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I. — BOVIDÉS

Définition. — Cette affection est caractérisée, anatomiqueinent. par la production, dans le foie des bovidés, de nodules durs, secs, légèrement proéminents, jaunâtres, constitués par du tissu hépatique nécrosé.

Étiologie. — Les toxines microbiennes revendiquent le rôle prépondérant dans la production de ces altérations hépatiques. Expérimentalement, on a constaté que les cultures stérilisées du bacille de la septicémie, injectées dans la circulation du lapin, et que les diverses toxines (diphtérique, tétanique, colibacillaire, streptococcique, staphjlococcique) provoquent des lésions toxi-infectieuses du foie analogues à celles qui se développent dans le cours de maladies infectieuses. Il ne faut donc pas chercher un agent spécifique dans ces altérations du tissu hépatique. Tous les microbes parvenus dans le foie ou dans le sang à la suite d'une infection générale ou locale favorisée par une cause de dépression, peuvent, à un moment donné, intoxiquer et nécroser la cellule hépatique.

Les maladies intestinales chroniques, si fréquentes chez les vaches âgées, sont une cause importante de ces migrations microbiennes par la veine porte (Stubbe).

Les mammites siippurces et gangreneuses se compliquent d'une hépatite centrolobulaire, caractérisée, macroscopiquement, par un foie énorme, rouge-brique, dur et presque exsangue (Blanc).

Les infections utérines sont suivies d'hépatite nodulaire; Berndt en a observé quinze cas qui revendiquaient cette origine; mais c'est généralement l'intestin qui est la source de l'infection microbienne du foie. On a vainement cherché un agent spécifique dans ces altérations ; on peut y rencontrer le bacille de la nécrose; Mac Fadyan y a mis en évidence des bacilles longs et minces.

Les pasteurella, les bacilles de Preiz-Guinard, ne sont pas étrangers à leur évolution. Langer (t) a fait intervenir un bacille qui paraît se rattacher aux paracoli et qu'il dénomme bacillus nodulifaciens bovis. Ces lésions peuvent être, à notre avis, l'œuvre de tous, et n'être l'œuvre spécifique d'aucun d'eux.

(1) Langer, Recherches sur un processus noduleux dans le foie du veau et sa cause (Zeitschrift fiir Hygiène, 1904).

Âaatomie pathologique. — Le foie offre une teinte brunâtre, rougeàtre. gris ou rouge orangé. Sur ce fond se détachent des nodules nettement délimités, saillants, jaunâtres, brunâtres, lardacés, avec tendance au gris sale. Ces îlots, du volume d'une lentille, d'une noix, ou même d'un œuf, sont toujours plus durs que la substance hépatique. Leur coupe est régulière; elle est complètement dépourvue de foyers de ramollissement et de travées conjonctives.

Ces nodules, regardés autrefois comme des tumeurs vraies, sont exclusivement composés de tissu nécrosé. On y trouve une substance amorphe, homogène, parsemée de molécules, de noyaux plus petits qu'on ne peut colorer, ce qui contraste avec la coloration facile des noyaux du tissu sain. Plus tard, on constate, à la périphérie du foyer, une infiltration leucocytaire et une hypertrophie flbroplastique. Les leucocytes émigrent dans les parties nécx'Osées qui sont transformées en tissu granuleux, ce qui donne au tissu nécrosé sa consistance particulière.

Peu à peu, la substance propre du foie est détruite et remplacée, comme dans les infarctus hémorragiques, par des dépressions formées de tissu conjonctif cicatriciel (Stubbe).

Symptômes. — Les signes cliniques du foie infectieux n'offrent aucun caractère pathognomonique ; ils se réduisent aux manifestations propres à une insuffisance hépatique avec une légère teinte ictérique des muqueuses : parfois les symptômes acquièrent une gravité telle qu'ils sont la reproduction des signes propres aux abcès hépatiques : l'appétit est diminué, les mouvements sont difficiles, la respiration est accélérée, djspnéique.

La fièvre est vive, la température monte à 39-40° : la constipation est intense, la soif vive. .\ partir du troisième jour, une toux brève, faible, se fait entendre, la respiration est dyspnéique et Ion peut soupçonner une pneumonie.

L'anorexie persiste avec polydipsie. Les animaux sont très faibles ; ils peuvent à peine se tenir debout et marchent comme s'ils étaient fourbus ; ils restent couchés d'une manière permanente; la température baisse; des excréments goudronneux sont rejetés et les muqueuses prennent une coloration ictérique.

L'exploration du foie révèle une hypertrophie de cet organe ; la région qu'il occupe est très sensible à la pression et Ion peut toujours constater, à l'autopsie, que cette douleur est déterminée par des foyers de tissu hépatique nécrosé.

L'infection du foie tend à se propager et à se compliquer de périhépatite, de péritonite diaphragmatique et quelquefois même de pleurésie coiTespondante : il se produit une infiltration microbienne ou une infection par les vaisseaux lymphatiques du centre phrénique.

Diagnostic. — Les signes qui précèdent n'ont rien de caractéristique. On pont les retrouver dans la plupart des maladies aiguës ou chroniques des voies biliaires ou du parenchyme hépatique ; on ne peut faire une exception qu'en faveur de la fièvre, qui, par son intensité et sa persistance, accuse la gravité du processus infectieux du parenchyme hépatique. L'ictère, joint à ce signe, achève de localiser le mal auquel on ne peut remédier.

Traitement. — Tout traitement est inutile ; tout animal atteint d'une hépatite fébrile intense est perdu.

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