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Je cite Avicenne d'après l'édition Venise, DCVIII

XXVIII PATHOLOGIE HISTORIQUE

olfactif, etc.) et formule comme traitement la musicothérapie et l'osméthérapie (ou odorothérapie) ^

A. Nerf auditif.

Avicenne, Canon, lib. 111, tr. 4, cap. xx (i. 1, p. 490, col. 2). De cura melancholiae : « Necessarium quidem est, ut secundum omnem dispositionem anima ipsius laetificetur et jucundetur. » — Id. ibid. (p. 492, col. 2). De cura melancholiae : « Oportet ut melancholiam habentes in aliquo sint occupati, quocumque modo sit et occupentur etiam cum cantilenis et laetificantibus, nihil enim est nocibilius quam timor et solicitudo. »

Bernard de Gordon, Liliam medicinae, Part. II, cap. xix. De Mania et melancholia: « Primum quod competit in curatione est gaudium et laetitia. . . et multa jocalia praesentare debent et ibi esse instrumenta musica et breviter omnia quae laetificant animam. »

Barthélémy l'Anglois, Le grant propriétaire des choses^ trad. p. .1. Corbichon, 1372, 1. VI, cap. v. « De une espèce de follie qui est appellée amenée. 11 est une espèce de follie que les phisiciens appellent amenée : et les autres l'appellent manie mais c'est tout ung selon ce que dict le Plateaire. Geste maladie est une infection de la chambrette du chief par devant qui oste l'imagination ainsi comme melancollie est infection de la moyenne chambrette du cerveau et oste la raison si i'omme dict Gonstantin. — La médecine est faire chanter et sonner des instrumens de musique pour les resiouyr et pour oster leur paour et tristesse : et si les doibt on faire travailler moyennement. Et finablement se les purgacions et electuaires ny suffisent on les guerist par art de cyrurgie. »

Donc réveiller le patient de son état de dépression neurasthénique par l'excitation sensorielle. Sur l'irritation du nerf sensoriel : a. sa généralité diffuse dans tout l'appareil nerveux, h. d'où production musculaire qui varie en ce qui concerne

1. Cette théorie sur raction névrosthénique sous le coup de fouet donné à la circulation ca})illaire par l'excitation des nerfs sensoriels, a été vérifiée par les physiologistes observateurs modernes (Ch. Féré sur audition et olfaction : Pathologie des Emotions, p. 9j).

INTRODUCTION. \\IX

l'influence des impressions auditives, avec Vinlensilé, la hauleur elle timbre du son (voy. Féré, Pathol. des Emot., p. 38-39) '.

D'où la nécessité de veiller à ce que dans celte influence tonique l'excitation musculaire ne devienne pas une cause provocatrice des convulsions ^ De là nécessité du mode mineur •\ ce qui explique doux et bas instruments.

11 est curieux de rapprocher de cette conception de la thérapeutique physiologique du moyen âge les récentes recherches des neuropathologistes sur l'influence des mélodies en mode mineur dans le traitement des maladies nerveuses. (Binet a démontré que les émotions agréables favorisent la circulation du sang'. Ceci trouve un appui dans la judicieuse remarque de M. de Fleury, que lexcitation tonique des vaisseaux est réglée par le système nerveux -^ Cf. aussi les Pages oubliées d'Esquirol, publ. p. le D'' Toulouse d. Rev. de Psychiatrie juin-juil. 1897.) Il est plus curieux encore de constater que les restrictions ont été entrevues par les anciens. Bien avant qu'Esquirol ait observé la stimulation trop grande, Avicenne en avait déjà noté les effets fâcheux et remarqué que dans les névroses, on ne devait pas dépasser le réveil du tonus musculaire jusqu'à la production des convulsions : Avicenne, Canon, 1. III, Ir. 4, cap. xxiv (t. I, p. 494, col. 2, 54.) De cura melancholiae. <' Et quidam homines sunt, quos sanat laetitia et auditus cantilenae, et quidam sunt quos illud augmentât. »

B. Nerf olfactif. Osméthérapie.

Avicenne pose en principe la vertu névrosthénique des odo-

rifera : « Omnis odor bonus per hoc, quod est bonus, et odo-

riferus, confortât cerebrum et cor » (Avicenne, Canon^ libellus

de removendis nocumentis, tr. 2, cap. v, t. II, p. 357, col. 2).

1. Schiff, Rech. sur Réchauffement des centres nerveux à la suite des excitations sensitives et sensorielles [Arch. de phys. norni. et path. 1870, t. III, p. 333) cité p. Féré, p. 38, note 2; — Broussais, De Virritation et de la folie, 2® éd. 1839, t. 1, p. 82, cité p. Féré, p. 39, note Ti.

2. Féré, loc. cit., p. 95. Et J.-L. Roger, Traité des effets de la musique sur le corps liumain, cité par Féré, p. 95, note 3.

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