‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 12 sur 183 · E. Faguet, Etudes sur le A7A''- siècle, p · texte numérisé non relu

E. Faguet, Etudes sur le A7A''- siècle, p

2. G. Monod, Les Maitres de l'Histoire : Renan, Taiite, Michelet, p. 180-181.

3. A. Chuquct [Les Grands Écricains français : J.-J. Rousseau) a trèsbien compris le côté pathologique de trousseau, et a intelligemment extrait l'importance des livres des médecins sur lui.

Léo Clarelie (d. Revue critique, 11 janvier 1892, p. 31-32), au lieu d'appliquer la méthode (ju'il a dû apprendre }K)ur l'aire de Ihistoire litleraire, renvoie Mœbius à ses malades et décide ([ue ses livres sont

LIV PATHOLOGIE HISTORIQUE

nent Meynerl de Vienne sur Don Carlos (de Bûdinger), qui réunissent la méthode clinique et la méthode historique en parfaite union ^ En quoi sont-ils moins sûrs qu'une étymologie de Diez ou une restitution sur le Byzantisme de G. Schlumberger ?

La marque d'une science c'est la méthode, non le résultat : toutes les étymologies heureuses, et vérifiées depuis, de Ménage ne font pas qu'à cette date la Phonétique fût une science; — toutes les erreurs de Diez ne font pas qu'entre ses mains elle ne fut pas une science.

En réalité, M. Monod devait :

1° Fixer les conditions que doitréaliser celui qui veut appliquer la pathologie à l'histoire, définies par Littré dans Hippocraie.

2° ]^oirsi Michelet s'était préparé à remplir ces conditions.

Il l'eût trouvé aussi ignorant en science médicale moderne-

inutiles. Amusant exemple de gens auxquels la méthode scientifique n'apprend rien en dehors de leur domaine, et surtout pas le respect des sciences voisines dont ils ignorent à la fois la méthode et les résultais.

1. Il faut y joindre Sainte-Beuve, car il avoue lui-même que c'est à ses quatre années de médecine qu'il doit d'avoir écrit la iDotanique des esprits. Merveilleuse divination.

2. Que dire de Tanatomie de Michelet qui préfère regarder les artères de la base du cerveau plutôt que les circonvolutions dont les veines sombres l'attristent : « Tant qu'on n'a pas vu, touché les réalités, on hésite sur tout cela, on discute, on perd le temps à écouter les

bavards. Disséquez. En un moment vous comprendrez, sentirez tout

Il s'agissait pour moi surtout de l'anatomie du cerveau. J'en étudiai un grand nombre de l'un et de l'autre sexe, de tout âge, et fus frappé de voir combien naïvement la face inférieure du cerveau répond, dans sa physionomie, àl'expression du visage. Je dis la face inférieure el nullement la partie supérieure, et toute veineuse, à laquelle évidemment Gall attachait trop d'imi)ortance. C'est loin de la ])oite osseuse, aux larges bases du cerveau, pleines (farlères, accidentées de volutes plus ou moins riches, selon que l'intelligence fut développée ; c'est là que se révèle énergiquemenl la personne, autant ([u'au visage même. Celuici, face grossière, exposé à l'air, à mille chocs, déformé par des grimaces, s'il n'avait les yeux, parlerait bien moins t[ue cette face inférieure, si bien gardée, si délicate, si merveilleusement nuancée. » (Michelet, La Femme, Hachette, 1800, Introduction, p. aa). On i)eut aisément j)révoir ce ({ue pourra être la [)hysiologie cérébrale de Michelet, dérivant d'une conception anatomicjue aussi imprévue.

INTRODUCTION. LV

•({ue dans la science médicale passée. Aussi, non seulement les solutions physiologiques de Michelet sont l'antaisisles \ mais nous avons la preuve la plus visible de son ignorance dans ses omissions, c est-à-dire qu'il passe devant les phénomènes sans les voir et sans se douter des traits qui y sont inscrits, et dans ce livre je serai continuellement amené à commenter des erreurs et des omissions de Michelet.

Si M. Monod eût été au courant des sciences biologiques, il n'eût pas écrit sa phrase sur le péril de la pathologie historique. Ce qui est périlleux, ce n'est pas la science, mais l'ignorance de l'agent.

Et on ne peut pas dire de Michelet comme on dirait de Bichat pour Tanatomie générale, de Lavoisier pour la chimie, qu'on ne doit pas considérer ses fautes, mais la méthode qu'il a créée et les disciples qui, en la suivant, ont corrigé les fautes du maître. Il n'a jamais été sur ce point ce que les Allemands appellent un Bahnbrecher, dont on ne peut corriger les fautes qu'en lui prenant sa méthode. L'Histoire, qui a d'abord été polémique, c'est-à-dire pratique, ensuite rhétorique, moraliste, pittoresque, philosophique, puis paléographique, sera très probablement physiologique au xx^ siècle. Michelet n'y sera pour rien, ce sera Littré et l'école de Ribot, et encore cette dernière pour les cas tératologiques.

Qu'on ne se méprenne point sur mes sentiments à l'endroit du merveilleux talent de Michelet. Quand on songe à l'immense quantité de remarques psychologiques, fines, profondes ou lumineuses, piquées en tant d'endroits, on peut mesurer ce qu'eût été l'intensité de Michelet s'il avait eu le secours d'une connaissance réelle de la biologie.

En insistant sur ses défauts, j'ai tenu surtout à faire ressortir le ridicule de ses imitateurs. Ceux-ci ont laissé à Michelet

1. Sainte-Beuve [Nouveaux Lundis, t. II, p. 1 15) : « Les conjectures de JM. Michelet sont spirituelles, mais elles font sourire; il est des choses ({ue Thistoire ne doit [)oint prétendre deviner. Les lois qui j)résident aux transmissions héréditaires sont à peine entrevues, bien loin d'être de tout point éclaircies; le seront-elles jamais? Un aperçu piquant (ju'on saisit en l'air et ({u'on attrape à la volée, une anecdote d'alcôve, n'est point une raison sérieuse. »

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son géaie et n'ont guère gardé delui que les affirmations d'une pathologie purement fantaisiste'.

Le but n'est pas de montrer les extravagances de Michèle!, mais de séparer les travaux futurs de sa méthode.

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