‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 13 sur 183 · DEUXIÈME EXEMPLE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME EXEMPLE

La patholog-ie du roi et les historiens modernes

de Louis XI.

Nous avons vu ci-dessus les terribles et merveilleuses médecines du roi. Plus intéressantes encore que les médecines étaient les ma/at/Zes, puisqu'elles éclairent l'état mental du sujet en fonction de son état pathologique,- et que saint Thomas d'Aquin et Bossuet avaient déjà formulé la concomitance du psychologique et du physiologique. « La psychologie positive ne tient nul compte de la prétendue séparation de Lame et du corps et constate avec Bossuet qu'âme et corps forment un tout naturel, dont toutes les parties ont une parfaite et nécessaire communication. » (J. Bourdeau, L'hérédité psychologique, d. Revue politique et littéraire, 188'2, 3^ série, XXX, p. 358.)

Sur la pathologie de Louis XI nous n'avons comme témoignages d'historiens que quelques lignes dans Basin (alors émigré), dans Gaguin, ambassadeur à Rome, — et Commynes. Mais si Commynes est précieux comme vérité psychologique, il est défectueux comme vérité historique. Il fourmille d'erreurs, et ses erreurs chronologiques sont de grave conséquence : comment établir la marche d'une atï'ection, si la chronologie des symptômes est fausse ?

1. Littré disait que la pathologie historicjue aurait beaucoup de peine à se fonder, parce qu'elle a été empoisonnée par tous les faux pathologistes.

Ce que Forsyth disait du Mémorial de Sainte-Hélène : il a empoisonné les sources de rhistoi/-e.

INTRODUCTION. LVII

('herchons à reconstituer la liste des maladies à l'aide des témoif^nages, soit du roi, soit de la famille royale, soit des familiers ou des fonctionnaires du roi.

J. de Roye, Chron. Scand., éd. B. de Mandrot, II, p. ï'.iH : « EL avant sondil trespas, fut fort molesté de })lu!ii(nn-s maladies; j)our le guérir desquelles maladies furent faictes pour luy, par les médecins qui avoient la cure de sa personne, de terribles et merveilleuses médecines. Lesquelles maladies lui j)uissent valoir au salut de son âme, et luy donne son paradis par sa miséricorde Celluy ({ui vil et règne au siècle des siècles Amen )>

Commynes (éd. Dupont), II, 270 : u ... ses nialladies bien grandes et douloureuses pour luy.... »

N. Gilles, fol. CXX, v^ : « ... il estoit souvent malade ... »

Olivier de la Marche, Mémoires (éd. Beaune et d'Arbaumont, 1883-1888), t. I, p. 4 80: « Toutesfoix, il fut tourmenté jusqu'à sa mort de plusieurs diverses et pileuses maladies. »

Ces maladies maUiples, (jaguin nous les donne :

<( Quo tempore (1480) rursus cum Maximiliano VII annorum indu-

ciae intercesserunt Sed per id tempus aegrotare maxime Ludovi-

cus cœpit. Nam comitiali morbo cum interdum premerelur, elephantiae quoque oculta indicia prae se ferebat, et haeinorrhoide crebro vexabatur. Quamobrem medicorum diligenli opéra usus est. » (R. Gaguin, f. 279.)

Si nous examinons le texte de Gaguin, nous voyons qu'il place à la même date l'explosion (avouée, c'est-à-dire incachable pour les princes) de trois maladies.

Si nous cherchons dans l'histoire pathologique de Louis XI les dates des hémorrhoïdes et des dermatoses, et si nous les trouvons affirmées très antérieurement, nous pouvons en conclure de même pour l'épilepsie et nous croire autorisés à rechercher son apparition à une date antérieure à celle que nous donne Gaguin.

Nous ne pouvons pour elle (à l'inverse des hémorrhoïdes) en avoir le nom net [pharisaïqiiement dissimulé , mais en retrouver le symptôme ou des allusions mystérieuses.

§ 1. Hémorrhoïdes. — Nous pouvons fixer à 1447 la date du début de l'état hémorrlioïdaire chez Louis XI (alors dans sa vingt-cinquième année). Cf. la dépèche de J. -P. Panigarola au duc de Milan, datée de Chartres, 8 mai 1407 (B. N. f. ital.

LVni PATHOLOGIE HISTORIQUE.

1649, Sickel, foi. 147) : a Ad qucslo Christianissimo S'"'^ Wesono veniiti limorojti con tanlapassione che da tre setlimane in qua non è stato persona quale habj potuto parlare con S. M. de cosa alcuna ne privala.... Etiam pref"" S. M* disse à me, in el principio, excusandose et pregandome ad perdonarli se non spazava cosi presto; perché dicta infirmité ne era casone. Etiam che erano anni XX che havea questa passione^ et mai non li baveva voluto fare remedio alchuno, salvo di cerle lavande dolce. »

Persistance de Taffection pendant les trente-cinq années subséquentes de la vie du roi. La date des principaux accès s'établit:

1° Par les témoignages directs. Cf. dépêche de Francesco Pietra Santa au duc de Milan, 12 août 1476 (p. p. Chmel, Noiizenblalt de l'Académie des sciences de Vienne, 1856, n° 8, p. 18'2) : « Sua Maestà dissi queste parole fermate in latino : Ego SLim passas emoroydas, qiias etiam alias habiii, sed non fiierunt ila véhémentes... ». — En 1480, l'ambassadeur de Louis XI, Robert Gaguin, note que le roi « Haemorrhoide c/'ebro vexabatur » (R. Gaguin, f. 279).

