Antécédents physiologiques
A. Habitas extérieur. Aucun des commentateurs de Dante
n'a pu justifier par un texte le sobriquet de Nasetto que le poète {Purgat. VII, 103) est seul à donner au roi de France :
E quel nasetto
Mori fuggendo e disfiorando '1 giglio.
En l'absence de tout renseignement sur l'existence et la nature de cette difformité, il est inutile de rappeler ici la signification de certaines malformations nasales soit comme stigmates de dégénérescence (défaut de développement du squelette osseux, nasus adiincus, etc.), soit comme symptômes de troubles nerveux spéciaux (affaiblissement de l'attention consécutif aux troubles respiratoires en cas de rétrécissement des voies nasales, etc. Cf. Richter, Bildungsanomalien bei Geisteskranken dans Allgem. Zeitschrift f. Psychiatrie, XXXVIII, 80).
B. Molilité. Normale (équitation, chasse au loup, au sanglier. Cf. HF. XX, 185; XXI, 94; XXII, 5).
C. Fonctions génésiqiies. Sur ce point deux versions contradictoires. Au dire des annalistes officieux la continence de Philippe est absolue : « Puis que sa femme fu déviée il vestoit la haire et le haubert dessus pource qu'il peust mieux sa char estraindre et chastier ; avec tout ce qu'il jeunoit et faisoit grant abstinence de viandes ; et tout ce faisoit il qu'il ne fust souillé des vices de nature humaine. Et toute ceste vie maintint il toute sa vie jusques à la mort, pourquoy l'en pourroit dire qu'il menoit mieux vie de moine que de chevalier » [Grandes chroniques de Saint-Denis, éd. P. Paris, V, 31).
Nous savons d'autre part que le roi de France fut dénoncé au légat commes'adonnant à des pratiques d'inversion sexuelle (Langlois, p. 8. — Arch. nat., J, 429, n° 1. « Li roi li dist [au légat] que l'en li avait mandé de Flandre que uns chanoines de Laon le diffamoit moult vilenement de pechié contre nature, et disoit que II. saintes femmes qui esloient en la dyocese dou Liège dun l'une a nom Aaliz et est mesele, e l'autre a nom Isabelle de Sparbeke, li avoient dit que li rois estoit entechiez de ce vice. Et demanda li roi au légat se li en avoit onques oï parler. Et il dist que oil »).
Cette anomalie psycho-sexuelle (si elle était prouvée) pourrait classer Philippe dans le groupe des dégénérés. Sur l'état mental des invertis et sur la prédisposition morbide qui conditionne ce phénomène pathologique, cf. avant tout Olcy (Rev. philos. XVII, 166) et en outre Kraiï't-Ebing (J«/iH>«c/2. /*. Psychiatrie XII, 1,2), — Moll, Perversion du sens génital (tr. Pactet, p. 101). — Ladame, Annales d'anthropologie criminelle, 1893, p. 534.
ii 2. Antécédents pathologiques et Mort. Comme son père saint Louis, Philippe III est une victime du paludisme :
A. En 1270, devant Tunis, grave attaque de fièvre quarte et de dysenterie* d'un mois de durée (Lenain, V, 193; — d'Achéry, Spicilège, III, 667).
B. En 1285, pendant la retraite d'Aragon, les fièvres enlèvent la moitié de l'armée française : mort du Roi consécutive à plusieurs accès paludéens ^.
