‹ Pathologie interneChapitre 118 sur 183 · I. — SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

I. — SOLIPÈDES

Péritonites partielles.

Êtiologie. — Les abcès, les tumeurs de l'estomac, de l'intestin, du foie, des ganglions mésentériques, de la rate; les anévrysmes de l'aorte postérieure et des artères mésentériques; les ulcérations et les diverticules de l'intestin, Ventérite, la métrite, Vovarite, les hernies récentes ou anciennes; la castration des mâles, des cryptorchides, des femelles, la ponction du csecum, sont suivis de péritonites circonscrites, adhésives.

Lbs corps étrangers (projectiles, canules do trocart, etc.), les traumatismes violents, les blessures de la cavité abdominale par des ciseaux, des coups de timons, de brancards, etc., peuvent faire adhérer l'intestin à la paroi abdominale.

Les corps étrangers eux-mêmes peuvent s'enkyster dans

PÉRITONITES CHRONIQUES. 327

la cavité abdominale : une lame de sabre de i9 centimètres de long a pu demeurer quatre ans et demi dans le péritoine d'une jument sans déterminer des troubles appréciables (Pastriot) (i).

La fiiniculUe peut se compliquer de botrvomycose limitée du péritoine sous forme de tumeur englobant la rate, le foie et le diaphragme et indépendante de la lésion primitive du cordon (Schimmel).

Des péritonites limitées succèdent à la réduction des hernies ombilicales par la suture, les frictions dacide azotique, etc. Ces péritonites ont fréquemment un rôle salutaire; elles empêchent la pénétration de corps étrangers ou d'air dans la cavité abdominale ets'opposent également à la sortie des intestins au dehors. Circonscrites pendant des semaines, ou même des mois, elles peuvent se généraliser.

Anatomie pathologique. — Les péritonites partielles revêtent, chez le cheval, le type chronique, exceptionnellement le type aigu; les lésions consistent habituellement en des adhérences anormales ou en des épaississements prononcés de la séreuse, qui obturent les ouvertures accidentelles, isolent et circonscrivent la zone enflammée. A ce niveau, la séreuse est tantôt ecchymosée, vascularisée, couverte de bourgeons charnus, tantôt hérissée de plaques blanchâtres, de filaments fibreux, de brides, etc.

Les péritonites partielles intéressent la séreuse du foie, souvent celle de la rate, du diaphragme, des ovaires, de l'estomac, la région ombilicale, oulépiploon; dans ce cas, la lésion peut consister exclusivement dans une épiploïte chronique phlegmoneuse [G. Petit (2)]. Dans une mésentéritc fibreuse emprisonnant veines, artères, nerfs, lymphatiques et ganglions, rétrécissant une anse intestinale

(1) Pastriot, Recueil d'hygiène et de niéd. vct. milit., 1905.

(2) G. Petit, Abcès anciens de l'épiploon d'un cheyal (Société centrale, 1904,

et accompagnée d'une série de kystes à contenu fibrineux et séreux (Wahl) (1).

La face postérieure du diaphragme est le siège de prédilection des néomembranes anciennes, disposées en pinceaux ou en plaques ; on y rencontre quelquefois aussi des kystes séreux d'origine inflammatoire ou lymphatique (2).

Symptômes. — L'histoire clinique de ces inflammations est à peu près inconnue. Ce n'est que dans les cas de traumatismes qu'on peut observer quelques signes d'une péritonite locale : resserrement du ventre, douleur nettement circonscrite, sans symptômes généraux bien marqués.

Puis, tous ces troubles s'atténuent et disparaissent ; il se forme un épaississement ou une adhérence ; la région enflammée s'entoure de tissu conjonctif de nouvelle formation qui en détermine l'enkystement ; cette péritonite adhésive est ainsi un moyen de guérison; elle est souvent aussi une cause d'étranglement intestinal et de mort.

Diagnostic. — Le diagnostic offre souvent de grandes difficultés ou est impossible : on réussit, quelquefois, par l'exploration rectale ou mieux encore chez les juments par la ponction du vagin et l'introduction de la main dans la cavité abdominale, à reconnaître les brides, les adhérences anormales, vestiges des péritonites localisées (3).

