Première Partie
§ 1. Charles comte de Valois (1270-1325) tige de la maison de Valois.
Section 1. — Anamnése collatérale.
§ 1. Frères. Pas de renseignements biologiques sur les frères de Charles de Valois, à Texceplion de son frère aîné Philippe IV dit le Bel, roi de France. — Sœurs. Pas de renseignements biologiques.
Section 2. — Anamnése personnelle.
§ 1. Antécédents physiologiques. Pas d'autres renseignements que celui de la « proesse et beauté de cors » de Charles (HF. XXI, 150).
1. Nous divisons ce chapitre en deux parties : dans la première, nous étudierons Charles de Valois ; la seconde sera consacrée à Philippe le Bel.
i; 2. Antécédents pathologiques :
A. Traumatisme à Lyon, en 1305 : Charles de Valois grièvement blessé par l'écroulement d'une muraille au couronnement du pape Clément V, « graviter sed non letaliter conquassatus^ »
B. Goutte : « Le noble prince et excellant Karle de Valois qui lonc temps ot esté malades de goutte » (Conlin. de Jean de Saint-Victor, HF. XXI, 686).
C. Malgré son mauvais état de santé Charles de Valois dirige en 1324 l'expédition de Guyenne et s'empare de La Réole (22 septembre 1324, Hellot, Chron. Paris. 96) après un siège de cinq semaines. A la date de la Pentecôte de 1325
1. Continuatio chronici Girardi de Fracheto(HF. XXI, 26) : <( Dominica post festum sancti Martini hyemalis, papa Clémente apud Lugdunum, in ecclesia regalis oppidi quaî dicitur Sancti Justi, prœsentibus cardinalibus et prœlatis multisqiie principibus, consecrato, dum ad domuni suam in urbem rediret, gestans suse coronationis insignia, a rege Franciœ, qui se pra? humilitate pedestrem posuerat, per frenum equi deducitur, et hoc soluni per curtem oppidi memorati. Dehinc a fratribus régis Karolo et Ludovico, duceque Britanniœ Johanne, suscipitur abhuc usque domuni modo consimili reducendo. Porro cum ad hujus spectaculum convenisset maxima populi multitudo, murus quidam, juxta quem papse transitas imminebat, ila subito tamque corruit violenter quod ex ejus ruina dux Britannise fuit letaliter vulneratus, prout in brevi subsequens mors probavit. Karolus quoque, frater régis, citra mortem tamen, graviter fuit lœsus; necnon papa, tam in fractione mitrœ quam in aliis, multipliciter deturpatur, lœsis quampluribus ac peremptis. Sicque dies ille, qui gaudium et exultationem prima facie prœtendebat, confusionem induxit finaliter et lamentum. »
Bern. Guid., Flor. Chronicorum (IIF. XXI, 716) : <.<■ Cumque de loco coronationis, ut pontifex, procederet coronatus cum comitiva populi pariter et regali, concurrentibus et comprimentibus se turbis ut vidèrent tanquam regem Salomonem in suo diademate coronatum, depulsa maceria cujusdam mûri non magni corruit prope papam ac etiam circumstantes ; ceciditque ibi corona de capite ejus, et in casu avulsusfuit carbunculuspretiosus, cvijus pretium dicebatur sex millia florenorum; et ipse papa depositus est de equo, sed minime fuit lœsus. Fucrunt tamen de circumstantibus usque ad xii. sic collisi quod infra paucos dies obierunt : inter quos unus fuit major et pra'cipuus dux Britanniaî Johannes, qui, sic coUisus, paucis diebus supervivens, diem clausit extrcmum. Frater vero régis Francia-, dominus Karolus, fuit graviter, sed non letaliter, conquassatus. »
CHAULES DE VALOIS. 431
(26 mai, Hellot, Chr. Paris. 101), « Karolum comilem Valesii gravis arripuil aegritudo, ila ut usu membrorum suorum parte média corporis privaretur' ». A la suite de cette lésion cérébrale en foyer Charles est contraint de garder le lit et meurt le 16 décembre suivante
Il serait inutile de s'appesantir sur ce cas d'hémiplégie vulgaire, si nous n'avions à noter chez le malade, pendant la période d'état, un intéressant phénomène psychique qui relève de la loi bien connue de l'inversion du caractère dans les lésions cérébrales circonscrites, et qui a été jusqu'ici interprété à faux par tous les historiens.
