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III. — CHIEiV

Étiologie et pathogénie. — L'ascite est une affection commune des carnivores (1).

Les troubles mécaniques de la circulation, les altérations du péritoine, et les affections cachectisantes sont les trois principales sources des ascites des carnivores. Il n'est d'ailleurs pas rare de les trouver réunies chez le même ascitique. La maladie qui compromet la circulation de retour met en péril la vitalité du péritoine et la nutrition générale. Le foie altéré joue, à l'égard du système porte, le

(1) Cadiot en a recueilli 37 observations en moins de trois ans.

CAnÉAC. — Pathologie interne. III. 20

rôle d'une ligature qui augmente la pression dans ses radicules et détermine l'exsudation séreuse. Toutes les lésions qui tendent à produire immédiatement ou secondairement la stase dans ces organes sont des causes d'ascite : les tumeurs, les cirrhoses, la compression ou Toblitération de la veine porte par des néoplasies amènent l'ascite; les veines du péritoine étant des dépendances de la veine porte, l'ascite apparaît dès que la circulation est entravée dans son domaine.

Les endocardites et les pcricardites et toutes les cardiopathies aiguës ou chroniques déterminent lascite quand ces affections sont parvenues à la phase asystolique : le foie a pris alors le type cardiaque, les veines sus-hépatiques sont entourées de tissu fibi"eux; elles sont ligaturées, le système porte est surchargé de sang ; il y a perturbation de l'équilibre osmotique : un épanchement péritonéal trahit cette insuffisance de la circulation de retour. Ces deux types morbides occupent la première place dans l'étiogénie de l'ascite.

Les maladies chroniques du poumon produisent quelquefois le même l'ésultat en imposant au cœur un surcroît de travail caractérisé d'abord par son hypertrophie, puis par sa dilatation et finalement par les lésionsde l'asystolie qui retentit toujours au suprême degré sur le foie, ce diverticule de l'oreillette droite. Ces affections asystoliques, et toutes les atfections des reins favorisent la rétention des chlorures, nécessitent une augmentation corrélative de la quantité d'eau dans les tissus et les organes pour maintenir le titre inoffensif isotonique. Or le sel. retenu, s'accumule au niveau des obstacles à la circulation là où existe une inflammation circonscrite.

Les maladies chroniques des reins, des glandes thyroïdes, engendrent quelquefois l'ascite et Tanasarque par un mécanisme analogue (1).

(I) Sur di.x chiens ascitiques, sept étaient atteints de péricardite, deux de lésions mitrales, un de lésions tricuspidiennes (Cadiol).

ASCITES. 351

Le trouble de la circulation porte est dénoncé par la dilatation des veines sous-cutanées abdominales qui constituent des voies de dérivation du sang qui ne peut suivre son chemin portai (fig. lOoj.

Lascite procède donc généralement dun trouble méca-

Fig. 1'J5. — Hypertrophie du foie chez un chien ascitique, la portion noire indique l'augmentation du volume.

nique de la circulation, et emprunte à chacune des maladies qui la produisent quelques symptômes spéciaux (1). L'intervention du péritoine est indispensable dans la

(1) Classées au point de vue de la pathogénie de Thydropisie péritonéale, vingt-huit observations de Cadiot se répartissent ainsi : maladies du péricarde et du cœur, dix cas ; tuberculose, huit : pleurésie, quatre ; tumeurs malignes du foie et du poumon, deux : cirrhose hépatique hypertrophique sans lésion du cœur, trois : carcinome du foie, un.

Guerrini a observé l'ascite chez un chien affecté d'un goitre sarcomateux de la glande thvroïde avec hypertrophie secondaire des capsules surrénales. (Monath. fïir Tier.. 1908).'

Leblanc, Jour», de l'Ecole vétérinaire de Lyon, 1908.

production de la généralité des ascites; l'hydropisie, la plus passive, l'econnaît une influence inflammatoire qui exagère la sécrétion de la séreuse, trouble la circulation portale radiculaire et change la composition du liquide épanché qui n'ofl"re la composition d'aucun produit physiologique. Mais cette inflammation de la séreuse est tellement efl'acée qu'il est permis de douter de sa constance.

