‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 10 sur 183 · TarchanofP, Atti dell' XI Con^r. Med. Inter., II · texte numérisé non relu

TarchanofP, Atti dell' XI Con^r. Med. Inter., II

4. Binet et Courtier, La vie émotionnelle. Lab. de Psych. physioL 1897, p. 104.

5. Cité par Binet d. Bev. génér. des Sciences, 30 janv. 1897, p. 65.

XXX PATHOLOGIE HISTORIQUE

Id. ibid. lib. III, Iract. 4, cap. xx (t. I, p. 490, col. 2). De cura melancholiae : « Et sedeat in locis temperatis et humectctur aer hospitii ejus et odorifîcetur, sternendo odorifera in ipso, et universaliter oportet, ut semper olfaciat odores bonos, et flores boni odoris. »

Bernard de Gordon, Liliiim medicinae, II, 25. De cura epilepsiae. « Utatur epilepticus ista confectione in qua inveni magnum juvamentum û ambrae griseae calamintae ana ç 1 conficiantur cum aqua ros. optima. Odoret epilepticus die ac nocte totam confectionem, vel fiât pomum de ista confectione, quodteneatin manu.

Cum mane surrexerit et teneat pomum dictum in manu. »

Id. ibid. II, 25. De cura epilepsiae. « Caméra epileplici sufîumigetur cum hyssopo ruta et styrace et calaminta. »

Id. ibid. Partie. II, cap. xix. De mania et Melancholia. « Domus débet esse clara luminosa, sine picturis et debent ibi esse multa odorifera. »

§ 9. Thérapeutique palhogéniqne de ïélal local.

A la congestion des hypocondres et à la congestion encéphalique elle oppose : à Tune, \a purgatio hepatis el spleni\ à l'autre, la purgatio capitis., c'est-à-dire la cautérisation crânienne au fer rouge avec le cautère actuel et les ventouses scarifiées, traitement générique de la manie, de la mélancolie et del'épilepsie.

§ 10. Purgatio hepatis et spteni. Genèse de la ventosité : Avicenne, Canon, 1. III, tr. 2, cap. vn (t. I, p. 765, col. 1). De inflatione et ventositate in hepate : « Quandoque aggregantur in partibus hepatis et sub partibus panniculorumejus vapores. Quum ergo retinentur, et inspissantur et convertuntur in ventositates inflativas et non inveniunt meatum; aut propter suam multiludinem, aut propter oppilationem in hepate, tune illud est inflatio in hepate. »

Id. ibid. I. III, tr. 4, cap, xix (t. I, p. 489, col. 2). u Signa principii melancholiae sunt timor sine causa, exislimatio mala et dilectio solitudinis et tremor et vertigo et sonitus et tinnitus. Quum autem confirmata est sunt tristitia et pavor et angustia et solicitudo et alienatio sermonis et fastidium propter mulliiudinem veniositatis ^^

INTRODUCTION. XXXI

Rhazès (Fragments de Rufus d'Ephèse extraitsdu Continent de Rhazès. Rufus, éd. Ruelle et Daremberg, p. 458, n'' 1.36; : « Dixit Rufl'us in libro suo de Melancolia, Quando patiens extensionem sensit corpussuumplenum ventosilate, est maluni signum. »

Préparations pharmaceutiques commandées par Louis XI, dans Bibl. de V Ecole des chartes^ 1894, 722. Note sur un manuscrit de Rhazès de 1471 : u Tractatus Rubukir Eirasis filii Zaccarie in enarracione diversarum medicinarum expertarum a diversis actoribus medicine inventarum, qui intitulatur Experimentalio medicinalis. » Le livre se termine par cette souscription : « Explicit tractatus qui dicitiir Liber presciencie Ypocratis. Et in hoc completur liber experimentorum Rubukir Eirasis fdii Zaccarie, qui complctus fuit Parisius anno Domini millesimo quadringentesimo septuagesimo primo, die vicesima mensis decembris. »

En marge de la page 108, en regard de ce passage : « Aliud mirabile contra ventositatem fortem. ^ : anisiciminisatureie... » on lit ces mots : « 13^ septembris, Rex precepit facere hic notatum » (1478).