1. Guillaume de Nangis, Gesta S. Ludovici (HF. XX, 451) : « Moût de genz morurent de fièvre aiguë, de flusde ventre et dautres maladies pour le mauvais air et par defaute de viandes etdiaues douces. Li rois fu lors malades de flus de ventre qui moût le greva, et Philippes ses fils de fièvre cartaine. » — Primat, Chronique (IIF. XXIIl, 51), 3 août 1270 : « Et le roy estoit forment grevez par le fluns de ventre, qui lavoit pris la nuit devant; et Phelippc, son premier filz, estoit malade de fièvre. » — Joinville (éd. Wailly, s 738) : « Après ce que il fu arrivez à Thunes, devant le chastel de Cartilage, une maladie le prit dou flux dou ventre, et Philippes, ses fiz aisnez, fu malades de fièvre carte, avec le flux dou ventre que li roys avoit. »
2. Guillaume de Nangis, Vie de Philippe III (HF. XX, 537) : « Quant la gent le roy virent et apperçurcnt quil ne pourroient pas illec longuement demeurer, si boutèrent le feu en toutes les garnisons et embrasèrent toute la ville de Rose. Si comme il estoient au chemin et il sen aloient, si grant ravine de pluye les prist qua paine se pourrent il soustenir ne a pié ne a cheval, nen leurs pa veillons ne pourrent il demourer, tant estoient grevés. Le roy Phelippe fu moult dolent et couroucié de ce qu'il avoit pou ou neeant fait en Arragon; car il lui estoit bien avis quil dcust avoir pris tout Arragon et toute Espaigne, a ce qu'il avoit tant de bonne chevalerie, et au grant peuple quil avoit amené avec luy. Sifu moult pensis dont ce pouoit venir ou par mauvais conseil ou par fortune. En ce quil estoit en tel pensée, si chay en une fièvre si cjuil ne pot chevaucher, ains convint quil fust porté en litière. La fièvre crut et mouteplia pour lair qui tant estoit dosa- Irempéet plain de pluyc. Si li engrcia et devint plus malade.
§ 3. État psychique. Outre l'absence de toute culture chezleRoi(« illiteratuserat^ »), les historiens ont noté : « Tincroyable faiblesse qui déshonorait le caractère de Philippe » (Gh.-V. Langlois, p. 6), — la nuUité intellectuelle du fils de saint Louis (Id. ibid.), — « l'absence chez Philippe de tout sens politique, de toute suite dans les idées » (Pfister, Rev. crit. 1887, art. 18, p. 27).
Le clinicien doit en outre relever chez ce roi, frère d'un fou, divers stigmates psychiques non dépourvus de signification pour la pathologie mentale :
A. Infantilisme prolongé : « Et fu grant pièce moult enfantibles [puéril] en sa jonesce et s'en tenoient la gent du roiaume mal apaiés [mécontents]. » Chron. anonyme, HF. XXI, 92. — Sur cet infantilisme exploité par sa mère Marguerite de Provence, cf. ci-dessus L. II, ch. xn, p. 407.
B. Persistance de l'iiyperémotivité dans l'âge adulte : — 1. En 1270, devant Tunis, est blâmé par ses oncles de l'abattement dans lequel il se laisse tomber à la nouvelle si peu inattendue de la mort de son père saint Louis : « Si se esvanouy à bien poy du tout et demoura grant pièce avant que il peust
Tant alerent et chevauchèrent quil vindrent au pas de lEscluse qui est toute avironnee des montaignes qui sont appelles les mons de Pierre Haut. Au-dessus des montaignes estoient les Arragonnois qui estoienten aguet, comment ils pourroient grever les François. Quant aucun pou sen esloingnoient de lostou x, ou xii, tantost leur couroient sus et les occioient et ravissoient quanque il pouoient tenir ou trouver. A grant douleur et a grant paine vindrent jusques a Parpegnan : illec sarresterent pour reposer. Le roy Phelippe fu forment malade et enferme : si ne voult pas tant attendre quil perdit son sens et son avis. Ains fist son testament comme bien crestien et ordena. Après il reçut en grant devocion le sacrement de sainte église. Tantost comme il ot receu toutes ses droitures, il rendi la vie et saquita du treû de nature, etc.. »