D'ailleurs les péritonites chroniques s'expriment par l'ascite et il est souvent très difficile de séparer l'ascite de la péritonite.

Les tumeurs du foie, du péritoine, de la rate, des ganglions mésentériques (sarcome, carcinome, épithéliome) l'engendrent fréquemment en produisant la cachexie, en déterminant une irritation sourde du péritoine, en modifiant la pression vasculaire dans le système porte.

La tuberculose provoque une péritonite ascitique en troublant la circulation porte, en altérant le foie, le cœur, le péricarde et en produisant ainsi une stase mécanique, une lésion du sang et des organes essentiels (cœur, foie, reins, péricarde) ; mais parfois la tuberculose est généralisée et il n'y a pas d'ascite.

Les parasites du péritoine connus sous le nom de dithyridium et regardéscomme les larves du ténia (Mesoces<oii'rfe« lineatus) sont une cause de péritonite chronique à forme essentiellement ascitique (Sendrail et Cuillé).

Symptômes. — 1° Symptômes physiques. — L'augmentation de volume du ventre, qui tombe de plue en plus en s'élargissant d'un côté à l'autre et en se creusant davantage, au niveau du flanc, est le premier symptôme qui attire l'attention. Les dernières côtes sont rejetées en dehors et plus écartées qu'à l'état normal; le ventre peut s'abaisser au point de toucher terre ; la colonne vertébrale présente une concavité supérieure très prononcée ; les flancs sont tellement rapprochés qu'ils laissent se dessiner nettement l'angle externe de l'ilium et la ligne des apophyses transverses des vertèbres lombaires (fig. 106).

ASCITES.

La fluctuation du liquide épanché rend l'ascite évidente. Poui- la sentir, il faut appliquer le plat de la main sur le fuyant du flanc : puis, en frappant sur le côté diamétralement opposé, on éprouve, sous la main qui reste fixe, la sensation dun flot résultant de Tébranlement du liquide.

Fig. 106. — Chien ascilique.

Pendant cette manœuvre, on voit quelquefois ce dernier constituer, sur la sphère abdominale, une véritable ondulation qui. partant des points percutés, va aboutir aux points opposés. La fluctuation est d'autant plus facUe à percevoir que la sérosité accumulée dans le sac péritonéal est plus considérable (fig. 10).

La percussion donne un son mal dans les parties infé-

t'ig. 107. — CEdènie des extrémités postérieures et distension du ventre chez un chat atteint d'ascite.

rieures, un son tympanique au niveau des parties supé-

4'ieures : on déplace le siège de la matité et de la résonancç en faisant varier les attitudes du sujet.

Uaiiscultation ïdiii percevoir un bruissement comparable à celui d'une petife quantité de liquide qu'on roule dans un tonneau.

2° Symptômes rationnel*. — La compression exercée par le liquide, gène le fonctionnement de tous les organes environnants; la peau est sèche, amincie; la respiration est difficile, fréquente, dyspnéique; les battements du cœur sont forts, le pouls petit, les muqueuses pâles, l'appétit nul, la miction rax'e.

la diarrhée est fréquente :

l'animal meurt dans le marasme ou succombe quelquefois à une péritonite consécutive à une ponction infectante. C'est un état morbide grave, qu'on fait rarement disparaître (fig. 108).

Diagnostic différentiel. — Lascite peut être confondue avec les états morbides suivants :

1" La péritonite diffuse chronique : la ponction qui fait constater l'absence de coloration du liquide et l'absence de fausses membranes justifie le diagnostic ascite.

2° L'obésité est reconnue par la palpation et la percussion; la ponction exploratrice démontre qu'il n'y a pas de liquide dans la cavité abdominale.

