‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 104 sur 183 · MASCULINE · texte numérisé non relu

MASCULINE

quels des défauts cachés d'Ingehurge ont pu provoquer chez le roi cette répulsion. »

La simple lecture de cette phrase suftit pour montrer combien ceux qui Font écrite sont étrangers à toute discipline biologique. Croire que de la seule existence d'une réaction répulsive on peut conclure à la réalité de causes de répulsion n'est pas une mince erreur physiologique. Autant vaudrait dire que l'intensité de la réaction égale l'intensité de l'excitation, alors qu'entre les deux s'exerce l'action cérébrale tantôt modératrice, tantôt excitatrice des centres.

Si nous appelons x les défauts d'ingeburge, R la réaction répulsive de Philippe qui s'est traduite par le divorce, — l'équation ne sera pas cc= R, comme le croient les historiens, mais

xy =zY{

y désignant le coefficient d'émotivité du roi, puisque toute réaction à l'excitant est toujours le produit de deux facteurs : une cause prédisposante qui est le terrain (le système nerveux du sujet), — une cause provocatrice qui est l'excitation.

Conclure, comme l'ont fait les historiens, de la répulsion et du divorce de Philippe à l'existence de tares proportionnelles chez Ingeburge est à peu près aussi scientifique que d'évaluer l'intensité absolue d'un son par la réaction nerveuse de l'auditeur.

Pour un agoraphobe, la place de la Concorde est aussi terrifiante que peut l'être pour un homme à réactions nerveuses normales un précipice de trois cents pieds. Les historiens iront-ils conclure de la terreur de l'agoraphobe à la réalité du danger qui l'a provoquée '^

Nous devons demander à la neuropathologie la formule de la cause prédisposante à la date de la célébration du mariage, c'est-à-dire l'équation personnelle du roi.

Nous savons d'une part (cf. ci-dessus, p. 303) qu'en juillet 1193, quelques jours avant son mariage, Philippe- Auguste était encore sous Tempire d'un grave accès de neurasthénie post-infectieuse. D'autre part, à l'état grave (et elle est toujours grave quand elle éclate chez un prédisposé à

hérédité chargée), cette névrose présente des stigmates, stigmates classiques dont les plus généraux sont :

A. Système nerveux : phobies, faiblesse irritable, hyperémotivité, etc.

B. Fonctions génésiques : il y a, en règle, diminution de la puissance génitale (cf. les travaux du professeur Guyon, ceux de Levillain, Bouveret, Mathieu, Meynert, Ilandbiicli der Neurasthénie) pouvant aller de la simple parésie génésique à l'impuissance temporaire complète; cette anaphrodisie masculine, qui survient en Tabsence de toute cause objective de répulsion, s'accroît par l'émotivité morbide qui joue successivement le rôle de cause après avoir joué celui d'effet. L'absence de cause apparente effraye précisément d'autant plus le malade, et cette diminution de la virilité amène chez les sujets névropathes une inquiétude qui va jusqu'à l'obsession. L'humiliation de l'amour-propre masculin, le souvenir cuisant de l'échec provoque un état hypocondriaque spécial (Meynert, Handbiich der Neurasthénie) qui par l'application à faux an post hoc, ergo propter hoc, va dans un certain nombre des cas, jusqu'à provoquer chez le malade une antipathie invincible pour le témoin de son insuccès.

De quelle utilité, vont nous demander les historiens, peut être cette constatation de l'état neuropathique de Philippe pour nous aider à fixer la part de responsabilité d'Ingeburge dans ce désastre conjugal du 14 août 1193 ?

Il faut, pour répondre à cette question, reprendre l'exemple de l'agoraphobe donné ci-dessus. Si nous désignons par R l'intensité de la réaction émotionnelle provoquée par la vue d'un précipice [x] de 300 pieds chez un homme sain dont le coefficient d'émotivité (ij) est normal; si d'autre part les deux termes R et ^ nous sont connus, il est clair que cette double donnée nous permettera d'abord d'affirmer l'existence du péril, ensuite de nous faire une idée suffisamment précise de son intensité x.

Dans le cas de la place de la Concorde, on ne doit pas se borner à dire que ce a, comme signification périlleuse, une valeur minima, mais on peut même affirmer qu'en ce sens x n'existe pas. Il n'en va pas autrement dans le cas de Philippe-Auguste.

On voit maintenant quelle a été Terreur des historiens d'Ingeburge qui, partant de la seule réaction R ont cru pouvoir établir l'existence de x alors que Téquation

xy z=z\{

implique que la connaissance de x suppose la fixation préalable de?/. Gène sont donc pas les tares hypothétique? dlngeburge qu'il faut commencer par chercher, mais la formule psychique de Phihppe-Auguste à la date précise de la soirée du 14 août 1193.

La femme étant accessibilis et le mari portant à la date du mariage tous les stigmates des neurasthéniques, il y a une très forte présomption clinique pour que cette impuissance temporaire non motivée ne soit qu'une simple manifestation de la névrose neurasthénique.

Toute clinique (et surtout la clinique conjugale) n'étant qu'un calcul de probabilités, exige que chaque conjecture satisfasse à un certain nombre de conditions nécessaires.

