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PÉRITONITE FIBRINEL'SE GÉNÉRALISÉE

lamment et fait entendre une légère plainte de temps en temps. Rarement, il se couche. 11 sent Iherbe ou le foin, en prend quelquefois un peu dans sa bouche, mâche très lentement, et. ordinairement, laisse la bouchée retomber au lieu de l'avaler. La soif est tellement ardente qu'il serait dangereux de la satisfaire.

Il s'écoule, par la vulve, une matière blanchâtre, ressemblant à du lait caillé, ou quelquefois rouge lie de vin. mélangée d'enveloppes fœtales putréfiées, quand le délivre n'a pas été expulsé.

Pronostic. — Le pronostic est très fâcheux; Vigney estime que les trois cinquièmes des vaches, qui sont affectées de cette maladie, périssent.

Anatomie pathologique. — Tantôt les lésions intéressent particulièrement le péritoine qui recouvre les estomacs, tantôt elles sont plus accentuées au niveau du foie, de la rate, de l'utérus, etc.. marquant ainsi la cause et le point de départ de l'inflammation.

Dans les péritonites septicémiques. et dans certaines /)e?'ito>ïites puerpérales, les lésions du péritoine sont peu prononcées, ou à peine appréciables; elles n'ont souvent pas le temps de se produire.

Règle générale, les lésions de la péritonite fibrineiise sont d'autant plus marquées que l'animal a résisté plus longtemps à la maladie.

La séreuse péritonéale est rouge dans toute son étendue; de nombreux vaisseaux sanguins, gorgés de sang, parcourent sa surface et forment des arborisations très apparentes, émaillées de pseudo-membranes et de flocons fibrineux (fig. 96). Ces fausses membranes sont, parfois, en voie d'organisation, le tissu conjonctif de nouvelle formation est tellement rétractile. qu'il détermine le resserrement et le plissement de l'intestin, de la surface du foie, de la rate, etc. (fig. 97).

La cavité abdominale renferme un liquide citrin ou rouse. mélangé de flocons albumineux. de fausses mem-

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branes, de brides, tantôt un liquide puriforme, d'odeur infecte où nagent des débris de l'utérus ou de la muqueuse

intestinale, quand la gangrène est venue compliquer l'état aigu. Ces lésions sont générales ou seulement localisées à la portion péritonéale, en rapport avec la matrice et les organes les plus voisins.

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On remarque souvent, dans le tissu cellulaire qui réunit le péritoine aux organes sous-jacents.un épanchement séreux, parfois même un commencement d'organisation, et des adhérences fibrineuses plus oumoins résistantes; le diaphragme a quelquefois doublé d'épaisseur.

Le rectum, le côloii flottant, le gros côlon et Vintestin grêle sont recouverts d'exsudats: ils présentent toujours des taches ecchymotiques. de dimensions variables; il n'est pas rare de rencontrer, dans le reste de rintestin et surtout la caillette, des traces dinflammation. Les matières stercorales, contenues dans le rectum et le côlon, sont foncées, recouvertes de sang et de mucosités.

Du côté de Viitérus. les lésions sont moins marquées; les parois internes de cet organe sont rouge foncé. Les cotylédons sont volumineux; ils ont quelquefois l'aspect gangrené. Si la vache nest pas délivrée, les enveloppes fœtales sont volumineuses et nagent dans une grande quantité d'un liquide ichoreux. d'odeur fétide.

Fig. 97. — Épaississement et plissement de la capsule de la rate ; la surface est recouverte de fausses membranes jaunâtres (Cadéac).

Dans la métro-péritonite, l'inflammation est souvent propagée au tissu conjonctif du bassin, qui se montre alors injecté, infiltré de sérosité ou de pus. Suivant la durée de la maladie, on y trouve quelquefois un phlegmon, dont révolution constitue une des plus graves complications de la maladie.

Les péritonites par perforation du tube digestif (caillette, intestin) sont quelquefois accompagnées de la formation d'une vaste cavité dans l'épaisseur des parois abdominale et pectorale. Cette cavité largement ouverte à la face interne de l'abdomen, mais sans communication avec l'extérieur, renferme des matières alimentaires qui répandent une odeur infecte (Morot).

Certaines péritonites, presque exclusivement séreuses, sont caractérisées par un épanchement séreux dont la quantité peut atteindre 100 litres (Ehlers) (1).

Diagnostic. — L'exploration minutieuse des parois abdominales et l'introduction de la main dans le rectum font reconnaître \di péritonite fibrineuse arrivée à son développement complet.

Le diagnostic est impossible tout à fait au début, lorsque la maladie ne se traduit que par des symptômes généraux vagues, à moins toutefois qu'à la connaissance du clinicien, le péritoine se soit trouvé récemment dans des conditions bien propices à l'infection. Et encore, dans ce cas, il faut être très réservé.

En effet, à la suite de certains traumatismes abdominaux, àe\a.castration par exemple, il peut survenir, chez la vache, des troubles digestifs, en particulier de Yindigestion due au choc opératoire, et dont les symptômes rappellent ceux de la péritonite.

Le diagnostic ne doit être posé d'une façon ferme, aflirmative, qu'autant qu'existent les symptômes précédemment décrits, à savoir : le ballonnement, les douleurs abdo-

(1) Ehlers, Journal de l'école vél. de Lyon, 1900, p. 177.