On sait la confiance ilUmitée qu'à la fin de son règne Phihppe le Bel accorda à son chambellan Enguerrand de Marigny (transformé par la faveur royale en ministre dirigeant et en maître absolu), — les jalousies que cette faveur excita, — l'attitude imprudente du favori à l'égard des membres de la famille royale. Sur les sentiments des princes du sang pour Enguerrand, cf. l'anecdote rapportée par Boutaric (p. 422) d'après la Chr. de Flandre (III, 137). La cour étant au château de Vincennes, le fils aîné de Philippe le Bel, le jeune Louis le Hutin, annonça un divertissement auquel il pria le roi d'assister avec son ministre et toute la cour. Il s'agissait d'une repré-
1. Continuatio Chronici Guill. de Nangiaco (éd. Géraud, II, G5) : « Circa ista tempora Karolum comitem Valesii gravis arripuit œgritudo, ita ut usu membrorum suorum parte média corporis privaretur. Et quoniam vexatio dat intellectum, creditur firmiter factum Enguerranni de Marigniaco (per eum suspensi, utdicebatur) ad conscientiam revocasse ; quod ex hoc perpendi potulL; nam cum quotidie ingravesceret ejus œgritudo, fuit Parisius pauperibus quœdam generalis pecunia? distributio facta, cumque pecuniœ prœdictoR distributores singulis pauperibus singulos darent denarios, dicebant pauperibus : Orale pro domino Engueranno et pro domino Karolo, Enguerannum domino Karolo prœponentes ; unde ex hoc plurimi collegerunt quod de et super ipsius morte conscientiam faciebat. Qui post diuturnum languorem in villa quœ dicilur Partecum carnotensis diœcesis décima die anni expiravit. »
2. Hellot, Chron. Anonyme, p. 101 (année 1325) : » Après ce, en ccste mesmes année, Cliarlez conte de Valoiz, oncle Cliarlez le roy de France et Ysabel la roynne d'Englelerre, qui, dez la Penthccousle de devant, avoit geu malade, la sepmaine devant Nouel mourut. » Et Hellot, Chron. Paris. 101, note du i; 145.
sentation de marionnetles, sous la direction d'un jongleur habile.
Le théâtre représentait la chambre royale, tendue de tapisseries fleurdelisées : « Y avoit un lit paré de drap d'or, sur lequel gisait un personnage fait à la semblance du roy. Puis avoit ledit maistre (le jongleur) plusieurs imaiges fait et ordonné à la semblance de plusieurs grands seigneurs, lesquels vinrent pour parler au roy l'un après l'autre. Premier y vint Charles de Valois, qui heurta à l'huis de la chambre, et dit qu'il voloit parler au roy : dont lui dit li chambellans : « Monseigneur, vous ne poez parler, car li roys l'a défendu » : dont se parti de l'huis tout courroucié. Puis y vinrent les autres frères du roy, et puis Loys de Navarre et Charles de La Marche, à qui on respondit tout pareillement. Après ceux-ci vint Engherran de Marigny en grand boban, à tout avec trois serjanz à masses devant luy, auquel on ouvri le chambre en disant : « Monseigneur, bien soyez venus, li roy a grand désir de parler à vous », puis s'en alla jusqu'au lit du roy. Quand Engherran de Marigny, qui estoit à la fenestre, se perçut que ledit jeu estoit pour lui mocquer, moult en fut argué. Quand Loys de Navarre et Charles, son frère, dirent que c'estoit leur fait », le roi s'emporta et punit son fils Louis (Boutaric,
En 1314, Phihppe le Bel meurt; le nouveau roi Louis le Hutin abandonne Enguerrand aux terribles rancunes de Charles de Valois, qui s'acharne au renversement et à la mort du ministre. N'ayant pas réussi à trouver dans la gestion financière de Marigny les éléments d'une accusation décisive, Charles accuse Enguerrand d'avoir tenté de faire envoûter le roi. Mis à la torture, Enguerrand fut condamné à mort contre toutes les règles de justice, et pendu à Montfaucon le 30 avril 1315.