Pour conclure à l'étiologie neurasthénique dans le cas de l'impuissance de Philippe, hypothèseà laquelle l'enquête papale donne un si grand appui, la neuropathologie ne se contente pas de l'affirmation qu'apporte l'épisode des Assassins sur l'hyperémotivité de Philippe-Auguste. Elle exige qu'il soit préalablement démontré : 1° qu'au moment du mariage, la neurasthénie avait acquis chez le roi un degré de morbidité qui rendait la déséquilibra tion manifeste; 2° que le roi, à l'exemple de tous les neurasthéniques génitaux, a masqué son échec et que, au lieu d'accepter en silence cette constatation d'impuissance temporaire établie par l'enquête papale, — et qui innocente Ingeburge de toute part de responsabilité dans ce désastre conjugal, — il a cherché à donner le change au public sur son anaphrodisie.

On ne peut d'ailleurs en cette occurrence aller jusqu'à exiger de Philippe la négation complète qu'opposerait le neurasthénique vulgaire, à la question de son échec.

Le roi n'a pas seulement à sauvegarder son amour-propre masculin, il a en même temps à veiller aux intérêts de son divorce.

Ainsi partagé entre la nécessité de confesser la non-consommation du mariage, — aveu décisif pour le succès final du procès en cour de Rome, — et le souci (dominant chez tous les neurasthéniques) de sauvegarder sa réputation de virilité, il ne lui sera pas facile de nier son échec, ou s'il n'a pas hésité à le faire, ce sera là une preuve pour le clinicien.

Examinons donc successivement ces deux points essentiels pour le diagnostic étiologique de Tanaphrodisie de Philippe- Auguste, consécutive à la neurasthénie : A. Quel était à la date du mariage l'équilibre psychique du roi. — B. Quelle est la version royale sur les causes de la non-consommalion du mariage.

A. — • Équilibre psychique de Philippe- Auguste le 13 août 1193.

Le problème se ramène donc à chercher la formule mentale de Philippe-Auguste au 13 août 1193.

Cette formule mentale, nous l'avons définie ci-dessus (p. 321). A la date d'août 1193, Philippe-Auguste présentait, au point de vue émotionnel, une déséquilibration profonde, liée à la neurasthénie post-infectieuse greffée sur une prédisposition nerveuse : il était à cette date, on peut le dire, au point de vue de la sensibilité, à la frontière des réactions pathologiques.

L'incident d'Amiens survenu quelques jours à peine après qu'il eut été rassuré de la terreur causée par le prétendu envoi d'assassins, il était sûr que la moindre contrariété chez Ingeburgc allait grossir dans sa tête, et qu'il ferait un cas de divorce d'un incident qui pour un sujet à réactions nerveuses normales eût été une simple contrariété.

Dans ces conditions, a très bien dit Charcot, le neurasthénique est un émotif à la vingtième puissance. Il y a on outre cercle vicieux : l'émotivité le rend impuissant, et à son tour, l'insuccès devient cause.

Le quid inaccessibilis qu'il a trouvé chez Ingeburge a réveillé toute son émotivité.

Si les historiens me demandent sur quelle base je puis établir cette assertion ([ue la déséquilibration du roi, au point

de vue émotif, continue à cette date, je les renverrai au texte de l'enquête papale. Elle ne laisse aucun doute sur l'état de folie partielle de Philippe-Auguste.

Le mariage ayant eu lieu le 14 août, le lendemain 15 fut consacré au couronnement d'Ingeburge, le légat et les princes étaient réunis dans l'église d'Amiens. Voici le récit de l'attitude du roi pendant le couronnement :

Pendant la première partie de la cérémonie le roi garde sa sérénité \ puis soudain il commence à regarder sa femme avec les signes de la plus profonde terreur^ il est saisi de tremblements, il pâlit et tombe dans un trouble nerveux si profond qu'il peut à grand'peine rester jusqu'à la fin du couronnement. Son attitude est telle que le rédacteur des Gesta ne peut l'attribuer qu'à la suggestion du diable : «... Sed interipsa coronationis solemnia, suggerente diabolo, ad aspectus ipsius cœpit vehementer horrescere, tremere ac pallere ut nimium perturbatus vix sustinere posset fînem solemnilatis incœptae... » {Gesta Innocenta, c. XLVIII.)

Aussitôt le mot divorce courut dans l'assemblée.

Rien de plus décisif, au point de vue clinique, que ce texte des Gesta Innocenta^. Cette phrase dans chaque mot révèle pour le neuropathologiste les différentes phases de l'état cérébral de Philippe-Auguste : troubles circulatoires (vasomoteurs: pâleur), — troubles musculaires (tremblements, frissons), — troubles cérébraux (arrêt de l'action modératrice). L'idée morbide s'exaltant, l'incendie gagne tous les réflexes.

Si l'on songe à la puissance réactionnelle des émotions à

1. Cf. Géraud, Ingehurge de Danemark reine de France (dans Bibl. de l'école des Chartes, t. I, l^-^ série, 1844, p. 10).

2. Le D'" A. Boissier, auquel je raconte la scène du couronnement à l'église et la terreur dont Philippe-Auguste n'est plus le maître, me dit que c'est un des exemples les plus beaux de neurasthénie.