3° Le météorisme occupe une région élevée du ventre ; la percussion fournit partout un son tympanique.

4" L'accumulation d'urine dans la cavité abdominale.

108. — Chiea à ascite hémorragique arrivé à la phase d'asystolie.

PERITOmE.

déterminée par la rupture de la vessie, est caractérisée par l'anurie.

b^ ■Vtiûgméhtition de volume du ventre provoquée par la gestatiofi- ésl décelée par la palpation.

Chatte atteinte ct'hvdiometi

6" La profonde émaciation des malades peut faire soupçonner la carcinose ou la tuberculose. Les injections de tuberculine. l'examen du jetage, l'inoculation du liquide

ASQTES.

ascitique au cobaye ou au lapin font reconnaître la tuberculose.

L'hydrométrie saccuse chez la chatte par une augmen-

Fig. llu. — Chatte atteinte d hydrométrie.

talion de volume de labdomen qui offre la forme dune masse sphéroïde ; mais cet aspect ne se modifie pas en variant les positions de la malade. Le ventre n'est ni tombant, ni fluctuant comme dans lascite (fig. 109).

3b8 PÉRITOINE.

Le liquide obtenu par la ponction est légèrement louche et n'offre pas les caractères du liquide ascitique ; mais l'impossibilité de pratiquer l'exploration rectale et vaginale rend le diagnostic incertain et la palpation met difficilement en évidence la dilatation des cornes utérines, alors même que leurs dimensions atteignent la grosseur du bras (Leblanc) (fig. 110).

Pronostic. — Le pronostic est des plus sombres; c'est généralement un état pathologique incurable. Ce syndrome de maladies diverses accuse toujours, par son apparition, leur extrême gravité et leur dénouement prochain. On voit cependant des ascites guérir spontanément. Certaines ascites récentes disparaissent brusquement comme elles sont venues ; d'autres, présumées définitives en raison de leur ancienneté, s'effacent tardivement (fig. 111).

Le /"oie l'edevenantperméable, l'épanchement se résorbe. Les lésions rénales aiguës qui avaient plus ou moins obstrué le filtre rénal et avaient empêché l'excrétion chlorurée s'atténuant, l'excès de sel retenu peut être éliminé. L'eau qui s'était accumulée pour empêcher seulement la saturation des milieux organiques, s'écoule à son tour par les divers émonctoires et en particulier par le rein ou l'intestin : une diarrhée ou une poljurie très abondante est souvent la préface de ces guérisons.

Le cœur peut renforcer aussi, par l'hypertrophie de sa fibre musculaire, sa puissance hydraulique, que les lésions orificielles avaient rendue insuffisante. La circulation hépatique bénéficie immédiatement de cet accroissement de la tonicité du myocarde et la filtrationurinaire est également rétablie, car elle est fonction de la pression artérielle au niveau du glomérule.

L'ascite disparaît alors malgré la persistance des lésions cardiaques, hépatiques et rénales, qui restent cependant une menace constante de récidive.

L'ascite cirrhotique déjà ancienne, dont l'obstacle à la circulation de retour dans le territoire de la veine porte

ASCITES.

est la cause essentielle, peut guérir malgré la persistance de cette cause, grâce à l'établissement d'une circulation collatérale.

Les voies de dérivation du sang qui suit d'ordinaire la veine porte sont nombreuses chez le chien. Les plus importantes sont représentées par les veines sous-cutanées abdominales, qui, s'abouchant vers la région xiphoïdienne

Fig. 111. — Chien guéri momentanément; l'ascilique conserve un foie hypertrophié et débordant l'hypocondre. L'augmentation de volume est indiquée par la teinte noire.

avec les veines épigastriques, en rapport elles-mêmes avec le système pofte par l'intermédiaire des veines parombicales. d'une part, aboutissent, d'autre part, vers l'aine dans les veines iliaques. Les veines gastro-épiploïques ont quelques anastomoses avec les reines œsophagiennes et les veines du diaphragme. Dans l'épaisseur même des parois intestinales, quelques communications existent(système de Retzius) entre les racines de la veine porte et quelques

affluents «de la veine cave, les veines hémorroïdales en particulier.

