‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 22 sur 183 · Jacoby, Etudes sur la sélection, p. 401, note · texte numérisé non relu

Jacoby, Etudes sur la sélection, p. 401, note

IXTUODUGTION. CXXIII

dans Tobservation chronologique des symptômes lui fait porter aussi un diagnostic basé sur cette chronologie toute personnelle, cjui est exactement le contraire de la vérité : il donne comme cause déterminante de la folie, la terreur éprouvée par le roi pendant l'incendie.

Comme cause prédisposante de la folie, M. P. Moreau de Tours, excellent clinicien, ne fournit pas d'autre indication que la suivante : « Maître à douze ans de cette puissance sans limites qui jeta souvent dans le délire les plus fermes esprits, etc.. '. »

La différence entre la science et la littérature est que celle-ci se contente de vagues à-peu-près, tandis que la première donne la formule qualitative et si possible quantitative de chaque fait.

Que penserait M. Moreau de Tours d'un étudiant qui, appelé par lui à formuler le diagnostic d'une maladie mentale, dirait : « Maître à douze ans, etc. » Le professeur lui rappellerait qu'il doit rechercher la cause prédisposante, la cause déterminante, la cause provocatrice, méthodiquement et en s'appuyant sur des faits. Il aurait demandé des renseignements sur la famille et surtout sur la mère et ses ascendants.

D'abord, le fait qui sert de base à l'étiologie de M. P. Moreau n'est pas exact. Loin d'être « maître à douze ans », Charles VI subit la rude tutelle, la férule du sévère Philippe de Bourgogne. Enfant bon et doux, faible, mou et crédule, il fait des bâtons pour apprendre à écrire à quinze ans; comme amusement on lui achète des vessies, il joue au maçon -.

Ensuite, quand bien même il eût joui du pouvoir sans limites, cela n'entraînerait à rien : la cause déterminante est nulle sans la cause prédisposante.

Comment un aliéniste peut-il remplacer les faits cliniques par des affirmations aussi vagues et se dispenser de rechercher les preuves, sans s'apercevoir que les conséquences qu'il en tire sur la royalty s'écroulent avec son étiologie imaginaire ?

1. D"" P. Moreau de Tours, Fous et Bouffons, 2« édit., p. 182.

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