Dix ans plus tard Charles est frappé d'apoplexie. Son état s'aggravant, « cum quotidie ingravesceret ejus aegritudo » dit le Continuateur de Nangis (voy. note 1 de la p. 431), il eut subitement « grant repentance de la mort Enjoirrant de Marigni. Et pour ce l'en le pout savoir : car en une donnée qui lu faite pour monseigneur Karle de Valois, li donnans disoient aus povres : Priiez pour monseigneur Enjoirrant et
pour monseigneur Karle ; et meloienl Enjoirranl devant monseigneur Karle» (Contin. de Jean de Saint- Victor, HF. XXI, 686). Les historiens (Sismondi, H. Martin, etc.) ont vu dans cet acte de Charles la marque « d'une humilité tardive». S'ils avaient été plus attentifs aux problèmes délicats de la psychologie morbide, ils eussent noté que ce genre de scrupules du persécuteur à l'endroit de sa victime (scrupule d'ailleurs fort étranger à l'homme d'action) n'apparaît chez l'altier et vindicatif Valois que postérieurement à l'explosion de l'affection cérébrale. Cette inversion du caractère n'est au contraire qu'un signe clinique banal et l'un des stigmates psychiques des lésions cérébrales en foyer (cf. Lwof , Troubles intellectuels dans les lésions circonscrites du cerveau, 1890, p. 60; — Perrière, De létal mental des apoplectiques, 1889, p. 10).
§ 3. Mort. Consécutive (outre la cachexie paralytique) à une maladie intercurrente non définie ^
Section 3. — Femme de Charles de Valois.
§ 1. Marguerite de Sicile (1270-1299) fille de Charles II d'Anjou, roi de Naples et de Sicile, et de Marie de Hongrie. Épouse (1290) Charles comte de Valois, frère du roi de France Philippe le Bel.
jH! 2. Anamnèse héréditaire paternelle :
A. Père : Charles II d'Anjou. 1. Antécédents physiologiques: Motilité. Claudication congénitale; surnommé en italien il Zoppo, en français le Clop'^. — Nutrition. Système nerveux.
1. Clironographia regum Francorurn (éd. Moranvillé, I, 2*5) : « Et post modicum tempus, Karolus, cornes Valesii, avunculus régis, quadam febre ipsum arripiente, mortuus est ac sepulUis in collegio Predicatorum Parisius. »
2. Ane. Chron. de Flandre (HF. XXII, 349) : « Si remest de luy ung fils nommé Charles, dit le Clop, lequel succéda à son père. »
Giovanni Villani (éd. Dragomanni, I, 319) : « Ebbe délia moglie due
Pas de renseignements. — Fondions génésiqiies : excès sexuels (?) séniles ( « magagnato in sua A^ecchiezza disordinalamente in vizio carnale e d'usare pulcelle^ »).
Cet « usare pulcelle » qu'on reproche à la vieillesse de Carlo di Sicilia a-t-il une cause moins simple que le « vizio carnale » qu'y voyaient les contemporains ? Le malade l'affirmait, invoquant pour justifier cette pratique sexuelle l'existence d'une dermatose à tendances léproïdes dont il était porteur (Villani 11, 138 : « ... d'usare pulcelle, iscusandosiper certa malattia ch'avea di venire misello »). C'est le même traitement qu'au xn*^ siècle, Albert d'Aix, dans son récit de la première croisade, note comme ayant été prescrit aux croisés mordus à Sidon par de redoutables serpents : « Similiter et aliam edocti sunt medicinam ut vir percussus sine mora coïretcum muliere, cum viro mulier, et sic ab omni veneni tumoreliberarentur utrique » (Albertus Acquensis, Ilisioria Ilierosolymitana, Histor. des Croisades, IV, 458).