Ces diverses voies de dérivation sont d'abord insuffisantes pour assurer la circulation abdominale: mais elles se dilatent petit à petit sous la poussée du sang et rétablissent finalement le cours du sang. Cette augmentation de volume est très évidente pour les veines superficielles qui sont apparentes.

Anatomie pathologique. — Un exsudât, qui atteint parfois 15 à 20 litres, constitue la lésion principale. Ce liquide présente des caractères très variables ; il est tantôt clair, transparent, limpide, tantôt jaunâtre, rosé, opalescent ; il contient parfois quelques globules blancs, des globules rouges, des cellules endothéliales et quelques rares flocons fibrillaires ; on peut y trouver une quantité relativement abondante de graisse lui donnant un aspect homogène.

L'épanchemeni ascitique est quelquefois visqueux, gélatineux, soit immédiatement après son extraction, soit après quelques instants de contact avec l'air extérieur ; il est rosé ou rouge foncé quand il y a des néoplasies embryonnaires dans la cavité abdominale ; les vaisseaux ectasiés qui rampent à la surface des tumeurs se rupturent et provoquent une ascite hématique. Dans tous les cas, ce n'est jamais ni du plasma, ni du sérum, ni de la lymphe, mais un exsudât séreux (fig. 112).

Le péritoine est pâle, blanchâtre, par suite de la dégénérescence graisseuse de l'endothélium.

Traitement. — La principale indication à remplir est la guérison de l'affection initiale accompagnée du syndrome ascite ; mais ce résultat est vainement poursuivi ; la plupart des lésions organiques qui la produisent sont ineffaçables (1).

La. j)érit07iite tuberculeuse est justiciable des injections

(1) Sendrail et Guillé, Sur le traitement de l'ascite du chien (Revue vét., 1906, p. 141).

ASCITES. 361

intriipérilonôalcs (loaii stérilisée chatnle. d'eau boriquée, (le naphtol camphré, de séruni de cheval chaiifle, d'air stérilisé, etc. : ou mieux de la laparotomie large permettant le contact de l'air sur toute la séreuse. Mais il est préférable de sacrifier le chien tuberculeux, souvent dangereux jtour son entoiu-age : lascite bacillaire est. en effet, excoptionnellement primitive et il existe presque toujours lies lésions ouvertes ou destinées à s'ouvrir.

Fig. 112. — .\scile hémorragique du chien; cyto-examen.

1, Globules rouges; 2, leucocytes mononucléaires; 3, leucocytes polynucléaires ; i, cellules endothéliales dégénérées.

Contre ïascitc onjaniquc, nous sommes mieux armés. .Sans doute, les affections cardiaques, pulmonaires, hépatiques ou rénales, qui en sont les causes premières, sont presque toujours incurables, mais on peut améliorer la circulation porte, modifier l'état de la séreuse péritonéale entlammée, rétablir Téquililjre osmotique que la rétention chlorurée a troublé, supprimer les éléments pathologiques de lascite. On peut intervenir heureusement parle régime, et par des moyens médicaux et chirurgicaux.

Gadéac. — l'atiiologie interne. III. i\.

362 l'ÉlUTOINE.

Ukcimk. — On sait que rinsulTisanlc éliiniiiiilion du dilorui'O do sodium et sou accumulation dans l'organisme sont un éléiiuMit patliogéiiique important de Taseite. Or, les aliments contieiment, toujours, une quantité i)liis ou moins considérable de ce sel, dont l'introduction constante, alors que les voies d'excrétion sont altérées, est une cause d'accroissement progressif de l'épanchement. La su))pression du sel. des aliments, est donc indispensable, l'institution d'un régime aclilorUré sévèrement maintenu est la })remière indication à l'ormuler vis-à-vis d'un ascilique.