1. HF. XX, 540 : )> Iste Philippus, quamvis illiteratus fuerit, fuit tamen totus in fide catholicus et erga Dei cultores benevolus et devotus, sapientum et proborum consilio volcnti animo semper adhœsit, operibuspœnitentiaîdeditus, corpus suum jejuniis et abslinenlia castigans mirabili illo tempore, post Ysabellis regina^ mortem, ut aiunt, usus cilicio lorica desuper comprimente, erat omnibus blando eloquio atïabilis, et cum omni mansuetudine inter barones valde humilisresidebat. »
parler aus barons... Et il {ses oncles) le blasmerent fortement de ceste chose '. » — 2. En janvier 1271, sa femme meurt à Cosenza : « La douleur du roi est telle, écrit un témoin oculaire, P. deCondé (Langlois, p. 52), qu'il y aura lieu de craindre pour sa vie si cette crise ne s'apaise pas » (d'Achéry, Spicile- (jiiim, III, 679, col. 1. Epistola Pétri de Condeto ad Priorem de Argentolio : « ... De cujus morte Rex noster doluit ultra modum, et verum quod de ipso nuillum timeatur, si, quod absit, in dolore perseveret hujusmodi »). — En 1285, à la nouvelle de la défaite de sa flotte au cap Gros par Pvoger de Loria et à la vue des 260 prisonniers français que Tamiral sicilien lui renvoie après leur avoir fait crever les yeux, « Philippe, dit le chroniqueur catalan d'Esclot, manque de perdre l'esprit ' » et tombe malade de douleur et d'émotion (Sur l'état
1. Primat, Chronique (HF. XXIII, 61) : « Donc le noble roy de Secille le commença moult à conforter premièrement ; et en la parfin li dit etdescouvri la mort de son père. Et quand il Toy, cil qui estoit débonnaire et honnouroit son père et amoit, si se esvanouy à bienpoy du tout, et demoura grant pièce avant que il peust parler aus barons. Et il \ses oncles] le blasmerent forment de ceste chose, et vindrent tous ensemble d'un acort devant et environ li, et le confortèrent et donnèrent remède de confort le mieux que il porent ; et li monstrèrent moult de causes raisonnables que il estoit tenu à soy conforter. »
2. Bernard d'Esclot, Cronica ciel Rey En Père (éd. Buchon), p. 726 : « El Rey d'Arago qui era llavors en la ciutat de Barcelona, e tots los de la ciutat, quant saberen les novelles, hagueren molt gran goig; e no fo maravella. E al bon mati feu pendre aquells trecents homens naffrats que havia presos en les galères, e traguels en terra, e feu los infilar en huna corda, e puix ligals a huna popa de huna galera, e feu los rastrar dins en mar a vista de tôt hom que veure-u volgues. E moriren tots aqui. E puix près tots aquells docents xixanta homens que romanien que no eren naffrats; e feu los traure a tots los ulls, e enfilais en huna corda ; c hachunhom de aquells en leix, a qui no trasch sino la hun uU, per tal que menas les altres. E tots enfilais la hu denant Paître, trames los per presentalles al rey de França; clos cinquanta que romanien, ténch los per prisoners, per tal com eren bons homens e honrats. E aquells docents xixanta que eren tots cechs vcngueren al rey de França e presentaren se a ell. E quant lo rey de França e el cardenal los veren e hagueren entes que tota llur armada era dcsbaratada, per hun poch no perderen lo seny. E el rey de P'rança donas tant de mal saber que senipre fon inalalt, e hanch pus nos lleva tro que fo mort, segons que avant oyrets....
u Quant lo rey de França hacoyte entes, segons que d'amunt esdit,
mental du roi après cette défaite, cf. les excellentes remarques de Lecoy de la Marche, Royaume de Majorque, I, "269 sqq.).
Section 3. — Femme de Philippe III.
§ 1. Isabelle d'Aragon (1247-1271), fille de Jacme P-" le Conquérant, roi d'Aragon, et de Yolande de Hongrie (sœur de sainte Elisabeth de Hongrie). Épouse (juillet 1262, cf. Molinier, Hisl. du Languedoc, VI, § 51 , note 2) Philippe de France plus tard Philippe III.
§ 2. Anamnèse héréditaire :
A. Paternelle. Antécédents pathologiques : pas de renseignements. — Mort (27 juillet 1276, Lecoy, /. c. 1, 123, note 2) : pas de renseignements [Chron. 610; d'Esclot, ch. 73; Muntaner, ch. 28; Zurita, An, III, 100, 101; d'Achéry, Spicileg, III, 682; Martène, Thesaur. Nov. Anecdot. II, 1155). — État psychique: sur le caractère de Jacme, cf. (outre Tourtoulon, II, passim) Darwin Swift, Life of James, I, 280 (il compare le conquérant aragonais au roi Victor-Emmanuel).