Cette conception thérapeutique a survécu et fait encore partie de la médecine populaire en plusieurs pays d'Europe (cf. les cas de paysans syphilitiques croyant provoquer par des relations sexuelles avec des filles en bas âge la disparition du virus).
Si la présence d'un semblable procédé dans l'arsenal thérapeutique médiéval est chose connue, reste à trouver la conception pathogénique dont il dérive.
Cette disparition des virus, consécutivement aux rapports
figliuoli, è più figliuole : il primo ebbe nome Carlo secondo, e fu sciancato alquanto, e fu prenze di Capova, e apresso del primo Carlo siio padre, fu re di Cicilia e di Pug-lia, corne innanzi faremo menzione: l'altro ebbe nome Filippo, il quale per la moglie fu prenze délia Morea, ma mori giovane, e sanza figliuoli, perocché si guastù a tendere uno balestro. »
1. Giovanni Villani (éd. Dragomanni, II, i:{8): « Nel detlo anno il di di Pentecosta a di 3 di Maggio, mori il re Carlo secondo, il quale fu uno de'larghi e graziosi signori clic al suo tempo vivcsse, e nel suo regno fu cliiamato il secondo Alcssandro per la cortesia ; ma per altre virLù fu di poco valore, e magagnato in sua vecchiezza disordinatamente in vizio carnale, e d'usare pulcelle, iscusandosi per cerla malattia ch'avea di venire misello: e lui morto, a Napoli fu soppellito a grande onore. »
sexuels, ne comporte que deux mécanismes possibles au point de vue de la physiologie pathologique :
1° La dérivation (pathologique); 2° l'apport (physiologique).
1° La dérivation qui consiste à se débarrasser de virus en le passant à d'autres n'est pas possible comme on le voit par l'exemple d'Albert d'Aix : vw cum mnlieris. Or on n'eût pas sacrifié la vie d'un soldat pour sauver les femmes qui suivaient l'armée. Le texte dit d'ailleurs que le malade est sauvé et que son collaborateur dans cet acte médical reste indemne.
2*^ L'apport. La disparition du virus par dérivation écartée, reste seulement l'hypothèse d'un apport spécifique qui tonifie l'organisme malade et lui rend la vigueur nécessaire pour arriver à l'expulsion du virus. C'est la théorie séquardienne dès le xi*" siècle, avec cette distinction que Brown-Séquard réservait cette action thérapeutique au suc testiculaire, seul connu des modernes, tandis que le moyen âge, suivant les doctrines physiologiques galéniques, admettait aussi un spernui muliebre.
Il est nécessaire, pour la précision de la démonstration, de ne citer ici Galien que dans les sources médicales du moyen âge. Une citation directe n'aurait de valeur probante que pour son temps.
Guy de Chauliac {Grande Chirurgie, éd. Nicaise, p. 66) : « Les vaisseaux spermatiques sont certaines veines qui naissent auprès des rognons, de la veine cave et de l'aorte descendante. Ils portent du sang aux testicules, tant du masle que de la femelle, esquels il devient sperme, par une dernière digestion. Sperme est la semence, et le germe de la nature humaine. Aux masles ils passent en dehors par ce que leurs testicules sont dehors ; aux femmes ils demeurent en dedans par ce que les testicules des femmes sont dedans, comme il sera dict. »
Jean Mesvë jun. (Pagel, Die angebliehe Cliiriirgie des Johannes Mesiië jiin. Berlin, 1893, p. 17) : « Cap. 4. In qiio manifestât anathomiam fœtus in matrice mulieris. Conveniunt autem spermata maris et mulieris in matrice, ita quod sperma maris agit in sperma mulieris. Sperma autem maris facil in
spermate mulieris quod facit coagulum in lacté vel fermenlum in pasta. Galenus autem vult quod utrumque agat in reliquum. »
Petrus de Sancto Floro (dans Pagel, Die Concordanciae des Johannes de Sancto Amcindo. Berlin, 1894, p. XLl) : « Si sperma viri superabundat spermati mulieris, puer est pluris patri, et si sperma mulieris superabundat assimilatur matri » (Galen. libro de Spermate).