Traitement. — Dans quelques circonstances exceptionnelles, la laparotomie ou la division du vagin chez les femelles des solipèdes peuvent permettre de libérer une anse intestinale ayant contracté des adhérences anormales.

Forme dilTuse.

Étiologie. — Anatomie pathologique. — Les péritonites chroniques sont toujours des maladies secondaires ; elles

(1) ^NM, Journal des vétérinaires militaires, 1900, p. 238.

(2) Varnell, Recueil de mcd. vét., 1864, p. 225.

(3) Goubaux, Recherches relatives au degré de fréquence de la péritonite et de la pleurésie chronique chez les chevaux {-Rec. de méd. vét., 1858).

PERITONITES CHRONIQUES.

sont très rarement généralisées. Les lésions chroniques des séreuses sont fréquentes chez les chevaux âgés.

Les solipèdes sont quelquefois affectés de péritonite sjmptomatique, de la lymphadénie, de la mélanose, de tumeur s malignes {cpithéliomes, carcinomes, sarcomes), toutes

Fig. 100. — Foie d'un cheval atteint de péritonite chronique (Cadéac).

F, Epaississement du péritoine; u, v, veine cave; a, b, c, bord du péritoine excisé; A, A, exsudais et néomembranes fibreuses qui augmentent l'épaisseur de la capsule de Glisson ; le foie est considérablement déformé.

les autres causes ne déterminent que des inflammations locales.

La péritonite aiguë elle-même, chez cette espèce, a très peu de chance d'aboutir à l'état chronique.

Cadéac a observé une péritonite chronique caractérisée par des adhérences intimes de l'estomac avec la rate, le foie et par la soudure de ce dernier organe avec le diaphragme ; le foie était encapsulé, fibreux, l'estomac ratatiné, la paroi abdominale inférieure, infiltrée de sérosité albumineuse et de fibrine (fig. iOO).

\jQs ponctions répétées, destinées à combattre l'ascite,

éveillent une inflammation aiguë quand il y a infection du péritoine, de sorte que les symptômes et les lésions sont l'expression de répanchement et de l'inflammation aiguë, que nous avons étudiée.

Symptômes. — Ces péritonites sont généralement dépourvues de symptômes caractéristiques : les symptômes digestifs prédominent. On constate de l'inappétence, de la constipation, accompagnée d'une diarrhée abondante et intermittente, de coliques sourdes, s'aggravant quand l'animal a mangé plus que d'habitude.

Les symptômes généraux sont peu accusés ; la fièvre est peu appréciable ou de moyenne intensité, le pouls, faible et accéléré.

L'exploration des parois abdominales dénonce une sensibilité plus vive, sans localisation. La maladie n'est reconnaissable que lorsque l'épanchement ascitique ou séreux est assez considérable.

On la différencie difllcilement de Vascitc quand l'épanchement est prononcé et que la fièvre manque totalement.

Traitement. — Il varie avec la cause et les symptômes ; mais il est généralement inefficace. Les purgatifs légers et souvent répétés (sulfate de soude, de magnésie), sont indiqués; ils combattent le rétrécissement de l'intestin déterminé par les néomembranes.

Les diurétiques facilitent l'expulsion des produits résorbés ou restreignent la tendance à l'augmentation de l'épanchement. Il convient de favoriser aussi les fonctions du foie afin d'éviter toute stase sanguine dans les vaisseaux mésentériques. Les décoctions de graine de lin, le sel de nitre, et, de temps à autre, la digitale qui est un diurétique et un cardiaque de premier ordre, remplissent ces indications.

L'électuaire suivant, administré de temps en temps, est susceptible de donner de bons résultats :

PÉRITONITES CHRONIQUES. 331

Poudre de digitale 3 grammes.

Salicylate de soude 15 —

Bicarbonate de soude 20 —

Poudre de gentiane .... 60 —

Mélisse Q. S.

Le salicylate de soude, en même temps qu'antiseptique, est un excellent cholagogue.

Une bonne nourriture, de facile digestion, est toujours recommandée.

Page 1