II. — BOVIDÉS
£tiologie et pathogénie. — La pleurésie séro-fibrineuse est rare chez le hœal'. Classée dans les affections afrigore
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partous lesauteurs,elleestordinairenient tuberculeuse. La pleurésie tuberculeuse est ri\.vemenie\sud<i{i\e ;elle demeure sèche et végétative chez cette espèce animale ; mais elle présente des poussées sons l'influence dos refroidissements, qu'on a toujours placés au premier plan dans réliologie de cette maladie.
Les arrêts subits de transpiration, le séjour des animaux dans les pâturages, quand les variations atmosphériques sont fréquentes, les changements brusques de température qu'éprouvent les animaux qui, en hiver, sortent d'une étable exiguë et hermétiquement fermée pour se rendre aux abreuvoirs (Criizel), les averses que re(,-oivent les bœufs pendant le travail (Fabry) sont les influences incriminées.
La pleurésie secondaire est chez les bovidés une conséquence d'un grand nombre d'états pathologiques. La plupart des foyers infectieux peuvent se localiser secondairement dans les articulations ou les plèvres.
Les diverses formes de broncho-j)neumonie. les péricardites traumatiques. les péritonites par corps étrangers sont une source importante de pleurésies exsudatives, septiques ou suppuréos.
Les infections ombilicales sont fréquemment caractérisées par une pleuro-pneumonie septique.
La mclrilc, la métro-péritonite et les diverses infections utérines compliquées de septicémie s'accusent par des inflammations multiples et de la pleurésie.
\n\roïois.]pi périp}teumonie contafficiise ciali la principale cause de la pleurésie ; mais aujourd'hui cette maladie contagieuse a disparu.
Symptômes. — Sig.nes fo.nctioxnels. — Un frisson couimenraiit au niveau des parois thoraciqueset s'étendant ensuite aux flancs, au grasset, exceptionnellement à l'encolure, marque le début de la pleurésie.
La fièvre, peu appréciable au thermomètre, est dénoncée jiar la congestion des conjonctives, la sécheresse
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de la peau, le poil piqué, la fixité du regard, les veux à demi clos, la Iréquence du pouls et par l'attitude légèrement abaissée de la tête. L'inappétence est complète et la rumination arrêtée.
La douleur pleurale est exprimée par des changements fréquents d'attitude, dos gémissements plaintifs, des grincements de dents (Hendrickx) ; l'animal se couche et so relève souvent, comme s'il avait de légères coliques; la dijspncc est peu marquée immédiatement, les naseaux sont dilatés : la respiration est courte ; les mouvements d'inspiration et d'expiration sont abrégés ; elle devient ensuite iiTégulière, soubresaulante et même discordante.
Lafo».r peut manquer; elle n'a pas grande signification; elle est souvent liée à des lésions pulmonaires concomitantes; elle est petite, courte, faible, avortée.
L'œdème du fanon est quelquefois si volumineux que l'animal tient les membres antérieurs écartés du tronc, et les jugulaires très gonflées présentent du pouls veineux.
Signes physiques. — La pression de la colonne vertébrale décèle une vive sensibilité de cette région ; la pression des parois thoraciques provoque de la douleur qui se trahit par une expiration plaintive.
La percussion, à l'aide du poing, est très douloureuse ; la percussion médiate révèle, au début, une résonance normale; elle peut ensuite mettre en évidence la matité de répanchement ; elle permet de suivre ses oscillations, son augmentation ou sa résorption. Il occupe généralement un seul côté de la poitrine ; il ne présente jamais la même hauteur des deux côtés ; la pleurésie peut être sèche d'un côté, nettement exsudative de l'autre.
L'auscultation révèle l'abolition du murmure respiratoire à la partie inférieure de la poitrine et ti'ès souvent l'existence de râles ronflants et sibilants liés à une affection pulmonaire; on peut entendre un léger frottement vers la partie antérieure (Cruzel).
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Marche. — Durée. — Terminaison. — La pleurésie débute tantôt dune manière insidieuse ; tantôt brusquement à la suite d'un refroidissement. Les symptômes respiratoires se compliquent de troubles digestifs; l'inruminalion est suivie d'un léger Ijallonnement du flanc gauche, qui disparait après quelques éructations pour se montrer bientôt après. L'épanchement met plus ou moins de temps à se former ; il entretient la f/f/s/^îfc et est une cause de fatigue. Les bœufs pleurétiques désirent se coucher, mais ils ne peuvent consei'ver cette attitude ,;ils se relèvent rapidement sans effectuer le moindre mouvement de pandiculation. Leurs forces s'épuisent ; le pouls devient plus petit ; les conjonctives pâlissent ; l'animal se plaint quand il effectue le moindre effort ; il maigrit et dépérit plus ou moins rapidement et meurt généralement tuberculeux, s'il n'est pas sacrifié hâtivement pour la boucherie (1).
Cependant l'épanchement peut se résorber ; le poumon contracte des adhérences intimes avec la plèvre pariétale : on rencontre ordinairement destubcrcules dans l'épaisseur de ces soudures.
]uétat chronique est la terminaison habituelle de la pleurésie séro-fibrineuse ; il s'accompagne du cortège symptomatiquc habituel à Yhydrothorax : oedème du fanon, urines rares, muqueuses pâles, légèrement infiltrées, . amaigrissement progressif, épuisement du sujet.
Anatomie pathologique. — L'épanchement séro-fibrincux est j-iche en grumeaux fibrineux ; il est souvent rougeâtre, sanguinolent s'il est aigu, nettement clair ou citrin quand il est chronique.
On trouve des néomembranes et des végétations qui forment de véritables grappes sur la plèvre costale. Ces lésions tuberculeuses sont preque toujours plus molles et plus jeunes que celles qui siègent dans le parenchyme pulmouiiire.
(1) J. IleiuiricUx, Atin. de méd. vét., 1882.
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Diagnostic. — Les signes ptiysiques propres à la pleurésie sont suffisants pour établir le diagnostic : mais sa nature demeure généralement incertaine.
La pleurésie tuberculeuse est habituellement sèche ; la pleurésie traumatique est purulente ou septique et s'accompagne de troubles digestifs.
Une ponction aseptique, pratiquée dans un espace intercostal avec une seringue à aiguille résistante, permet de retirer une quantité de liquide suffisante pour l'étude bactériologique, histologique et expérimentale.
Traitement. — Quand les animaux sont assez gras pour être consommés, il faut les livrer à la boucherie. Les animaux de grand prix sont traitéspar les mêmes moyens que le cheval : on peut employer les sinapismes, qu'il faut laisser douze à vingt-quatre heures, des vésicatoires énergiques à la pommade stibiée et des feux divers généi-alement peu efficaces. Mieux vaut soustraire le liquide épanché par la thoracentèse ; on soulage immédiatement le malade et on précipite la résolution.
A l'intérieur, on administre des antipyrétiques (acétanilide, phénacétine), des- diurétiques (sel de nitre, 30 gr., bicarbonate de soude ; tisane de pariétaire ou de chiendent. 4 litres) ; on fait absorber cette dose deux ou trois fois par jour. On utilise aussi les purgatifs.