Jean de Saint-Amand [Concordanciae éd. Pagel, Berlin 1894, p. 327) : (( Mulieres sicut et masculi sperma soient emittere, »
De l'existence du sperma muliebre, découlent les applications thérapeutiques d'Albert d'Aix (vir percussus cum matière), celles de Charles d'Anjou qui pensait reprendre des forces par ce procédé et enrayer ainsi la marche de l'affection qui menaçait de tourner à la lèpre.
2. Antécédents pathologiques : Dermatose à apparence léproïde (cf. ci-dessus note 1 de la p. 434). — 3. Mort. Pas de renseignements.
B. Grand-père : Charles d'Anjou, frère de saint Louis (cf. ci-dessus L. II, ch. xn).
C. Grand'mère : Béatrix de Provence (*j- 1267), fille de Raimond Bérenger V, comte de Provence (cf. ci-dessus L. II, ch. xn). État somatique, pas de renseignements. — État psychique. L'histoire est fixée sur la formule mentale de l'énergique et impérieuse femme de Charles d'Anjou (sans qu'il soit nécessaire d'aller jusqu'à accepter les douteuses anecdotes des chroniqueurs italiens sur l'ambition de Béatrix '.
1. J. de Germenate (éd. Ferrai, i889, pag. 122) : «... de quo una mater duos produxit natos, mulluin tamen natura et moribus varies, humilem seilicet ac cathohcum Ludovicum sola innocentia in regno tutum, nec non Caroluni superbum, qui ferocitate animi rehquos mortalesvicit. Attamenreverentiaaîtatis galhcum diadema etomncspatrias dignitates dimisit fratri, nec inde, velut vulgo creditur, quœstionem movit. Ilis Ludovico et Carolo nupserunt duœ Provincialis comitis filiœ, quibus paternum ius Provinciœ defeetu virihs proUs cessit ; cumque ambaedie magnifesti subhmesuna sedercnt sede, quae uxor régis eratsorori inquit : « Tu, cum non reginasis,curaequa sedemecum sedes? » puisa igitur et confusa questibus atque ira implet virum,
D. Rapport des deux facteurs. Charles II d'Anjou, fils de consanguins. Sur la parenté de Charles d'Anjou et de Béatrix (qui ne purent se marier qu'après dispense pontificale, Sternfeld, Karl von Anjou, p. 23) cf. le tableau suivant:
([uem respondisse ferunt : « Nec nos semper immunes regni erimus, cuius regina et tu coronam feres. » Ea res non modo eum diem festum, vcriim totam turbavit Europam, nam nonlongum interea tempus fuit, Carolus iste, Romano pontifîce, velut quod sui iuris erat, conferente, Gallico milite armatus, terra marique Apulos invasit fines, et domitoac marte perempto rege Manfredo Frederici imperatoris filio, quem damnarat Ecclesia, Apuliam et Siciliam oecupavit, deinde adolescentulum regem Conradinum, secundum ipsius Frederici nepotem, aviti regni iura recupare volentem, marte confusum et in fuga multis diebus post pugnam captum, occidit feroci sententia condemnatum. » Giovanni Villani (éd. Dragomanni, I, 314) : (( Ela donna sua ch'era fighuola minore del buono conte Raimondo Berlinghieri di Proenza, par la quale ebbe inretaggio la detta conteadi Proenza, corne senti la elezione del conte Carlo suo marito, per esser reina si empegnô tutti i suoi gioielli, e richiese tutti i bacceglieri d'arme di Francia e di Proenza, che fossono alla sua bandiera, e a farla reina. E ciô fece maggiormente per uno dispetto e sdegno, che poco dinanzi le sue tre maggiori serocchie, che tutte erano reine, le aveano fatto, di farla sedere uno grado più bassa di loro, onde con grande duolo se ne richiamô a Carlo suo marito, il quale le rispose : « Datti pace, ch'io ti farô tosto maggiore reina di loro. » Per la quai cosa ella procacciô e ebbe la miglior baronia di Francia al suo servigio, e quegli che più adoperarono nella detta impresa. E cosi intese Carlo al suo apparecchiamento con ogni sollecitudine e podere : e ripose al papa e a cardinali per lo detto legato cardinale, come avea accettata la loro elezione. »
Alphouse Vil
roi de Castille.