2" Par la série chronologique des quittances du Roi ressortissant à la thérapeutique anti-hémorrhoïdaire, tant pharmaceutiques (fumigations, applications de pièces de jaspe, etc..) quhagiothérapiques (dons aux saints spécifiques pour les flux sanguins : sainte Marthe de Tarascon, saint Bernardin, saint Fiacre, etc..) K

Arcli. nat. KK, 64, fol. 77 : « A Guillaume Bertrand poisHer, demeurant à Amljoyse, la somme de 32 s. G d. qui deue luy estoit pour une poésie d'airain tenant environ deux seillées, et une charc percée, pris et achepté de luy audict moys de febvrier et livré à Jehan Moussiguac, varlet de fourrière du Roy nostre seig-neur, pour servir à estuver ledit seigneur per dessoubs durant sa maladie. »

1. Sur la spécificité de sainte Marthe pour les flux sanguins voy. Du Broc de Segange op. c, II, 96; — de S. Bernardin, 1, 380; — de S. Fiacre, II, 202. Les dons très considérables de Louis XI à sainte Marthe de Tarascon se placent aux années 1462, 1466, 1470, 1476, 1477; — à S. Bernardin, en 1477, 1481; — à S. Fiacre, en 1478 et 1479.

INTRODUCTION. MX

Arch. nat. KK, 04, fol. 77 : « A Guillomecte du Luys, sirurj^ienne, 19 1. 5 s. — en faveur d'aucuns services ([u'elle lui a faiz (22 février 1480). »

(Compt. de Louis XI). Bibl. Nal. f. fr. 23200, fol. 3') : u A Martin du Boys, la somme de 30 1. qui lui a esté lauxée et ordonnée par ledit feu seig-neur pour ung voyage par luy faict de l'ordonnance et commandement dudit seigneur ou mois d'aoust 1482, alant à Paris achecter plusieurs pièces de jaspes et iceulx avoir apportez par devers ledit seigneur estant à Amboise. »

Le grant propriétaire des choses, 1. XVI, cliap. li : « Du jaspre : Jaspre est une pierre verde. La pouldre de jaspre restrainct la fleur des Dames et les emorrhoïdes. »

Jacob Manget, Reriim ad Pharmaciam galenico-chymicam speclantiiim Thésaurus, 1703, I, Î08 : « Jaspis, praesertim qui undique rubicundus, in haemorrhagia multum valere putatur. »

N. Lémery, Dict. universel des drogues simples, 1679, p. 620 : (( La pierre de sang (Lapis Sanguinalis) : (Test une espèce de jaspe. Elle est fort estimée pourarrêter le sang, pourvu qu'on l'applique sur la partie. »

Les OEuvres pharmaceutiques du sieur Jean de Renou médecin du Roy, 1637, p. 125 : u Le jaspe est fort propre pour arrester tout flux de sang. »

§ 2. Dermatoses. — Gaguin nous a appris que le roi avait une maladie de la peau. P)asin le confirme :

<( A nonnullis priusquam obiret, leprosus fuisse assertus est» (Th. Rasin, éd. Quicherat, III, 166).

L. Delisle, Fragments inédits de Th. Basin (Notices et Extraits des Mss. XXIV, 2'- Partie), p. 20 : « iMorbo lèpre a j)luribus f'ertur infectus fuisse. »

Thérapeutique antique des dermatoses (théorie).

Paul d'Égine (Fragments de Rufus d'Ephèse, extraits de Paul d'Égine. Rufus, éd. Ruelle et Daremberg, p. 440, n" 115) : Dartres farineuses à la tête.... Quant aux dartres à la tête accompagnées d'humidité I suintement], faites-les disparaître en les lavant avec de la saumure ou une décoction de lupins.

LX PATHOLOGIE HISTORIQUE

P. -A. Matthioli, Commentarii in VI libros Dioscoridis de Materia medica, Basileae, 1574, in lib. II, cap. cm, Lupini, p. 344 : « Decoctum eorum... eodem ulcéra te tra, quaelheriomata vocant, gangraenas, incipientem scabiem, erupliones puslularum, ulcéra in capite manantia, vililigines maculasque fovere ulilissimum. »

Idem, ibid., p. 345 : (( Tum eliam foris idenlidem perfusum, vililigines, achoras pustules, exanthemata Graeci vocant psoras, gangraenas, ulcéra maligna, quae cacoethe vocant, juvat.... »

Schrôder [Pharmacopoeia medico-chymica. Leyde, 1()7'2, . 141. u Caseus recens extrinsecus exterget scabiem. »

Thérapeutique de Louis XI.

