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VII. — LAPL\S

Les lapins sont affectés dune rhinite contagieuse microbienne et dune rhinite parasitaire de nature coccidienne.

1° Rhinite contagieuse microbienne.

Définition. — Sous le nom de rhinite contagieuse, d'influenza, de rhume infectieux ou malin, de fièvre catarrhale maligne, de rhinite purulente . on décrit une maladie enzoolique des lapins caractérisée par l'inflammation des voies aériennes et des organes respiratoires, déterminée par une bactérie polymorphe.

Historique. — Lexistence dune inflammation microbienne indépendante de la rhinite coccidienne a été établie par les travaux, de Beck 1891. Kraus 1897. Roger et Weil 1901. Volk 1902. Kasparek 1903. Plus récemment. Sudmersen 1903. Koppânyi 1906 ont décrit des rhinites bacillaires analogues ou semblables.

Étiologie et pathogénie. — Lagent pathogène de cette maladie est une bactérie très petite, immobile, de la grosseur de celle du choléra des oiseaux ; mais on peut reconnaître autant de variétés de microbes que d'épidémies. On note, en effet, chaque fois, quelques particularités dans al

culture du microbe isolé. Le bacille décrit par Koppânyi s'en différencie par son polymorphisme et par son aspect capsulé, celui de Sudmersen par ses rapports étroits avec le groupe coli.

Ces microbes sont généralement pathogènes pour le cochon dinde, la souris et surtout pour le lapin^

L'infection naturelle résulte de l'inhalation ou de l'ingestion de petites particules de jetage répandu dans les stalles des animaux malades ; les personnes chargées de soigner ces animaux sont quelquefois aussi des agents de contagion. Les microbes infectieux se développent rapidement dans les cavités nasales et les cavités du voisinage en provoquant sur toute la muqueuse respiratoire une vive inflammation.

Cette infection locale peut d'ailleurs se généraliser : les microbes envahissent le torrent circulatoire, provoquent une inflammation des séreuses, la pneumonie. Les animaux de tout âge sont frappés et l'incubation est de quatre à six jours.

Anatomie pathologique. — La muqueuse nasale et pharyngo-laryngienne apparaît rouge, tuméfiée, recouverte de masses purulentes. Les bronches elles-mêmes sont quelquefois partiellement comblées par cet exsudât.

Les plèvres i-enferment, fréquemment, un épanchement séreux, visqueux ou purulent ; la surface supérieure des poumons est recouverte de fausses membranes, le péricarde est ordinairement respecté. Le poumon offre des foyers d'atélectasie ; on peut découvrir des bacilles dans tous les oi'ganes malades.

Symptômes. — L'invasion de la maladie est marquée par une fièvre intense ; la température atteint 40", l'appétit diminue, la tristesse et l'abattement dominent, un jetage aqueux, séreux, apparaît; il devient rapidement muqueux, épais ; il salit les poils, le bout du nez, la poitrine, les extrémités antérieures, et, après quatre à cinq jours, il est purulent et s'écoule abondamment.

L'irritation de la muqueuse et l'obstruction des cavités nasales provoquent des éternuements, un prurit qui incite les animaux à se frotter le nez avec les pattes ; la respiration s'accélère et les animaux toussent fréquemment ; ils maigrissent d'autant plus vite que diverses complications inflammatoires se produisent.

Les germes infectieux répandus dans le sang peuvent se localiser dans les plèvres, le tissu conjonctif, l'oreille et y pi'oduire de la suppuration.

Lapleitrésie suppurée a une évolution très rapide ; elle tue en deux ou trois jours; les abcès sous-cutanés ou internes déterminent la cachexie ; les animaux affectés d'otite tiennent obliquement la tête de travers comme dans la gale psoroptique et présentent bientôt les signes d'une méningite aiguë.

