succède quelquefois à une infection profonde : un lobule, ou une portion d'un lobe antérieur ou d'un lobe cardiaque éprouve un ramollissement accompagné de la production de cavex-nules, de cavernes ou même d'une perforation de la plèvre viscérale (Lutz, Cadéac).

(1) Strebel, Revue réf.. 190.3, p. 542.

(2) Dubois, Revue véi., 1903.

Parlois on observe des foyers gangreneux multi[jles à gangrène diffuse, envahissante comme chez les soiipèdes (fis- M).

Il n'est pas rare de trouver un cpillct de graminée de quelques centimètres de long, les arêtes tournées en avant, la base en arrière, nageant dans une bouillie noirâtre, infecte.

Symptômes. — Immédiatement après l'accident qui a préci[)ité les corps étrangers dans les voies bronchiques, la respiration devient précipitée, laborieuse, plaintive;

Fit'. 11. — Coupe d'un lobe pulmonaire du mouton affecté de bronchopneumonie gangreneuse déterminée par une solution médicamenteuse avant pénétré accidentellement dans les bronches (Cadéac).

l'animal ne peut suivre le troupeau ; il tousse fréquemment et se livre à des efforts expulsifs suivis de la sortie par les deux naseaux d'un liquide séro-muqueux, jaunâtre ou grisâtre, qui i-enferme souvent des particules de fourrages entraînées par le réflexe expulsif.

La percussion peut dénoncer une zone de matité, et l'auscultation peut faire percevoir des râles muqueux et un bruit de souffle (Dubois).

L'animal, très essoufflé, s'épuise rapidement; il fond pour ainsi dire et succombe plus ou moins rapidement sans qu'on ait soupçonné révolution de cette broncho- [)neumonie traumatique et infectieuse.

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La terminaison de cette maladie est plus ou moins rapide suivant que le processus demeure exclusivement suppuratil' on devient gangreneux.

Les animaux maigrissent et deviennent étiques sous lïnfluence de la fièvre qui accompagne toute suppuration; ils succombent en quelquesjoursàla gangrène pulmonaire. Mais cette liquéfaction du poumon est représentée par la forme constante de ratïection ; elle constitue la variété la plus rare de cette maladie : renkystement ou tout au moins la tendance à l'enkystement marquée par la formation dabcès est la forme la plus fréquente chez les ruminants.

Pronostic. — Le pronostic est toujours très grave; c'est une maladie ordinairement mortelle.

Diagnostic. — Il importe de savoir la dépister de bonne heure ; un diagnostic précoce permet de livrer immédiatement ces animaux à la boucherie et de diminuer ainsi la perte qui résulterait de la mort de ces animaux.

On ne peut confondre cette broncho-pneumonie par corps étrangers qu'avec la broncho-pneumonie vermineme : mais, dans cette dernière, l'examen microscopique du jetage y révèle des œufs et des embryons qu'on "ne découvre pas dans la broncho-pneumonie gangreneuse.

Traitement. — Il faut s'efforcer de pi-évenir le développement de cette maladie en ne faisant rien prendre de force aux moutons malades ou en alimentant les agneaux avec précaution, la tête basse, de manière à éviter la chute des aliments dans la trachée. Les animaux atteints de cette broncho-pneumonie doivent être sacrifiés promptement, c'est-à-dire avant que leur viamle ne soit devenue fiévreuse et inutilisable.

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