Pour ce mot voy. ci-dessus page 59;j, note
2. Douet, 210 : a Mars 1383. Hennequin de la Leue, pour deux bazelaircs achetés par hii pour le Roy et monseigneur de Valois, mardi xvii jours de mars illec, 42 s. p. Symon de Longue-Rue, pour II dagues achetées de lui par Hennequin de la Leue pour le Roy et monseigneur de Valois, dymanche xv jours de février illec, 64 s. p. Regnault Hure, pour m pommeaux dorez achetez de lui pour mettre es dardes du Roy et de monseigneur de Valois, jeudi xxvi jours de février illec, 12 s. parisis. »
— i?a /g? équestre. Mandement de Charles F/ p. p. Moranvillé {Bibl. Éc. des Chartes, 1893, p. 719) : « 2G mars 1399. A plusieurs personnes, en recompensacion de ce que nous et aucuns de nos gens avions prins de leurs chevaulx en venant hastivement de Bar-sur-Seine à Paris au retour du voiage que naguères avons fait en notre pays de Languedoc, III'' frans. »
— Roi, il s'obstine à prendre part à tous les tournois en dépit de la dignité royale. Relig. de Saint-Denis, I, 253 : « Ce fut donc en présence du roi, des grands de France et de beaucoup d'autres seigneurs venus de Bavière, de Lorraine et d'Allemagne, que les noces [de Jean de Nevers] furent célébrées à Cambrai le 12 avril, avec une magnificence toute royale. Afin de rendre cette fête plus brillante, on donna des joutes et des tournois, où le roi fit admirer sa force et son adresse en descendant dans la lice et en fournissant neuf courses contre Collard d'Espinoy, chevalier du Hainaut. Les plus sages y trouvèrent à redire, comme à une chose peu convenable pour la dignité royale et contraire aux usages des anciens rois. » — Ibid. I, 563, cité ci-dessus p. 614.
§ 4. Système nerveux. Excitabilité et hyperémotivité du roi. Chron. des Quatre premiers Valois p. p. Luce, 283 : « Comme le dit cardinal d'Amiens estoit par devers le roy de France à Paris, aucuns de la court ennorterent monseigneur le Daulphin que le dit cardinal avoit ungdeable privé qui lui disoitles choses passées et avenir. Dont il advint que, comme le dit cardinal vint une foiz devers le roy de France, monseigneur le Daulphin y estoit. Et comme il vist le dit cardinal venir, il commença à seingnier par plusieurs fois et à dire : « Chassies ce dyable, fuyés ce dyable ! » De ce fut trop yrés et dolent à merveilles le dit cardinal. Et pria au roy qu'il feisttant à mon dit seigneur le Daulphin qu'il deist qui luy avoit dit que le cardinal avoit ung dyable privé. Monseigneur le Daulphin respondy : « Tout le monde le dit, » et que pour Dieu le roy n'aprochast point de lui, neonc n'en voullu dire autre chose; ne pour beau parler ne pour menace voult oncques dire qui luy avoit dit. »
Juvénal des Ursins, p. 5 : « Le roi avoit le cardinal
d'Amiens en grande indignation. La cause on disoit qu'il le hayoit, pour cause qu'il estoit bien rude au roy durant la vie de son père en plusieurs manières, et un jour appela Savoisy, et luy dit : Savoisi, à ce coup serons vengez de ce prestre] laquelle chose vint à la cognoissance du cardinal, lequel monta taniost à cheval, et s'en alla de tire à Doué en une place qui estoit à messire Jean des Mares, et de là le plus tôt qu'il peut en Avignon, et emporta ou fit emporter bien grande finance, comme on disoit. »
Absence d'inhibition sur ses réflexes (cf. p. 618, note).
§5. Fonctions g énésiqiies. Précocité.