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minales accompagnées de plaintes, et surtout le larmoiement, les troubles oculaires et le jetage. Quand ces derniers viennent à manquer, rien n'autorise à afïirmer l'existence de la péritonite, les premiers se retrouvant dans la plupart des indigestions et ne présentant rien de spécifique (Cuny).

On reconnaît qu'il s'agit dune péritonite puerpérale, quand elle s'est manifestée après le part, après un avortement, ou quand il y a mort du fœtus et infection de la matrice.

La main, engagée dans le vagin, perçoit une température et une sensibilité anormales, et se retire salie par une masse muco-purulente d'odeur infecte (Detroye). A l'exploration rectale, la sensibilité de l'utérus est peu accusée dans le cas de métrite ; elle est très prononcée quand il y a métro-péritonite.

Traitement. — 1° Péritonite fibrineuse. — 11 faut s'efforcer d'obtenir l'immobilité de l'intestin par l'administration d'opium et, de préférence, à l'aide d'injections sous-cutanées de morphine; les lavements émollients ou de tisane d'orge, de tisane de chiendent, additionnées d'une dose de 20 à 30 grammes de sel de nitre, sont également indiqués ; il faut prévenir la dessiccation des aliments, dans le feuillet, par l'emploi de boissons tièdes, peu abondantes, qu'on administre toutes les heures.

Les frictions de pommade mercurielle sont proscrites; on court trop de risques de produire le mercurialisme.

On doit employer les diurétiques à l'intérieur (digitale, scille, strophantus, acétate de potasse, caféine, essence de térébenthine) ; les breuvages sudorifiques conviennent pour faciliter l'élimination des produits toxiques.

Nous recommandons la formule suivante :

Poudre de digitale 4 grammes.

Sel de nitre 30 —

Racine de guimauve 125 —

Graine de lin 2 litres.

On doit ponctionner le rumen, quand le météorisme est trop intense.

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On conseille les révulsifs, notamment les frictions d'essence de térébenthine, qu'on cesse seulement quand le cuir commence à se gercer.

En même temps, il faut couvi'ir les malades, les maintenir à une douce température.

Le traitement de toutes les péritonites par perforation doit être chirurgical. Quand on ne peut utiliser l'animal pour la boucherie, il faut ouvrir l'abdomen, examiner le siège du mal, suturer les parois de l'intestin, vider l'abcès, nettoyer et désinfecter le péritoine. La laparotomie et le lavage du péritoine donnent les seules chances de guérison quand la péritonite est pleinement confirmée.

2" Péritonite puerpérale. — Il faut instituer un traitement préventif et un traitement curatif.

Traitement préventif. — Il comprend les soins hygiéniques qu'il convient de donner à toute nouvelle accouchée : une litière bien propre et suffisante, une température constante et uniforme, un air pur et souvent renouvelé, avec une nourriture saine très alibile. Le corps de la femelle est entouré de couvertures pour empêcher les refroidissements. Il est utile de surveiller la délivrance, de l'aider, au besoin, par de fréquentes injections chaudes et légèrement antiseptiques. Lorsqu'elle s'est effectuée, s'assurer, par l'exploration, qu'il ne reste, dans l'utérus, ni débris de délivre, ni caillots sanguins, ou tout autre produit susceptible d'amener une infection des voies génitales et la péritonite consécutive. Ces dernières indications sont surtout importantes à remplir.

Traitement curatif. — De nombreuses indications ont été conseillées.

La médication antiseptique doit primer toutes les autres. Il est nécessaire d'opérer une désinfection aussi complète que possible des voies génitales. A cet effet, on recommande le sublimé en solution faible (1 p. 2000), le permanganate de potasse à 1 p. d 000, l'acide phénique à 4 p. dOO, le crésyl, l'acide borique, etc.; il faut faire des

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lavages fréquents, jusqu'à ce que le liquide injecté ressorte limpide et sans odeur. On peut tarir ainsi la source des microbes et des poisons qui infectent et intoxiquent l'économie.

Il faut administrer les antiseptiques généraux et ceux du tube digestif (salol, benzo-naphtol, diaphtol) ; le sulfate de quinine, qui est antipyrétique en même temps, mérite d'être essayé.

Les fermentations anormales de l'estomac sont arrêtées par la magnésie calcinée, la pepsine et les composés ammoniacaux. Si le météorisme est très accentué, on ponctionne le rumen et on réveille sa contractilité par des injections hypodermiques d'ésérine ou de pilocarpine.

L'adynamie profonde, la faiblesse du sujet sont combattues par des excitants nerveux : strychnine, café, alcool, etc., donnés à doses variables suivant l'état, l'âge, la force du sujet ; on calme la douleur par l'extrait de belladone, 6 à 8 grammes en plusieurs doses.

Si on reconnaît la complication d'une encéphalite, les douches ou les compresses d'eau froide, de quart d'heure en quart d'heure, appliquées sur la région crânienne, sont indiquées.

Contre la fièvre, il faut employer l'acétanilide et les autres antipyrétiques (phénacétine, etc.).

Outre ces moyens médicaux, il est utile de soumettre le sujet à un régime particulier, composé de boissons adoucissantes faites avec des décoctions d'orge, de pariétaire, édulcorées avec le miel ou la mélasse, additionnées de toniques et d'excitants digestifs.

Ce traitement convient également pour combattre les péritonites septicémiques d'origine intestinale.

Il faut, en outre, supprimer les pulpes et les betteraves nocives.

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