§11. Piirgatio capitis :

Avicenne, Canon, 1. III, tr. 4, cap. x (t. I, p. 485, col. 1). De cura melancholiae : « et quandoque oportet, ut caput ejus secundum crucem cauterizetur, si nihil aliud confert. »

Glossiilae quatuor Magistrorum super Chirurgiam Bogerii et Rolandi, éd. Daremberg, Naples, 1854, p. 1G3 : « De mania et melancholia ac epylepsia et de inscisionibus et cauteriis earum. »

Id. ibid. p. 201 : u Valet autem istud cauterium in mania si fiât ex ventositate et /ifA72o a stomacho ad caput ascendentibus èive ibi existentibus. »

Id. ibid. p. 162 : « Si tanlum sit de fumo, tune inscidalur cutis ut dictum est. Etnotandum quodinhuiusmodiinscisionc sustinenda est multa emorrosagia, quia quandoque per emorrosagiam liberari possunt. Potest etiam fieri cauterium in summitate capitis. »

La Chirurgie d'Abulcasis (Trad. D'" Leclerc, 1861, p. 12- 13, chap. i). De la cautérisation de la tète : « Cette cauléri-

XXXII PATHOLOGIE HISTORIQUE

sation est utile quand riiumide et le froid sont en excès dans le cerveau, ce qui est cause de céphalalgie... afin que les vapeurs du cerveau s'exhalent en ce point. »

Id. ihid. \). 20, chap. xi. Cautérisation dans la mélancolie : <( Si elle a pour cause un excès d'humeurs tournant à Tatrabile... vous pouvez appliquer le cautère en pointes nombreuses, mais légères... Cette sorte de cautérisation rend au cerveau son humidité normale. »

§ 12. Nous avons dit que la thérapeutique comportait deux traitements : l'un générique, commun aux trois espèces, l'autre spécifique pour chacune des trois espèces particulières.

Nous avons vu que le traitement ^e^îerz^ue était :

a. Physiologique : musicothérapie (mode mineur) et osméthérapie.

b. Chirurgical (cautérisations, scarifications) révulsif et dérivatif.

Nous savons par Gaguin et Jean de Roye (« doulx et bas instrumens ») que Louis XI s'était soumis au traitement musicothérapique.

Les pièces d'archives suivantes nous prouvent qu'il s'est aussi conformé au traitement osméthérapique :

« 28 juillet 1480. A Nicolas Mesnagier, varlet de fourrière 27 1. 12 s. 8 d. t. — pour avoir envoyé deux hommes à cheval, de La Mothe d'Esgry à Paris et Prouvins, quérir des rozes et boutons. Où il y ont vacqué, tant à aller que retourner, dix jours entiers. » (Arch. nat., KK. 64, fol. 62.)

« A Guillaume du Jardin, tapissier dudit seigneur, pour avoir fourny durant ledit mois de juillet et août, oudit an, de coq mente et autres herbes, pour mectre es chambres et retraict dudit sieur, 2 s. 6 d. t. par jour, vallent 7 1. 15 s. t. (27 septembre 1480.) » (Id. ibid. fol. 65.)

« A Jehan le Nonnant, varlet de fourrière dudit seigneur, 23 1. 2 s. 4 d, — pour avoir fourny par chascun jour depuis le douzième jour de juing jusques au 15^ jour d'aoust ensuivant de roses fresches pour mettre es chambres et retraict dudit seigneur, pour en avoir envoyé chercher à Montbazon, Montoire, Montdoubleau et autres lieux. (11 mars 1481.1 » (British Muséum. Mss. Egerton, 883, fol. 43.)

INTRODUCTION. XXXII l

« A Robert Gautier, tapissier diidit seigneur, pour avoir fourny de co({ mante et autres herbes pour mettre es ehaml)res (ludit sei^^neur j)ar tous les lieux où il a esté durant le moys de septemljre oudit an. (16déc. 1481.) » (kl. ihidAol. 3k)

« A Jean Gébert 64 s. — pour avoir fourny du rouy marin et marjolaine pour mectre es chambres dudit seigneur depuis le jour de Noël jusques au vingi sixiesme jour de janvier ensuivant. (6 mars 1482.) » (Id. ibid. fol. 26.)