Il ajoute qu'à sa connaissance, l'épidémie de suette de 1865 a donné chez les prédisposés, des troubles nerveux post-suettiqucs qui sont terribles, et qui ressemblent à s'y méprendre aux troubles neiveux consécutifs à Vinfluenza.

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Tétat normal cl chez un sujet doué de la force normale d'inhibition, on voit ce que doit être l'état réactionnel chez un névropathe et un hyperémolif comme Philippe-Auguste, et ce spectacle extraordinaire du roi livré à cette mimique émotionnelle s'explique parfaitement.

Philippe à la date de la cérémonie était visiblement un malade; il l'était donc sûrementla veille, comme je l'ai dit cidessus.

La scène du couronnement nous fait comprendre en même temps la suite. Que peuvent signifier les décisions consécutives d'un homme à demi fou, temporairement, à l'état de délire partiel ? A lieu de se laisser ramener à la sortie de l'éghse, il s'exalte davantage et, ab irato alienato^ veut renvoyer la princesse en Danemark.

Dès lors comment A^ouloir sérieusement essayer de conclure de ces actes d'un délirant partiel à l'intensité d'une cause ou même simplement à l'existence d'une cause?

Philippe est bien ici dans la situation de l'agoraphobe.

Un second fait, aussi probant que l'incident d'Amiens, prouve cette assertion ; c'est que sur l'insistance de son entourage le roi ayant consenti à une nouvelle tentative, quelque temps après, à Saint-Maur-des-Fossés où il avait fait venir Ingeburge, il sortit complètement troublé par un nouvel échec, assurant qu'Ingeburge ne pouvait être sa femme, et tellement rempli d'aversion pour elle qu'à peine pouvait-il supporter que l'on prononçât son nom devant lui [Gesla Innocent., cap. XLVIII, cité ci-dessus p. 308).

Cette seconde visite prouve surabondamment que Philippe- Auguste n'avait rien contre Ingeburge au point de vue moral (absence de virginité, etc.).

La déclaration de la reine (« asserebat autem Regina quod rex carnaliter illam cognoverat; Rex vero e contrario affîrmabat quod ei non poterat carnaliter commisceri ». Gesta, cap. XLVIII) prouve d'autre part que la visite du roi était faite dans un but sincère de rapprochement.

Krafft Ebing {Traité clinique de Psychiatrie, p. 80 et 227), identifie ce \processiis psychique (de V impotentia psychica coeundi) d'une façon complète avec V agoraphobie.

B. — Version de Philippe- Auguste sur la non-consommalion de son mariage.

Notre solution que ce cas d'antipathie hypochondriaque, consécutif à Timpuissance transitoire chez un neurasthénique, était celui de Philippe-Auguste, nous paraît fortifiée par un passage de Guillaume le Breton, dont l'importance a été jusqu'ici inaperçue des historiens, trop étrangers à la biologie. Il nous révèle la profondeur de la blessure d'amour-propre de Philippe- Auguste, à la suite de son insuccès, et l'effort que fait ce mari de vingt-huit ans pour donner le change au public, sur les causes de son échec amoureux.

La chronique du moine-médecin Rigord dit que le roi impeditus fut maleficiatus :

(( Sed mirum ! eodem die, instigante diabolo, ipse rex, quibusdam ut dicitur, maleficiis per sorciarias impeditus, uxorem tam longo tempore cupitam, exosam habere cepit; et, paucis revohitis diebus, hnea consanguinitatis per Carolum comitem Flandrensium ab episcopis et baronibus computata, per censuram ecclesiasticam hiijusniodi matrimoniiim est separatum. Regina tamen Ingeburgis, ad Danos redire nolens, in partibus Galliaruni in locis religiosis manere decrevit, malens continentiam conjugalem cum orationibus toto tempore vite sue servare, quam, alteri juncta, prima matrimonii fédéra maculare. Sed quia liujusmodi matrimonii injuste dicebatur fuisse dissolutum, Romanus pontifexCelestinusad conquestionem Danorum misit legatos suos in Franciam, MeUorem scilicet presbyterum cardinalem et Cencium subdiaconum ; qui Parisius venientes, convocaverunt concilium omnium archiepiscoporum et episcoporum, necnon abbatum totius regni, in quo tractaverunt de reformando matrimonio inter Phihppum regem et uxorem ejus Ingeburgem. Sed quia facti sunt canes muti non valentes latrare timentes etiam pelli sue, nihil adperfectum deduxerunt. » (Rigord, éd. Delaborde, p. 125.)

Cette opinion sur le cas des deux époux devint celle qui prédomina et elle fut adoptée par le pape Innocent III.

Dans la Philippide, Guillaume le Breton se tait (Delaborde, Etude sur la Chron. enprose de Guil. leBreton,lSM, pp. 38-39). On sent combien ce silence est accusateur pour Philippe- Auguste.

