III. — CARNIVORES
Étiologie. — Les pneumonies chroniques des carnivores sont généralement l'expression de la tuberculose ou d'une infestation parasitaire (strongylose). Elles peuvent cepen-
(1) Porcher, Société Centrale de méd. vét., 4899, p. 186.
(2) Chez le veau, on peut observer une véritable ossification du poumon : les bronches et une partie du tissu interstitiel s'ossifient. Un réticulum épais de feuillets et de plaques osseuses prend la place du squelette bronchique {ossification bu/lense) et forme un système de cavités communicantes de la grosseiirdu poing. Les plaques osseuses peuvent être recouvertes de tissu H:ireu\ blanc, auquel fait suite un tissu pulmonaire intact ou emphysémateux (Kitl).
dant être le reliquat de broncho-pneumonies étendues ou de pneumonies massives.
Symptômes. — Des troubles respiratoires permanents dénoncent l'altération physique et fonctionnelle du poumon ; les animaux s'essoiinient rapidement, toussent et oiïVcnt un jetage intermittent sans fièvre ou avec de légères poussées fébriles. Ou peut les croire emphysémateux.
La percussion et Vauscultalion dénoncent la transformation scléreuse du j)Ouinon ; la sonorité de la poitrine est diminuée; on y découvre une ou plusieurs zones de submaiité ou de matité au niveau desquelles on perçoit des râles humides, ou im bruit de souffle à la place du nmrmure vésiculaire aboli. Ces signes sont imilatéraux quand la sclérose pulmonaire succède à la pneumonie; ils sont ordinairement bilatéraux quand on a alVaire à une broncho-pneumonie chroni(pie. Lévolulion de la maladie est essentiellement variable suivant l'étendue de l'induration; les animaux s'épuiseni plus ou moins rapidement, ils s'alVaii)lissent et meurent élicpies.
On iloil toujours rechercher la tuberculose à l'aide de la tuberculine avant d'instituer un traitement; on peut recourir aussi à l'inoculation du jetage.
Traitement. — Une nourriture abondante et de bonne qualité esl indispensable : la viande crue, l'huile de foie de morue, la soupe île lentilles améliorent l'état général.
La toux est combattue à l'aide du sirop diacode additionné de morphine et de sirop de chloral;la sclérose pulmonaire réclame la médication iodurée.
lodiire de sodium 2-6 grammes.
Eau distillée ou sirop simple 200 centimètres cubes.
Deu.x cuillerées à café par jour.
On recommande également la liqueur de Fowler; mais elle est peu efficace. Quand le jetage devient fétide, on administre des prépai-ations d'eucalyptus ou d'essence de térébenthine.
Cadéac. — Pathologie interne. IV. 17
Définition. — L'emphysème pulmonaire est caractérisé par 1(1 dilatation ou la confluence des alvéoles du poumon. On lo dit vésiculaire quand les alvéoles sont simplement agrandis, interstitiel ou interlobulaire quand les cloisons alvéolaires rompues permettent à l'air de s'infiltrer dans le tissu conjonctif interlobulaire, médiastinal, souspleural et sous-cul ané. Ces altérations se produisent rapidement (emphysème aigu) ou lentement (emphysème chronique).