Préparations pharmaceutiques commandées par Louis XI, dans Bibl. de VÉc. den chartes, 1894, 722. Note sur un manuscrit de Rhasès de 1471 : « Tratactus Bubukir Eirasis filii Zaccarie de preparatione medicinarum, ut sine horribililate saporis et odoris sumantur. >»

Sur la marge de la page 124, à côté du : « Capitulum secundum de medicinis ad ornatum faciei. IMedicamen ad maculas magnas removendas et ad cutem subtiliendam et albificandam. ^ : farine lupinorum partes quatuor...,» une main contemporaine de la copie a tracé ces mots : « 13'^ septembris 1478, Rex precepit facere hic notatum. »

« A Estienne Messiot, pour deux voyages, le premier au mois de septembre 1482 fait en grant diligence en la ville de Florence pour apporter au Roy des pois loupins.... » (Bibl.Nat.f. fr. 20685, p. 738).

<( A Perrettela mauvaise 64 s. 2 d. — pour avoir esté devers ledit seigneur au Plesseiz du Parc pour luy faire des fromages appelez ancjelolz et pour s'en retourner en sa maison (11 sept. 1481). » (British ^luseum, Mss. Egerton, 883, fol. lo.)

Hagiolhérapic. Recours aux saints spécifiques dans les maladies de peau, humeurs, etc. (saint Antoine, saint Lazare, saint Cosme et saint Damien, saint Marcou, saint Martin». Les dons du roi à ces saints se placent aux années : 1472, J475, 1477, 1478, 1479, 1480, 1481, 1482 ^

1. Voy. sur la spécificité de S. Antoine, Du Broc de Segange, 1,40 ;

— de S. Lazare, II, 555 ; — de S. Cosme et de S. Damien, II, 288 ;

— de S. Marcou, I, 310 ; — de S. Martin, II, 430.

INTRODUCTION. LXI

§ 3. A cette série de manifestations herpétiques ou artliriliques qui dominent l'iiistoire biologique de Louis XI, il faut ajouter la (joulle. Son existence nous est révélée par une lettre au roi de sa fdle Anne :

« Monsi"", par la lesLre que vous a plu me feie escripre, el par les lestres des medesias, je su quavés la goûte, et le plus grant ennuy que je puisse avoir, quant je se qu'estes mal, est que ne suis avecques vous, vous suplient, Monsi"", que comendez à cieu que vingnlenlj qui m'en fasse savoir de votre sente, car sur ma foy, je ne suis point à mon ayse le jour que je n'eusse. Vos enfens font très bonne chère, priant le créateur qui vous donne sente et longue viee, de la main de votre très humble et très hobeissante fille, Anne. " — Lettre autographe. — (Bibl. Nat., Mss. fr., no 2930, fol. 116) d. Lamure, Ilist. des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, éd. Chantelauze, t. III, Preuves, p. 218.

sii 4. En 1467 maladie infectieuse non définie à allure typho-palustre, à en juger par les conséquences : hépatiques, gastriques, enlériques, néphritiques. La dépêche suivante nous apprend que c'était une fièvre continue :

«( Dieci giorni [Sua Maestà] era stata ammalata di febbre continua, di iluxo di sangue etiani di bocha et di doglia di testa. Era encora forte débile, el che al parlare molto dimostrava, ne ben poteva S. M. andare. » (Dépèche de Jean- Pierre Panigarola au duc de Milan, datée de Chartres, le 26 mai 1467. Bibl. Nat. f. ital. 1649, Sickel, fol. 156) ^

Hippocrale entendait par çuvs/h;, continues, à la fois les fièvres rémittentes et continues des modernes (Lillré, Hippo-

1. On voit i)ar la dépèche ci-dessous ({ue cette maladie mit le roi en si grand danger que le bruit, de sa mort se répandit. Clomme toujours au moyen âge, on soupçonna un empoisonnement :

<( Per el che erano già spansi varj rumori per qucsto regno con dire etiam che era morta et ne sono stati presi alcuni aportalori di

lai novelle suxo le frontere di esso regno Questa sua malaltia è

stata con molto maggior pericolo che al principio non si era inteso, etiam con suspicione di qualche specie di veneno in modo che ha preso li prompti remedj.... »

(Dépêche de Jean Pierre Panigarola au duc de Milan, datée de Chartres, 20 mai 1407, Bibl. Nat. f. ital. lOiO, Sickel, fol. IjO.)

LXII PATHOLOGIE HISTORIQUE

crate, 1840, Epidémies, II, 568), — et celte confusion persiste dans la terminologie du moyen âge.

Littré a identifié le causas avec les formes réinillenles palustres, soit bilieuses, soit typhiques, mais d'origine paludéenne ; d'où résulte chez le roi : par le paludisme — Vliépato-splénie ; la néphrite, a nu rie ; par le côté t y phi que — la dysenterie. (Au xvi° siècle, Rondelet, dans son célèbre traité, des fièvres, reconnaissait trois espèces do causon : bilieux, intestinal, typhoïde pur sans cause paludique.)

