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VI — VOLAILLES

Les volailles sont fréquemment atteintes de coryza. Tantôt cette maladie est sporadique : tantôt elle est manifestement contagieuse.

C'est, dans tous les cas, une affection de nature microbienne, caractérisée par une inflammation catarrhale ou suppurative des muqueuses de la tête sans fausses membranes et à évolution très rapide. On la désigne sous le nom de morve ou de roupie.

Étiologie. — La maladie frappe les sujets jeunes, faibles, débiles. Les mauvaises conditions hygiéniques, une mauvaise nourriture et toutes les causes capables d'affaiblir l'organisme, d'exalter l'action pathogène des microbes, prédisposent au coryza ou le préparent.

L'affection est évidemment de nature microbienne, car elle s'étend rapidement à tout un poulailler, à toute une contrée par l'intermédiaire de la sécrétion nasale muqueuse rejetée par les animaux malades. La maladie sévit principalement en automne et au printemps. Des microbes non spécifiques paraissent séduquer chez le premier sujet atteint et acquérir assez de virulence pour triompher de la résistance de l'organisme sain des autres animaux.

La nature et les caractères de ces microbes sont d'autant plus difficiles à préciser qu'on a. très souvent, confondu le coryza contagieux avec la diphtérie aviaire ou même

avec d'autres affections parasitaires des premières voies respiratoires, digestives ou cutanées. Les recherches de Gallez, de Gratia et Liénaux, de Colin, etc., n'ont pas fourni le critérium différentiel. La caractéristique clinique de la diphtérie aviaire; c'est la présence de fausses membranes avec une évolution lente ; la caractéristique du coryza contagieux, c'est l'état catarrhal des cavités nasales et l'évolution rapide de l'inflammation.

Nous compléterons cette différenciation ;ï propos de la diphtérie aviaire et des affections pseudo-diphtéritiques.

Symptômes. — Le coryza frappe un ou quelques animaux seulement, il est simple, bénin, ou se propage rapidement {coryza contagieux) .

Coryza simple. — L'animal devient triste, somnolent. Puis on voit s'écouler, par les narines, du pus verdàtro. mousseux, fétide. A son tour, Yœil s'enflamme ; il se trouble, devient opaque et une sécrétion chassieuse, très abondante, réunit les paupières. Quelquefois aussi, mais plus rarement, l'oiseau tousse, les narines s'obstruent, la respiration s'effectue par la bouche: elle est gênée, bruyante, ronflante. C'est là le signe principal. La bouche semble anémiée : elle laisse échapper une matière très liquide. L'appétit diminue, puis disparaît et l'animal, épuisé, meurt dans le marasme (Mégnin, George).

Ce coryza simple se dissipe souvent, spontanément, en deux ou trois jours, surtout si on a eu la précaution de soustraire l'oiseau aux causes qui avaient provoqué le développement de l'affection.

Le coryza simple peut passer à Yétat chronique, c'est-àdire persister plusieurs semaines et même des mois, sans s'aggraver, mais cette terminaison est très rare.

Coryza contagieux. — Le coryza contagieux affecte la muqueuse qui tapisse les cavités nasales, les sinus orbitaires et leur diverliculum maxillaire; il débute toujours comme le coryza simple, ce dernier en est le prélude obligé.

On constate de l'inappétence, de la faiblesse, de la nonchalance ; les volailles perdent leurs allures vives, sautillantes; elles se cachent, s'éloignent et s'isolent ; les plumes se hérissent, se ternissent ; les ailes pendent le long du corps. La crête et les barbillons sont rouges, congestionnés ; la muqueuse buccale est enduite d'un mucus épais.

