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IV. — CARNIVORES

Division. — Chez ces animaux, les stéatoses du foie peuvent évoluer sous deux types différents : la nécrobiose par dégénérescence de la cellule hépatique ; la surcharge graisseuse caractérisée par l'état vésiculo-graisseux de la cellule hépatique.

La nécrobiose graisseuse n'offre rien de spécial chez les carnivores.

La surcharge, au contraire, peut être totale ou partielle.

(1) Neale raconte que, dans un troupeau de brebis grasses, il y eut beaucoup de cas de mort ; le foie était infiltré de graisse, sauf, dans une petite zone, autour de la veine centrale (The Journ. of comp. Pathol. and Tkerapeut., t. V, p. 170).

Les foies gras à stcatose totale ne sont pas rares chez nos animaux domestiques. On distingue habituellement : l»Un foie gras physiologique, observé chez les sujets (chien, chat) soumis à une alimentation substantielle et à une existence sédentaire, chez les oies pour la production des

Fig. 48. — Hépatite nodulaire graisseuse du chien.

foies, ou encore chez les femelles à la fin de la gestation et pendant l'allaitement ;

2° Un foie gras pathologique dans les cachexies (tuberculose, cancer, maladie du jeune âge).

La lésion est uniforme et massive dans tous ces cas.

Elle peut se présenter aussi sous une forme un peu spéciale. Dans les foies gras à stéatose partielle, l'infiltration graisseuse est alors localisée, circonscrite. Ce type est connu chez l'homme, sous le nom d'hépatite nodulaire graisseuse partielle de Sabourin.

C'est une lésion fréquente chez le chien. Signalée par Go-

DEGENERESCENCE GRAISSEUSE.

wing, Blanc, Rauscher (i), elle a été étudiée par Roquet (2); on la rencontre communément chez les chiens et les chats âgés. Trasbot lavait confondue avec les lipomes du foie (3). Anatomie pathologique . — Les lobes hépatiques sont déformés, bombés, bosselés, rendus noueux par des tumeurs jaunâtres, opaques, peu vasculaires. de grosseur

Fig. 49. — Hépatite graisseuse nodulaire ; foie du chien (Roquet).

variable; on en trouve du volume d'un œuf, du poing; mais la plupart consistent dans des nodules isolés ou confluents en nappe, atteignant exceptionnellement le volume d'une noisette. Leur coloration est d'un jaune beurre frais ou d'un jaune rougeâtreen quelques points. Certains nodules font une légèresaillie. Sur une section perpendiculaire, on'

(1) Rauscher, Monatsheft fi'irprakt. Thierheilkunde, 1903.

(2) Roquet, Journal de l'École vét. de Lyon, 1908.

(3) Trasbot a rencontré un énorme lipome sur une chienne. Le tissu propre du foie, presque entièrement détruit, était remplacé par deux tumeurs, dont l'une atteignait le volume de la tète d'un enfant ; sa surface était bosselée, mamelonnée et tapissée par le péritoine, d'une teinte blanc jaunâtre, d'une consistance molle. Il ne s'écoulait pas de suc à l'incision ; quelques gouttelettes de sang apparaissaient seulement. L'étude microscopique montrait les caractères du lipome (.4rcA!ves vétérinaires, 1879, p. 241).

constate que leurs contours sont peu nets, festonnés quelquefois comme les nodules de tuberculose atypique. Leur consistance est toujours molle, friable; ils s'écrasent facilement entre les doigts. La capsule de Glisson est très tendue au niveau des nodules (fig. 48).

L'étude histologique du foie révèle des lésions intéressantes d'hépatite nodulaire graisseuse. Dans les préparations, on voit, en effet, à un faible grossissement, au sein du parenchyme hépatique normal, des îlots plus clairs, arrondis ou ovalaires, à contours assez bien délimités.

Ils offrent une apparence spongieuse, grâce à la présence de vacuoles rondes, claires, grosses pour la plupart, isolées ou réunies en amas. A côté de ces lacunes, on en trouve de plus petites, très serrées, limitées par de fins tractiis protoplasmiques (fig. 49).

A un fort grossissement, l'examen de ces îlots montre la surcharge graisseuse des cellules hépatiques. La graisse dissoute par les réactifs apparaît soit sous la forme d'une grosse goutte déplaçant le noyau, refoulé à la périphérie de la cellule, soit sous la forme de fines gouttelettes, en nombre variable, semées dans le protoplasma. Le noyau est bien colorable, indiquant que la cellule est toujours restée vivante.

Tout autour des nodules, les travées de Remak sont refoulées et comme tassées par la compression excentrique que leur fait subir l'augmentation de volume des éléments altéi'és.

L'examen des petites granulations permet de suivre la lésion dans sa systématisation initiale, périportale. les zones sus-hépatiques restant saines. La transformation vésiculo-graisseuse des cellules hépatiques évolue autoiu' d'un espace porto-biliaire comme centre, et, « s'arrêtant dans sa marche, se limite brusquement au niveau des zones toujours les mêmes » (Sabourin).

Le mésentère n'est qu'une masse de graisse de plusieurs centimètres d'épaisseur, dans laquelle se trouve noyé

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOIDE. 167

rintestin. Il pèse avec Yépiploon, fortement infiltré par la graisse, sur la paroi abdominale qu'il distend. Le tissu adipeux est manifestement abondant sous le péritoine de l'abdomen où il s'étale en couches épaisses.

Les reins sont d'une coloration rosée et d'une consistance mollasse. Ils paraissent gras. Leur capsule est un peu adhérente.

Le cœur droit est dilaté. Les poumons, de coloration rouge violacé et turgides, sont atteints de congestion passive .

Symptômes. — L'animal présente un embonpoint excessif; les formes disparaissent sous d'énormes masses de graisse. Le ventre, tombant, ressemble exactement à celui d'un sujet atteint d'ascite. On y perçoit une espèce de fluctuation qui, d'ailleurs, est fausse. La respiration est accélérée, dyspnéique, très accusée au moindre déplacement (Roquet).

Cette maladie n'apas encore d'histoire. Elle est d'ailleurs fort rare. On peut tout juste la soupçonner en se basant sur la connaissance de sa cause productrice. C'est sans doute une manifestation deVobésité. Elle est souvent masquée par les troubles généraux et locaux de nutrition qui accompagnent l'adipose.

Le pronostic est toujours grave, surtout quand la lésion arrive à son dernier stade de développement.

Traitement. — Un régime spécial, la suppression des aliments gras ou de ceux qui peuvent se transformer en graisses, l'administration d'agents cholagogues diminuant la circulation porte, sont à conseiller.

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