I. — SOLIPÈDES
Étiologie. — Lastrongylose des solipèdes est déterminée par le strongle d'Arniield. L'infestation parasitaire est
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quelquefois très intense chez làne et donne naissance à une broncho-pneumonie aiguë (Stewart) (1). Quant aux lésions parasitaires chroniques quon rencontre assez fréquemment chez les vieux animaux (péribronchite noduleuse), on ne sait actuellement pas à quelle espèce de parasite il convient de les rattacher. La proportion de chevaux qui en sont affectés s'élève dans beaucoup de pays à 70 p. 100.
Symptômes. — Les manifestations dune infestation intensive sont seules appréciables. Le début est marqué par une toux sèche avec lièvre, perte de l'appétit et abattement plus ou moins prononcé. Un jetage muco-purulent abondant ne tarde pas à apparaître ; l'essoufflement devient marqué et s'exagère jusqu'à la lin de la maladie quand celle-ci a une terminaison mortelle. Les jeunes ànons succombent quelquefois; les adultes résistent. L'évolution morbide passe inaperçue chez le cheval : les parasites s'enkystent dans le poumon et y déterminent des nodules rares ou nombreux en rapport avec les bronches, ce qui a fait donner à la maladie le nom de péribronchite noduleuse (Dieckerhoff. Nocard, Liénaux) (2).
Anatomie pathologique. — On peut reconnaître dans le poumon des solipèdes deux sortes de lésions parasitaires : 1° des pseudo-tubercules translucides; 2° des pseudo-tubercules caséeux ou fîbro-calcaires.
a. Les pseudo-tuhercules translucides, situés directement sous la plèvre pulmonaire ou dans l'épaisseur du parenchyme, sont plus faciles à toucher qu'à voir. Quand on passe la main à la surface du poumon, on sent de petits nodules ari"ondis, de la grosseur d'une tète d'épingle, d'un grain de mil, d'un grain de chènevis, plus rarement d'une lentille ou d'un petit pois. Tantôt ils sont disséminés dans tout l'organe qui en est criblé, tantôt ils sont groupés au niveau des bords et des lobes antériearsdu parenchyme
(1) Slewait, Amerirnn veterinary Review, mars 1904. p. 1174.
(2) Liénaux, Annales de méd. vét.. 1902.
pulmonaire : ils sont enchâssés sous la plèvre ou semés dans un parenchyme absolument sain. Audébut, ce tubercule translucide est uniformément grisâtre, rose, à demi transparent, « s'écrasant assez facilement sous la pression, homogène dans toute son épaisseur, sans ramollissement central, sans densification du tissu à la périphérie. On dirait un peViiboiirgcon charnu de formation récente: il en a la consistance et la translucidité spéciale ; il en a aussi la structure ».
Un peu plus tard, il se transforme ; les parasites apportent des microbes qui sont les causes de ces transformations : on aperçoit au centre de la masse un petit point blanc, opaque, indice de la mortification des cellules et de leur transformation caséeuse.Ce petit point blanc augmente peu à peu d'étendue, devient plus ferme et s'entoure d'une couche fibreuse, espèce de coque qui emprisonne son contenu amorphe ou cahaire.
b. Les nodules fihro-calcaires donnent la sensation de petits corps enchâssés dans lescouches superficiollesdu poumon; ils sont arrondis irrégulièrement et présentent les dimensions d'une lentille à celle d'un poids ou d'une noisette. Leur périphérie, mal délimitée, se fond graduellement avec le tissu pulmonaire. Leur surface de section est ferme, brillante au début ; plus tard, ce pseudo-tubercule présente, sur la coupe, une couleur blanc grisâtre. A la pression, on voit sourdre un liquide blanc, gluant, visqueux, constitué par du muco-pus ou de la matière caséeuse ou crétifiéo qui s'échappe de la nodosité, répondant à la bronche enflammée. Beaucoup de ces nodules présentent en effet, au centre, la lumière cylindrique d'une petite bronche oblitérée par un bouchon de mucus au sein duquel on peut quelquefois découvrir une larve de nématode (Liénaux). Le système bronchique dessine de véritablesarborisations dures dans les régions parsemées de nodules. En vieillissant, ceux-ci subissent la transformation graisseuse, puis la crctiflcation.
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Le mécanisme qui préside à leur formation est le suivant : rinflammation de la paroi bronchique détermine son infiltration ceiiidaire et la production d'un exsudât qui obstrue le conduit bronchique : les fibres musculaires lisses qui entourent les bronches sont étouffées par les cellules lymphatiques ; elles s"atrophient et disparaissent en certains points ; cette destruction partielle entraîne une dilatation des bronches, par suite de l'accumulation de nouveaux matériaux exsudés.
Le tissu inflammatoire s'organise et circonscrit le mucopus; il se produit ainsi un nodule, un sac ou un cj/liiulre fibreux, suivant l'étendue de l'occlusion.
Ces foyers de sclérose ont peu de tendance à se propager ; le tissu demeure longtemps embryonnaire ; il acquiert rarement une consistance franchement fibreuse, criant sous l'instrument tranchant, comme on l'observe dans la pneumonie chronique.
r*ourtant l'inflammation peut dépasser le système bi'onchique et s'étendre aune étroite zone du tissu pulmonaire qui, par sa coloration rouge plus ou moins foncée ou brunâtre et sa consistance ferme et friable, tranche nettement avec la teinte pâle ou rosée du poumon sain. Les parties du poumon altérées sont le siège d'une hépatisation fibrino-hémorragique. On observe, enfin, l'infiltration inflammatoire des gaines conjonctives des artères et des veines du foyer (périartérite et périphlébite), parfois l'altération de la tunique interne de ces vaisseaux et leur oblitération (endartérile et endophlébite).
Les lésions de péribroncliite noduleuse se différencient des nodules morveux par leurs relations avec les bronches.
Les nodosités morveuses qu'on trouve dans le poumon sont d'âge divers et présentent sur la coupe, quand elles sont récentes, un aspect vasculaire ecchymotique, une coloration rougeâtre. Les nodules de \a péribroncliite sont tous du même âge ; ils sont blanchâtres, renferment du muco-puset se continuent parun épaississementarborescent
constitué par des bronches dont le canal est effacé. D'autre part, rinoculation de ces divers tubercules fait reconnaître la nature spécifique de tous ceux qui ont une origine morveuse.
Traitement. — I.a broncho-pneumonie parasitaire des solipèdes ne peut être traitée avec succès ; on ne la soupçonne généralement pas, de sorte qu'on ne peut prendre aucune mesure pour la prévenir.
BOVIDES.
Définition. — La strongjlose pulmonaire des bovidés consiste dans une broncho-pneumonie produite par l'action pathogénique de deux parasites ordinairement associés: le strongylus micrurits (fig. 68) qui vit dans la trachée et les grosses bronches et le strongylus pulwonaris dans les petites bronches. La broncho-pneumonie résulte de leur collaboration.
Le premier, possédant de grandes dimensions (le mâle 40 millimélres ; la femelle, 60 à 80), ne trouve un habitat suffisamment spacieux que dans les gros canaux aéiiens et provoque seulement de la bronchite ; le second, de dimensions moitié moindres, peut s'aventurer dans les petites divisions bronchiques pour j apporter des microbes, des toxines ou y exercer une action mécanique irritative ou obturante. Le Strongylus mi- (■)»r«.s est beaucoup plus répandu que le Strongylus puhnonaris de ieWe sorte que la bronchite est l'affection dominante chez les bovidés. Étiologie. — La strongylose sévit parfois avec intensité
Fis
es. — Sl7-o>i(/ijliis cru7'iis.