B. Maternelle. Pas de renseignements biologiques.
C. Collatérale. Pierre III, roi d'Aragon (| 1285, le seul des enfants de Jacme sur lequel nous possédions quelques indications pathologiques). Mort consécutive non à une blessure, comme l'affirment les chroniqueurs français (P. Paris, Chron. de S. Denis, Y, ^2 : a Adonc s'accordèrent tous à ce qu'il disoit, et coururent sus à leur ennemis moult fièrement. Si commença la besoigne fort et aspre, et s'entredonnèrent moult de grans colées. Le fais de la bataille chéy sur les Arragonnois, il tournèrent en fuye ; mais les François les tindrent court et les enchacierent de près : si en navrèrent moult, et
que la sua armada era desbaratada e destroida, per dolor e fellonia gitas al llit, e hac tanta de tristor ab si en leix que hancli no fo pus ardit. E enfortis sa malaltia sobre ell ; e feu se treer de la ost e del set^e de Gerona celadament, efcu se aportar a Castello de Ampuries; e aqui jaech e malaveja hun gran temps. »
en demoura au champ jusqucs à cent de mors, sans ceux qui lurent navrés en fuiant. Le roy Pierre lu navré à mort né ne pot ostre prins né retenu ; car luy-meisme coupa les resnes de son cheval et se misl à la fuie. Ne demourra guaires qu'il mourut de la plaie qui luy fu faite ») mais d'une affection a frigore décrite parles annalistes catalans K
1. Bernard d'Esclot, Cronica del Rey En Père (éd. Buchon, p. 733) : « E devets saber que volentat era del rey d'Araj^o, de passar ell personalment en la y lia de Mallorques ab tota sa companya, de la quai era senyor Uavors son frare En Jaume, e quel prengues per força o per grat aquella ylla. Mas no placha Deuque ell personalment hi anas; que mantinent que aquestes coses bac ordenades, lo près el agreuga malaltia, e enfortis regeament sobre ell. E ell, qui viu que axi era, partis de la ciutat de Barcelona e vench a Saragoça. E bun dia, quant ell se fo partit de Barcelona, e ténia son dret cami, e bac cavalcat tro très o quatre llegues, sentis tan fort agreugat de sa malaltia, que bancb no bac poder de anar mes avant, ans bac a romanir las e bujat e fort afTeblit en bun lloch qui es a quatre lègues de Barcelona, per nom TOspital de Cervello; e de aqui bagueren lo a menar bomens, en bastiment de fusta, tro a buna vileta sua qui es a mig llocb entre Barcelona e Taragona ; e la vileta aquella es appellada Vila França de Panades.
E quant lo bagueren amenât aqui a gran treball e a gran pena, nieseren lo en son palau ; e gitas al litt. E la malaltia se enforti tota vegada dia e nit sobre ell durament. Mas no-us cuydets que si faes res per culpa sua, car bancb no ves null bom pus obedient a son metge que ell era; que, tôt ço que li consellava son metge que degues fer scgons medecina, tôt bo feya e no volia altra cosa... E mantinent Tarquebisbe bac son conseil ab los bisbes e ab los prélats qui alli eren : e,bagut son acort, près del rey d'Arago sagrament de estar a manament e voluntat de la sgleya. E aço fet, absolguel de aquella sentencia d'amunt dita. E lo rey, com aço fo fet, mana que tuyt s'en ixquessen de fora, car sentis regeament agreugat, que tant era feble que a pênes podia parlar... »
Ramon Muntancr, Chron. (éd. Bucbon, p. 361) : u A son départ de Barcelone il se leva de grand matin et prit un grand froid; et avec ce refroidissement lui vint un tremblement de fièvre; il se trouva si incommodé dans la route qu'il fut forcé de s'arrêter à Saint- Clément. On envoya aussitôt à Barcelonnc cbercber maître Armand de Villanova et autres médecins; et le matin ils firent prendre de son urine et la regardèrent; et tous d'un commun accord assurèrent que ce n'était (ju'un refroidissement et que ce n'était rien. Le même jour il monta à cbeval et alla jusqu'à Villefrancbe de Panades Là le mal devint plus violent et la fièvre fut très forte. Quand la fièvre se
§ 3. Anamnèse personnelle :
A. Antécédents pathologiques. Pas de renseignements.
B. Mort. Survenue au retour de la croisade de Tunis, à Cosenza (Galabre), le 28 janvier 1271, consécutivement à un accouchement prématuré de cause traumatique ^
fut calmée, il fit venir son secrétaire pour toutes les choses secrètes, et fit ce jour-là son testament, fait bien rég^ulièrement et en bonne forme. Le lendemain il le relut; il fit de même le surlendemain. L'ayant enfin bien relu et bien arrangé à sa volonté, il le fit publier, et prit pour témoins des prélats, des riches-hommes, des chevaliers, des citoyens notables et des hommes des villes. Après quoi il se confessa à plusieurs reprises à l'éveque...