Christine de Pisan, p. 231 : « Dont une foiz rapporté au roy [Charles V] que un chevalier de sa court, jeune et jolis pour le temps, avoit le daulphin instruit à amours et vagueté ; le roy, pour celle cause, le chaça, et deffendy sa présence et celle de sa femme. »
Excès sexuels. Chron. des quatre premiers Valois, éd. Luce, p. 325. Août 1392 (après la folie) : « Le duc de Bourgogne blasma moult ceulx qui avoient le gouvernement du Roy et de ceulx qui souffroient si dissolut gouvernement comme de veillier jusques au jour et rêver, jouer, banqueter et lever à nonne, disant qu'il n'appartenoit point à si noble prince comme le Roy de France de mener ne de usagier de tel vie, lui qui estoit jeune prince et de si noble estât et nom. »
Relig. de Saint-Denis, 1,563 : « Quelques taches cependant ternissaient l'éclat de ces qualités et méritaient d'autant plus le blâme que sa naissance était plus illustre. Les appétits charnels auxquels il se livrait, dit-on, contrairement aux devoirs du mariage, ne lui permettaient pas de douter qu'il n'eût hérité de la malédiction qui avait frappé le premier homme et sa race perverse. Toutefois il ne fut jamais pour personne un objet de scandale ; jamais il n'usa de violence ; jamais il ne porta le déshonneur dans une famille. »
CHAULES VI. 017
Section 2. — Antécédents psychiques.
§ 1. Etal mental. Normal. A relever un certain nombre de stigmates de dégénérescence :
§2. A seize ans état intellectuel retardataire. Douet, 223 : « Année 1383. Raoullet le Gay, sommelier de Cliappelle, pour une peaue de parchemin achetée par lui pour escripre les exemples du Roy en tout le mois de février, ce jourillec. Raoullet le Gay, sommelier de la Chapelle, pour n peaulx de parchemin, achetées par lui 20 d. p. la peau, pour plumes pour escripre exemples pour le Roy, en tout le mois d'avril. Raoullet Legay somelier de Chapelle, pour deux peaulx de parchemin achetées par lui, pour le Roy, à Compiengne, à escripre examplaires et ses matières; pour ce jour, illec, 2 s. 8 d. p. »
Crédulité du roi (voy. Chron. des quatre premiers Valois. p. 283, citée ci-dessus p. 615).
§ 3. Ronté, faiblesse, prodigalité. Belig. de St-Denis, r, 609 : « Le roi, dans sa prodigalité sans bornes, comblait de ses largesses tous ceux qui le sollicitaient : où son père eût donné cent écus, il en donnait mille; aussi avait-il entièrement épuisé le trésor royal '. ^
1. Rehgieux de St-Dcnis, I, 563 : « Il se distinguait par une telle affabilité, qu'en abordant les moindres gens, il les saluait avec bienveillance et les appelait par leur nom. Il entrait de lui-même en conversation avec ceux qui voulaient arriver jusqu'à hii ou ([ui le rencontraient en quelque lieu (juc ce fût, et ne refusait j)as d'écouter ceux qui demandaient à Tentretcnir ; aussi, tant qu'il vécut, se lit-il aimer de tout le monde.
Il n'oubliait jamais les services ou les offenses qu'il avait reçus, mais il n'était pas naturellement enclin à la colère, et ce n'était pas sans de graves motifs qu'il se laissait aller à des injures et à des reproches. Son langage était plein de douceur et d'aménité ; il accueillait avec bonté les ambassadeurs qui lui étaient envoyés et les comblait de riches présents : il en agit toujours ainsi. Il se fit
§ 4. Infantilisme, et espièglerie puérile de Charles déjà roi (ses déguisements).