Marche. — L'évolution de la maladie est si rapide que, dans beaucoup de cas, les animaux meurent en trois à cinq jours ; elle dure quinze à vingt jours dans les formes subaiguës, plus longtemps encore quand cette rhinite passe à l'état chronique.

Diagnostic. — La rhinite bactérienne se distingue de la rhinite coccidienne par l'intensité des symptômes généraux de la période d'invasion et par l'absence de coccidies dans le j étage.

Traitement. — On a préconisé les injections de crésyl à 4 p. 100, d'acide borique à 3 p. 100; mais il est préférable de supprimer les malades, de détruire leurs cadavres et de désinfecter les habitations afm de prévenir l'infection des animaux sains.

2° Rhinite coccidienne.

Définition. — La rhinite coccidienne constitue une affection enzootique déterminée par la coccidie {Eimeria cuniculi) qui envahit l'épithélium de la pituitaire, des sinus, de la caisse du tympan, du conduit auditif externe et du phai'ynx.

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Étiologie. — Cette affection, étudiée en Allemagne par Zûrn, sévit principalement chez les jeunes lapins entretenus dans de mauvaises conditions hj'giéniques. entassés dans des clapiers humides et mal tenus. L'alimentation avec les herbes fraîches semble être une condition favorable à son développement.

Symptômes. — Aux symptômes d'un coryza s'ajoutent ceux d'une vive inflammation des muqueuses voisines.

La rhinite se traduit par des éternuements fréquents, du jetage aqueux, muqueux ou muco-purulent ; l'animal se frotte le nez avec les pattes antérieures ; la respiration est légèrement accélérée ; mais la fièvre est légère au début et l'animal conserve l'appétit et la gaîté. Les symptômes augmentent progressivement d'intensité, l'animal devient triste, présente do l'inappétence et une température plus élevée. Il n'est pas rare de constater de la stomatite catai'rhale et des grincements de dents. Les coccidies envahissent la muqueuse pharyngienne; l'animal manifeste de l'angine avec de la toux ; elles pénètrent dans l'oreille moyenne et produisent des [troubles nerveux ; le lapin tient la tête penchée, d'abord pendant le repos, puis continuellement, un œil dirigé en haut, l'autre regardant en bas< le museau de côté ; s'il veut courir, il chancelle, tombe souvent et roule autour de son axe ; un léger coup le fait choir et tomber on convulsions. Le malade s'affaiblit do plus on plus sous l'influence d'une diarrhée profuse et il meurt souvent dans les convulsions au bout de quelques jours (Martin).

Diagnostic. — La rhinite coccidienne est surtout caractérisée parla présence de coccidies dans le jotago.

La gale psoroptiqiie de l'oreille s'en différencie par l'absence de catarrhe et par la présence de croûtes épaisses qui obstruent le conduit auditif.

La rhinite bactérienne est surtout caractérisée par une suppuration intense suivie rapidement de cachexie, mais il est probable qu'il y a eu souvent confusion entre ces deux

tonnes intlammatoires qui ont entre elles beaucoup d'analogies.

Lésions. — Les cavités nasales sont recouvertes d'un exsudât jaune rougeàtre composé de mucus, île pus, de sang et de kystes coccidiens.

L'oreille moyenne et le labyrinthe sont enflammés ; la caisse du tympan renferme du mucus purulent et des, parasites ; la membrane du tympan est quelquefois perforée et les coccidies [répandues jusque dans les couches du réseau de Malpighi du conduit auditif externe.

Traitement. — Le traitement prophylactique est le plus efficace ; il faut sacrifier les malades, détruire ou enfouir profondément la tête et les viscères, brûler ou désinfecter litières et fumier, désinfecter les clapiers qui doivent être maintenus dans un état de propreté parfaite.

Le traitement curafi/" consiste dans des instillations d'eau boriquée à 3 p. iOO, de sulfate de zinc àO.."i ou 1 j). iOO ou de solutions de ci'ésyl à 1 p. 100 ; il est peu pratique et généralement inefficace.

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