Sancho de Castille.
Sancia de Castille, ép. Alplïonse cV Aragon.
Alphonse VIII de Castille, ép. Eléonore cV Angleterre .
Alphonse II d'Aragon et de Provence, ép. Garsendc de Forcalquier.
Blanche de Castille, ép. Louis VIII .
Raimond Bérenger V, ép. Béatrix de Savoie.
Charles d'Anjou,
Béatrix de Provence.
v^ 3. Anamnèse hérédilaire malernelle. Mère : Marie de Hongrie (-J- 1323). Pas de renseignements pathologiques.
§ 4. Anamnèse collatérale. Pas de renseignennents pathologiques. Sur les enfants de Charles II, cf. Moranvillé, Chronographia, I, 20 ; Van der Haeghen, Rev. hist. XXVIII, 00- 97; Minier! Riccio, Genealogia di Carlo dAngio\ Sternfeld, Karl von Anjou, 127.
Section 4. — Rapport des deux facteurs.
§ 1. Charles de Valois et Marguerite de Sicile sont triplement consanguins par la France, — par la Provence, — })ar la Hongrie.
Louis YIII
Blanche de Casiille.
Saint Louis.
Philippe in.
Charles de Valois.
Charles d'Anjou.
Charles II d'Anjou
Marguerite de Sicile.
CHARLES Dl<: VALOIS.
Haimond Bérenger V
Béalr'u: de Savoir.
Marguerite de Provence, ép. Saint Louis.
Philippe IIL
Charles de Valois.
Béatrix de Provence, ép. Charles (P Anjou.
Charles II d'Anjou.
Marjfuerile de Sicile.
André II de Honfifrief 1231
Yolande de Hongrie, ép. 1235 Jacme I''^' cl Aragon.
Isabelle d'Aragon, ép. Philippe III le Hardi.
Charles de Valois.
Bêla IV, 1206-1270.
Elienne V de Hongrie, 1240-1272.
Marie de Hongrie, ép. 1270 Charles II (V Anjou.
MariruerUe de Sicile.
PHILIPPE LE lîEL. 4i:)
s; *2. Les enfants à naître de ce mariage auront donc à porter le poids de six consanguinités.
Seconde Partie.
Philippe IV dit le Bel, roi de France (1268-1314).
i:; 1. Anlécédents physiologiques :
A. Habitus extérieur : « Flavus, rubicundus, candidus et decorus, incessu reclus et corporis stalura procerus^ ». — « Fier estoit comme I. lyon en regardeure ^ ».
B. Nutrition, Motilité : « Viribus forlis et strenuus (cidessous, note 1). » — Le roi était capable de faire plier deux
1. IIP. XXII, 17 : K Philippus IV, cognomento Pulchcr, Philippi proximi filius, cœpit anno Domini m. ce. lxxxv, Remis coronalus in regem, regnavitque annis xxvii. Ilic Philippus Pulcher cognominatus est, quia plurimum speciosus : flavus, rubicundus et candidus et decorus, incessu reclus et corporis statura procerus, adeo quod ubi esset quantumcumque hominum multitudo, non oportebat inquirere quse esset régis persona, cum non solum specie vel pulcritudine, sed a pectore super aliis ut plurimum prcnpcmineret. Ilabuit membra pulcritudine, forma et grossitudine correspondentia, ita quod nusquam perpendi poterat naturam in ejus formatione errasse. Viribus fortis et strenuus, quod in bcllo Flandriœ patuit, dicebatur quod duos milites fortes quantumlibet, ponendo manum unam super unius humerum et alteram super alterius, ambos comprimens, cogebat sedere in terra. Fuit etiam convcrsalione humilis et modestus, generosus, largus, magnificus, libcralis et plus. »
Chronicon Guillelmi Scoli (IIF. XXI, 205) : « Fuit autem iste Philippus rex corpore membrorumque cleganti dispositione et grata facie decorus, ut vere species ejus impcrio digna esset. Fuit et sulTicienter litteris eruditus, aspectu afl'abilis, ccterisque gestibus et moribus multum honestus ; humilitate ac mansuetudine pra^cipuus, a turpibus auditum avertens sermonibus, ad Dei servitium audicndum ordinateque fiendum sedulus etdevotus; abstinentiie deditus, utpote feria secunda et quarta a carnibus abstincns; feria sexta, abjeclis piscibus et lacticiniis, solis pulmentis conlentus. Cilicio carnem frangens, eamque pluribus disciplinis pcr manum confessoris cum quadam cathcnula dévote susceptis edomans, a multis annis pro camisia veste linea utcbatur. »
2. C/iron. abrérj. de Nanf/is (HF. XX, 6;)1) : » Icest roy fu simple e sage e pou parlour ; fier estoit comme i. lyon en regardeure. »
chevaliers en appuyant ses mains sur leurs épaules [ibid.].