Au bout de deux ou trois jours, un liquide grisâtre, fluide, qui devient rapidement blanchâtre ou jaunâtre, épais, gluant, s'écoule par le nez, se colle à son pourtour, s'amoncelle et finit par constituer un tampon obturateur. Les volailles éternuent fréquemment, gardent le bec ouvert pour respirer; la bouche se dessèche. L'œil est saillant, couvert d'une sécrétion pseudo- membraneuse : l'oiseau devient aveugle ; il est incapable d'aller chercher sa nourriture et a de la difficulté à se tenir debout. La respiration est pénible, difficile, vite, asphyxique ; la crête, les barbillons, la muqueuse buccale se congestionnent, se cyanosent. La mor^ survient par asphyxie et aussi par inanition, caria déglutition est empêchée : le palais s'affaisse, poussé par l'exsudat qui remplit les cavités nasales. L'évolution est ordinairement très rapide : les animaux succombent souvent en un à trois jours.

Pronostic. — Le pronostic de cette affection est grave, car elle se propage avec une grande rapidité et fait de nombreuses victimes ; la mortalité est de 96 p. 100 pour les jeunes; la plupart des adultesrésistent.

Lésions. — Cette inflammation est ordinairement diffuse, rarement localisée et superficielle, presque toujours profonde. Les microbes s'aident mutuellement ; ils ti'iomphent du phagocytisme et les leucocytes morts deviennent des globules de pus.

11 y a. en effet, une inflammation suppurative des muqueuses nffsale. pharyngienne, laryngienne et oculaire.

Diagnostic différentieL — Le coryza simple est caractérisé par un écoulement nasal, humide ou mousseux.

suivi de sécrétion chassieuse de la muqueuse orbitaire.

Dans le coryza contagieux, la sécrétion est abondante, jaunâtre, sans fausses membranes, mais remplissant les cavités nasales et les sinus qui en dépendent, ainsi que le sinus orbitaire et son diverticulum.

La diphtérie est caractérisée par la i)roduction de fausses membranes, en plaques plus ou moins épaisses, blanc jaunâtre, occupant les côtés et la face inférieure de la langue, le fond de la bouche et ses parois, ainsi que la commissui'e des lèvres. La diphtérie, ordinairement localisée dans la bouche, peut s'étendre dans l'œsOphage. le jabot, l'intestin, ou dans la trachée, les bronches et les sacs aériens.

Le coryza contagieux et la diphtérie sont souvent concomitants.

Traitement. — Il est prophylactique ou curatif.

Traitement prophylactique. — Ordinairement enicace ; il consiste à isoler promptement les poules malades, à désinfecter le poulailler avec une solution de crésyl à 3 ou 4 p.. 100, à donner aux sujets une bonne nourriture et à les mettre à l'abri des refroidissements.

Il faut les tenir au sec, garnir les parois et le toit du poulailler, de paillassons qui mantiennent, dans son intérieur, une température constante et plus élevée que celle qui existait auparavant.

Traitement curatif. — Les sujets malades doivent recevoir du miel additionné de kermès, et être soumis à des fumigations de vapeur d'eau ou deau phéniquée, d'essence de térébenthine, de goudron.

Il faut nettoyer l'intérieur des cavités nasales avec une solution de chlorate de potasse à 3 ou 3 p. dOO. de borax à 5 p. dOO, de sulfate de cuivre à 2 p. dOO (Klee); administrer aux malades de l'eau et du lait pour les empêcher de moui'ir de faim et les maintenir dans une atmosphère chaude. Il est indiqué de laver le pourtour du nez, les yeux avec de l'eau tiède. Quand le jabot est parésié, il faut le

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débaiTasser des aliments par le massage ou bien rouvrir.

Un traitement fortiflant est réalisé par la formule suivante :

Hyposulfite de soude 5 grammes.

Salicylate de soude 5 —

Gentiane jaune pulvérisée 20 —

Gingembre pulvérisé 20 —

Sulfate de fer pulvérisé 10 —

On donne, par jour et par tète, le volume d'une prise de tabac de cette poudre. Poiu* plus de commodité, on peut la mélanger à la pâtée des oiseaux.

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