« A Patrix Gébert 8 1. 17 s. 8 d. pour ses payncs et sallaires d'avoir fourny et porté en la chambre dudit seigneur des violectes, fleurs d'espines, arglentiers, groseliers et autres nouveaulxtez depuis le 20*^ jour de mars jusques au derrenier jour d'avril 1482. » (Id. ibid. fol. 72.)

« A Martin du Bouchier, varlet de chambre dudit seigneur, la somme de 6 1. 10 s. à luy ordonnée par ledit seigneur pour avoir fourny de rozes et verdures en la chambre et retraict dudit seigneur depuis le 25'' jour de may 1482 jusques au derrenier jour de juing. (1" juillet 1482.) » (Id. ibid. fol. 66.)

Gordon recommande d'égayer la chambre du malade (voy. ci-dessus, p. XXX), ce qui explique les verdures (c'est-à-dire celles des plantes qui ne sont pas odoriférantes).

§ 13. Si Louis XI a eu une psychonévrose, comme on le voit par J. de Roye et Gaguin (bergers), il a dû aussi subir le traitement chirurgical. Ces cautérisations au fer rouge et ces scarifications encéphaliques, Commynes a eu soin de nous les dissimuler, mais d'autres textes nous les révèlent :

« Et après ces choses dictes, il s'en alla en la maison du Plessis du Parc près Tours, où il se tint la plus part du tems par ce qu'il esloit souvent malade et envoya quérir par tout tant en son royaulnie (jue en Ytalie e ailleurs médecins et gens pour le guérir et pour le desennuyer et luy faire passer temps. )> (N. Gilles, fol. CXX, v°.)

Buser, Die Beziehungen der Mediceer zii Frankreich. 1879, p. 504 (Dokumente, n° 56. l*^'' juillet 1482. Lettre de Phil. Lorini à Laurent de Médicis) : « 1 Juli. Li aportatori di (piesta saranno piero parenti et nicchola giles, principali secretarii délia W^ del Re, liquali la pref. M^^ manda verso voy perla cagione che dalloro intenderete, che in effecto che desidera avère uno Antonio de cassera detlo il turcho, che secondo o inteso altre volte fu fattore di Franc. Nory. Il quale e

XXXIV PATHOLOGIE HISTORIQUE

perfetto maestro nella arte dellinciendere, il perche e necessario, che voy facciate di rinvenire il detto turcho et essendo vivo et che avoy paia il bisong-no loro, che lo facciate essere contento al passare diqua, assichurandolo che sara in modo ristorato che nonara chagione dilamentarsi.

Et quando detto turcho fussi morto o che a voy paressy, non fiissi il bisongno o in termine danon potere venire o si veramente che miglore maestro dilui in taie arte trovassy fate ongni diligentia che scne vcngha con costoro gharnito dongni hostansilo per cxercitare larte sua; simile avendo afVare purghazione nessuna al corpo, avanti che lincendino, fate chelli aportino le medicine neciessarie et di ciaschuna coxa la riciepta perpoterla mostrare et giustifichare ove bisongncra.

La M*'* del Re a forte questo turcho in boccha, perche la udito ricordare singhulare Maestro. 11 perche bisongna, essendo vivo, trovyate ongni via perfarlo conducciere qua... quando fussi morto, e neciesario ne troviate uno altro, il migliore maestro di tutti, avisandovi, chella M''* del Re ma ditto ricisamente contentarsi di tutto quelle farete et a mio giuditio potendo mandare il turcho, ne sara piuconsolato che daltro perla inmaginatione ne ha ecc.