Dans sa chronique où il prend pour base le travail de Rigord, Guillaume le Breton, qui connaissait l'opinion du

pape Innocent III, subslilue à cette phrase : maleficiata, et rendant Philippe-Auguste indemne du maléfice, il l'attribue à Ingeburge :

« Eodeni anno, Philippus magnanimus duxit in uxorom Indcburgim, sororem Kanuti régis Dacorum [in civitate Ambianensi] ; que, eodem die quo benedicta et coronata fuerat, per sortiarias, ut dicunt, maleficiata, [ab ipso rege cepit minus diligi et jure thori et carnis debito privari] et demum ab ipso, consançjuinilate probala, separata est. Tamen a Francia non recessit [necessaria vite a fisco recipiens] .» (Guillaume le Breton, éd. Delaborde, p. 195.)

Pourquoi Guillaume le Breton a-t-il cru nécessaire de modifier si profondément l'affirmation du moine-médecin ? Prêtre, ecclésiastique important, canoniste délié, pesant la valeur précise des nuances juridiques et leurs conséquences, quel intérêt avait ce complaisant intermédiaire de Philippe à substituer à l'opinion du maleficiiim du roi, qui était l'opinion de tous les gens compétents et de la cour de Rome \ l'opinion opposée, l'affirmation du maleficium de la reine?

Pour faciliter à Philippe la réussite de son divorce en cour de Rome ?

En droit canon, pour que le maléfice fût un motif valable comme cause de divorce, il était indifférent de savoir de quel

1. Lettre d'Innocent III à Ingeburge (HF, XIX, 478) : « Regin.e Francorum. Novit ille qui nihil ignorât, quod super articulo matrinionii pro te fecimus quicquid homo facere potuit ; sed, peccatis exigentibus, parum proiecimus, quoniam ad exhibendum tibi maritalem aiîcctum animus carissimi in Christo filii nostri Philippi Régis Francorum illustris non potcst aliquatenus inchnari, neque nos ejus animo amorem possumus inspirare, cùm hoc sohisDeus facere possit, in cujus manu cor Régis existit. Putat iglLur ipse Rex, et multi ctiam opinantur, quod perpetuo sit maleiicio impeditus. Unde non solum propler affînitatem, verum etiam propter maleficium, a te postulat separari. Licet igitur tibi déesse nolimus, immo, quantum cum Deo possumus, semper velimus adesse, quia lamen dispositionem Dei mutare non possumus, nec expedit ut in hoc miscrabili statu tu et Rex ipse diutius maueatis, mittimus ad te dilectum lihum magistrum P. capellanum nostrum, virum providum etfidelem, qui tibi solatium nostrce visitationis impendat, et animum tuum subtiUter investiget, cui secure tuam apcrias vohmtatem nobis fideliler intimandam, ut, ea cognita, melius tibi providere possimus. Dalum Roma^, apud Sanctum-Petrum m nouas julii (120d). »

côté il était, et c'est pour cela que, en 1202, Innocent III con. seille à Philippe d'exciper du maléfice.

Du moment où il était indifférent pour obtenir le divorce que le maléfice atteignît lun ou l'autre des époux, il est évident que le roi avait encore un intérêt à faire dire, contre l'opinion commune et contre la cour de Rome, que c'était Ingeburge et non lui qui a été maléficiée.

Quel était cet autre intérêt?

L'interprétation physiologique va nous le donner.

Si Philippe prend à son actif le maleficiiim, c'est un aveu, il est publiquement convaincu d'impoteniia coeundi.

Si le maleficium est du fait de la reine, au contraire (la reine étant déclarée maleficiata et non inaccessibilis, il n'y a à invoquer ni claiisura ni arctatio), l'honneur masculin est sauf. Philippe peut affirmer que les efforts quoique normaux sont restés vains, et que la reine par son état nerveux (qui est la traduction moderne du mot maléfice) est seule responsable de l'échec.

En chargeant la femme du maléfice le chapelain de Philippe- Auguste sauvait l'amour-propre du jeune mari et rétablissait la réputation de virilité de son maître (ce qui est la grande préoccupation du neurasthénique) ; il mettait la non-consommation du mariage sur les troubles nerveux de l'épouse maleficiata par l'œuvre du diable.

Si l'on songe que le chapelain de Philippe-Auguste était un canoniste délié, que pour ce motif le roi l'employa dans toutes ses épineuses négociations en cour de Home contre Ingeburge ^ on comprendra la valeur de cette correction.

1. Gilles de Paris, Carolinus, HF.,XVII, p. 292-295, vers 172-303, insère dans son poème une longue apostrophe à Guillaume le Breton, et lui fait honte de sa conduite d'entremetteur, de courtier en divorce entre Rome et Philippe contre l'admirable Ingeburge ; il le raille d'être toujours sur les routes entre Rome et Paris pour cette vilaine besogne :

« At quid agis contra, qui Papam Urbemque revisis Tam crebro, Willclmc, gradu? quid te exigit istud

Ire frequens illuc?

Sed lorle necesse est

En chargeant intentionnellement la reine pour disculper le roi, il savait où était la blessure cuisante de Tamourpropre de Philippe-Auguste.