Les vomissements de sang, hématémèse, épistaxis, flux de sang intestinal qui les accompagnent, étaient considérés par Hippocrate comme un signe favorable : « Les malades du causus en réchappaient surtout par des hémorrhagies abondantes et favorables.... Philiscus, Epaminon et Silène moururent, il est vrai, mais ils n'avaient perdu, au quatrième et au cinquième jour, que quelques gouttes de sang par les narines. » (Hippocrate, II, p. 570.)

flippocrate remarque (II, 566) qu'à l'ordinaire les hypocondres (foie el rate) sont le siège d'une tension et d'une douleur persistante. D'où : 1° hémorrhagie chez Louis XI etiam di boclia.

2^ Gonflement consécutif des hypocondres -qui tourne à l'inflammation chronique : dès janvier 1469 fumeterre (médicament hépato-splénique, — proverbe : le fumeterre ou l'herbe à la jaunisse), et non seulement pour boire (dans un flacon de verre), mais il se fait faire une pharmacie de voyage :

« A Guiot de Morennes pintier d'estaing demeurant à Tours 35 s. pour deux flascons d'estaino^ tenans chacun pinte prins de lui oudit mois de janvier et livrez à Olivier le Maulvays barbier du Roy, pour en yceulx mettre Veaue rose et le fumeterre pour ledit seigneur. » (Arch. nat. Comptes de l'Arg-enterie, KK, 61, fol. Si; janvier 1469.)

3*^ La nature palustre de cette fièvre et sa gravité nous sont confirmées par l'aérophobie et la pathophobie du roi à partir de cette maladie, et par les moyens prophylactiques employés par lui. Fréquente chez les paludiques névropathes (cf. J. Teissier : troubles nerveux lointains consécutifs au paludisme), l'aérophobie correspond à la bactériomanie des aliénistes modernes (cf. Monin, Misère nerveuse). L'idée ancienne est que

INTRODUCTION. LXIH

les vapeurs méphiticjues s'échappent du sol (Liebermeister, Palhol. inl. trad. Guiraud, au chap. Malaria^ p. 1:1). Guy de Ghauliac (éd. Nicaise, Glossaire, p. 713) : a Fièvre pestilentielle est une fièvre qui vient de corruption d'air. » De là le nom général de la maladie : italien mal-aria, en vieux français le maavaiser^ opposé à hel-air^ bon-air, etc.

« Signore, essendosi appiciata un poco di peste nel campoquando eravamo à Poansi [Pouancéj per mutare aère... parti di là la Maestà del Re à di XXIIII del présente. »

(Dépêche de Sforza au duc de Milan datée de Craon, 27 juillet 1472. Ribl. Nat. Mss. f. ital. 1649, Sickel, fol 202.)

« Et tant s'en départi le roy et s'en vint loger vers Paris, à pour cause de ce qu'où il ne fut point on lui dict que on s'y mouroit ; et s'en ala près Vendosme, où il se tint par aucun temps; et après. ala à Behuart et autres pèlerinages à sa dévocion. » [C/u\ Scand. ann. 1478, éd. Mandrot, II, 76.)

K Monsieur du Bouchaige, mon amy. Je vous prie que soyez icy demain au matin à mon lever pour me dire s'il fait bon à Corbueil, Et à Dieu. Escript à Boutigny, le XVII'' jour de niay. Loys. (B!bL Nat. f. fr. 2805, fol. 21.)

« Monsieur du Boschage,... Dictes à Monsieur le général maislre Mole que maistre Panthalion médecin est icy, qui le guérira, et pour

ce qu'il s'en viegne vers Artenay en ce bel er de la Beausse »

Bibl. Nat. f. fr. 200i, fol. 2.)

« Au Roy le 13'^ jour dudit mois de may [1479] 14 I. 8 s. 9 d. en neuf escuz d'or qu'il a donnez, c'est assavoir : cinq escuz au bras Monseigneur Saint Esme*, — un escu aune povre femme où il disna, — pour avoir des enseignes et ymaiges dudit Monseigneur Sainl- Esmeungescu, — et à une povre femme où il print des noix qullmcngea pour le mauvais air. n (Arcli. nat. KK, 62, fol. 28. Mai 1479.)

« Le Dispensaire de Paris fait entrer les noix vertes dans l'Eau prophylactique contre les fièvres. » [Pharmacopée du Collège Royal des médecins de Londres, 1771, t. I, p. 613.)

u Nuces récentes : Vires. Dicuntur à peste praeservare. »

1. Saint Edmond de Ponligny — que nous trouvons écrit tantôt saint Edme de Pontigny, tantôt saint Esme de Pontigny — invoqué contre la peste (Voy. Broc de Segange, II, 476).

LXIV PATHOLOGIE HISTORIQUE

(Schrôder. Pharmacop. medico-chymica, Leyde, 1672, p. 608.) (( Eau de noix : On l'estime fort cordiale et on la recommande principalement pour la guerison de toutes les fièvres intermittentes et malignes. » [Pharmacopée royale galenique et chimique par Moyse Charras Docteur en médecine, Démonstrateur de Tune et l'autre Pharmacie au Jardin Royal des Plantes. 1753, t. II, p. 527.)