a Après cela, le mal s'aggravant toujours, la nouvelle s'en répandit bientôt de tous côtés et parvint au seigneur infant En Alphonse, qui déjà s'était embarqué; mais, en l'apprenant, il pensa qu'il devait se rendre auprès de son père...
« Tout étant ainsi réglé et publié, le seigneur roi se sentit tout conforté, et chacun croyait même que son état s'était beaucoup amélioré. Mais le lendemain le mal empira ; c'était la veille de la Saint-Martin. Tout ce jour et la nuit suivante il souffrit beaucoup. Le lendemain, jour du bienheureux saint Martin, très gracieux et digne chevalier de Dieu, il plut à Notre Seigneur d'appeler dans son royaume le seigneur roi En Pierre d'Aragon »
1. Guillaume de Nangis, Vie de Philippe III (IIF. XX, 483) : (( Illec séjourna le roy xv. jours entiers. Après ce il fu commandé que lost sarroutast et se mist au chemin droit a Meschinez : tant errèrent et cheminèrent qu'il vindrent a Meschines. Si entrèrent ou far et passèrent tout oultre a navie, et entrèrent en la terre de Galabre et passèrent tout oultre sans séjourner, puis entrèrent en la terre de Puille et cheminèrent tant qu'il vindrent a une cité qui a non Matrenne [Marturano près Cosenza, Galabre]. Si avint que madame Ysabel femme le roy Phelippe passoit le fleuve qui estoit dessous la cité sans navie : si la hurta le cheval sur quoy elle se seoit, si forment quelle chay a terre et tresbucha a terre, si se deffroya et derompi toute, et si estoit enceinte et toute plaine denfant. Quant elle fu drecié, elle fu portée a une autre cité qui a non Gousance, et de la douleur et engoisse quelle ot elle ala de vie a mort, dont le roy fu moult dolent et couroucié. »
Section 4. — Rapport des deux facteurs.
§ 1. Mariage triplement consanguin, la femme élsini deux fois parente du père de son mari et une fois parente de sa mère.
La reine Marguerite de Provence, mère de Philippe III, et sa bru Isabelle d'Aragon étant cousines issues de germains, le pape dut accorder une dispense aux époux le 1-' décembre 1268 (Raynaldi ann. 1-258, art. 20).
Cette triple parenté de la femme et du mari s'établit comme suit :
Alphonse VII
roi de Castille.
Sanclîo de Castille.
Alphonse VIII de Castille, ép. Eléonore cV Angleterre.
Blanche de Castille, ép. Louis VIII.
Saint Louis.
Sancia de Castille, ép. Alphonse d^ Aragon.
Pierre II d'Aragon, f 1213.
Jacme P^ d'Aragon, f 1276.
Isabelle d'Aragon.
Philippe III.
PHILIPPE m.
Louis \ I
roi de F'rance
Louis VIL
Pierre de France, ép. Isabelle de Courlenay .
Philippe- Auguste.
Pierre II de Courtenay,
Empereur de Constantinople,
ép. Yolande de Uainaut.
Louis VIII.
Saint Louis.
Yolande de Courtenay, ép. André II de Hongrie.
Yolande de Hongrie, ép. Jacnie I''' d'Aragon.
Philippe III.
Isabelle crAragon.
Sancia de Castille,
ép. Alphonse d'Aragon.
Pierre II d'Aragon, f 4213.
Jacme I*^^' d'Aragon, f 1270.
Isabelle d'Aragon.
Alphonse II d'Aragon, ép. Garseiide de Forcalquier
Rahiiond Déranger V, 1198-1243.
Marguerite de Provence, ép. Saijit Louiii.
Philippe 111.