II. — CHIErVS
Étiologie et pathogénie. — Le foie s'infecte par la voie biliaire, par la voie veineuse portale et par la circulation générale. 11 est surtout impressionné par les toxines d'origine intestinale. La cellule hépatique devient quelquefois impuissante à détruire les poisons qui la traversent.
Les entérites infectieuses, la maladie du jeune âge, les intoxications engendrent le foie infectieux avec ses taches
blanches, ses granulations infectieuses, ses sufTusions ecchvmotiques avec morcellement, dégénérescence des cellules hépatiques, et refus de fixer les matières colorantes. Expérimentalement et cUniquement, on peut constater que les toxines injectées ou élaborées dans un point de la circulation générale, agissent aussi bien sur le foie que les toxines injectées dans la veine porte ou élaborées dans l'intestin.
Le foie est même un organe de renforcement pour certaines toxines microbiennes. La toxine diphtérique , la maléine et la tuherculine sont, à dose égale, beaucoup plus toxiques quand, au lieu de les injecter dans une veine de la circulation générale, on les fait pénétrer dans lorganisme parla veine porte.
Lictère grave est donc généralement un état toxi-infectieux secondaire; il relève à la foi^ d'intoxications et d'infections diverses.
Anatomie pathologique. — Le foie est souvent hypertrophié, jaunâtre, mou ; sa surface est parsemée de taches violacées, les imes faisant nettement à la surface du parenchyme, une saillie de trois à cinq millimètres, les autres planes. A côté de ces taches foncées, on voit de larges taches blanches ou blanc grisâtre du volume d'une lentille on d'un haricot, répandues dans toute la glande, plus nombreuses cependant à la face convexe. Quelquesunes font saillie et présentent, par places, l'aspect de véritables nodules néoplasiques. Dans d'autres points, enfin, le foie a un aspect pointillé rappelant un peu le foie muscade, mais la partie foncée semble, à l'inverse de cette disposition anatomique classique, occuper la périphérie du lobule, la partie claire en marcpiant le centre.
Les coupes histologiques expliquent facilement cette disposition : les parties sombres correspondent à de véritables congestions hémorragiques situées au niveau des espaces porto-biliaires; les parties claires trahissent une zone de désintégration cellulaire. Les cellules dissociées.
bouleversées, ont, pour la plupart, perdu leur noyau qu'on peut voir, en grand nombre, dans les préparations ; elles sont vésiculeuses ou atteintes de dégénérescence graisseuse. Ces lésions portent surtout sur la région péri-sus-hépatique. Les taches blanches sont, en grande partie, le fait d'une anémie locale produite par la brusque et extrême distension des zones voisines.
Les reins sont enflammés, le sang est souvent altéré, le cœur présente des ecchymoses.
Symptômes. — Le tableau symptomalique de ces états toxi-infcctieux est très complexe ; il se confond partiellement avec celui de la maladie qui a présidé à la fabrication des toxines.
On constate de l'ictère cutané généralisé, de l'anurie ou de l'oligurie (car toutes les fonctions hépatiques et rénales sont troublées), de la fièvre et un abattement extrême ; la température atteint 40 ou même 41° ; le pouls est fort, irrégulier, fréquent, les muqueuses injectées, la respiration pénible ; l'appétit est nul; on constate une diarrhée fétide; le ventre est douloureux à la pression.
L'évolution de la maladie est très rapide ; l'oligurie qui indique la suppression de la fonction uréogénique est un signe des plus graves ; l'animal est emporté après quelques jours de souffrances, et la cause de sa mort n'est souvent révélée que par l'examen macroscopique et surtout microscopique du foie.
Traitement. — Les antiseptiques, les diurétiques et les excitants sont les principaux agents thérapeutiques qui doivent être utilisés pour combattre cette maladie.
La désinfection de l'intestin, pendant le cours de toutes les maladies aiguës ou chroniques de l'intestin ou même des autres appareils, est le plus sûr moyen de combattre rinfection du foie. Du reste, les meilleurs antiseptiques intestinaux sont les meilleurs cholagogues; ils sont aussi doublement protecteurs à l'égard de la cellule hépatique. Le salol, le diaphtol, le benzo-naphtol. le salicylate de
LUPINOSE. 153
soude sont des agents tout indiqués, qu'il faut ajouter à la plupart des médications employées contre cette maladie.
ARTICLE II. — LUPINOSE.
Définition. — Lalupinose consiste dans une intoxication déterminée par l'ingestion de lupins {Lupinus flaviis, luteus et albus) et caractérisée essentiellement par la dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques. La disparition de ces cellules est suivie dune sclérose de remplacement.
C'est une maladie du mouton, plus rarement, de la chèvre, du bœuf ei surtout du cheval qui refuse généralement d'ingérer ces plantes toxiques.