C'est par cet amour-propre blessé qu'il faut expliquer la brutalité et l'inhumanité du roi envers Ingeburge (voir HF., XIX, 428-429), attitude que Guillaume le Breton a également modifiée dans son récit.

Cette correction de Guillaume le Breton indique à elle seule la scène du mariage : elle n'eût pas été faite si l'impuissance de Philippe n'avait pas existé.

Nous pouvons affirmer que cette version du chapelain du roi est celle que désirait Philippe-Auguste et qu'il voulait qu'on fît accepter par le public. Guillaume le Breton qui a utilisé la chronique de Rigord, la revise dans le sens favorable au roi. Dans les endroits difficiles il se tait. Dans les endroits où il peut exphquer, il affirme et ses affirmations sont toujours mensongères.

Nous avons vu ci-dessus que le divorce avait été obtenu par la complicité de l'oncle du roi, qui avait présenté à l'assemblée une prétendue généalogie ; le pape Innocent qualifie plus tard cette décision de sentenlia illa divorlii gain potins liidibrii fabula (Innocentii epist. HF., XIX, p. .381).

Tandis que l'honnête Rigord (malgré son attachement pour le roi) dit que le mariage fut injustement dissous (« Sed quia hujusmodimatrimonium injuste dicebatur fuisse dissolutum », édit. Delaborde, p. 125), Guillaume le Breton, au contraire, trouve l'arrêt valable et affirme le bien fondé du divorce (« consanguinate probate separata est », édit. Delaborde, p. 195).

De même lorsqu'en 1213 Philippe-Auguste reprend Ingeburge, il écrit : « quia in ipso rege nihil aliud culpa dignum inveniebatur, nisi hoc solum quod dicte uxori sue carnis debitum subtrahebat, licet ei omnia necessaria alla Iwnorifîce

Ut placeas domino : debes virtute placere,

Non vitiis

Pci" illum

Nil âge c[iiod tibi sil vel ei fecisse pudendum.

ministraret (édit. Delaborde, p. 247), qui croirait que cet euphémisme désigne les treize années de prison de la malheureuse reine, manquant de vêtements, de la nourriture et de l'hygiène nécessaires, ainsi que de consolations.

Les Grandes chroniques de France reflètent Topinion de Guillaume le Breton \

On voit la valeur morale de ces deux hommes. Le médecin Rigord, honnête moine, déclare que le roi a été impuissant et personnellement sous l'empire d'un maléfice; l'officieux Guillaume qui trouve tout parfait se fait l'écho des mensonges conjugaux de Philippe et déclare que c'est Ingeburge qui est maleficiata.

1. Grandes chroniques de Finance, édit. P. Paris, t. IV, p. 93. <c En ce temps envoya le roy Phelippe au roy Chanu de Dannemarche, homme honnourable et honneste, Estienne, évesque de Noyon ; et luy manda qu'il luy envoj^ast une de ses sœurs pour espouser et pour couronner à royne de France. Moult fu le roy Chanu lie quant il oï qu'il mandoit sa seur pour tel honneur; aux messages livra sa seur qui avoit nom Ingebour, belle pucelle, bonne et religieuse et aournée de bonnes grâces et de bonnes mœurs. Les messages honnoura moult de dons et de présens. Congié prisrent et puis se misrent au retour et si errèrent tant qu'il vindrent à Arras.

Le roy qui moult désiroit sa venue ala encontre à moult grant compaignie de prelas et de barons : là fu espousée et couronnée à royne de France. Mais le roy qui par sorcerie fu empeschié,si comme l'en disoit, la cueilli en haine en celle journée meisme qu'il l'eut congneue. Et en pou de temps après fu le mariage desjoint par l'esgart de saincte églyse, pour ce que leur lignié fu nombrée, et prouchaineté de lignage trouvée par les prélas et par les barons du royaume de France. Mais la bonne dame ne voult oncques puis retourner en son pays; ains eut plus chicr à garder continence, et mettre sa cure en la saincte dévocion d'oroison et es sains lieux d'oroison et de religion. »

Ici. ibicL, t. IV, p. 153 : <( En celle année reçut le roy en grâce et en amour Ingebour, la royne s'espousée, fille au roy de Dannemarche ; de luy avoit esté dessevré de son auctorité, seize ans et plus. Moult eut le peuple grant joie de ceste chose, car en la personne le roy n'avoit nul autre vice né chose qui fist à blasmer, fors seulement que il luy soustraioit la debte de sa char. Car il luy faisait amenistrer toujours assez largement et honnourablement toutes ses nécessités : si n'est mie de merveille se ceux orent joie de ceste conjunclion qui avant se douloicnt de la dissencion qui est contraire à si grant vertu. »

PIIILIFPK-AUGUSTi:. 331

F. — Conclusion.

A la conclusion des historiens (que nous ne savons quels défauts d'Ingeburge ont pu provoquer chez le roi cette invincible répulsion), nous opposons la conclusion de la clinique.

A. Ce ne sont pas les défauts d'Ingeburge qu'il faut commencer par chercher, mais le degré d'équilibre psychique de Philippe au moment du mariage, point que les historiens n'ont point songé à vérifier avant de raisonner et de se livrer à des suppositions, rendues vaines par l'absence complète de textes sur les défauts que pouvait avoir Ingeburge.

