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IV. — CARiMVORES

Étiologie. — La broncho-pneumonie par corps étrangers revêt habituellement une forme suppurative ou gangre-

nense : elle a quelquefois une origine alimentaire, mais est ordinairement médicamenteuse. On a trouvé quelquefois le poumon abcédé ou perforé par une épine de ronce, un épillet de seigle (Weber) ; ces acci<lents sont extrêmement rares.

Les médicaments administrés maladroitement s'engagent fréquemment dans les voies respiratoires. La moitié des chiens qui meurent de la maladie du jeune âge sont tués par leurs maîtres en leur faisant ingérer des boissons, desalimentsetsurtout des médicaments ([uu-gatifs, soufre, bile, huile de foie de morue).

Les maladies accompagnées de dyspIuKjie (angine, goitre, paralysie pharyngienne) jouent le rôle de causes prédisposantes.

Symptômes. — La pénétration des médicaments ou des aliments dans les voies respiratoires est parfois si abondante que l'animal présente immédiatement un accès de toux et des phénomènes asphyxiques alarmants. Il retrouve bientôt un peu de calme, mais il tombe dans une tristesse profonde; il demeure blotti dans un coin; l'injection des muqueuses et l'accélération des mouvements respiratoires dénoncent l'infection pulmonaire.

Le bout du nez se dessèche, la température dépasse -40° : un jetage, sanieux, hémorragique s'écoule par les deux naseaux; il répand une odeur fade, douceâtre ou fétide ; la respiration est dyspnéique, irrégulière; on constate du souffle labial.

La percussion de la poitrine dénonce, en moins d'une journée, l'existence d'une matilé évidente des parties inférieures des deux côtés de la poitrine; des râles muqueux, sibilants, entremêlés de bruits de gargouillement, s'y font entendre ; ils sont accompagnés d'une resph'ation bronchique rude ou soufflante au niveau des grosses bronches et d'une exagération considérable des mouvements respiratoires dans les parties élevées du poumon. Le travail de désorganisation pulmonaire se poursuit au niveau des lobes

antérieui's et des bords inférieui's ; il atteint la surface du poumon, intéresse la plèvre et engendre un bruit de frottement pleurétique, prélude d'une perforation prochaine et d'un épanchemont abondant.

Lap/t'io't'i/e n'est pourtant pas une complication inévitable de cette gangrène du poumon; les petits foyers de broncho-pneumonie gangreneuse peuvent s'enkjster, mais

Fig. 42. — Caverne et c iveniules pulnionaires (G. Petit). Inlilti'atiou iiiflariiniatoii'e périphérique.

cette terminaison est exceptionnelle; elle n'aquelque chance de se produire que lorsque les corps étrangers tombés dans les bronches sont rares et peu irritants.

L'évolution de la maladie est subordonnée à l'intensité de l'infection pulmonaire. L'animal peut mourir asphyxié immédiatement après la pénétration d'un liquide huileux dans les voies respiratoires, succomber en moins de vingtquatre heures; il résiste généralement quelques jours ; mais il dépasse rarement une semaine.

Le pronostic est extrêmement grave ; la broncho-pneumonie par corps étrangers est ordinairement mortelle.

Anatomie pathologique. — Les lésions de la broncho-

l'OUMON?

pneumonie par corps étrangers ont beaucoup d'analogies avec celles des broncho-pneumonies aiguës; elles n'en diflèrent quepar la présence des foyers degangrènesurajoutés aux lésions inflammatoires habituelles.

L'infection polymicrobiennedes lobules pulmonaires est

Fig. 43. — CaveiT.es et perforation du poumon chez le chien, h la suite

d'une broncho-pneumonie médicamenteuse.

G, C', cavernes (C.idcac).

suivie de la formation de cavernules, de cavernes et de la perforation du poumonav oc pleurésie gangreneuse {{\g. 42). La perforation se produit généralement au niveau des lobes antérieurs, et parfois au niveau de leur face médiav tine (Cadéac) (fig. 43).

L'épanchcment pleural est sanieux, putride, boueux, ou séro-sanguinolent; il est toujours pauvre en librine.

Diagnostic. — L'apparitiou de troubles respiratoires graves après l'administration de médicaments ou de boissons ou l'aggravation de l'affection pulmonaire préexistante doit faire soupçonner le développement d'une broncho-pneumonie par corps étrangers.

Traitement. — Le trai tement prophylactique est le seul efficace ; on ne doi t administrer des médicaments ou des alim(*iits aux animaux sains ou malades qu'en prenant beaucoup de précautions. Les animaux doivent avoir la bouche fermée, la tète peu élevée, et il faut verser doucement le liquide à la commissure de la lèvre légèrement repoussée en dehors, de nnanière à constituer avec lajoue une sorte d'entonnoir.

Le liquide qui humecte la langue incite l'animal à effectuer des mouvements de déglutition, qui préviennent la pénétration dans les voies respiratoires.

Définition. — L'induration fibreuse du poumon (sclérose, cirrhose du poumon, pneumonie interstitielle) est l'aboutissant d'un grand nombre de lésions pulmonaires, traumatiques. infectieuses, néoplasiques. Du tissu conjonctif de nouvelle formation enkyste généralement les parasites, les microbes et tous les corps irritants. Ce travail s'opère ordinairement sans réaction appréciable ; il peut s'accuser par des symptômes nets quand la transformation scléreuse s'opère sur une grande étendue. Les scléroses pulmonaires s'observent chez toutes les espèces animales.

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