Le récit suivant de la Chron. Scandaleuse (concernant l'exécution du connétable de Saint-Pol) prouve combien la peur qu'avait le roi des fièvres était généralement connue.

Chron. Scand. ann. i47j, éd. Mandrot, I, 363 : « Et en après tira ung petit anneau d'or où avoit ung dyamant qu'il avoit en son doy, et pria audit penancier qu'il le donnastet présentastde parluy àTymage deNostre-Dame de Paris.... Et puis dist encores audit cordelierSordun : « Beau père, veez cy une pierre que j'ay longuement portée en mon <' col, et que j'ay moult fort aymée pour ce qu'elle a moult grande « vertu, car elle résiste contre tout venin, et préserve aussi de toute « pestilence. Laquelle pierre je vous prye que portez de par moy à « mon petit filz, auquel dictes que je lui prye qu'il la garde bien « pour Tamour de moy : » laquelle chose lui promist de le faire.

Et après ladicte mort, mondit seigneur le chancellier interrogua lesdiz quatre confesseurs s'il leur avoit aucune chose baillé, qui lui dirent qu'il leur avoit baillé lesdiz demys escus, dyamant et pierre dessus déclarée; Lequel monseigneur le chancelier leur respondy que au regard d'iceulx demys escuz et dyamant, ilz en feissent ainsi que ordonné l'avoit, mais que, au regard de ladicte pierre, qu'elle seroit baillée au roy [Louis XI] pour en faire à son bon plaisir. »

Schrôder, Thésaurus Pharmacologicus, 1680, p. 102 : « Lapis bezoar orientalis : hujus vires experientia docuit insignes ad febres malignas et sim. »

Pharmacopée royale galenique et chimique par Moyse Charras Docteur en médecine et Démonstrateur de l'une et l'autre Pharmacie au Jardin Royal des Plantes. Édit. de 1753, t. II, p. 523 : « Balsamum bezoardicum. Ce baume est excellent contre le mauvais air. »

Recours aux Saints invoqués dans les fièvres palustres et contre la peste : Ste Claire, S. Florent, S. Julien, S. Edmond, S. Adrien, Ste Marie-Madeleine. Des dons à ces Saints se placent aux années 1469, 1470, 1471, 1472, 1473, 1479, 1480, 1481, 1482. Nous trouvons (Arch. nat. KK, 62, fol. 43) la

INTRODUCTION. LXV

mention crofîrandes : le 23 août 1470 à S. Julien du Mans, et 2() août à S. Julien de Dampforl, donc à trois jours d'intervalle, ce qui confirme la pathophobie du roi ^

« Il y a, dit Littré dans la Préface de son Ilippocrale, une pathologie chronologique ('omme il y a une pathologie géographique. » Rien de plus vrai. De même que le raihvaybrain et le railway-spine sont des maladies nées récemment, le paludisme (comme les loups dans la l'aune du moyen âge) était partout, on le voit au nombre de saints : sur 3 000 saints environ hygiéniques, près du sixième, 500, sont protecteurs des fièvres. Cette maladie qui a été, dit le Prof. Bouchard ^ « V endémie la plus ancienne, la plus étendue et la plus grave de toutes celles qui ont effrayé l humanité « a fait périr au moyen âge plus d'hommes que toutes les guerres et les fléaux épidémiques.

Éteinte aujourd'hui en France, sauf sur quelques points, elle est forte encore en Italie, en Autriche (Basse-Hongrie, le bas Danube).

De même que la faune et la flore se sont modifiées par le changement apporté par les hommes dans la condition du sol, de môme \di pathologie humaine a suivi ces modifications : il n'est pas plus étonnant de voir la fièvre disparaître que les loups. Avant un siècle d'ici il y aura, dans un pays chaque jour plus salubre comme la France, des médecins qui n'auront jamais vu la fièvre pernicieuse et en auront entendu parler comme de la fièvre jaune.

A noter que le roi, jusque-là si incrédule aux médecins (Commynes, II, 216 : « naturellement il estoit enclin à ne vouloir croire le conseil des médecins », et cf. les paroles de Louis XI, citées ci-dessus § 1, à l'ambassadeur du duc de Milan, 8 mai 1467: « et mai non li haveva voluto fare remédia ulchuno, salvo di certe lavande dolce »), se met après 1469, sa santé étant très atteinte, à étudier la médecine : en 1470 il fait emprunter la copie du Rhazès que possédait la Faculté de médecine de Paris.

1. Sur la spécificité de Sto Claire voy. Broc de Segange, II, 143; — de S. Florent, II. 27G ; — de S. Julien, II, 199; — de S. Adrien, II, 242; —de Ste Marie-Madeleine, H, 59.

2. Cf. Laveran, Préface au Pidudisme ci son hcmaiozoatre, 1891.

LXVI PATHOLOGIE HISTORIQUE

Cabinet des Mss. de la Bil)l. Imp. p. p. L. Delisle, 1868, t. I,p. TS : « En 1410 le roi voulut avoir une copie du Rhazès que possédait la Faculté de médecine de Paris. Le doyen et les docteurs, « moyennant certain gaige de vaisselle d'argent et autre caution », consentirent à prêter le volume qu'ils tenaient pour « le plus beau et le plus singulier joyau de leur faculté. Ils le remirent à M*^ Martin de la Dricsche. » (Cf. Franklin, /?f?c/ierc/ie.s swr Vhistoire de la Faculté de médecine, p. 21 , et Chéreau, Bibl. d'un médecin au commcncomenf du xv^ s., p. "7.)