Relig. de St-Denis, I, 563 : « On lui reprochait aussi de ne point se conformer aux usages de ses ancêtres, et de n'avoir pris que rarement et avec répugnance les ornements royaux, c'est-à-dire le manteau et la robe traînante; il s'habillait d'étoffes de soie qui ne le distinguaient pas des gens de sa cour, et se déguisait tantôt en Bohême, tantôt en Allemand ». — Cf. aussi Douet, 186. Année 1382 : « Le Roy, pour don fait
remarquer dès ses premières années par sa libéralité; plus tard sa munificence dépassa les bornes de la modération, au point de faire dire qu'il ne gardait rien pour lui que le pouvoir de donner. Néanmoins il ne se montra point avide du bien d'autrui ; il respectait les propriétés des églises et n'attentait pas, comme font les prodigues, à la fortune de ses sujets. »
Buonaccorso Pitti, Cronica, p. 33. (c 1382. Torniamo a la tornata, che lo Rè fecie al suo Parigi rubellato... E quando lo Rè fu presse a Parigi a mezzo miglio, tutt'i Cavalieri, e Scudieri, e huomini d'arme smontarono a piè in tre schiere, eccietto lo Rè, e suoi Reali, che nella sua schiera, ch'era la siconda, entrano a cavallo, e tutti gl'altri entramo a piè co'bacinetti in testa, dubitando di tradimento. Andamone al Palagio magiore, e smontato lo- Rè, mandô il bando, che ciascuno Cittadino, o vero Borgiese, portasse innanzi il corichare del Sole, tutte sue arme da ofendere, e da difendere, a una grande, e bella forteza, e abitazione reale, che è in Parigi, alla pena délia forcha. Il quale bando fu a pieno, e tosto ubidito; e comandô, che tutte le chatene délia Città fossono tolte, e levate via, et cosi fu fatto. E vidi uno Scudiere del Rè, che gli domandô, e chieseli in dono tutte le dette chatene. Lo Rè, che mai non clisse di nô di cosa, che gli fosse chiesfa, disse, che volea che fossono sue. Non parve alora, che il dono fosso molto di valuta, ma dipoi fu veduto, e saputo, che il detto Scudiere trasse di quelle chatene circa di frâ. x. miliad'oro. »
Douet. 212 : « Le Roy, pour argent baillié à lui par maistre Jehan de Montagu, secrettaire, et par Jehan Neelle, clerc de Cuisine, à jouer aux dez par ii fois, dymanche xii jours d'avril. Argent 5 1. par. Ledit seigneur, semblablement pour argent baillé à lui par ledit maistre Jehan de Montagu et Regnault d'Engennes, vallet tranchant, pour soy esbattre et jouer aux dez, lundi xiii jours d'avril. Argent G 1. 14 s. par. Ledit seigneur, samblablement pour argent envoyé à lui par Jehan Perdrier, clerc de la Chambre aux deniers, pour soy esbatre et jouer aux dez, jeudy xvi jours d'avril, le Roy à Orléans. Argent 2 1. par. Argent 18 s. par. Jehan de Sampi, eschançon, pour argent baillié au Roy par lui à jouer à la paume en la terrasse, merquedi vi jours de may. »
CHARLES VI. Gl'J
par lui aux massons qui ouvroient en son chastel de Compiègne : et le prindreut lesdiz massons pour ce qu'il ouvroit de leur meslier; ce jour illec. Argent 16 s. p. »
— Douet, 208 : « Année 1383. Jehan le Courant, huissier d'armes, pour vessies de beuf, achettés par lui pour Tesbatement du Roy, dymanche xxv jours de janvier le Roy illec. Argent 16 s. parisis. Le Roy, pour jouer à croiz et à pille, 2 frans, bailliez à lui par Pierre Le Borgne, escuier de messire Johan de Harcourt, mercredi xxxiii jours de janvier. »
Section 3. — Antécédents pathologiques.
§ 1. Nuls malgré les assertions sans fondement des historiens de seconde main (cf. ci-dessus, section 1,§ 3), à moins qu'ils ne prennent pour une maladie l'indication que je trouve dans Arch. Nat., KK. 48, f° 169 : « A Jehan de \'erdy varlet de garde robe du Roy nostre sire pour avoir rappareillé fourrures de deux longues houppelandes pour ledit seigneur qui estoient souillées d'unguemens pour ung clou qu'il avoit en la fesse et y avoir mis du gris en l'une et du menu vairen l'autre. » (1387).