LOYS
[Bihl. de VKc. des chnr/cs, IV'- série, t. I, p. 17. Louis XI, M. de Taillebourg et M. de .Ma igné.)
« A mon frère mons*" de Taillebourg. Mon frère, je vous a y envoyé ce que le prieur de mons^ Saint Eutrope de Xaintes m'a dit (ju'il faut, pour garder que l'église ne tumbe et reffaire ce qui est pourry et mauvais et en dangier de cheoir. Et pour ce que je ne sçay s'il l'a mis loyaument et s'il me veult tromper, ou s'il y est trompé lui mesmes ; car il l'a fait diviser par les maistres maçons qui sont aud. lieu et, comme vous savez, les ouvriers le devisent à leur avantaige pour y gaigner le plus qu'ilz peuent, espécialement quand ilz ont à faire à gens qu'ilz cuidcnt qui ayent bonne bourse, comme nioy, et ne s'en fault pas fier en eulx ; je vous pry, sur tout le plaisir que me voulez jamais faire, c{ue vous envolez ung des vostres qui se y congnoisse, et qu'il ne me trompe point et qu'il me mande combien il me fault d'argent pour ce que jo vous ay dessus dit. Et ne prenez point garde aux autres lettres que vous ay escriptes, car je ne les ay point divisées, mais cestes ycy je les ay divisées de mot à mot. Je vous envoyé à ceste cause nions'' de Millandres, pour y estre avec voz gens. Et adieu, mon frère.
Escript à Touars, le premier jour de janvier [1478].
LoYS. »
[Bibl. de VEc. des charries, IV'' série, t. I, p. 17. Louis XI, M, de Taillebourg: et M. de Maiefné.)
<( A Guillaume Chalouzy, varlet de fourrière, 13G 1. 16 s. 10 d. t. — pour le fait de ses logeiz durant le voyage (jue ledit seigneur a fait partant du Plessiz du Parc à Saint-Eutrope de Sainctes et retourner aux Forges, depuis le xxv'' jour de novembre oudit an mil CCCCLXXVIII, jusques au viii" jour de janvier ensuivant. » (Janvier 1479.) (Arch. nat. KK, 64, fol. 21 v°.)
Dans le IVIss. f. fr. 2905, B. Nat., contenant un recueil de pièces du règne de Louis XI, on trouve au fol. 13 une prière que le roi récitait pour demander au saint Évoque de le protéger de l'hydropisie, ou mieux de VEiitropisie.
Bibliolh. de VEcole des chartes, IV^ série, I, 17 (Extr. d'un recueil de mémoires du règne de Louis XI, Bibl. nat. f. fr. 2905, fol. 13) : « Martir Christi Eutropi, tua Deo placita prece, sana me semper et ubique ab ydropica infïrmilate. Ora pro me, béate martir Eutropi, ut ab eulropisi valeam per te sana ri.
IXTIIODI'CTIOX. LXXIH
Oracio.
Deiis (jui fidelibus luis, per oracionem l)eati Eiihopii, iiiarliiis lui at({ue ponlificis, cunctis ejusclem memoriam facienlibus, de quacumque infirmitate vel adversitalo tenercntur, liborari concessisti,
presta miclii, ({ueso, famiilo tiio ut pcr amorem ot honorcm ij)sius
Sana me aJ) i/dropico morho et ah omnibus mabs per Doniinuni ! »
§ 7. Système nerveux. — L'intoxication palustr(3 directe et Tauto-intoxication par le non-fonctionnement du filtre rénal amènent chez \q?> prédisposés (cf. Régis) des troubles nerveux, convulsions (Bouchard).
En 1476 Louis XI se plaint de palpitations de crrur : « lu « modo che questo maie mi ha mandato certo fumositate alla « testa, et fattomi venire uno tremore di core clie mi da c( molestia assay. » E sporgendo il braccio a m'" Panthaleone volse chel gli tocasse il polso '. »
<( Du tremblement de cueur : Tremblement de cueur est une passion que les phisiciens appellent cardiaque et vient de deffaulte du cueur souventes fois.... Elle est appelée cardiaque tremblant car on sent le cueur mouvoir en tremblant. La cardiaque tremblant aulcunes fois est sans fiebvre, aulcunes fois mélancolie est en cause de ccsle passion, et adonc est il advis au patient, quand il est couché, qu'il ayt sur son cueur un homme couché.... Derechief le cueur tremble aulcunes fois par fumée mélancolieuse et seiche qui trouble l'esperit. » {Le grant propriétaire des choses, 1. VII, xxxi.)