Ce régime est facile à réaliser chez le chien. La viande crue renferme peu de chlorures. Les pommes de terre et les diverses farines de céréales avec lesquelles on peut confectionner des piliécs sont également pauvres en sels. On n'oubliera pas, qu'au contraire, le pain cncontient une cpiantilé notable. Enfin, le lait de vache est à i)eine salé, à la condition cependant que dans la ration de celle-ci. on n'ait point ajouté ce condiment, ce qui est assez fréquent. Les œufs, lorsque la question de pri.x. n'est pas un oltstaclc. peuvent être donnés sans inconvénient.

11 ne suffitpoint éviilemment de déclilorurer les aliments pour déchlorurer le nuxlade ; alors même que l'économie ne reçoit ))lus qu'une insignifiante quantité de chlorure <le sodium, celui (|ui s'était iléjà accumulé peut être retenu et ses otfels persister. 11 ne suffit pas. en d'autres tenues, de diminuer les entrées des chlorures, il faut en accélérer les sorties. On \ parvient, soit en agissant sur les causes de la rétention, c'est-à-dire en améliorant les fonctions rénales et l'activité circulatoire, soit en provoqiumtdes évacuations com|)lémenlaires de chlorures par les diverses voies possibles.

La suppression des boissons favorise la résorption du liquide épanché. Le chien ne reçoit pour toute nourriture qu(> de la viande crue avec un gramme de sel de nitre : les urines, très rares d'abord, augmentent graduellement

ASCITES. 363

de (juantité et la résorption de l'épanchement s'opère (Oreste. Marcono).

.MoYK.Ns MÉDiCAix. — Les niovcns inrilicaux tomlont à atténuer les lésions organiques et à faire éliminer le liquide épanché.

Lesdcsinfectants intestinaii-r favorisent le ronctionnemenl et la nutrition des glandes hépatique et rénale. On utilise principalement le calonn^l et le henzo-naphtol qu'on l'ait précéder de l'action des purgatifs, notamment des purgatifs salins (sulfate de soude, de magnésie), qui concentrent davantage le sangetsont moins affaiblissants que les di"astiques : ils activent la résorption du liquide ascitique et comptent quelques succès : ils peuvent enfin amorcer l'écoulement ascitique dans cette direction et provoquer une diarrhée critique.

(Juand les lésions organiques sont anciennes, on combat la sclérose par liodure de potassium ou de sodium et la trinitrino.

On vient au secours du cœur à l'aide de la digitale, de la caféine et de la strophantine.

La médication diurétique est celle qui modifie le mieux le courant osmotique abdominal.

Les diurétiques sont particulièrement elllcaces quand l'ascite procède d'une altération rénale, d'un trouble de la sécrétion urinaire ; ils sont toujours utiles pour activer réliminalion. Le sel de nitre il gramme), l'acétate de potasse ou de soude (1 à 2 grammes), le bitartrate de potasse, la digitale (i gramme), la scille (1 à 5 grammes), l'acétate de potassium, la théobromine méritent d'être employés.

Ces agents doivent être administrés journellement ; lems clïctsne sont pas immédiats, le courant centrifuge résiste plus ou moins à leur sollicitation, mais la polyurie salutaire s'établit.

Les sudorifiques et les sialagogues, tels que le chlorhydrate de pilocarpine en injections sous-cutanées, peuvent également résorber ou activer la résorption de l'épanché-

364 PKlîITOINE.

ment. Zalin ;iol)lenu. par ce nioyon. laguérison (run chien ail bout de (jiiatorze jours de Iraiteinent.

MoYK.xs CHiKi'RGicAux. — La jiaracciilèse, les injections et l'omenlopexie résument le traitement chirurgical.

i"^ Paracentèse. — On pratique la paracentèse quand la distension du venire et la dyspnée sont très considérables. L'évacuation du liqnideijuirel'oulelediaphragme et distend les parois abdominîiles. procure au malade un soulagement immédiat.

