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II. — BOVIDÉS

Le coryza du bœuf consiste habituellement dans une inflammation catarrhale superficielle et bénigne; mais il

revêt quelquefois une physionomie tîbrineuse et grave qui lui a fait donner le nom de croup.

Malgré sa gravité et son allure infectieuse, la rhinite croupale ne doit pas être confondue avec le coryza gangreneux, dont elle diffère malgré tout par les circonstances qui président à son développement, par sa bénignité relative et surtout par l'absence ou le peu d'importance des troubles oculaires.

Étiologie et pathogénie. — Le refroidissement déterminé par rinterruption du travail des animaux qui labourent, l'exposition à la pluie, aux brouillards, ont une action moins nocive chez le bœuf que chez le cheval. Ces influences font quelquefois développer le coryza au printemps et à la fin de l'automne. On l'observe chez les animaux qui sont en liberté, presque jamais chez ceux qui vivent en stabulation permanente.

L'insolation, les poussières des routes peuvent produire cette inflammation.

Son développement est fréquemment consécutif à des traumatmnes du mufle, de la base des cornes, à l'amputation, à la fracture, à l'ébranlement de celles-ci, à l'introduction de parasites dans les cavités nasales, à des blessures de l'entrée des naseaux.

L'infection préside exclusivement à son évolution chez les veaux qui viennent de naître ou âgés seulement dune quinzaine de jours. On voit le coryza frapper quelquefois un grand nombi"e ou la totalité des veaux d'une étable.

Symptômes. — Le coryza simple du bœuf est essentiellement bénin ; il se traduit par une simple exagération sécrétoire des premières voies respiratoires. L'appétit n'est pas modifié; la respiration est normale : l'inflammation ne détermine qu'une tuméfaction insignifiante de la pituitaire. On constate rarement la tuméfaction de l'ex-

trémité de la tête et du mufle avec un peu de gêne respiratoire et des éternuements fréquents. La maladie passe le plus souvent inaperçue, car l'animal enlève promptement avec la langue, tout le jetage qui arrive à l'ouverture des naseaux.

Marche. — Terminaison. — Le coryza aigu simple sporadique se termine x"apidement par la résolution.

Les rhinites aiguës contagieuses sont éphémères ; parfois la maladie ne dure que deux à trois jours.

Le pronostic est donc des plus bénins. Le catarrhe consécutif à l'amputation des cornes offre seul une certaine gravité, il peut se compliquer de septicémie et de méningite.

Le diagnostic est facile, la rhinorrhée est un symptôme caractéristique ; on différencie le coryza simple du coryza gangrenexix par l'élévation de la température et l'intensité des symptômes généraux qui accompagnent cette maladie.

Traitement. — La guérison du coryza aigu est facile à obtenir: le bœuf résiste facilement aux microbes de la suppuration; cependant il est bon de recourir à certaines précautions afin d'arrêter rapidement linflammation.

d" Mesures hygiéniques. — Maintenir les animaux malades dans des étables à température douce et constante, les mettre à l'abri des refroidissements et des courants d'air. Ne leur donner que des boissons tièdes et des aliments chauds (racines cuites, etc.).

2° Moyens thérapeutiques. — On a recours aux fumigations émollientes de vapeur d'eau tiède, de solution de crésyl, de goudron, de fleurs de sureau, de capsules de pavot et d'eau de mauve.

Les inhalations d'ammoniaque peuvent arrêter le coryza h son début; les inhalations de brome sont trop irritantes.

Lorsque le coryza est en pleine évolution, on recommande les injections astringentes et antiseptiques et des insufflations de poudres absorbantes si la sécrétion est trop abondante (talc, tanin, alun). On peut faire cesser

l'obstruction nasale qui est toujours très, pénible, à l'aide de lavages astringents et on peut atténuer la douleur à l'aide de pulvérisations de cocaïne.

Enfin, lorsque la guérison tarde à s'effectuer, il faut avoir recours à l'écouvillonnementde la muqueuse à l'aided'une étoupade imbibée d'une solution d'azotate d'argent, de teinture d'iode dilué au 1/100.

Quand il y a épistaxis d'origine traumatique, on peut tamponner les cavitésnasales avec du coton imbibé d'acide acétique pyroligneux à 5 p. 100, y pratiquer des injections de la solution suivante :

Alun ordinaire 5 grammes.

Acide tanniqiie 15 —

Eau 1 litre.

qu'on fait pénétrer dans les cavités nasales, à l'aide d'une longue canule à extrémité mousse, munie d'une poire en caoutchouc (Hug).

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