« Praxagoras pulsum arteriis attribuit, sicut nimirum et
1. (Dépêche de Francesco PieLra Santa au duc de Milan, 1:^ aoùl 1476 d. Briefe und Actenstûcke zur Geschichte der Herzo(je ron Mailand hgg. v. Chmel). Notizenblatl de l'Académie des sciences de Vienne, 1S56, n° 8, p. 182) : (( Sua maestà fece chiamare m''^ Panlaleone. Et dissi queste paroUe fermale in latino : « Ego sum passus « emoroydas, quas etiam alias habui, sed non fuerunt ita véhémentes, (c quod credo fuisse propter lal)ores animi et corporis in isto itinere '( et in cogitandis rationibus bellorum, et etiam propler abstinen- « tiam coitus, quia steti tanto tempore ahsens ah uxore mea. In « modo che questo maie mi ha mandato certo fumositate alla lesta, « et fattomi venire uno lremoi"e di core che mi da molestia assay. » Esporgendo il braccio a m''^ Panthaleone volse chel gli loccasse il polso. »
LXXIV PATHOLOGIE HISTORIQUE
palpitalionem, tremorem, el convulsionem, arteriam afîectus : ac pulsum sane in naturali statu habere : palpitalionem vero, tremorem, et convulsionem magnitudine inuicem differre, sed motus esse praeter naturam. » (Galeni Opéra, III clas. f. 52, V- E.)
« De Epilepsia. C.um aliquis cadit in terram et torquelur et commovetur et intellectum amitlit, dicimus ipsum epilej)licum esse.... In tempore vero quietis, corpus multoties erit evacuandum cumpiluliscochijs.... Ad ultimum etiam venlosas cum pauca scarificatione superponere utile est.
Aeger vero si ante accessionem nauseam aut iristiam aut rorclis tremorem sentit, et deinde aegritudinis accessio seqiiitiu\ cogendus est multoties vomere ex aliquo vomilivo, deinde pigram in potu saepe accipere convonit, etc.... » (Rhazès, De curatione morboriim, ca\). xi, fol. 7.)
(( De tremore cordis. Aliud valet cardiacis, timidis, epilep-
ticis. Recipe spicae, cinnamomi, etc » (Constantinus Afri-
canus, De morborum cognitione^ p. 6'J.)
Féré, Epitepsies et Epiteptiqiies, p. 329: « Les troubles circiitatoires liés à Vépilepsie présentent d'ailleurs une certaine variété; outre le pouls lent, on observe le pouls lent et découplé, les palpitations. »
Rappelons ici que le roi employait l'or, le remède spécifique au moyen âge dans les psychonévroses et contre les palpitations de cœur :
Electuarium. Confectio pretiosa. Auri poiabile. Cordiale est nobilissimum contra tremorem et pulsationem cordis... vertiginis, epilepsiae. (Jacob Manget, Reriim ad Pharmaciam galenico-chymicam spectantiiim Thésaurus, 1703, I, p. 788.)
Tous les troubles de la circulation (foie, hémorrhoïdes, ar- Ihritisme) amènent des troubles céphaliques. Nous venons de voir que Louis XI se plaint en même temps de « fumositale alla testa ».
« L'homme grossier et qui souffre, calme et docile, permet à la nature de le guérir, et au médecin de le seconder : ceux <[ui jouissenl, au contraire, de tous les avantages d'une éducation soignée, viennent-ils à invoquer nos secours, nous leur
INTHODICTIOX. I.XXV
demandons ce qn ils sentent, ils nous répondent ce (ju ils pensent. » (Richerand, Erreurs popul. en niédecine, p. "2, éd. 1812.}
Louis XI, qui se piquait de médecine, élail, plus qu'aucun ^ulre laïque, enclin à n'^pondre pathogéniquement quand on le <Iueslionnait sijmptomatiquement . 11 rattache ces troubles nerveux (palpitations de cœui\ vertij^es) à la présence des hémorrhoïdes. Le clinicien laisse de côté l'interprétation et enregistre le symptôme.
Troubles céphaliques chroniques depuis 1476. En voici plusieurs témoignages :
a. « Fumositate alla testa » dont nous venons de voir le roi «e plaindre à Pantaleone. Rappelons ce que dit Commynes dans la dernière maladie de Louis XI : u Incessamment se vuydoit qui lui ostoit toute fumée de la teste » (Commynes, éd. Dupont, t. II, 256).
b. Loudiers et dossiers de bois placés à son chevet pour lui tenir la tète très haute, et qu'on portait avec lui dans ses voyages (voy. ci-dessus, pp. XL-XLl, § 17 du Premier exemple). Nous en avons la première mention dès 1469 :
« Audit Pierre Quetier 50 s. pour 15 livres coton prins le 2r)*" jour dudit mois de janvier et livrées à Robin Charles coetepointier pour emplir et estolTer ung loudier fait de quatre aulnes deux tiers de toille livrée par Jehan de Provins ledit jour pour mettre contre le mur derrière le chevet du lit dudit seigneur. )>
(Arcli. nat. Comptes de l'Argenterie, KK, 61, fol. 35, janvier 14()9.)
c. Hyperesthésie crânienne au froid :
1" Chapeaux épais (voy. ci-dessus, 5^ 17, pp. XLI-XLIl). Dès 1469 le roi fait feustrer son chapeau de velours'. A cette même année, tocques doubles pour la nuit et bonnets à mettre par dessus (voy. p. XLI).