Mous, da solieri e tornato et amenato seclio quelli che sapete, diche nonci contentiamo per avère noy fede al turcho, il quale se possete mandare, come o certifichato farete essendo > vivo, ne acquisterete grandissime grado et taie quale potete stimare, perche noy abbiamo questa materia a chuore, neci pare potere stare sano senonci purghiamo con quella medicina laquale piaccia addio ci faccia qualche operazionc. »

Nous avons vu ci-dessus (§11) que les cautérisations étaient ordonnées dans les psychonévroses par fiimo, c'est-à-dire avec vertiges. Or Louis XI se plaignait de « cerlo fumositate alla testa » (Dépêche de Francesco Pietra Santa au duc de Milan^ 12 août 1476, d. Briefe und Actenstiicke zur Geschichte der Herzoge von Mailand hgg. v. Ghmel, Notizienblatt de l'Académie des sciences de Vienne, 1856, n° 8, p. 182).

§ 14. En outre la médecine médiévale ordonnait dans les psychonévroses, comme traitement médical, Yor^ — auriim potabile, limatiira (remède confortatif) :

P. A. Matthioli Commentarii in VI libros Dioscoridis de ]\Jateria Medica. Basileae, 1574, in-fol. Fnc. 3r"^, col. 1 : « Simplicium Medicamentorum facultates. Ad Melancholiam : Aiiriun. » — Comment, in libr. quintiim., cap. lxx, p. 936 : u Aurum. Mirum inmodumcor et vitalem facultatem roborat. Inseritur

INTRODUCTION. XXXV

medicamentis quae alrabilariis competunt morbis. »

Barthélémy l'Anglois, Le grant propriétaire des choses, tr. p. J. Corbichon, 1372. L. XVI, cap. iv. De Tor : <( L'or est plus verlueulx méial que soit et pource il a la vertu conibrtative. La lymeure de l'or meslee avec jus de bouraclie vault moult contre la deiïaulte du cueur et contre une tresperilleuse malladie que on appelle la passion cardiaque. >•

Avicenne, Canon, Lib. Il, tract. 2, cap. lxxvui (I, 277, col. 2, 52) : « Aiirum. Limatura eius confert tremori cordis et malitiae animae, et ei qui solus loquitur. »

A noter que Louis XI se plaignait de « uno treniore di core che mi da molestia assay » (Dépèche de Francesco Pietra Santa au duc de Milan, 12 août 1470, citée p. XXXIV).

C'est donc à tort que M. de Mandrot a vu dans ce remède, qu'il qualifie de bizarre, une médication de charlatan, et qu'il a cru qu'elle était spéciale à Louis XI [Ymbert de Batarnay, 1886, in-8, p. 101).

Cette médication se retrouve dans la thérapeutique moderne :

Sels d'or antispasmodique dans les convulsions hystériques^ épileptiques. (Cf. Féré, expériences à la Salpôtrière : Épilepsie, p. 182; — Formulaire Desjardins-Beaumetz, 1896, p. 691 : Anti-épiteptiqiies : bromure d'or', — Médecine moderne 1895, n" 62 : Contribution à V action thérapeutique de Uor. (( Cette solution [de tribromure d'or et d'oxybromure d'arsenic] s'est montrée, dans plusieurs cas à' épilepsie, supérieure à tous les autres médicaments usités. »)

Thérapeutique de Louis XI :

(( En la présence de moy, Martin Rissent, notaire et sécréta ii'o du Roy nostrc sire, Ferault de Bonnel, natif de Pyemont, a confessé avoir eu et reçeu de Michel le Tenthurier, conseiller dudict seigneur et receveur général de ses finances... la somme de 192 1. laquelh^ ledict seigneur luy a accordée pour le rembourser de 90 escuz do/vieil qu'il a mis pour ledit seigneur à faire certain breuvage appelle aurum po/abile à luy ordonné pour médecine (8 avril 1483'. » (R. Nat. Mss. Portef. Fontanieu, 142-143.)

« En la présence de moy, Martin Rissent, notaire et secrétaire du Roy nostre sire, Ferault de Bonne!, natif de Pyemont, a confessé

XXXVI PATHOLOGIE HISTORIQUE

avoir eu et reçeu de Michel le Tenthurier, conseiller du Roy nostre dit seigneur, et receveur général de ses finances es pays de Languedoc, Lyonnais, Forestz et Beaujolais la somme de 162 1. 70 s., laquelle ledit seigneur lui a donnée pour la despense qui lui convient faire faire à aler quérir sa femme qui est en Savoye pour venir devers luy en la ville de Tours où ledit seigneur veult qu'ils soient residens continuellement pouv faire cet^fains breuvages ordonnez audit seigneur pour médecine (8 avril 1483). »

(B. Nat. Mss. Portef. Fontanieu, 142-143.)