C'est l'opération palliative par excellence. Son action est plus rapide et plus certaine que celle des diurétiques.

Il laut la pratiquer de bonne heure et la renouveler chaque l'ois que cela est nécessaire, c'est-à-dire avant une trop grande am[iliation des parois, qui, une fois l'orcées, ont de la peine à récupérer leur tonicité contentive normale. On se sert d'un trocart capillaire qu'on enfonce au niveau de la ligne blanche, un peu en avant de l'ombilic et en le dirigeant d'avant en arrière, l'animal étant couché sur la table; ou bien, si le sujet est de grande taille et sufllsamment docile, on le maintient debout et on ponctionne dans la partie déclive du flanc. On peut, presque toujours, sans inconvénients, laisser écouler tout le liquide, à la condition de procéder lentement et d'appliquer aussitôt un bandage qui soutienne et comprime même légèrement l'abdiMiien.

En raison de sa simplicité et de son innocuité habituelle, la paracentèse peut être souvent répétée et elle permet de conserver longtemps le sujet dans des conditions acceptables. Mais dansles formes graves de lascile, lorsque lépani-hement se repi"oduil trop vite, elle devient une nouvelle cause de spoliation et d"épuisement pour le malade. Elle est quelquefois suivie de mort immédiate par syncope ou par paralysie cérébrale quandles animaux se débattent ou que le trocart, de gros calibre, amène une évacuation trop rapide. Il faut donc recourir à d'autres moyens, chaque fois que la paracentèse ne présente pas des effets curatifs. '2" Injections. — L'injection iodée, au tiers ou au (piart,

ASCITES. 305

qu'on oin[iloio quelciuffois pour empêcher le retour do lascite. n'est utile que lorsque l'épanchement provient exclusivement dune allération du péritoine ; elle est très souvent dangereuse ; elle détermine fréquemment une poussée aiguë qui tue promptement le malade (Saint-Cvr: Labat). Lalosse. Pressecq. Sansot concluent que l'injection de teinture d'iode doit être réservée pour les cas où les autres médications sont impuissantes à soustraire les malades à une mort certaine. Sendrail et Cuillé pensent avec raison que ce jugement, trop sévère, doit être revisé ; une solution iodo-iodurée. de titre moins élevé, au 1/10 ou même au I/lo, injectée à dose faible, en évitant toute infection opératoire peut être ellicace.

Les injections péritonéales de solution de chloral peuvent avoir raison d'hydropisies rebelles; elles déterminent toujours une grande amélioration des hydropisies persistantes: le liquide épanché se reproduit déplus en plus lentement : une hvdropisie qu'on devait vider tous les quinze jours ne se reproduit qu'un mois après la première injection, trois mois après la deuxième et six. mois après la troisième (Sendrail et Cuillé).

Dans les périodes deguérison apparente, de plus en plus longues, l'état général du sujet s'améliore, on peut même voir le chien engraisser, en même temps qu'il devient plus vigoureux et plus ingambe. Tant que la gravité des lésions organiques n'est pas excessive, celles-ci ne perdent pas, en elVet. leurs droits, et leur accentuation, presque fatale, est une menace lonstante de mort, dont le terme est seulement plus ou moins retardé.

La technique de l'injection intrapéritonéale est des plus simples. On pratique d'abord la paracentèse, comme il a été dit plus haut. On ne cherche point à extraire absolument tout le li(iuide, une petite quantité de celui-ci facilite la ditfusion du médicament dans les replis de la séreuse. L'injection est faite à la faveur du trocart à paracentèse, auquel on adapte, par l'intermédiaire d'un tube en caout-

366 r'KUiToiXE.

choiic, une seringue ou un pelil entonnoir, le tout convenahlemonl aseptisé. La dose de chloral varie avee la taille du chien, elle doit être d'envii'on un gramme par 3 kilogrammes d'animal. La solution est laite au cinquième, c'està-dire que pour un chien de 20 kilogrammes par exemple, on injecte "grammes de chloral. dissous dans 3o grammes d'eau stérilisée. Au houtde dix à quinze minutes, le malade tombe dans un profond sommeil qui dure deux à trois heiuTS (Sendrail et Cuillé). Les propriétés légèrement irritantes du chloral modifient le pouvoir sécrétoire du péritoine, déterminent (pic](piet'ois la giiérison complète, relardent en tout cas le retour de l'épancliement et améliorent Fétnl général.