2° Procession du Parlement à Saint-Denis ordonnée par le roi pour demander la cessation du vent de bise^ Preuve que
1. A Jehan de Beaune pour ung cjuartier toille cirée emploie à feustrer le derrière d'un chappeau fait de veloux noir pour ledit seigneur le 22« jour dudit moys, 20 d. (Arch. nat. Comptes de l'Argenterie, KK, ()1, fol. 4;i, juin 1469.)
2. Ordre de Louis XI aux gens des conq^tes du trésor à Paris d'aller en procession à Saint-Denis pour prier Dieu de faire cesser un vent
LXXVI PATHOLOGIE HISTORIQUE
ce n'est pas seulement le iVoid qui lui faisait du mal (thermique pur), mais le vent de bise (météorologique).
d. Hyperesthésie à la chaleur : chapeaux gigantesques « el par le chaud valloit une pelile maison » (Voy. ci-dessus, pp. XLI-XLII, i; 17).
e. Hyperesthésie au mouvement : Louis XI, l'infatigable chasseur à courre et cavalier, se fait construire un chariot suspendu (chariot à nerfs branlant) dont Tusage était réservé aux femmes (d'où le nom de chariot damer et).
« A Ja({ues Saiivairo, sellier et targier diidil seigneur la somme de 410 1. 10 s. 6 d. que ledit seigneur a ordonnée à iceilui Jacques Sauvaige tant pour la façon d'un chariot de ners branlant qu'il a baillé et livré pour la personne dudit seigneur que pour les matières qu'il a fournies pour faire ledit charriol. )> (Bibl. Nat. f. l'r. 2;{266, fol. 10. Comptes originaux de Louis XI.)
« A Coppin Sauvaige, sellier dudit seigneur, 69 1. 14 s. 9 d. — pour avoir mené le cheriot de la fourrière dudit seigneur au moyen de ce qu'il avoit fait prendre les chevaux dudit cheriot pour mener son cheriot branlant (7 décem. 1481). » (British Muséum, Mss. Egcrton, 833, fol. 7.)
Il fait raboter les chemins :
« lîj mars 1481. A Françoys Lucas, conseiller et chambellain dudit seigneur 15 1. 15 s. 6 den. — pour le rembourser de pareille somme qu'il a baillée du sien à plusieurs povres gens, maneuvres, chartiers et autres ({ui ont liabillé les chemins et barrières depuis le Plessiz du Parc jus([ues à Saint Cosme. » (Arch, nat. KK, 04, fol. 114.)
Ce mode de locomotion le fatiguant trop, il le remplace par la voie d'eau, quitte à faire rompre les ponts et les écluses sur sa route.
7 février 148L A Estienne Ouvré et ]Milel, notonniers, 8 1. 13 s. 4 d. « pour avoir aidé à mener et conduire le basteau couvert dudit
de galerno (jui avoit fort incommodé le peuple l'année précédente. Donné au Plessis du Parc le 3'' jour de février [1483^ (Port. Fonlanieu, 142-143. Fontanieu donne : 3 février 1482) .
A noter là, comme dans l'ordonnance de Saint-Claude (citée p. LX\'I), que Louis XI dissimule toujours ({ue ce soit |)ourlui; de même à Saint- Claude pour la reine et le dauphin.
INTllODUCTION. LXWII
seigneur de Cliinon par dessus la galiace jusques au bois de Veole près Nostre Dame de Rnnère... el les autres... aclendant de passer ledit seigneur pour aler h Chanipaigne. )> (Arch. ual. KK, G4, fol. 107.)
f. Livres dans la bibliothèque du roi sur les Hemèdes pour la maladie de la lesle :
(( Item, ung grant coffre, à fest, couvert de cuir noir, ferré de fer blanc, estant en la gallerye de dehors à Amboyse, ouquel coffre ostoient les Hvres du feu roy Loys, et en icelluy la feue royne (que Dieu absoille) n'y vouloit toucher, mais vouloit (ju'ilz l'eussent baillez <'t renduz au roy son fdz.
Oudit colfre a esté trouvé ung livre couvert de veloux cramoisi commançant : Prologus beati Fortunati espiscopi.