« Morestel 28 novembre. Sire, Ausi très humblemant et très obeyssament que je puis, me recommande à vostre bénigne grâce. Monseigneur de Savoye et monseigneur son frère, moyan la grâce de Dieu, sont en bon point, et se ne fussent les grans pestilences qui sont par icy aut Daulphiné por lesqueles non ay oses leycier lesdits seigneurs, je fuse aler passé les montagnyes por visiter notre Dame de Veuzolan à Monferra por vostre sacré Ma geste et eusse amené avecques moy deux religieux de l'observance de Saint-François bien fort amis de Dieu et qui de long temps me sont congnoissans. Mes aut plesir de Dieu ces pestilences cessaron, et tiens lorz bon congié de Monseigneur de Savoye, je yroy accompli mon voyage à ladite Nostre Dame.

D'autre part y fust de vostre bon plaisir quant je prys congié de vous de moy envoyé dire et chargié que je dyusse tousjours pancé et estudié por vostre bonne santé et ausi je fet à ma puissance et quant je ay plus étudié, je trouve vostre complesion et de tous vous membres en général et en speciel plus habunde, c'est principe de vie; et por tant non est possible qvi'avesques vostre bon régime non deest restir à toutes maladies et accidens. Et aussi vivres longuement à l'ede de Dieu et de Nostre Dame.

Sire, je ne sçay se vous ancore point usez de Vor potable que je vousorduiia, mes je vous assure sur ma vie et sur ma consciency que, quant sera vostre bon plesir de l'user en la fasson que je lyssia l'escript à monseigneur du Bochage par vostre comandement, que non trovarès chosa aut monde qui plus vous conforte le cuer et vous tienne alegroz et fort et en vie longement et resistice à tous vous malvès accidens que fera selluy or potable à l'ede de Dieu et de Nostre Dame.

D'autre part il a esté vostre bon plesir de escripre à Roma et mander por instruction et de boche por monsieur le bali de Bianvaz à nostre Saint Père por moi et m'aves por vostre bénigne grâce biaucot des autres biens promis en Abruy et à Roma et por toutes lesltallies. Portant, sire, ausi très humblement que je puis, et supplie que soy vostre bon plesir d'avoir sovenansaz de moy vostre très humble et obéyssant serviteur, h moy fesans queque bien, synon por moy, au meyn por mantenir vostre bonne et ancianaz famaz et cotumaz laquela est que james personas de vos servyt que neux biaucot des biens et des honneurs et sellaz seraz à vostre glore per-

INTRODUCTION. XXXMI

petuala et moy obligiroy moy et les myens que vous done bone sancté et lonp^y vie. Amen.

Escript à Morestel le xxviii^ de novembre. »

Vostre très bumble et très obeyssant serviteur.

Bartholome Bunoys. (Bibl. Nat. f. fr. 289G. fol. 08.)

La première partie des procédés thérapeutiques employés par les médecins du roi nous a permis de situer l'an'ection de Louis XI dans la classe des psychonévroses, c'est-à-dire que nous pouvons déjà poser le diagnostic par exclusion des maladies des autres appareils (digestif, respiratoire, génitourinaire, etc.). Reste à préciser maintenant le diagnostic diflerentiel : si nous avons affaire ici à une psychose ou à une névrose ^

^ 15. Diagnostic diflerentiel.

Le traitement générique nous a révélé le diagnostic générique. Reste à trouver le diagnostic spécifique.

Reprenons la conception pathogénique '.

