I. — Tumeurs bénignes
Les tumeurs bénignes se développent généralement aux dépens de l'épiploon. Elles comprennent, par ordre de fréquence, les lipomes, les fibromes, les myxomes et les mélanomes. Ces derniers font partie de l'histoire de la mélanose.
Lipomes. — Les lipomes sont les tumeurs les plus communes de l'épiploon et des mésentères. On les trouve généralement à l'extrémité des franges épiploïques; ils sont pédicules ou sessiles. simples ou multiples, isolés, diffus ou en nappe.
La plupart de ces tumeurs isolées sont pédiculées. analogues h un testicule sans épididyme.
Le pédoncule est arrondi, de la grosseur d'un crayon et d'une longueur qui varie de 5 à 30 centimètres ; il est dur, fibi-eux, résistant (fig. 115).
PKRITOIXE.
Quand la tumeur tourne autour de l'intestin, son pédicule Tétrangle comme une corde.
Les lipomes solitaires sont ainsi une cause IVéquente d'occlusion intestinale, quelquefois de volvulus ou même d'invaiiination.
Fig. 115. — Lipome suspendu à l'extréinilé de son inésentèir. 1, Physionomie de la coupe de cette tumeur.
Nous avons fait connaître les conditions de ces accidents et leurs funestes conséquences (fig. 146).
Pendant leur évolution, ces tumeurs possèdent un revêtement séreux, nettement distinct au-dessous duquel on trouve une membrane fibreuse qui enveloppe une niasse graisseuse, fibreuse ou même ramollie, parfois calcifiée.
La calcification est de règle quand le pédicule s'est rompu, ces tumeurs sont libres dans la cavité péritonéale.
TUMKIRS.
Ordinairement peu volumineuses, ces tumeurs peuvent acquérir un poids considérable (12 à 21 kilogrammes) ; elles peuvent se développer au niveau de l'intestin grêle, du gros côlon, du oa'cum. du côlon flottant (Quiclet) et du rectum (1 .
Les lipomes diffm oflVent des dimensions énormes et enveloppent les anses intestinales.
On en trouve dont la surlace a plus d'un mètre. Ces tumeurs lobulées forment des masses mamelonnées au milieu desquelles, il est diflicile de reconnaître l'intestin .
Certains lobes sont résistants, formés de tissu compact, d'autres sont mous et constitués par un tissu aréolaire à mailles lâches contenant un liquide séreux, jaune citron. Si on
place la tumeur sur une table, les prolongements qui prennent une position déclive montrent, à leur bord libre, une série de petits kystes transparents remplis de liquide. Si on fait prendra au lobe une position diamétralement opposée, ces kystes disparaissent et leur liquide s'épand et se répartit dans de petites vésicules extérieures qui sont comme autant de dilatations ampuUiformes de la membrane
(1) Quiclet, Recueil des vi't. tnilit., IS97. — Vignon, Sociétédess sciences f>ét., 1900, p. 27. — Hiirpez, Recueil desvct. milit., 1906, p. 3:iO.
Fig. Ilii. — I.i|ionu' du méseiili-re.
.M, inésentère; A, B, anse intestinale ; T, pédicule de la tumeur qui enserre l'intestin au point C: P, L, tumeur lipomateuse ; D, intestin étranglé et hémorragique.
374 PERITOINE.
d"enveloppe et donnent à la masse un aspect niûi-ifornie.
Ces tumeurs fixées au côlon flottant (Vignon). à l'intestin grêle, au caecum et au côlon (Hurpez). dépriment le tube intestinal, y provoquent des rétrécissements suivis de dilatations, de poches, pleines de matières alimentaires et finissent par déterminer la mort par occlusion intestinale.
Fibromes. — Les fibromes sont ordinairement très petits, ils sont pédicules, passent inaperçus ou sont confondus avec les lipomes. Ce sont particulièrement les fibromes qui se calcifient avant la rupture du pédicule épiploïque.
Myxonies. — Les myxomes ont la physionomie des fibromes en évolution: mais ils acquièrent un volume beaucoup plus considérable. Ces tumem"s, très rares, sont pédiculées. lobulées ; chaque lobule a la grosseur dim grain de raisin ou dune datte. ïrasbot a observé une tumeur de cette nature sur le mésentère colique.
Angiomes. — Des angiomes de petites dimensions se rencontrent exceptionnellement dans le péritoine des solipèdes.
Ces tumeurs proviennent tantôt dune dilatation variqueuse dune grande branche émise par une des artères coliques, tantôt d'une dilatation variqueuse de la grande mésentérique.
Elles sont formées de kystes à parois plus ou moins épaissies, de la grosseur dune tête d'épingle à celle ilune noix, communiquant entre eux et contenant, dans leurs aréoles, un liquide rougeûtre, formé exclusivement d'éléments du sang. On peut y rencontrer des caillots anciens, régulièrement striés.
Ces tumeurs pé<liculées ou sessiles. acquièrent parfois un volume considérable, pèsent 3 kilogrammes (Laulaniéj: elles peuvent, quelquefois, atteindre le tissu conjonctif sous-péritonéal.
Plaques d'ossification. — Signalées par Wheafley et
TIMECRS. 375
Drouin ; elles sont très rares ; on sent, sous la pression du doigt, dans l'épaisseur de la paroi intestinale, des plaques indurées, de grandeur variable, flexibles, se brisant sous une trop forte pression. Ces plaques s'unissent aux parties voisines par des filaments ramifiés : isolées, elles présentent l'aspect macroscopique du tissu osseux normal. Au voisinage de ces plaques, la couche musculeuse est atrophiée.
Au microscope, on remarque la section des canaux de Havers et des ostéoplastes, en un mot. toute la structure classique du tissu osseux aux difTérentes périodes de son développement.
Symptômes. — Les tumeui's bénignes du péritoine ne se révèlent généralement par aucun symptôme ; elles sont découvertes à l'autopsie d'animaux morts de maladies indépendantes de ces altérations.
Quand elles troublent l'économie : c'est en gênant mécaniquement la fonction digestive. Les tuai.eurs pédouculées s'enroulent fréquemment autour d'une anse intestinale et sont ime cause d'étranglement (Mégnin. Rogerson, Lafon. etc.). Le diagnostic est rarement possible; il y a trop de causes d'étranglement intestinal pour qu'on ait de sérieuses chances de les soupçonner et de les reconnaître.
Traitement. — La mort des animaux est si rapide qu'on n'a généralement pas le temps d'intervenir.