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III. — CARNIVORES

Définition. — L'œdème laryngien consiste principalement dans une infiltration du chorion de la muqueuse glottique, de l'une ou des deux cordes vocales et des ventricules de la glotte dont les creux sont transformés en saillies susceptibles d'obturer complètement l'orifice laryngien. Cet étal pathologique a une grande importance chez les carnivores; il cause la mort d'un grand nombre d'animaux.

Étiologie et pathogénie. — L'œdème du larynx est tantôt primitif, tantôt secondaire.

L'œdème primitif est souvent l'expression de divers étals infectieux de la région pharyngo-laryngienne caractérisés presque exclusivement par un œdème sous-muqueux.

On le voit survenir accidentellement à la suite de plaies de l'arrière-bouche produites par des corps étrangers, des blessures, etc.

L'œdème secondaire est le plus fréquent; il est souvent l'expression de la maladie du jeune âge el des diverses

OEDEME DU LARYNX.

formes de broncho-pneumonie, des Imneurs périlaryngiennes, des goitres et des cancers branchiaux, des phlegmons du cou, des tumeurs du médiastin.

Les cardiopathies à forme asystolique, les altérations rénales, les néphrites accompagnées d'anasarque sont

Fig. 150. — Œdème laryngien du chien.

A, A, saillie des replis aryténo-épiglottiques œdématiés.

une source importante d"oedème laryngien; cette infiltration vient souvent achever le malade (flg. 150).

Symptômes. — La respiration est très pénible et accélérée ; elle est dyspnéique et s'accompagne d'un bruit de cornage très intense, principalement au cours de l'inspiration (1). La pénétration de l'air dans les voies

(i)Lesage, Œdème de la glotte chez un chien. Recueil deméd. vét., 1904.

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respiratoires exige un efl'orl considérable et s'accompagne d'un bruit de sifflement; Texpiration, d'un bruit spécial appelé « bruit de drapeau ».

La. palpation du larynx dénote une extrême sensibilité, le moindre attouchement des cartilages est suivi d'efforts de vomissements.

La dysphagie est complète ; l'animal a faim, il cherche à manger, mais il ne peut prendre aucune nourriture ; il rejette immédiatement les aliments qu'il a mâchés ; l'animal est dominé par son oppression et, chaque fois qu'il a des nausées, il est en proie à un accès de suffocation.

La percussion de la cage thoracique ne révèle rien d'anormal et l'auscultation ne laisse percevoir qu'un bruit laryngien, extrêmement intense, qui couvre le murmure respiratoire et les autres bruits respiratoires.

Le cathétérisme des voies digestives ne révèle rien d'anormal ; mais l'inspection du fond de la gorge permet de recueillir des signes caractéristiques. Pour pratiquer cet examen, l'animal est immobilisé sur une table d'opération, ses mâchoires largement écartées à l'aide d'un spéculum, la cavité buccale, fortement éclairée par une lampe à incandescence et la base de la langue suffisamment déprimée avec la spatule d'une sonde cannelée.

L'orifice glottique apparaît alors nettement; on le voit se dilater pendant l'inspiration et se rétrécir, au contraire, au cours de l'expiration. Ses dimensions ne sont point normales : les cordes vocales ou les replis aryténo-épiglottiques des deux côtés ou d'un seul sont tuméfiées. Cette tuméfaction consiste en un œdèiue séreux du tissu sousmuqueux, et forme une masse tremblotante ayant les caractères d'un kyste. Le rétrécissement de l'ouverture glottique qu'il détermine est la cause du bruit de cornage et de la gêne respiratoire.

Tantôt la lésion est nettement circonscrite; l'épiglotte demeure indemne ; il n'y a que les parties de la muqueuse doublées d'une couche conjonctive lâche qui peuvent

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se soulever ; la corde vocale acquiert parfois une augmentation de volume cinij fois plus considérable que du côté opposé (Lesage).

Marche. — La marche de ces œdèmes n'oiïre rien de régulier ; les spasmes de la glotte, presque inséparables de pareilles lésions, déterminent des accès de suffocation paroxystiques.

L'asphyxie est la terminaison la plus fréquente de ces accès. Beaucoup de chiens affectés d'une maladie de longue durée, trouvent dans l'œdème du larynx la cause d'une mort rapide.

Lésions. — A l'autopsie, le larynx présente une saillie anormale des replis aryténo-épiglottiqiies et des cordes vocales convertis en bourrelets tremblotants. Les parties infiltrées diminuent de volume après une ou plusieurs incisions suivies de l'écoulement du liquide.

Diagnostic. — Le diagnostic est facile par l'inspection de la muqueuse laryngienne. On peut s'assurer du degré et du siège de la tuméfaction anormale.

Le cathétérisme pharyngien et œsophagien fait reconnaître la présence de corps étrangers susceptibles de produire aussi de la dysphagie et des accès de dyspnée.

Traitement. — Commencer par trachéotomiser l'animal pour conjurer l'asphyxie ; atténuer les lésions à l'aide de scarifications ; désinfecter la muqueuse à l'aide de pulvérisations phéniquées, crésylées, etc.

On maintient la région du cou chaude à l'aide de bandages ouatés. On soutient les forces du malade à l'aide d'agents stimulants comme le café et le thé.

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