‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 106 sur 183 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Foulque V, Eremhurge du Maine,

Henri I^"^' Beauclerc, Mathilde d'Ecosse.

Geoffroy Plantagenet.

Mathilde d'Angleterre.

Henri II, roi d'Angleterre, Eléonore de Guyenne.

Guillaume. Henri.

Mathilde Richard GeofTroi. Eléonore Jeanne. Jean

de Cœur de ép. sans

Saxe. Lion. Alphonse de Terre.

Casiille.

C. Fondions génésiques. Les désordres de sa grand'mère Éléonore de Guyenne, les excès sexuels de son grand-père Henri II pèsent sur riiérédilé de Blanche. On sait, d'autre part, combien la mère de saint Louis rappelle le grand roi anglais par le côté autoritaire et impérieux de son caractère : existerait-il encore une autre trace de cet atavisme dans l'héritage physiologique de Blanche envisagé au point de vue sexuel ?

Les mœurs de Blanche furent, durant sa régence, l'objet des plus vives attaques de la part de certains ae ses contemporains. Ligués contre la reine pendant la minorité de saint Louis, les grands vassaux s'efforcèrent de discréditer la régente espagnole, l'accusant d'avoir été successivement la maîtresse du comte Thibaut de Champagne et du légat du pape, Romano Frangipani, cardinal de Saint-Ange (Roger de Wendover, Luard, III, 196 : « Quocirca magnâtes, se a régis fidelitate subtrahentes et reginae, Francorum regnum per guerram turbare coeperunt. Indignabantur enim talem habere dominam, quae, ut dicebatur, tam dicti comitis qiiam legati Romani semine pollata, metas transgressa fuerat pudicitiae vidualis ))).

En ce qui concerne Thibaut de Champagne (Roger de Wendover, III, 116 : « Comes Campaniensis, ut fama refert, procuravit régi venenum propinari ob amorem reginae ejus, quam carnaliter illicite adamavit »), MM. d'Arbois de Jubainville (Ilist. des comtes de Champagne, IV, "215, '280) et Élie Berger {Hist. de Blanche, 145-150) ont, par de bons arguments, conclu à la négative.

Quant à la prétendue haison de Blanche de Castille et du légat, cette outrageuse accusation qui ne repose pour nous sur aucun texte sérieux trouva, comme on sait, plus d'un écho parmi les contemporains. Cf. l'épigramme (Mathieu Paris, éd. Luard, III, 169) des clercs parisiens chassés de l'Université par la Reine (1229) sur le conseil du légat :

« Heu morimur strati, vincti, mersi, spoliati : « Mentida legati nos facit ista pcdi.^^

Cf. également la bizarre légende recueillie par le conteur

populaire le Ménestrel de Reims * et qui nous montre Blanche « rétablissant (comme dit Natalis de Wailly) sa réputation aux dépens de sa pudeur ».

Cette accusation contre Romano et contre la Reine (le moine Mathieu Paris, III, 119, n'en défend Blanche et le légat qu'en insinuant ce correctif peu charitable : « benignus autem animus diibia in melius interpretatur ») fut-elle portée jusqu'au conclave ? Lorsqu'à la mort de Grégoire IX (1241) Romano prétendit à la tiare, l'empereur Frédéric II, en s'opposant à l'élection du cardinal, excipa (au dire du chroniqueur anglais) de l'indignité du prélat : « Très cardinales elegerunt Romanum, cui electioni opposuit se Imperator : habuit enim ipsum infamem... quinetiam dicebatur corru pisse reginam [Franciae Blanchiam] » (Mathieu Paris, éd. Luard, IV, 165).

§5. Antécédents pathologiques. En février-mars 1251, grave maladie de la Reine (Raynaldi ann. 1251, art. 20) ; la symptoraatologie fait défaut.

Sur cette affection de Blanche, cf. lettre du pape Innocent IV à la reine (18 mars 1251), et Élie Berger {Saint Louis et Innocent /F, 364, — Hist. de Blanche de Castille, 389).

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