II. — BOVIDÉS
Les cancers du foie sont fréquents chez les bovidés. Ce sont généralement des épithéliomes, rarement des sarcomes.
Épithéliomes. — Les épithéliomes sont intra-hépatiques ou extra-hépatiques, c'est-à-dire biliaires.
4" Cancers de la vésicule biliaire. — Ces tumeurs sont relativement rares, elles sont toujours situées dans la cavité vésiculaire et affectent la physionomie lobulée, fongueuse, saillante, d'une tumeur piriforme, sous-muqueuse, squirrheuse, ou d'un épithéliome végétant, multilobulé.
Fig. 60. — Coupe d'un angiome caverneux du foie du cheval.
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Arextérieur, la vésicule biliaire est mamelonnée, bosselée, parsemée de proéminences du volume d'un haricot, d'une noisette ou d'un œuf de pigeon. Quelquefois même, ces tubercules sont si abondants que l'organe atteint le poids de 500 grammes. La paroi est indurée et épaissie (cet épaississement égale six fois son volume normal) ; si on lincise, il en sort de la bile, jaune sale, ressemblant plus ou moins à du liquide muqueux. Quant à la cavité, elle peut présenter des éminences vésiculo-tuberculeuses, et aloi's la muqueuse est parsemée de lobules lisses, filiformes, flottant dans l'intérieur de la vésicule. Ces formations lisses sont finement pédiculées et, parfois même, forment un faisceau ramifié. La paroi de ces tubercules creux a une épaisseur de 2 à 6 millimètres; leur surface présente iw aspect nacré, analogue à la muqueuse vésiculaire (Kitt).
L'occlusion de la vésicule biliaire a pour résultat de déterminer la dilatation du canal cjstique et des canaux biliaires.
2° Cancers du parenchyme hépatique. — Le sarcome est rare dans le foie du bœuf; il affecte généralement le caractère encéphaloïde. On peut y constater des tumeurs secondaires du volume d'un œuf de poule (Sodero) ou de la tête d'un enfant (Perosino) ; elles peuvent même déterminer la perforation de la veine porte et la mort par hémorragie (Cadéac) (fig. 61).
Le cancer épithcUal du parenchyme hépatique est généralement primitif et massif; mais il est souvent accompagné de nodosités. Connu sous le nom d'adénome quand la tumeur n'a pas débordé le foie, il a été décrit sous le nom (ïadéno-carcinome ou d'adéno-épithéliome quand sa malignité n'est pas douteuse ; c'est un cpithéliome trahcculaire du parenchyme hépatique (fig. 62).
Les observations de Van Tright, Martin, Kitt, Blanc et Leblanc, Morot et Cadéac, attestent sa fréquence; l'intéressant travail de Besnoit a fait ressortir nettement son
Fig. 61. — Thromliiis pédicule de In veine cave chez le bœuf produite par une tumeur sarcomateuse du foie, comprimant un vaisseau. V.C, veine cave; T, Ihrombus.
Fig. 02. — l'',|iithélionie trabéculaire du parenchyme hcpatique avec cirrhose périlobulaire.
CANCEUS.
origine Irabcculaire et les ciiangements de structure que présentent les nodosités suivant leur ancienneté.
Les nodosités jeunes représentent Vcpithcliome trabcculaire, les nodosités plus avancées ou contluentes, Yépitfiéliome trabécxdaire radié ; les masses néoplasiques principales, ïépithéliome alvéolaire ou le carcinome.
Étiologie. — Si la cause intime de cette évolution néoplasique de la cellule hépatique n'est pas connue il est légitime de soupçonner les infestations parasitaires qui troublent la circulation biliaire, provoquent des scléroses dont l'action
prédisposante peut expliquer la fréquence de ces tumeurs hépaliques relativement à celles des autres organes.
Anatomie pathologique. — Le l'oie est hypertrophié et pèse jusqu'à 22 kilogrammes et même 39 kilogrammes. Cette hypertrophie est ordinairement massive et centrale; la surface de l'organe demeure lisse et conserve à peu près sa teinte ordinaire (fig. 63) ; mais il n'est pas rare de constater, en dehors delama sse principale, une multitude de nodosités.
Ces nodosités ont des dimensions qui oscillententre celles
Fi-'. 63. — Foie pesant 17 icilogianinies criblé d'adénomes dont quelques-uns avaient le volume des deux poings ; le bord inférieur du foie avait une épaisseur de 20 centimètres (Morot et Cadéac).
d'un grain de millet et celles du poing. Elles ont une forme à peu près hémisphérique ; elles soulèvent la capsule de Glisson et font parfois une saillie de plusieurs centimètres à la surface de l'organe. Elles sont généralement très rapprochées, quelques-unes se confondent par leur péri-
Fig. 64. — Épithéliome cylindrique du foie de la vache. On aperçoit .î la périphérie des lobules des cavités irrégulières, tapissées d'un épithélium dérivant des voies biliaires (G. Petit).
phérie. Répandues, dans tout le parenchyme hépatique, elles sont imprégnées de bile, comme en témoigne leur coloration jaunâtre ou verdâtre. Ces masses fournissent par le raclage, un suc cancéreux abondant, riche en cellules polymorphes (1).
L'étude histologique du tissu hépatique envahi par un petit nombre de granulations, permet de déterminer leur structure et de suivre leur évolution (fig. 64).
La néoplasie débute souvent par le centre du lobule hépatique ; les cellules hépatiques s'hyperplasient, se dilTé-
(I) Kasparek a signalé un carcinome géant du foie d'une vache, atteignant le poids de 39 kilogrammes.