C. Système nerveux. A noter la forme des réactions nerveuses de Philippe. Amis et ennemis du roi s'accordent à relever le mutisme et l'impassibilité de ce prince : « Icest Roy fu pou parlour » (p. 443, note 2). — Son ennemi Bernard Saisset, évêque de Pamiers (Nangis, I, 313 : « 1301. Episcopus Apamiensis qui, ut dicebatur, de rege Francorumturpia verba et contumeliae plena multis in locis disseminaverat, ad curiam ipsius régis evocatus, in custodia detinetur ») disait que Philippe n'était ni un homme, ni une bête, mais une statue: Dupuy, Bîst. du différend d'entre le pape Bonifacei VIII et Philippe le Bel roi de Finance ensemble le Procès criminel fait à Bernard Evesque de Pâmiez Van MCCXCV. Paris, 1655, in-fol. p. 632 : « quod ipse Rex non erat homo nec bestia, sed imago. » — Id. p. 653. « Item quod dictus Episcopus dixit quod dominus noster Rex nihil omnino valebat, — quod non erat homo, nec bestia, sed imago, — quod nihil omnino sciebat nisi respicere homines » (Remonslr. de Pierre Flotte à la cour contre l'Evéque de Pamiers). Il le comparait au c/wc, le plus beau des oiseaux, que ceux-ci avaient élu pour roi, mais qui ne répondait pas quand on lui parlait et ne savait que regarder fixement. « Dixit Appamiensis Episcopus ipsi testi : Aves fecerunt regem de quadam ave vocata Duc quae est magna et inter aves major et pulchrior et absolute nihil valet, mo est vilior avis quam sit... et dixit Episcopus quod talis erat Rex noster Franciae, quod erat pulchrior homo mundi, et quod nihil aliud scit facere nisi respicere homines » (Dupuy, ibid. p. 644).
D. Fonctions génésiques. Pas de renseignements.
§ 2. Antécédents pathologiques antérieurs à 1314. Pas de renseignements.
§ 3. Maladie de 1314 et mort. Philippe le Bel meurt à l'âge de quarante-six ans le 29 novembre 1314, non, comme on l'a longtemps cru, des suites d'un traumatisme (accident à la chasso au sanglier* : Villani, VIII c. 92; — Geoffroy de Paris,
1. (Ih)-on. Norin. (éd. Molinier, p. 30) : « Après a vint en ce temps, ou mois de septembre, que le beau roy Plielippc ala chacier
p. 245), mais consécutivement à une maladie d'un peu moins de quatre semaines de durée.
