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III. — CHIEIV

Étiologie et pathogénie. — La congestion artérielle résulte principalement de causes toxi-infectieuses comme les produits des fermenta-

tions gastro-intestinales et des toxines microbiennes : les principes vaso-dilatateurs arrivent généralement au foie par la veine porte ; ils y parviennent par l'artère . hépatique dans la maladie du jeune âge, la piroplasmose, les infections post-partum.

Le réflexe vasodilatateur peut être mis en jeu par une contusion (coup de pied, etc.).

La congestion passive du foie est une affection commune chez les carnivores : la plupart des cardiaques de cette espèce font leur asystolie dans le foie (fig. 24).

Cette hépatite par auto-intoxication cyanotique est systématisée; la zone portale, irriguée par le sang oxygéné

Fi

Congestion active du foie du chien.

Cette congestion est localisée aux espaces de Kiernan et à la périphérie des lobules ; les capillaires de ceux-ci et les ramifications interlobulaires de la veine porte sont extrêmement dilatés par le sang (G. Petit).

de l'artère hépatique, est presque respectée; la zone sushépatique baignée par du sang altéré, s'altère à son tour : les capillaires se laissent distendre et traverser par l'hémorragie, la trabécule hépatique se disloque et ses cellules dégénèrent.

Les maladies du péricarde, du poumon, ou des plèvres.

Fig. 25. — Foie muscade du chat.

Histologiquemenl. ce foie cardiaque présente une surcharge graisseuse des cellules hépatiques de la zone centrale du lobule: la structure du foie apparaît encore nettement dans la zone porte.

produisent un résultat analogue, par le même mécanisme.

Anatomie pathologique. — Le foie est hypertrophié, lourd; sa consistance est plus ferme, son aspect tacheté {foie muscade).

Les lobules rouges, au centre, sont grisâtres à la périphérie, ce qui donne au foie un aspect granité. La partie centrale est congestionnée, la partie périphérique est anémiée. Les veines sus-hépatiques sont dilatées et gorgées de sang; les cellules hépatiques environnantes comprimées, s'atrophient : on a un foie interverti [Qg. 2o;.

A la deuxième période, la congestion se complique de cirrhose; la sclérose péri-sus-hépatique s'accompagne de trabécules fibreuses péricapillaires qui tendent à rejoindre celles qui émanent des territoires sus-hépatiques voisins; en se réunissant, elles forment des anneaux scléreux circonscrivant un ou plusieurs espaces portes.

Quand la sclérose est très ancienne, la surface du foie devient irrégulière et granuleuse par suite de la rétraction du tissu conjonctii" qui rend les lobules hépatiques saillants.

Symptômes. — 1" Congestion active. — L'hypertrophie du foie serait le signe le plus caractéristique ; mais ce caractère physique qu'on peut souvent mettre en évidence chez le chien dépend de bien d'autres causes (tumeurs, hépatite nodulaire) dont il est souvent impossible de le distinguer par l'exploration manuelle.

Les troubles fonctionnels qui accompagnent la congestion aiguë du foie, facilement appréciables, deviennent nettement significatifs; des nausées, des vomissement bilieux, un ictère très léger, des pigments biliaires dans les urines établissent son existence.

On ne constate pas de fièvre ; il y a parfois même de l'hypothermie; la maladie disparaît avec la cause provocatrice.

2° Congestion passive. — Le foie cardiaque se révèle par quatre symptômes principaux : l'hypertrophie, la douleur hépatique, l'ascite et l'ictère.

L'hypertrophie est quelquefois nettement visible chez les chiens à poils courts ; on constate un soulèvement notable de l'hypocondre droit.

La douleur spontanée ou déterminée par la palpalion ou la percussion est plus difficile à mettre en évidence chez les animaux.

L'ascite se manifeste de bonne heure ; c'est le signe le plus caractéristitjue du foie cardiaque.

L'ictère est presque toujours exclusivement urinaire. On

peut constater, en même temps, une dyspnée mécanique et toxique plus ou moins intense.

Pronostic. — Le pronostic du foie cardiaque est toujours très grave; le mal ne rétrocède pas et la mort, inévitable, survient quelquefois brusquement par syncope. La congestion active est ordinairement passagère et bénigne.

Traitement. — 1° Coxgestiox active. — L'antisepsie intestinale réalisée par le régime lacté et l'eau de Vichy, et une légère purgation au calomel(20 àiO centigrammes) et la révulsion cutanée à l'aide d'applications sinapisées constituent les éléments essentiels du traitement du début. D'ailleurs quand le mal se prolonge, il faut toujours :

Combattre la cause provocatrice, désinfecter l'intestin, favoriser l'élimination des produits toxiques.

On diminue le travail du foie à l'aide des purgatifs salins, fréquemment répétés. Les antiseptiques (benzonaphtol, naphtaline, salol, etc.), les diurétiques (lait, pariétaire, sels de nitre, etc.), favorisent également la déplélion de cet organe.

2" Coxgestiox passive. — L'insuffisance du cœur et la cyanose du foie réclament à la fois des antiseptiques pour diminuer l'auto-intoxication digestive et des stimulants du cœur. Les purgatifs répétés, les eaux minérales purgatives diminuent les putréfactions intestinales ; le soluté de digitaline au 1/1000, le sulfate de spartéine de 5 à 8 centigrammes, la teinture de strophantus sont les iTieilleurs médicaments cardio-vasculaires.

On peut seconder leur action diurétique par l'administration de café et de tisanes diurétiques (chiendent).

Définition. — L'hémorragie du foie est caractérisée par la destruction dune portion du parenchyme hépatique, la production d'une tumeur sanguine accompagnée du sou-

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lèvement de la capsule de Glisson et très souvent de la déchirure de cette enveloppe. Hémorragie et rupture sont deux faits connexes : l'irruption du sang dans l'épaisseur du parenchyme fait souvent éclater la capsule. C'est un accident relativement fréquent chez le cheval, rare chez les autres animaux. On peut cependant l'observei; chez tous à la suite d'altérations vasculaires (fig. 26).

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Fig. 26. — Congestion hémorragique du foie du chien.

C"est une congestion active qui atteint l'apoplexie, comme en témoigne l'infiltration du tissu conjonctif des espaces portes par les globules rouges. Les lobules hépatiques sont complètement bouleversés; leurs cellules écrasées, dégénérées sont imprégnées de pigment noir résultant sans doute d'une transformation de l'hémoglobine (G. Petit).

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