§ 5. Troubles gastriques et entériques consécutifs à cette maladie infectieuse de 1467.

a A Pierre Baston orfèvre 9. s. 9. d. pour trois gros et demy d'argent qu'il a mis du scien oultre deux marcs cinq onces sept gros d'argent (pii baillé lui avoit esté pour refaire ung poislon à queue servant en cuisine et livré par ledit orfèvre oudit mois de juing à Guillelmot le Fesne queux de la bouche du Roy pour en icelluy faiie la bouillye dudit seigneur, » (Arch. nat. Comptes de l'Argenterie, KK, 01, fol. 2. Juin 1468.)

« A Jehan Petitfoy marchant 6 s. 8 d. pour une aulne estamine prinse oudit mois de janvier et livrée à Redien de Rochedec sommelier de l'eschançonnerie du Roy pour couler Feaue dudit Seigneur. >> (Arch. nat. Comptes de l'Argenterie, KK, 61, foL 34. Janvier 1469.)

Le roi se met à l'usage fréquent d'eau de rose (voy. le texte ci-dessous § 6, A).

« De Rosa. Contra lienteriam et diariam factam ex debilitate virtutis retentivae. » (Platearius, De simplici medicimi, fol. -206.)

u L'eaue des roses conforte le cueur et tous les membres principaulx. Elle prohibe la putréfaction et est bonne en dissinterie et lienterie qui sont flux de ventre senglans. Elle conforte moult la vertu retentive et est bonne à foiblesse de cueur et vomissement. » [Le grant propriétaire des choses, traité des vertus et proprietez des eaux artificielles. )

Bulletin du Comité de la langue et de l^hiaf. de France ; 1853-1855, II, 369 (Lettres patentes de Louis XI portant donation à S. Claude de vignobles du domaine royal, avril 1482) : « Les religieux, couvent et leurs successeurs, seront tenuz prier Dieu, Nostre Dame et mon dict Seigneur Sainct Claude, pour nostre estât, prosj)érité et santé de nostre très chier et très amé fdz le daulphin de Viennois et pour nostre très amé compaigne la Royne. Et mesmement pour la bonne disposition de notre estomac, pour que vin, ne aultres viandes ne nous y puissent nuyre et que l'ayons toujours bien disposé.

INTliODUCTIOX. IA\ II

Les mois écrits à la date du 13 septemijre 1478, en mar^^e d'un manuscrit de Pdiazès de li71 (voy. ci-dessus Premier Exemple, ^ 10, p. XXXI), prouvent que le roi soutirait de ventosités.

Ilagiothérapie. Recours aux saints spécirH[ues dans les alVections intestinales : saint Brice, sainte Esmérance. (Sur cette spécificité de S. i^rice, voy. Broc de Segange, II, 455 ; — de sainte Esmérance, I, 7(). — Id. ihid. sur la chapelle élevée à sainte Esmérance, « vers 1472 par Louis XI, qui chassant près du sanctuaire dans la forêt de Longuenée, fut miraculeusement guéri de la colique en invoquant sainte Esmérance ».)

Nous trouvons (British Muséum, Mss. Egerton, n° 1668^ fol. 299), l'opposition du parlement, du 16 janvier 1482 (extrait du registre secret), à la fondation par le roi du collège de sainte <( Emérance ».

!:< 6. Accidenls secondaires de la fièvre. — Les lésions consécutives au paludisme sont de trois sortes : les unes, d'origine microbienne, intéressent la rate et le foie; les autres (Charcot- Bouchard) intéressent le filtre rénal. L'affection ainsi créée subsiste et évolue, même quand la cause initiale a disparu.

A ces accidents il faut joindre l'ascite dans un certain nombre de cas, et nous verrons s'il y a lieu de poser la question pour Louis Xï.

Avant de montrer le sens qu'ont pour l'état mental ces manifestations deutéropathiques de la fièvre — hépato-splénie, anurie, ascite, — nous allons en donner l'histoire par les textes.

A. Foie et rate. — Les accidents hépatiques et spléniques qui sont de règle dans toutes les formes graves du paludisme : leur existence est prouvée par les remèdes qu'emploie le roi à dater de cette fièvre.

P Fumelerre :

<( A Guiot de Morennes {)iiiLier (rcslaing demeurant à Tours X) s. pour deux flascons d'estainj^ tenans chacun pinte prins de lui oudil

LXVIII PATHOLOGIE HISTORIQUE

mois de janvier et livrez à Olivier le Maulvays bar])ier du Roy, pour en yceulx mettre ïoaue rose et le fumcterre pour ledit seigneur. )) (Arch. nat. Comptes de l'Argenterie^ KK, 61, fol. 34; janvier 1469.)