B. La formule psychique du roi étant à cette date celle d'un neurasthénique à état grave avec stigmates, il n'y a pas plus à conclure sur l'existence ou l'absence de défauts d'Ingeburge, que sur l'intensité de ces tares. Le roi est exactement dans la situation d'un agoraphobe au retour d'un voyage racontant les périls qu'il a courus.

Ceci est capital au point de vue psychique et physiologique et devient un des éléments essentiels du problème.

Par le seul fait de ce diagnostic, le témoignage du roi est dépourvu de toute valeur critique et doit être récusé.

C. De la situation d'Ingeburge nous ne pouvons affirmer qu'une chose : c'est qu'elle n'était point inaccessibilis, la claiisura donnant lieu au divorce. On n'accuse que le maleficium^ c'est-à-dire l'état nerveux de l'un des époux. L'opinion publique et le pape ont établi que c'est le roi qui était malefîciatiis. Philippe-Auguste fait dire par son chapelain Guillaume le Breton que c'est sa femme qui est frappée de maléfice et que lui est viril. Tous les textes et la longue correspondance du pape ont établi le contraire, et je crois avoir prouvé que c'est lui qui avait le trouble nerveux, cause de son impuissance.

Donc il n'y a rien à conclure de l'état nerveux de Philippe- Auguste, pour ou contre les défauts d'Ingeburge, et même à leur existence.

D. Voilà ce que la science peut affirmer de l'état psychopathologique de Philippe-Auguste, tandis qu'avant nous on

affirmait sans examen Tétat normal du roi, et Ton concluait à l'existence de tares chez Ingeburge.

Voici donc le terrain solide où je m'arrête.

E. A ceux que la solution négative ne satisfait pas, et que l'agnosticisme salutaire du savant impatiente, nous dirons, à titre de simple hypothèse personnelle, — et la clinique nous permet d'émettre un avis sur la question, — que Philippe- Auguste, qui était un neurasthénique irritable, a eu une impuissance temporaire de cause neurasthénique et qu'Ingeburge n'est pour rien dans ce désastre conjugal.

Que dirait aujourd'hui le bon clerc, qui, au Concile de Soissons, prenait si chaudement la défense de la pauvre reine, s'il voyait que la physiologie innocente Ingeburge et que le mystérieux drame entre les époux se réduit à un cas clinique des plus banals?

Que si l'on me chicane sur cette hypothèse de ce qui s'est passé entre Ingeburge et Phihppe-Auguste dans la soirée du 14 août 1193, je dirai: <( Videant acutiores ».

§ 4. Maladie de 1208. Affection innommée en mai (?) 1208 (HF, XVIII, 347), assez grave pour arrêter le roi dans sa campagne de Guyenne et pour le forcer de rentrer en France (cf. L. DeHsle, Catal. des actes de PhiL- Auguste, p. 252, n° 1088; — Rigord, éd. Delaborde, p. 165, note 4).

§ 5. Maladie de 1222. En septembre 1222 graves accès de fièvre quarte (« Invadit febris régis quartanica corpus », Philippid. XII, 494, éd. Delaborde, p. 366) '. Jusqu'en juillet 1223

1. Guillaume le Breton, Philippidos, lib. XII, édit. Delaborde, p. 366-367.

De cometa que prevenît infirmitatem et mortem régis.

Terruerat populos radio nova stella minaci ; 490 Ncc vulgus cessabat adhuc variare tumultus, Quid portenta novi non intellecta sequatur. Necdum mensis erat post hoc elapsus, et ecce Invadit febris régis quartanica corpus, Quem cum quarta dies estu torqueret anhelo, Cessabat mediis tamen egrotare diebus ; Et sic febris erat intervallata, vigorem

persistance de cette rechute de paludisme. Philippe rédige dès le 7 septembre 1222 son testament (L. Delisle, Catal. des actes de Ph.-Aiig., p. 478, n° 2172) dans le préambule du quelle roi fait une allusion expresse à son état : « Si aliquid humjinitus nobis contigerit in hac presenti aegritudine ^ ».

§ 6. Mort. État cachectique du roi consécutif à ces onze mois d'infection malarienne (Guillaume le Breton, Philippid. 1. XII, V. 529-530, éd. Delaborde, II, 368-). — Saigné après un

Quod ncc membra suum perdebant sive colorem ; Nec minus ipse sua levitate et viribus utens, Sollicitusque sui curare negotia regni, 500 Oppida more suo diversa studebat et urbes Visere, presertim quibus ille reedificandis Impendens operam, miuros fabricabat et arces.

Idem. Gesta, ann. 1222 : « Eo tempore quo Philippus Rex cœpil infirmari, comètes horribilis apparuit in Occidente, praetendens signum mortis ejusdem. »

1. Testament de Philippe- Auguste fait à Saint-Germain-en-Laye, septembre 1222 : k In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Philippus Dei gratia Francorum rex, omnibus praesentis et futuris salutem. Noveritis quod nos anno Domini mccxxii, mense septembri, de rébus nostris (si aliquid humanitus nobis contigerit in hac praesenti

aegritudine) ordinavimus in hune modum Actum anno Domini

iMccxii, mense septembri, apud Sanctuin Gernianum de Lava. » (Cité d'après Foriginal des Archives, par les Éditeurs de HF, XVII, 1 14.)