3" Omentopcxie. — On désigne ainsi une opération qui consiste dans la fixation, par une suture, de l'épiploon à la paroi abdominale afin de provoquer une déviation de la circulation. On se i)ropose, en effet, de inettre un viscèii» contenant des vaisseaux d'origine de la veine jiorte en rapport avec un point delà paroi abdominale où rampent des vaisseaux tributaires de la veine cave et de créerainsi de nouvelles anastomoses, de favoriser l'établissement de cette «irculation dérivée compensatrice, qui est le processus d;> guérisoh le plus elïicace.

La fixation de l'épiploon au péritoine pariétal, à sa face interne ou à sa face externe (.Morison, Schiassi). procédé recommandé chez l'homme, étant dilficile à réaliser chez le chien, Sendrail et (liiillé ont pratiqué l'omcntopcxie par un procédé nouveau, dont la caractéristique principale réside dans l'insertion de l'épiploon entre les muscles obliques de l'abdomen.

L'anesthésie est très utile, si non indispensable ; elle expose mallieureusement à de sérieux dangers, les asciliques étant presque toujours des cardiaques, (hi la pratique cependant avec quelque sécurité, jtar l'injection sons-cutanée d'une sol n( ion de tO milligrammes de bromhydrate de scopola mi ne et tO i-entigrammes de chlorhydrate de morphine dans

ASCITKS.

10 grammes (reau. à la dose île un demi-centimètre cube par kilogramme d'animal : pour les jjetits chiens, la dose doit être un peu plus élevée et peut atteindre sans danger 1 centimètre cube par kilogramme d'animal. Nous

Vis, 113. — L'épiploonest attiré h l'exltMieur et eirrèlé entre les lèvres de l'ouverture du petit oblique par trois points de suture : I, incision de la peau; II, incision du grand oblique; III, incision du petit oblique ; IV, Kpijiloon (Sendrail et CuilléK

reproduisons le manuel opératoire imaginé par les deux auteurs précités.

L'opération comprend trois temps principaux : i° Ouvrir l'abdomen ; 2" Fixer l'épiploon ; 3° Fermer l'abdomen.

Ouirir l'abdomen. — Une incision verticale de 5 à

368 l'ICItITOINE.

7 centimètros de long (suivant la taille du sujet), est pratiquée au milieu du liane, sur l'un ou l'autre côté indifléremment. Elle intéresse la peau et le muscle grand oblique, dont les fibres, plus minces qu'à l'état normal, sont sectionnées transversalement. On soulève la lèvre postérieure de l'incision musculaire et. avec ime spatule ou avec le doigt, on décolle le grand oblique en déchirant le conjonctif très lâche qui occupe l'interstice entre ce muscle et le petite oblique : on l'orme ainsi, en arrière et en bas de l'incision, une sorte de jioche d'une dizaine de centimètres de profondeur. Le petit ol)lique et le péritoine sont incisés ensuite ol)li(|uement de haut en bas et d'arrière en avant, c'est-à-dire dans le sens des libres musculaires, qui sont seulement séparées et non divisées; on sait qu'ainsi les bords de l'incision ont une tendance naturelle à se rapprocher, à se maintenir même spontanément en contact.