« Du famesterre : Fumesterre est une herlje cliaulde au premier degré qui est engendrée des grosses fumées qui yssent de terre. Et pour ce est elle de si forte odeur et de si amere saveur, et de tant comme elle est plus verde, de tant est elle meilleure et plus vertueuse, car elle purge la melancholie: si ouvre les conduictz du foye et de la rate. » [Le grant propriélaire des choses, 1. XVI, ch. lxvui.)

« La fumeterre est acre et picquante au goust et avec cela beaucoup amere. Elle provocque les urines teintes de cholére et est fort singulière contre toutes sortes d'obstructions et imbecillitez du foye. » {Le grand Dispensaire médicinal par le sieur Jean de Renou conseiller et médecin du Roy. Lyon, 1624, p. 377.)

« Fumaria (fumus terrae). Vires: Splenetica est ac Epalica. Biliosos humores sensim expurgat. Hinc ususpraecipue in morbis llenls et in ictero. » (Schrôder, Thésaurus Pharmacologlcus. Leyde, 1672, p. 592.)

« Les Hépatiques sont medicamens familiers et amis du foye, comme le fumeterre (fumaria) et la rheubarlje (rhabarbarum). » (Jean de Renou, Lyon, 1624, p. 18.)

(( Fumusterrae : calidus in primo gradu, siccus in secundo. Epatis oppilationem aperit. » (Gonstantinus Africanus, De morborum cognltlone, lib. VII, p. 351.)

« De fumoterrae. Contra oppilationem splenis et hepalis detur succus ejus cum calido addito zuccaro. » (Platearius, De slmpllcl medlcina, fol. 181.) 2° Eau de rose :

(( Rosa est frigida in primo gradu, sicca in fine secundi. Valet epati, ejus enim oppilationem aperit. Aqua rosata calorem epatis mitigat. » (Gonstantinus Africanus, De morborum cognltlone, p. 344.)

« De dolore epatis. Gum quis maie fuerit coloratus habueritque dolorcm in dextro latere apud costas posteriores et fuerit ejus malus color citrinus.... Emplastrum quoque ex duobus sandalis et rosis et aqua rosata, cum panno lineo loco

INTllODUGTIOX. I.XIX

superponatur, elc » (Rhazès, De ciiralione morhonim,

cap. Lxvii, fol. 34.)

« Rosa bilem trahit et sanguinem biliosum expurgal. » (P. A. Mathioli Comment, in lib. tertium Diascoridis, cap. cxm, p. 166.)

« Pour Ishac ibn Amrûm, la rose convient à Testomac et au foie; elle réduit en particulier les obstructions de ce dernier viscère. » (CA\. Jorel, La Rose dans lanliqiiilé et an moyen age^ p. 463.) 3° Houblon :

(( Monsieur le vis amiral Coulloii au Roy mon souverain.

Sire, je me recommande à vostre bonne grâce tant et si humjjlcment comme je puis. Et vous plaise savoir que j'ay receu vos lettres et par icclles me escripvcz que vous ay envoyé derrein, ne sçait guères et n'est point bien à vostre appetiz et que vous envoyé le meilleur faiseur de cuite de Hollande que je pourray trouver. Sire je envoyrey incontinent en vostre ville de Rouen le père de ma femme pour se enquérir où il pourra trouver des meilleurs et suffisans de la ville pour ce faire, et aussi moy mesmes yray en vostre ville de Ilarefleu et de Caudebec et par tout le pays tellement que je vous envoyrey a ceste foys ({ue pourres choisir et prendre ce qu'il vous plaira. .. Priant Nostre Seigneur qu'il vous doint bonne vie et longue et accomplissement de vos très haulx et nobles désirs.

Escript en vostre ville de Honnefleu le XV^ jour de mars [1482].

Le bien vostre très humble sujet et obéissant.

('oullon. »

(Bibl. nal. Nouv. accj. fr. 1231, Col. lit.)

(( A Guillaume Buc([uet, escuier de cuisine dudit seigneur 32 1. 1 s. 8 d. tant pour un voyage qu'il a fait par l'ordonnance dudit S(mgneur partant de Thouars pour aller à Honnefleu, Arcjues, Rouen et autres lieux sercher du liobelon et le faire porter jusqucs au Plesseiz du Parc, comme pour ung homme qu'il a amené jusques audit Plessy pour illec le faire planter et l'avoir entretenu ung mois entier et aussy luy avoir baillé de l'argent pour s'en retourner en Normandie quérir sa femme pour venir demourer audit Plesseiz (|ue aussi pour avoir envoyé des gens par ledit pays pour sercher ledit hobelon et luy apporter. » (ii mai 1482.) (British Muséum. Mss. Egerton, 883, fol. 42.)

« Du houblon (lupulus) : H a la vertu de guérir la jaunisse. » (Jean de Renou, Lyon, 16*24, p. 408.)

« Lupulus. Vires : Flores sicc. 2. Usus praecipue in

I^XX PATHOLOGIE HISTORIQUE

obslruclione Lienis ac Epalis et inde in ictero. » (P/iarmacopoeia medico-chijmica de J. Schrôder, Leyde, 1672, p. 618.) Recours fréquent à saint Phalier, invoqué dans les maladies de la rate (voy. Broc de Segange II, 482).

