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MOUTON

Définition. — Sous le nom d'œstrose. nous désignons une sinusite parasitaire occasionnée par le développement

des larves àe.Vœstrus ^ ovis dans les sinus

frontaux et quelquefois dans les sinus maxillaires.

Cette affection spéciale est désignée sous le nom de 7nal d'u'stre, de vertige d'œstre ou de faux tournis Elle est caractérisée par une inflammation chronique des cavités nasales, des sinus, et par des troubles nerveux et moteurs.

Fig. 13G. — Œslre de la brebis, a, larve ; b, insecte parfait.

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Anatomie et biologie. — L oestre du mouton (flg. 136) est un diptère Ion:: d'un centimètre environ, de couleur gris jaunâtre ou brunâtre et presque glabre. L'abdomen est taché de blanc, de jaune, de noir: les ailes sont petites, hyalines et transparentes, marquées de trois points noirâtres à leur base: les pattes sont brunes, garnies de poils jaunes.

Ce diptère vit près des troupeaux dans les lieux, boisés, dans les buissons, ou se cache dans les murs des bergeries.

Pendant les étés secs et chauds, les (xstres forment quelquefois de véritables essaims, volant à une grande hauteur ou se reposant sur les pierres dardées par le soleil. Ils se montrent au milieu de mai et disparaissent au mois d'octobre: ils se fécondent dans lintervalle. Les femelles voltigent autour des troupeaux de niontons, se posent sur leur tête et profitent de toutes les occasions pour déposer leurs œufs au pourtour des naseaux.

A leur naissance (fîg. 137). les lanes sont blanches, transparentes, de la dimension dun poil : elles i, cEufs grossis de lœ. mesurent 2 millimètres de long : tre du mouton : i. Pupe elles progressent rapidement ^à ""T" ^" •<^^*^ /"

' ^ '^ mouton grossie une fois.

l'aide de deux forts crochets, sen-

foncent dans les sinus frontaux, rarement dans les sinus

maxillaires et dans la cheville osseuse qui sert de base à

la corne; elles saccroissent rapidement, acquièrent, dans

un deuxième stade, jusqu'à 6 millimètres de longueur

et s'arment d'épines au niveau de la bouche et de la face

ventrale.

A leur maturité, les larie>: présentent, sur leurs anneaux au nombre de onze, des stries transversales foncées et des séries de tubercules à pointe rouge; leur longueur est de 3 centimètres, leur largeur de 7 à 10 millimètres. Lanneaucéphalique présente deux crochets mandibulaires

embrassant la fossette buccale. Leur évolution est complète au bout de neuf à dix mois.

Au mois d'avril ou de mai, « la larve, ayant atteint sa maturité complète, se détache d'elle-même, rampe, sort des sinus grâce à l'ouverture assez large qui les fait communiquer avec le fond du méat moyen, et est rejetée à l'extérieur par les violents éternuements de son hôte. Vingt-quatre heures après sa sortie, elle se transforme en nymphe » (Neumann). Six à sept semaines plus tard, l'insecte prend son vol.

Anatomie pathologique. — A l'autopsie, on trouve ordinairement trois ou quatre larves dans la tête d'un seul mouton, mais il n'est pas rare d'en rencontrer quarante (Hertwig), soixante à quatre-vingts (Zûrn et Roll), chez les moutons qui vivent dans les bruyères. Elles sont à des périodes diverses de développement, quand l'animal a été infesté plusieurs fois dans le cours d'un été et remplissent quelquefois entièrement les cavités des sinus. Les larves qui approchent de leur maturité, sont enveloppées de mucus, parfois de sang et de pus fétide; beaucoup sont mortes, alors que d'autres ont émigré dans le pharynx, le larynx et la trachée, sans doute après la mort de l'hôte. Exceptionnellement, elles peuvent perforer la lame ethmoïdale et se loger dans le cerveau. La muqueuse du sinus frontal, avec ses dépendances, est recouverte de pus, tumétîée, rouge, œdémaliée, bourgeonnante, parfois gangrenée ou parsemée de dépressions arrondies, entourées d'un bourrelet au point où les larves sont fixées sur la muqueuse (fig. 138) ; les méninges sont quelquefois congestionnées, enflammées, et les ventricules cérébraux sont remplis jjar un épanchement séreux.

Symptômes. — Les S3'mptômes apparaissent au moment de la pénétration des larves dans les cavités nasales et ils persistent pendant toute la durée de leur séjour.

Les moulons s'efforcent de prévenir l'introduction des larves dans les cavités nasales. Quand l'œstre voltige

œSTROSE.

autour d'eux, ils marchent ou courent la tête baissée, se pressent les uns contre les autres en soulevant un nuage de poussière, ils frottent le nez contre le sol ou les corps résistants, agitent les pattes, s'ébrouent, éternuent; ils manifestent de l'anxiété, de l'inquiétude, de l'affolement, au moment où les larves grimpent dans les cavités nasales.

L'irritation de la muqueuse, nettement appréciable pen-

Fig. 138. — Larves d'œslres dans les sinus frontaux du mouton œstres fixés à la muqueuse ; S, limite des sinus.

dant cette période de migration des larves, tend à s'atténuer dès qu'elles sont parvenues dans le sinus ; mais elle ne disparaît jamais entièrement. Les signes sont en rapport avec le nombre des parasites : trois ou quatre larves d'oestres sont inoffensives; elles provoquent des troubles plus ou moins graves quand elles sont très nombreuses.