Des nombreuses sources relatant la mort de Philippe le Bel, trois seulement sont vraiment décisives au point de vue de Tétude médicale de cette maladie mortelle :
1" La courte mention du continuateur de Nangis (éd. Géraud, 1,413) : « Philippus rexFranciae diuturnadetentus infirmitate, cujus causa medicis erat incognita, non solum ipsis, sed et aliis multis multi stuporis materiam et admirationis inducit ; praesertim cum infirmitatis aut mortis periculum nec pulsus ostenderet nec urina : tandem a suis apud Fontem- Blaudi, unde et oriundus, se deferri praecepit. Illic sane non multos post dies diem sui obitus imminentem considerans, etc. K.. »
en la forest de Bière, et eurent sa gent eslevé un sanglier grant et merveilleux, le roy le chaça tant que il passa ses gens par force de cheval. Quant le sanglier fut escliauffez, il retourna et courut sur le roy, et le roy le failli à ferir de Tespie. Le sanglier le feri de ses dens en la jambe du cheval, dont il se desroia pour la bleceure et geta le roy à terre et demoura un de ses piez en l'estrier, si que le cheval traina moult longuement le roy par les bois, si que il fut moult mehaignez. Et sa gent qui le trouvèrent le portèrent à la Fontaine Bliaut et mourut en l'an de grâce mil ccc et xvi, et fut enterrez en Fabbaie de Barbel, et fut le cinquantiesme roy en France. »
Chronographia regum Francorum (éd. Moranvillé, I, 218) : (( Sed non multum post, cum prefatus rex Philippus esset apud Corbolium, quadam die circa festum Sancti Michaelis ejusdem anni, scilicet M'ccc^xiiii^, appetiit venari ; cumque vero videret cervum eontra se venientem et pungens equum, trahensque ensem, niteretur percutere eum, ductu equi repentino pulsus est a quadam arbore sibi obvia in terram, indeque dolor vehementissimus manavit. Ceperunt ergo eum homines sui et portaverunt eum apud Corbolium.
(( Porro dolore suo nimium crescente, sumptis sacramentis ultimis, mortuus est apud Fontembliaudi, ubi, etc.. )>
1. Le continuateur de Girard de Fracliet (HF. XXI, 42) donne le même texte que le continuateur de Nangis. La même version se trouve également dans Jean de Saint-Victor (IIF. XXI, 650). Voir aussi GeofTroi de Paris, Chron. Rlmée (HF. XXII, J54, vers 6715-6817) :
« Au roy, qui a Poissi malades Estoit, furent viandes fades Et moult greva sa maladie...
Si douta qu'il ne li aviengne Perdre le reaume par mahaingne
2" Le discours de Charles de Valois à l'assemblée de Vincennes contre la gestion financière d'Enguerrand de Marigny (HF, XXÏ, 659), source précieuse pour la symptomatologie de la mort de Philippe et que les derniers historiens de ce souverain (Lacabane, Dissertât, sur tliisl. de France au XVt s. p. 9 ; — Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p. 424 ; — Funck-Brentano, ^/z/ia/es du Gâtinais, 1884, p. 89) ont négligé d'utiliser.
S'' La relation d'un témoin oculaire, Guillaume l'Écossais, moine de Saint-Denis (HF.XXI, 211 j : « Guillaume l'Ecossais (dit avec sa sobriété accoutumée M. L. Delisle, Correspondant du 25 juillet 1855) nous montre le caractère de Philippe le Bel sous un jour tout nouveau; il assista aux derniers moments du roi, et le tableau qu'il en a tracé mérite d'être connu. »
Le roi, tombé malade le lundi 4 novembre, meurt le vendredi 29 du môme mois^
Por ce, I matin à Taj orner
Dist li roys que plus sejorner
Iluec orendroit ne vouloit.
Miex li estoit qu'il ne souloit.
Si se vesti en I bliaut,
Si volt à Fontainnebliaut
Aler. Ses genz en la litière
Le mistrent, sans aler arrière...
La vint, et si li agreva
Le mal qu'onques puis n'en leva...
Quant le roy se sent se enferme...
Tantost a dist et comandé
Que ses enfanz fussent mandé.
Ses frères, ses autres amis...
A Fontainnebliaut entrèrent
Et en la chambre où le roy ière
Où il avoit moult po lumière
E tantost com porent là estrc,
Demandé li ont de son estre;
E il respont : « De cors et d'ame
M'est-il mal... »
1. C/iroiiicon Guillelmi Scoii (IIF. XXI, 20o) : « Et quia cuni bonis operibus in adversisque regni sui eventibus cordis et labiorum servavit munditiam, ipsum habuisse amicum credimus Chrislura regem, ut prœcipue déclarai ejus de hoc mundo vocatio gloriosa, quam, ad
PHILIPPE LE HKL. 447