2. Guillaume le Breton, PhilippidoSy éd. Delaborde, p. 367-3G9 :

517 Qui postquam primos frigores sensit, et ejus Sacra repente tremor febrilis viscera torsit, Continuo scopat hominis vas interioris, Hospitiumque parât mundum quo celicus liosj)es Gaudeat adveniens placita sibi sede morari, Delicias reputat qui corde quiescere mundo, Nec venit ad mentes nisi lotas, sorde fugala. Mox testamento fmali, quicquid habebat Mobilis ipse rei, proprio déterminât oro, Et dispcnsandum terre Hierosolymilanc Pauperibusque Dei scripto désignât aperlo, Divisim faciens quis ({uid ferat inde nolari. Inde fere loluni vexalus febr*^ per annum,

nouvel accès, Philippe meurt des suites d'une imprudence diététique au dire des chroniqueurs (Péan Gatineau : « Cum Philippus diuturno tempore quartanis febribus premetur, et de consilio peritorum minutus à consuetis cibis minime abstineret, proh dolor ! apud Mantuam spiritum exhalavit* ») — et Guillaume le Breton Chron. 1, 324, Philippid. II, 369 (ci-dessous note); — Raoul de CoggeshalP; plus probablement de Tépui-

530 Nec minus olFicio membrorum gnaviter utens, Attigerat quintum mensem, quo Sirius egris, Ingeminare solet soUs cum febre calores, Et postquam Verbum caro factum est tertius annus Gurrebat cum quinque quater post mille ducentos

546 Totius et regni sanctorum concio patrum Concilium tune Parisius générale tenebat, Procurante statum ecclesie reparare Philippe, Quem mare perverti citra lugebat et ultra ;

530 Quo sine cum reliqui nil diffînire valerent, Quamvis torreret ipsum intolerantia febris Continue, proprio gominata ettemporis estu, Communi propriam postponens utilitatem Parisius medicis contradicentibus ibat, Paciacoque movens ad concilium properaljat,...

559 Quem fidei similis Martini fervor agebat,... Ecclesie pacem cleroque relinquere gaudens. Voto haud dissimili properans rex usque Mcdunlam Venerat ; hic illi, sacra post mysteria, postquam Vitalis vite dédit Eucharistia pastum, Occurrit suprema dies evique beati Terminus ; hic illum speciosa morte resolvi,

570 Hic sancte voluit anime Deus esse receptor, Crastina quintiles data cum produccret idus.

1. Chron. anonyme de Tours par un chanoine de S.-Martin (HP, XVllI, 303) : « Per hos dies,fere octo dicbus continuis ante noctis crepusculum, comètes apparuit pcrtotum regnum Franciae, regni denuncians detrimentum : nam, cum Philippus Rex Francise diuturno tempore quartanis febribus premeretur, et de consilio peritorum minutus a consuetis cibis minime abstinerct, proh dolor! apud Mantuam, pridie idus julii, scilicet feria sexta, rébus benc dispositis, spiritum exhalavit, anno regni xlv, et œtatis lix, et in crastino die sabbati. »

2. Radulph Coggeshal. abb. Chronic. Anglican, (éd. Stevenson, p. 195) : « Eodem autem tempore quo concilium illud ab episcopis celebratum est, rex Philippus, apud castellum de Pasci^ cum multis

sèment causé par la cachexie palustre : 5. — « Eo tompore quo PhilippusrexF'rancorum magnanimuscepitinfîrmari, comètes horribilis apparuit in Occidente, pretendens signum mortis ejusdem et debilitatem regni Francorum; pro cujus morte dolendum, si funus haberct amicum. 6. — Anno ab incarnatione Domini mccxxiii, pridie idus Julii, obiit Philippus rex Francorum illustris apud castrum quod vocatur Medunta; qui sensu et industria vir prudentissimus, virtute strenuus, gestis magnificus, fama preclarus, victoriosus in bellis, ac triumphis multis et magnis plurimum gloriosus, jus et potentiam regni Francorum mirabililer dilatavit, et regalem liscum ampliavit in multis ; multos etiam preclaros principes terris, militibus, armis et opibus prepotentes, regno suo et sibi graviter adversantes, debellavit viriliter et devicit. Ecclesiarum quoque defensor maximus et protector. » (Guillaume le Breton, édit. Delaborde, p. 3'23.)

Section 3. — Femme de Philippe-Auguste.