Les symptômes s'exagèrent avec l'accroissement des larves; ils présentent leur maximum d'intensité au moment de leur maturité, c'est-à-dire au printemps.

47 fi SINUS.

Us consistent dans des troubles respiratoires, des troubles nerveux et parfois des troubles digestifs.

Les TROUBLES RESPIRATOIRES se l'ésument dans des étcrnuements, des ébrouemenls fréquents, suivis ou non de l'expulsion de mucosités ou de larves d'oestres. Le j étage est séreux, séro-muqueux, épais et muqueux ou mucopurulent à la dernière période ; il est parfois strié de sang; il peut manquer complètement. Les paupières sont tuméfiées; les yeux sont le siège d'une conjonctivite catarrhale; l'inflammation se propage dans l'appareil lacrymal. Les animaux baissent la tête, se frottent les naseaux avec les membres antérieurs ou contre les corps durs; ils manifestent tous les signes d'une irritation ou d'un chatouillement de la pituitaire enflammée ; des excoriations de la face et du nez en sont quelquefois la conséquence.

Dans les cas graves, on peut observer des symptômes asphyxiques : la respiration est sifflante, haletante; la bouche est entrouverte; un bruit de cornage peut se faire entendre.

Les TROUBLES NERVEUX sc traduisent par des attitudes anormales. Les animaux agitent la tête, la soulèvent, la renversent ou portent le nez au vent. Parfois, ils marchent la tête basse, repliée convulsivement; les membres, levés aune hauteur démesurée, se portent de côté; les animaux présentent, rarement il est vrai, des accès de vertige, pendant lesquels ils peuvent décrire des cercles plus ou moins réguliers {faux tournis).

Des attaques épileptiformes, caractérisées par des grincements de dents, des convulsions des muscles de la tête et le piroueltement des yeux, se produisent quand les méninges et le cerveau sont altérés par ces parasites. Rarement, il se produit, sur le front, une petite tumeur osseuse, résistante, de la grosseur d'une noisette, constituée par le soulèvement local de la paroi supérieure du sinus frontal gauche (Railliet), Ces signes sont le prélude d'une terminaison mortelle; les animaux succombent du

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quatrième au huitième jour après l'apparition des troubles qui précèdent.

Lafl'ection est généralement beaucoup plus bénigne: on n'observe, le plus souvent, que de la tristesse, de l'inappétence, et un amaigrissement plus ou moins prononcé.

Diagnostic. — Le vertige ou mal tf œstre, ou faux tournis. se distingue du véritable tournis, dû au cœnure cérébral. par des éternuements. du jetage et de la conjonctivite catarrhale qui font défaut dans le tom-nis vrai.

D'ailleurs, la cénurose n'évolue que chez les animaux jeunes : l'œstrose s'observe chez les adultes.

La bronchite lermineuse s'en différencie par l'association au jetage, dune tous fréquente: les animaux atteints d'œstrose jettent, mais ne toussent pas. L'examen microscopique du jetage des animaux atteints de strongylose met en évidence les œufs ou les embryons de strongles.

Pronostic. — Le pronostic de l'œstrose est bénin: le corvza disparait quand les larves sont rejetées: l'été suivant, l'animal est rétabli: il ne présente des troubles graves que dans quelques rares cas d'infestation massive.

Traitement. — Traitemext prophylactique. — Il n'est pas applicable : il est clair qu'on ne peut songer à tenir les troupeaux de moutons éloignés des œstres ni à détruire les larves déposées au pourtour des cavités nasales. On peut, tout au plus, supprimer les larves qu'on rencontre à l'autopsie, tenir les bergeries très propres et les blanchir à la chaux, aûn d'empêcher les œstres adultes d'y trouver un abri.

Traitement clratif. — On n'en connaît pas d'efficace. Les sternutatoires (poudre de tabac, d'hellébore), les injections d'huile empyreumatique. d'éther, d'ammoniaque, d'eau phéniquée, sont impuissants à prévenir la migration des jeunes lai'ves dans les sinus. Les injections nasales, d'eau vinaigrée ou salée, les fumigations pyrogénées ne sont pas plus efficaces.

Zurn conseille de pratiquer la trépanation etlarésection

des cornes. Les trépanations doivent être faites de chaque côté de la ligne médiane de la tête, en dessous de la ligne transversale réunissant le bord supérieur des deux orbites. On extirpe alors, à l'aide des doigts ou des pinces, toutes les larves mises à découvert et on essaie de tuer à l'aide de certains agents pharmaceutiques, injectés dans les sinus, celles que l'on ne pourrait atteindre directement.

On utilise la benzine étendue d'eau, l'eau de chaux, l'eau phéniquée, etc., mais, en général, les larves résistent à ces agents chimiques et on peut, tout au plus, espérer les déplacer et faciliter leur entraînement à l'extérieur. 11 est bien évident que ce moyen ne donne aucun résultat lorsque les larves siègent dans les sinus maxillaires ; en outre, c'est un procédé trop onéreux pour être appliqué a tout un troupeau. Mieux vaut livrer les animaux à la boucherie dès l'apparition des premiers symptômes graves, que d'entreprendre un traitement dont les effets sont des plus aléatoires.

ARTICLE II. — LINGUATULOSE.

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