Epilepsie :

Johannes de Sancto Amando, Die Concordanciae, éd. Pagel. Berlin, 1894, p. 95 : « Locus epilentiae non est nisi cerebrum et materia ipsius est humores grossi et viscosi. »

Id. ibid. p. 331 : « Spasmus nascitur cum nervosa membra plena efficiuntur. »

Id. ibid. p. 9G : « Cura epilentiae est mutatio humiditatis in siccitatem. »

Ueber Johannes de Sanclo Amando^ Revocativum memoriae, éd. Otto Paderstein, p. 32 : « Et epilentia est spasmus de repletione non tamen continuus sed interpolatus et ibi ponit causam epilentiae materialem. »

Barthélémy l'Anglois, Le grant propriétaire des choses

1. Et en outre les anciens ignoraient Thystérie mâle, ce qui réduit le cadre des névroses.

2. M. Brachet comptait mettre ici l'analyse (restée inachevée par lui) de la pathogénie spécifique et de la thérapeutique spécifique de chacune des psychonévroses, et il arrive à la conclusion que la médecine médiévale visait ici Tépilepsie. (A. B.-K.)

XXXVIII PATHOLOGIE HISTORIQUE

tr. p. J. Corbichon, 1372, 1. VI, chap. ix. De Epilence : (( Geste maladie selon Constantin est une humeur moiste par laquelle les petis ventres du cerveau sont estouppez et non pas parfaictemenl et empesche Tesperit de l'ame a faire et a déclarer ses oeuures jusques atant que nature ait destouppé les voyes du cerveau de ceste humeur. »

Glossiilae quatuor imigistrorum, p. 163 : « Et notandum quod epilepsia est opilatio ventriculorum cerebri principalium cum diminutione sensus et motus, et sunt quidem causa potissima ad epilepsiam inducendam, scilicet defectus caloris, multitudo humoris, constrictio meatuum. »

De cette conception pathogénique deVépilepsîe, la médecine médiévale déduisait les indications thérapeutiques essentielles.

^5 16. Thérapeutique spécifique de répilepsie.

Le traitement anti-hypnotique et la prohibition du sommeil diurne sont précisément spécifiques, au moyen âge, à la névrose la plus connue du moyen âge, Tépilepsie, et le sommeil diurne figure au premier rang des vitanda in epilepsia :

Bernard de Gordon, Lilium medicinae, Particula II : De passionibuscapitis,cap.xxv. Quae vitanda in epilepsia . o Potissime vitet somnum diurnuni. »

Id. ibid, XXVI : « Non dormiat de die, somnus enim profondus multum nocet et longus. »

Die Concordanciae des Johannes de Sancto Amando, éd. Pagel, Berlin, 1894, p. 315 : « In somno ascendunt humores mali ad caput et maxime in morbis. — In corpore ejus qui dormit somno multo superfluitates vaporosae mulliplicantur. » Id. ihid. p. 313: « Ar [1. Avicenna, conjecture avec raison Pagel p. 418, n° 363] dicit quod somnus fit capite repleto humidilate. »

Avicenne, Canon, 1. IV, tr. 6. cap. vu. De somno plurimo (t. II, p. 369) : « Somnus plurimus nocet cerebro. »

Id. ibid. 1. III, tr. 5, cap. xi (t. 1, p. 506, col. 1). De cura epilepsiae. « Et multum dormire post meridiem nocet; et universaliter somnus multus nocet. »

Rhazès (Fragments deRufus d'Éphèse extraits du Continent de Rhazès. Rufus, éd. Ruelle et Daremberg, p. 460) : « El non

INTRODUCTION. XXXIX

miiltipliceiur somnus diurnus, et proprie stomaclio existent, repleto; et univcrsaliler multus somnus est malus. »

La thérapeutique étant toujours fonction d'une conception uathogénique^ celle-ci dérive de la conception du spasmus dans la pathogénie galénique (« Spasmus nascitur cum nervosa membra plena efficiuntur. » Cf. Pagel, Die Concordanciae des Johannes de Sancto Amando^ Berlin, 1894 p. 331). — La théorie de Galien n'est, à son tour, qu'un essai d'explication du précepte classique de la clinique hippocratique (« Le sommeil en excès doit figurer dans l'étiologie de la convulsion au nombre des causes provocatrices. » Cf. Hippocrate, dans les Coaques^ § 342, éd. Littré, V, 657, et dans le Prorrfiétique, ^ 109, éd. Littré, V, 545). Donc :