B. Reins. — Nous pouvons constater le non-1'onctionnement du filtre rénal par les remèdes suivants : 1" Genièvre :

(( Monsieur le trésorier, j'envoye maislre Pierre Leprince i)ar delà ])oiir me faire finance de la bonne grayne de genièvre ainsi quil feist Vautreffoys que je luy envoyay el lui ay chargé la prendre toute autour de la garde, car c'est la meilleure de tout le pays et la f)lus rouge, et gardés bien sur tout (jue vous aymez ma santé, qu'il n'y ait point de faulte et à Dieu.

Escripl à la Mote d'Esgry le 16« jouj- d'aoust [1480]. »

Lovs.

(Bibl. Nat. 1'. fr. 0087, fol. 11.)

" A Guillaume du Jardin tapissier dudit Seigneur, jjour gresne de geneuvre, 5 s. t. |27 septembre 1480]. )> (Arch. nat. KK, 64, fol. 65.)

« De difficultate mingendi : cum urina minuitur, aut ex tolo retinetur, succurrendum est ex medicaminibus urinae provocativis.... Unum quorum est hoc, quod ^ Sem'ims jiiniperi, seminis fœniculi, etc.... » (Rhazès, De curatione morboriim, €ap. ixxin, fol. 42.)

« De junipero. Contra anuriam detur vinum decoctionis fructus ejus. » (Platearius, De simplici medicina, fol. 187.)

« Eaue de graines de Genévrier : Geste eaue est moult subtilative et rnundificative. Elle provoque Turine et les fleurs

des femmes » (Le grant propriétaire des choses, traité des

vertus et proprietez des eaux artificielles.) 2" Hijsope :

« Item ou moys de février [1483], le Roy voulut faire boulenger son pain d'eaue d'ysope, laquelle eaue fut amassée par toutes les maisons de ladite ville, et après ce qu'ilz furent assemblées en une maison à 7 h. de nuyt le Roy manda cju'ou lui envoyast toutes lesdites eaues aux Montilz et fut nécessité louer 15 hommes pour porter lesdites eaues. >■ (Comptes de Tours, t. XLyi, fol. 83.)

Gelse (1846, éd. Didot, trad. Nisard),!. II, ch. xxxi : « Les aliments qui sollicitent les urines sont toutes les plantes

LNTHODUGTKJX. I.XXI

aromaliques des jardins telles que le persil,... Vhysope (urinam auteni movent, quaecumque in horlo nascentia boni odoris sunt, iil apium,... hyssopum, etc.). »

« De ysopo. Isopus virluteai habet diurelicam. » (Platearius, De simplici medicina, fol. 186.)

« ïlyssopus. Urinas eliam movel. et ad urinae stillicidiuin utilis est.... » (Jacob Manget, Berum ad Pharmaciam galenico-chijmicam spectantiiim Thésaurus, 1703, t. I, p. 1017, col. 2.)

Eau de ysope sec. Geste eaue mondifie tresfort les reins. (Le grant propriétaire des choses, traité des vertus et proprietez des eaux artificielles.)

Recours à saint Laurent. (Pour la spécificité de saint Laurent dans les maux de reins, voy. Broc de Segange, II, 136.)

C. Asciie. — Les formes graves du paludisme par les troubles consécutifs du foie et des reins donnent souvent lieu à des sutïusions séreuses qui peuvent aller du simple œdème palpébral ou malléolaire à l'anasarque totale accompagnée souvent d'ascite. La maladie du roi en vint-elle à lui faire craindre ces troubles hydropiques ? Il faut noter toutefois que c'est postérieurement à la date de son affection palustre que Louis XI comble de dons saint Eutrope'.

" A mon frère monsieur de ïaiilebourg. Mon frère, je vous envoyé le double des repparacions de l'église mons"" Saint Eutroppe de Xaintes, que le prieur m'a envoyées. Je vous prie que vous y envoiez homme bien entendu et en ce connoissant, qui m'en saiche rapporter

1. Le patron de l'hydropisie, comme le dit Dindenaut, le marchand de moutons de Taillebourg à Panurge : « De leurs crottes limais ({u'il ne vous desplaise) les médecins guérissent soixante el dix-huit espèces de ma'adies. La moindre desquelles est le mal Sainct Eutrope de Xaintes, dont Dieu nous saulve et gard. » (Rabelais, 1. IV, ch. vu.)

Lacurne (s. v° mal. S. Eutrope) : « Icelle feme, tant qu'elle peut, cela sa ditte groisse el dist à son oncle qu'elle doubtoit estre malade de laditte maladie de St-Ytrope. »

Voy. sur la spécificité de S. Eutrope dans l'hydrojjisie, Broc de Segange, I, 307.

LXXII PATHOLOGIE HISTORIQUE

au vray la vérité desdictes repparacions nécessaires, et se on me trompe point; et le m'envoyez incontinant. Et adieu. Escript de Touars, le xxxj^ jo"i' de décem])re [1477].

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