DOUZIEME GENERATION
§ 1. Louis IX, roi de France (1214-1270).
Avec saint Louis prend fin la série des douze générations (852-1270) qui composent l'hérédité commune de Cliarles V et ée Jeanne de Bourbon, le père et la mère de Charles VI. Des six fils du roi, l'aîné, Philippe III le Hardi, sera le trisaïeul de Charles V, — le dernier, Robert de Clermont, l'arrière- grandpère de la belle reine Jeanne de Bourbon.
C'est dire l'importance, pour l'anamnèse de Charles VI, de l'histoire biologique de Louis IX, souche commune des géniteurs du roi fou. Après les travaux de Wallon, d'Élie Berger, de Ch.-V. Langlois, d'A. Molinier, la formule mentale de Louis est fixée et ce que Langlois a si bien appelé « la puissante et charmante originaUté du saint roi ». La formule somatique de Louis IX reste à établir.
Section 1. — Anamnése collatérale.
§ 1. Sur les douze enfants de Louis VIII et de Blanche de Castille, cf. Élie Berger, HisL de Blanche, p. 15, et Petil- Dutaillis, Ilisl. de Louis VIII, p. 331. — De ces enfants :
1° Sept sont morts en bas âge : une fille née et -f- 1205 — Phifippe 1209-1218; — deux jumeaux nés en 1213, f avant 1218 (Berger, p. 15, note 1); — Jean 1219-1226; — Philippe (Dagobert) né en 1222, f ? — Etienne né et f 1220.
2° Une fille Isabelle (1 224-1 2G9) dépasse l'âge adulte. Pas de renseignements biologiques (cf. La vie d'Isabelle, sœur de
354 PATHOLOGIE AIENTALE.
Saint Loiiys, par Agnès de Harcourt, dans Téd. de Joinville de Ducange, 1688, in-fol.).
3° Restent saint Louis, Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers, Charles d'Anjou. Leur contemporain le franciscain Thomas de Pavie (Thomas Tuscus -J- 1283) a tracé, de ces quatre frères, dans ses Gesla Imperatorum, un parallèle caractéristique au double point de vue psychique et physiologique. Saint Louis et Alphonse « mansueti nimis fuerunt et plani, corpore débiles et armis iml^elles » [Monum. German. XXII, 519), — Robert d'Artois et Charles d'Anjou « viri plurimum animosi, fortes corpore et robusli, armis strenui et nimium bellicosi » [Id. ibid.). Par la mort violente de Robert d'Artois (tué en 1250 à Mansourah), l'hérédité collatérale se réduit, au point de vue de l'anamnèse pathologique, à Alphonse de Poitiers et à Charles d'Anjou.