Fixer répiploon. — Aussitôt la cavité péritonéale ouverte, le liquide s'écoule à flots et l'épiploon flottant est entraîné et tend à s'engager entre les lèvres de l'incision. Une partie de cet organe est attirée à l'extérieur et étalée sous la forme d'une lame des dimensions de ta main (lig. 1 13). Elle est arrêtée et lixée entre les bords <le l'ouverture du petit oblique par deux ou trois points de suture au catgut, à peine serrés, tout juste assez poiuempêcher l'écartement de ces bords et l'issue de l'intestin, sans comprimer le pédicule épiploïque, dont les vaisseaux doivent conserverleur perméabilité. La portion d'é[iiploon ainsi extériorisé est renversée en arrière et en baset placée bien à plat dans la loge creusée dans l'interstice musculaire, entre les deux obliques (fig. 114).

Fermer Vabdomen. — On réunit, par un bon siu'jel. au catgut les bords de la plaie du grand oblique. L'épiploon est ainsi recouvert et enl'oui dans l'épaisseur de la paroi abdominale, dont la résistance n'est point diminuée. La brèche cutanée est fermée par les points séparés au

A>(:iTE>. 369

crin (le Floren(?o. Ln bandage légèrement serré autour de Tabdomen. protège la région opératoire en même temps ([u"il immobilise les viscères et prévient les tractions sur le pédicule épiploïque (Sendrail et Cuillé).

HiT. 1 14. — L'épiploon esl logé entre le petit oblique et le grand oblique dans la position indiquée par le pointillé (I. Incision de la peau ; II. Incision du grand oblique ; 111. Incision du petit oblique ; IV. Épiploon (Sendrail et Cuillé).

Cette Opération, pratiquée quatre tois par Sendrail et Cuillé. est justifiée, à la condition toutefois que la santé générale de l'animal ne soit pas trop compromise et que les affections organiques dont il est atteint lui laissent encore quelques chances de survie.

L'oraentopexie mérite d'être considérée comme le

370 PliRITOIXE.

meilleur movon de IraiteuKMit de rascite ; eest, en effet, le plus définitif, puisque la guérison est. ici. sous la dépendance d'un processus anatomique qui aboutit en somme à l'édification d'organes nouveaux, préposés à une fonction nouvelle, la circulation porto-pariétale.

Elle doit cependant céder le pas aux autres moyens plus simples dont nous avons dit refficacité relative. Ceux-ci seront utilisés d'abord, parce qu'ils peuvent suffire. Quand leur action est épuisée, il ne faut pas liésiter à recourir à l'omentopexie (.Sendrail et Cuillé).

ASCITE CHYLEUSE CHAT

Définition. — L'ascite cbyleuse est caractérisée par répancliement, dans le péritoine, d'un liquide blancliàlre, aseptique, ayant tous les caractères d'une émulsion graisseuse.

Étiologie. — Cette alVertion n'est pas très rare cliez \o (bal. nous en avons recueilli i)lusieurs observations. On peut la voir compliquer la pciitonitc tuberculeuse ou cancéreuse : elle paraît résulter du déversement du cbyle dans le péritoine à la faveur d'une solution de continuité d'un ou plusieiu's (dijlileres.

Ces vaisseaux sont généralement dilatés, volumineux, jjrèts à se rompre.

Anatomie pathologique. — La cavité abdominale est remplie d'un liquide laiteux, opaque, inodore, épais, dépourvu de llocons fibrineux qui. par le re{»os. ne laisse rien déposer.

Ce liquide otTre les caractères d'une émulsion graisseuse: il est alcalin et est composé de graisse, de glucose, d'albumine, de chlorures, de sulfates et phosphates de sodiimi. de poiassiimi, de magnésium et de calcium. Le

Tt'MEURS. 371

péritoine est qtielqiierois épaissi ol le mésentère déchiré (Volhinulli).

Symptômes. — Les ascites chyleuses ne peuvent se différencier (•lini(]iienient des ascites ordinaires ; elles occasionnentles mêmes troubles physiques et l'onctionnels. La mort est la terminaison habituelle.

Le diagnostic ne se fait que par le ponction ou en pratiquant l'autopsie.

Traitement. — Il consiste presque exclusivement ilans des ponctions répétées.

m. — TUMEURS.

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