I. — SOLIPÈDES
L'aspergillose est rare chez les solipèdes. Signalée par Pech (1876) chez sept chevaux ayant mangé de la paille moisie, elle a été observée depuis par Zûrn, Martin, fîivolta, Thary, Lucet.
Symptômes. — Elle revêt la forme rapide ou la forme lente. Dans le premier cas. le malade est triste, abattu; on remarque des tremblements généralisés, un jetage sanguinolent; la respiration est rapide et courte, le cœur irrégulier, la température monte rapidement à -11". Plus
tard apparaissent des signes locaux da pneumonie : niatité, respiration accélérée, pénible ; on peut entendre des râles sibilants. Quelquefois, on note des signes locaux de néphrite infectieuse 'Aamovl peut survenir dès le troisième jour.
La forme chronique est dénoncée par la diminution de l'appétit, l'amaigrissement progressif; les malades s'épuisent, tombent dans le marasme et succombent au bout d'un temps variable.
Diagnostic. — L'examen microscopique dujetage permet seul d'arriver à porter un diagnostic précis. On reconnaît très bien les filaments mvcéliens et les spores de VAspergillus. Les cultures de ces spores, les inoculations aux oiseaux confirment le diagnostic.
Anatomie pathologique. — Dans la forme aiguc, on ne constate que des hémorragies interstitielles généralisées. Le poumon, la plèvre, le cœur sont couverts de taches hémorragiques sombres. Le poumon est parsemé de no3'aux d'hépatisation hémorragique, du volume d'un œuf ou offrant les altérations de la pneumonie par corps étrangers ; la muqueuse intestinale, les reins présentent la même altération. Le foie semble sain. L'examen histologique, les cultures montrent, dans ces lésions, la présence du champignon.
Dans la forme chronique, les deux lobes antérieurs du poumon sont carnifiés et d'un rouge foncé. La plèvre injectée, épaissie, présente des nodules jaunes de la grosseur d'un pois ou d'une lentille, entourés d'une zone congestionnée, non proéminente et contenant un pus caséeux jaunâtre. Autour de ces formations, le tissu interstitiel est épaissi. De semblables nodules peuvent évoluer dans le parenchyme pulmonaire, envahir plusieurs lobules et constituer des épaississements séi>arés par du tissu sain.
Traitement. — Un ne peut instituer aucun traitement elïicace quand on a la chance de soupçonner et de reconnaître la maladie.. Il faut seulement proscrire les fourrages poussiéreux pour prévenir son apparition.
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H. - RLi\IIXA\TS.
L'aspergillose est relativement commune chez les grands riiminanls, comme en témoignent les observations de Lacet, de Bom-nay, de Pcarson etRavenel, quisonl venues s'ajouter à de nombreux cas antérieurs.
Étiologie. — Cette maladie, susceptible de frapper les veaux, atteint de préférence les animaux âgés de plus de deux ans et les vieux, affaiblis par le travail, les maladies chroniques de l'appareil l'cspiratoire et les vaches en état de gestation (Bartolucci).
Symptômes. — Ils peuvent faire complètement défaut : l'aspergillose n'est quelquefois reconnue qu'à l'autopsie. Les formes aijKës se révèlent comme chez les solipèdes par des frissons, de la somnolence, de la stupéfaction, de l'inappétence, de Tinrumination, une diarrhée profuse. Ces signes sont suivis ^d'hémorragies généralisées ou localisées, de pissement de sang, de troubles respiratoires marqués par une respiration pénible, soubresautante et plaintive, une toux courte, douloureuse et avortée, des troubles pulmonaires (matité, râles et souffles) ; il y a un mélange de bronchite, de pneumonie catarrhale et d'emphysème. Les formes chroniques sont habituellement caractérisées par les symptômes de la bronchite chronique (toux grasse ou sèche, j étage muqueux, râles secs ou humides) compliquée d'emphysème ; on peut entendre à la percussion un son musical analogue à celui qu'on obtient en percutant une cloche de verre ou une grande coupe de cristal (Bournay).
Véiolution de la maladie est ordinairement lente et pi'olongée ; elle s'accompagne de fièvre, dinrumination, d'amaigrissement plus ou moins progressif; les animaux maigrissent à l'excès, tombent dans le marasme.
Diagnostic. — L'examen microscopique du jetage peut y faire reconnaître l'existence d'un mycélium épais, irrégulièrement ramifié, incolore. Dans quelques tubes, on
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peut remarquer un grand nombre de petites spores de couleur verdàtre.
La tuberculine permet généralement de différencier l'aspjrgillose de la tuberculose ; mais on la confond généralement avec la bronchite chronique.
Les cultures sont très recommandées comme moyen de diagnostic. « Dans un ballon de verre d'une contenance de 100 cenlimètres cubes, on verse 40 à 50 centimètres cubes de liquide Raulin, on bouche à l'ouate, et, à l'aide d'im foyer quelconque, on porte à rébullilion: on laisse alors refroidir, puis on ensemence abondamment avec le jetage k examiner. Il ne reste plus alors qu'à soumettre le tout à une température de 38 40° pendant plusieurs jours. Au bout de trois ou quatre jours, on est fixé » (Lucet).
Anatomie pathologique. — Dans les bronches et dans des cavernes pulmonaires, on peut observer le mycélium fibrineux sous forme de touffes ou de [daques membraneuses et veloutées.
Les poumons otTrent des foyers de pneumonie lobulnire avec de la pleurésie fibrineuse, des noyaux hépatisés, des nodosités du volume d'un grain de chènevis : quelques-unes atteignent le volume d'une noix et offrent une couleur rouge sombre semblable à celle de caillots sanguins.
Chaque nodule présente, généralement, sur la coupe, une coloration jaune gris clair et d'autant plus foncée qu'on approche de la périphérie. Au centre, se trouve un noyau jaunâtre, bien limité, formé par des amas de moisissures. Au voisinage des nodosités, il existe souvent de petites extravasations sanguines et de petits foyers d'hépatisation rouge. Dans les endroits où ces nodosités sont «liff'uses, le poumon a un aspect marbré analogue à celui de Và.j)éripneumonie contagieuse.
Le centre de la nodosité est occupé par un mycélium à filaments entortillés, la périphérie, présentant une disposition radiée. Ils sont peu ramifiés et non cloisonnés. On voit bien qu'ils ont végété dans les alvéoles du pou-
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mon, qui sont plus ou moins dislcndus ou brisés par le feutrage du mycélium. Les alvéoles du voisinage sont aussi altérés, remplis de cellules arrondies ou de détritus moléculaires albumineux, communiquant souvent ensemble et formant des cavités irrégulières. Quelques alvéoles sont distendus, énormes: on constate à la fois ée Vempltysémc el de ïatélcctasic (Bournav).
Les bronches apparaissent comblées de globules sanguins ou d'un coagulum flbrillaire. Elles sont ulcérées ou privées, dans certains points, de leur épitliélium ; dans d'autres, ce dernier est simplement soulevé par l'épaississement de la muqueuse. Les Asperyillus n'agissent pas par leurs sécrétions toxiques; ils attaquent directement les éléments anatomiques, se développent à leur détriment et s'opposent à leur fonctionnement physiologique.
Traitement. — On peut essayer les inhalations de crésyl, de goudron, d'eau phéniquée, d'essence de térébenthine pour activer le phagocytisme, car on ne peut atteindre sérieusement les parasites.