§ 1. Elisabeth ou Isabelle de Hainaut, fille de Baudoin V comte de Hainaut et de Marguerite d'Alsace. Née en 1170; épouse en 1180 Philippe-Auguste; — f 1190.

nobilibus principibus suis habuit colloquium de quibusdam baronibiis qui contra cum couspiraverant. Cumque essct ibi, subito invasit eum quœdain Icthalis a^gritudo, ex qua ab hac luce sulitractus est. Nam, cum sentiret hanc aegritudinem, consilio medicorum suoruni phleboomatus est, die scilicot Martis in crastino Septem Fratrum martyrum ; sed diaelam competentem non observavit, eo quod se melioratum asserebat. Sequenti vero die, cum morbus invalesceret, confessus sacram communioncm dévote accepit, et filiossuos, Lodovicumscilicet atque Philippum, paterno alTectu admonere cura vit ut pacem inter se et erga sanctam ecclesiam conscrvarent. ïertia autem die, cum Parisius adiret, morbo invalescente, ad Mantuam castelkmi divertit, et post lestamentum mag-nifice factum féliciter obdormivit in Domino, anno œtatis sux* lix, ii idus Julii. »

§ 2. Anamnèse héréditaire. A. Père : Baudoin V comte de Hainaut. Mort d'infection palustre ^ B. Mère : Marguerite d'Alsace. Pas de renseignements.

C. Grand-père maternel iThÏQVvy covaiQ àQ Flandre -f- 1168. u Theodericus cornes Flandriae, strenuus armis, provectus aetate, post plurima periculorum certamina, postque praeclaros nonnullos actuam suorum labores (nam Jérusalem quater vir nobilis repetiit) hoc anno (1168) praeventus morte, felix Princeps dormitionis diem à Domino felix féliciter accepit. » {Chronicon Cameracense Aulbert. HF, XIII, 5*26. )

D. Oncle maternel : Philippe d'Alsace, comte de Flandre meurt de Varnoldia devant Acre le P"" juin 1191 (voir ci-dessus, p. 255).

§ 3. Antécédents pathologiques. Pas de renseignements. § 4. Mort. La reine accouche de deux jumeaux et meurt

1. Gislebert, Chron. Hannoniae (HF, XVIII, 423) : « Quibus peractis, dominus Cornes Hanoniensis cum fiKo suo Balduino Comité Flandrensi... profectus est, ut pro fîlio suo Comité Flandrensi apud dominum Imperatorem efficere mereretur, ut filius ejus... quaedam feoda quae Comités Flandrenses ab Imperatoribus tenere soient... reciperet. Venientesque in Teutoniam circa Rhenum apud Argentiam civitatem, quae vulgariter Strahor dicitur, dominum Imperatorem invenerunt, ibique Balduinus Comes Flandrensis, Comitis Hanoniensis et Marchionis Namurcensis filius, à domino Imperatore débita feoda recepit, et ei hominium cum fidelitate debitum exhibuit; et cum in terra illa aestivo tempore etiam indigenis aëris et aquarum corruptio nimiani afferat infirmitatem, tempore illo, mense augusto, tanta in partibus illis inoleverat infirmitas, quod ipsi indigenae quamplures, relictis civitatibus et domibus suis, ad montana secedebant. Unde dominus Comes Hanoniensis et archiepiscopus Coloniensis et Dux Lovaniensis, multique de eorum comitatu tam milites quàm servientes, nimia occupati sunt infirmitate, quorum quidam ad festinam mortem inde pervenerunt : sed dominus Comes Hanoniensis, prae aliis principibus graviore accepta infirmitate, ad propria rediit; et cum languere cœpisset, Montibus propter meliorem aëris sanitatem venit. Infirmitas autem illa post languores nimios ipsum principem potentissimum et prudentissimum ad mortem usque pcrduxit. Post longos satisdictae infirmitatis languores in Montibus ibidem a saeculo migravit, anno Dominicae incarnationis mcxcv, mcnse decembri,. XII kal. januarii, octava scilicet die ante diem festum Nativitatis Domini. »

des suites (le raccouchement (15 mars 1190. Geneal. Com. Flandriae HF. XVIII, 562 B : 1190. « Quo anno mortua est Elisabeth Francorum regina, neptis Philippi comitis Flandriae. Mortua est autem de duobus geminis. » — Cf. Rigord, I, 97, note 6). — Raoul de Dicet (éd. Stubbs, II, 77) : « Regina Francorum Parisius laborans in parla diem clausit extremum. »

5^ 5. Élat psychique. Seul renseignement : « Eodem anno Elisabeth Francorum regina... Francis tam militibus quam clericis, et cujuscumque conditionis viris amatissima, a saeculo migravit » (Gisleberti Montensis Hannoniae chronicon, HF. XVIII, 402).

Section 4. — Rapport des deux facteurs.

Consanguinité éloignée par la maison d'Anjou. Cf. le tableau ci-contre.

Foulque II, le Bon.

Adélaïde.

GeofTroi Grisegonnelle, j- 987.

Constance, ép. Robert IL

Henri h''\

Foulque III Nerra, f 1040.

Hermengarde, cp, Albéric le Contract.

Philippe !'•■.

Foulque IV, le Réchin, f 1109.

Louis VI.

Foulque V, le Hiérosol., f 1142, ép. Eremburge du Maine.

Louis VII,

Sy bille d'Anjou, ép. Thierry d'Alsace, c*»^ de Flandre.

Philippe-Auguste.

Marguerite d'Alsace,

ép. Baudoin V de Hainaut,

c'*^ de Flandre.

Isabelle de Ilaiuaul

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