V. — OISEAIX
Étiologie. — Les oiseaux ne sont pas indemnes de catarrhe bronchique. Cette maladie résulte fréquemment de l'extension de l'inflammation des premières voies respira- Cadéac. — Patholoiîie interne IV. 3
toires. Le catarrhe nasal se propage 'jusqu'à l'extrémité des canaux bronchiques. Les inflammations primitives de ces canaux sont ordinairement de nature tuberculeuse ou de nature parasitaire ; les invasions microbiennes de cet appareil ont été peu étudiées.
La diphtérie est la principale source de cette infection.
Symptômes. — Le catarrhe essentiel est caractérisé par une toux fréquente et une dyspnée intense accompagnée d'un bruit de crécelle dans la trachée; c'est une sorte de bruit aigu ou plus ou moins rauque dont l'intensité s'exagère sous l'influence de l'accélération des mouvements respiratoires. Les animaux qu'on poursuit s'essoufflent très vite et ouvrent le bec poiu" respirer plus facilement.
L'évolution de cette inflammation est très variable; tantôt elle se propage au tissu pulmonaire et les animaux succombent, en une semaine, à une broncho-pneumome infectieuse ; tantôt elle devient subaiguë ou chronique et se complique d'un catarrhe des sacs aériens.
Diagnostic. — La bronchite peut être confondue avec la tuberculose et la syngamose; ces deux maladies s'en distinguent par la présence de parasites, d'oeufs ou de bacilles typiques dans les produits expectorés.
Traitement. — Les fumigations de vapeur d'eau, de solutions crésylées sont toujours utiles; mais elles ne sont guère possiblesque lorsqu'il s'agit d'animaux peu nombreux et de grande valeur. Il faut les maintenir, le bec ouvert, au-dessus d'un appareil à inhalation ou d'un vase étroit rempli d'eau chaude ou d'une solution antiseptique. Quand il faut traiter plusieurs animaux à la fois, on peut calfeutrer la cage ou la volière avant d'y introduire l'appareil à fumigation, afin d'obliger tous les animaux à vivre dans une atmosphère saturée de la vapeur médicamenteuse.
Le traitement interne est difficile à instituer ; les animaux ne prennent pas aisément d'eux-mêmes les aliments additionnés de médicaments.
Zûrn préconise la médication suivante :
Chlorhydrate d'ammoniaque Osr,o.
Farine 0s'',5.
Eau phéniquée 50 p. 100.
Il conseille aussi l'administration d'une infusion de café, 3 à 4 fois par jour, ou du bicarbonate de soude au i / 100 (1).
Considérations générales. — Les bronchites pseudomembraneuses sont très rares. Ce sont des inflammation» très intenses, caractérisées par la production de concrétions pseudo-membraneuses reproduisant le moule des ramifications bronchiques.
Chez le cheval, elles résultent de l'extension de l'inflammation des cavités nasales et du larynx, déterminée par la fumée d'incendie (Ries, Rey), ou d'une pneumonie lobaire très intense, marquée par la production simultanée d'une exsudation dans les alvéoles pulmonaires et les bronches.
Chez le chien, les bronchites pseudo-membraneuses sont déterminées, expérimentalement, en irritant la muqueuse bronchique avec Vammoniaque, l'acide sulfurique étendu, Valcool, l'essence de térébenthine, le bichlorure de mercure en solution concentrée, la solution de nitrate d'argent. On peut reproduire, avec l'ammoniaque, une fausse mem-
(1) Les oies sont quelquefois affectées d'une maladie infectieuse généralement mortelle caractérisée par une inflammation fibrineuse des sacs aériens du péritoine, du foie, de la rate et des reins. Les animaux malades offrent une dyspnée intense caractérisée par une augmentation considérable des mouvements respiratoires ; le bec est constamment ouvert et on entend un bruit ronflant. Ils perdent rapidement leurs forces ; ils ont de la peine à se tenir debout et présentent une telle incoordination des mouvements qu'ils risquent de tomber en avant et frapper violemment le sol avec les pattes ou le bec.
Cette maladie, observée par Bugge chez les oies d'origine russe, paraît due à un bacille allongé dont les dimensions sont à peu près celles du microbe d e la morve, mais qui ne cultive pas sur agar.
Bugge,^'. f. Infkr., 1907, 111, p. 470, et Hutyra et Marek, 1909, p. 69.
brane librineuse, semblable, comme structure, à celles qu'on trouve dans la bronchite pseudo-membraneuse.
On rencontre quelquefois des tubes membraneux dans les canaux bronchiques de ces animaux, quand dos solutions médicamenteuses, ii-ritantcs, ingérées de force, sont tombées dans la trachée. La bronchite pseudo-membraneuse ne prend quelque importance que chez les vujuiiiants, où elle mérite une description spéciale.