Item, ung autre petit livre paint par dessus de fleurs de liz, qui est au commancement fait de chant.
Item, ung autre petit livre, couvert de cramoisi. De dolorihnz, estant en ung sac de cuir blanc et roge.
Item, ung grant livre en parchemin, couvert de veloux cramoisi, commançant : les Remèdes pour la maladie de la teste.
Item, ung grant livre en parchemin commançant : Sensuit la tab'.e du second livre des Canoniques Jehan Froissart, couvert de veloux cramoisi, mys en ung sac de cuir blanc et roge, »
(Tuetey, Inventaire de Charlotte de Savoie, Bibl. de rEc. des chartes, \m\, I, 328.)
g. Hagiothérapie. Le roi demande avec insistance Panneau de saint Zénobie (pour la spécificité de saint Zénobie dans les céphalalgies cf. Broc de Segange, t. I, p. 399),
Desjardins, Négociai, avec la Toscane, I, 191 (Lettre de Louis XI à Laurent de Médicis) : « Nostre Dame de Cléry, 9 juillet 1482. Mon cousin, mon amy, j'ay veu Taneau que avez baillé à monsieur de Soliers. Mais je désire bien savoir si c'est le mesme que le sainct portoit; pareillement (juelz miracles il a faicts, et s'il a nul guéry, et quy, et comment il le fault porter. Je vous prie que me advertissiez de tout le plus tost que pourrez, ou en rescripviez au général de Normandie bien au long. Pareillement, se vous avez de par de là nulle autre chose plus espéciale, qui porte la vertu dudit ancau, et se vous en pouvez trouver, envoyez-le-moy ou audit général ; et je vous en prie, sur tout le plaisir que me désirez faire. Et adieu, mon cousin, mon amy. »
Buser, Die Beziehungen der Mediceer zu Frankreich, 1879, p. oOii (Dokumente n" 'OC», 9 juillet 1482. Lettre de Lorini à Laurent de Médicis) : « Al nome di dio addi VIIII, di luglio 1482.
LXXVIII PATHOLOGIE HISTORIQUE
Liillima vi schripsi fu pcr timoiie corrieri che mi pincera labbiate auLa ; dipoi ma dato chariclio la M'=' del Re di schrivervi in suo nome affine che voi lavisiatc se lanello che avete dato a Mons. du SoHeri è quello proprio del santo, simile che sperienze afatte cosli et in che modo e comc sa a operare. Il perche come prima j)otote avisate di tutto alung-ho,
Desidera anchora sapere se cosli aveto altra coxa che a])hia fatto alchuna sperienza nella maladia sapete et seglie vero, che cierti grossi délia vergine maria o altra simile moneta battuta i pisani anno may fatto dicio alcuna sperienza, perche ne fu dctto a lione che costi inportsanta maria prese il ma le a uno, fulli messo uno di quelli grossi in mano et passo via. Priegovi che ditutto appieno vinformali et trovando coxa vera diquesto o daltro, che abbia fatti miracoli, ingengnatevi davere quello sara et perlante pref. mandate tutto et laspexa faro fare buona lo
P. S. Non sparmiate qualche ducato perfare jjresto risposta alla M*^'* del re diquanto vischrive : cioe il nome del santo et che miracoli a fatti et acchi et como, tutlo alhingho perche ala coxa achuore come potete stimare. »
(Au dos : 1482, l)a la corte del Re di Francia adi 26, (H luglio. Risposto adi 27.)
(( [Lettre de Louis XI à Laurent de Médicis pour le prier de lui envoyer Panneau de saint Zanobi.] Mon cousin, je vous ay naguères escript touchant Panneau de saint Zanobi. Je vous prie que vous me faites savoir que c'est, et s'il est possible que vous me le puissiez envoyer, vous me feriez le |)lus grant plaisir de tout le monde. Et si vous asseure que ceulx (|ui Pont ne doivent point doubler que je k; vueille avoir par don ne autrement que par prest seulement, car je le rendray touleffoys qu'il vous plaira, et n'y aura point de faulte. Et s'il vous plaist me faire ce service et plaisir, je le recongnoistray avecques les autres que m'avez faiz, si je })uis.
Mon cousin, je vous renvoyé la pièce de monnoyc et la chose qui est en manière d'Agnus Dei que m'aviez envoyez par mes secrétaires. Je vous en remercie tant que je puis. Et au regard de la croix, je Pay encores devers moy et ay chargé à maistre Pierre Parent envoyer ung de ses gens devers vous tout expressément et vous escripre dudit anneau, car je désire fort (jue je le })uisse avoir, et je sçay bien que vous vous y employiez voulentiers. Et adieu, mon cousin. Escripl au Plessiz du Parc le xiiii*^ jour de novembre [i482J.