1" Musique pour empêcher de dormir, mais en mode mineur, les instruments bruyants provoquant l'épilepsie :

Bernard de Gordon, Lilium medicinae, II, 25: « Quae vitanda in epilepsia. Aliquando venit epilepsia propter sonus maximus sicut est tympanimagni et similium. »

Avicenne, Canon, 1. III, tr. 5, cap. xi (t. I,p. 505). De causis moventibus epilepsiam. « Oportet ut alienetur ab omni re, in qua est timoris subitalio et actio tremoris et coarctatio sicut sùnt voces magni sensus, ut vox tympani et nolarum, et vox vociferantium. »

Nous avons vu par les textes de J. de Roye et de Gaguin que Louis XI s'est conformé au traitement anti-hypnotique (« pour le garder de dormir »). Donc c'est l'épilepsie comme affection spécifique; nous pouvons dès maintenant l'affirmer par ce seul symptôme, qui sera plus loin complété par d'autres.

2^^ Vitanda in epilepsia .• a. le refroidissement de la tête, qui porte au sommeil: « Refrigeratio capitis soporem inducit » (Galien, De locis affectis, 1. III, cap. v, édit. \'enise, 1576, in-fol. t. IV, p. 10 V" F). Or le sommeil en excès étant une cause provocatrice de l'épilepsie (Hippocrate), l'épileptique doit avoir la tête très couverte ; b. l'insolation, et c. la position déclive qui par la replétion céphalique amènent à provoquer le spasme.

Bernard de Gordon, Lilium medicinae, II, 25. u Quae vitanda

XL PATHOLOGIE HISTORIQUE

in epilepsia. Frigiditas nimia et omne illud quod subilo calefacit caput sicut est longa mora in sole. »

Avicenne, Canon, 1. III, tr. 5, cap. x (t. I, p. 505). « De cansis moventibus epilepsiam. Et epilepsiam quidem commovet omnis calor superfluus solaris, et omne frigus. — Cap. xi. De cura epilepsiae. Immo oportet, ut caput muniatur ab omni calore superfluo aut a frigore superfluo. »

Bernard de Gordon, Lilium medicinae, Particula II : De passionibuscapitis, cap. xxv. Qiiaevitanda in epilepsia. « Vitentur omnes causae quae dictae sunt; potissimè vitet jacere supra dorsum et capite inclinato. Non dormiat de die ut dictum est, etjaceat capite elevato. »

Avicenne, Canon, I. III, tr. 5, cap. xi (t. I, p. 506, col. 1). De cura epik'psiae. « Et studeat ut caput suum sit elevatum, et caveat ne ipsum pendere faciat in quantum possibile est.... » — Id. ibid. 1. 49. u Sit caput in dispositionibus elevatum. »

§ 17. Voyons si, oulre le traitement anti-hypnotique, Louis XI s'est astreint à ces prescriptions hygiéniques des médecins contre le spasme, c'est-à-dire : A, dormir la tète haute, et B, l'avoir très protégée.

A. « A Guillaume Genou 40 1. 2 s. 1 d. — pour un cheval de poil bay pour servir à porter après lui le dossier de la chambre dudit seigneur. [30 juin 1481.] » (Arch. nat. KK. 64, fol. 140 v».)

« A Guillaume Genou dit Rondelet 25 1. 2 s. 6 d. — pour avoir mené et conduit sur ung cheval le dossiei^ pour servir au lit dudit seigneur depuis le vingt cinquiesme jour de juing jusques au derrenierjourd'aoust ensuivant. [9 sept. 1481.] » (Arch. nat. KK. 64, fol. d67.)

« A Claude Foulon 27 1. — ]iour avoir mené sur ung cheval sommier dedans ung bahu de cuir un gros loudier^ pour servir es logeiz dudit seigneur à mettre derrière le chevet de son lit par tous les lieux où il a esté àe\)\\\.s le 18ejour de novembre jusques au premier jour de février ensuivant. [5 février 1482.] » (British Muséum, Mss. Egerton, 883, fol. 29. )

« A Gilles Genest 47 1. — pour avoir mené sur ung cheval sommier ung dossier de boys pour servir es logeiz dudit seigneur à mettre

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