‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 24 sur 183 · Commynes, éd. Dupont, t. I, p · texte numérisé non relu

Commynes, éd. Dupont, t. I, p

INTRODUCTION. CXXXV

A Tcnlrevue de Picquigny (1475), où fut signée la trêve avec le roi d'Angleterre, les deux princes jurèrent sur la vraie croix l'exécution du traité: « Après le serment fait, dit Gommines, témoin oculaire, nostre roy, qui avoit bien la paroUe à son commandement, commencea à dire au roy d'Angleterre, en se riant, qu'il falloit qu'il vinst à Paris, et qu'il le festoycroit avec les dames; et qu'il luy bailleroit monseigneur le cardinal de Bourbon pour confesseur, qui esloii celluij qui l'absouldroit très-voiilentiers de ce péché, si aulcun en avoit commis. Le roy d'Angleterre le print à grant plaisir ; et parloit de bon visaige, car il sçavoit bien que ledict cardinal estoit bon compagnon. » [Mémoires de Commynes, édition de la Société de rilistoire de France, t. I, liv. IV, ch. x, p. 376.)

B. Frère. Pierre II de Bourbon (1439-1503) sire de Beaujeu, épouse (1474) Anne de France, fille de Louis XI. — Troubles névropathiques et psychopathiques tardifs. Dans sa vieillesse violentes céphalées chroniques qui valurent à ce prince le sobriquet de Malateste (Lamure, II, 460). Dans la dernière période de sa vie (dit de son côté l'officieux Marillac, secrétaire de Charles de Bourbon) ce prince « estoit tout malaisé de Cespril et de la santé « (Chantelauze, toc. cit. p. 492).

C. Sœur. Isabelle de Bourbon (-j- 1465), épouse (1454) Charles le Téméraire.

Chastellain a noté le mécontentement provoqué chez le Téméraire (alors comte de Charolais) par l'étroite et bizarre liaison de sa femme Isabelle avec une bourgeoise de Bruxelles, Isabeau Mache-Foing, femme de Jean Coustain et fille d'un usurier de Dijon nommé Jehan Mache-Foing : «[Isabeau Machefoing] s'étoit moult enfiérie en sa fortune, et n'estoit joliveté, ne richesse, si convoitier Tosoit, qu'elle n'en finast et qu'elle ne lemist sur son corps, car elle avait le pourquoi; et, avec ce, elle estoit tant au gré de la comtesse de Charolois que par faveur y mise, elle en faisoit sa toute mignonne, et tout son privé repos mettoit en elle, souvent jusqiies à estre semblables en robes et en autres paremens, comme deux sœurs. Laquelle chose n'estoit point bien au gré du comte son mary, posé que par assez longue espace il en dissimuloit assez ; mais

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comme letousjours et longuement continuer le tannoit, enfin aussi en déceloit son courrage et monstra auques près que mieux l'eust aimée loin de la comtesse que près, ne si fiable. Car maintenoit aucunes notes sur elle, dont moins la prisoit ; et luy souverainement (le comte) aimait honneur et netteté en sa maison comme en sa propre personne. » (Chastellain, t. IV, p. 237-238.)

Du mariage d'Isabelle de Bourbon avec Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, qui fut la grand'mère de Charles- Quint.

D. Sœur. Marguerite de Bourbon (7 1483), épouse (1472) Philippe comte de Bresse, plus tard duc de Savoie. De ce mariage Louise de Savoie, mère du roi de France François I"^'.

Sur la mort par tuberculose de Marguerite de Bourbon cf. la Chronique de Jean de Roye (particulièrement exacte, comme Ta démontré Mandrot, sur tous les points touchant à la maison de Bourbon) :

« Oudit mois [d'avril] et an mourut madame Marguerite de Bourbon, femme de Phelipe monseigneur de Savoye contesse de Bresse, de maladie qui longuement luy dura ; et d'icelle maladie on n'y peut mettre remède quelle nen mourust etique, dont fut grant dommage, car elle estoit en son vivant moult honneste et bonne dame et pleine de grans biens et vertus. » {Chron. Scandai, ann. 1483, éd. Mandrot, II, 131.)

Guichenon (II, 174) dit de Marguerite qu'elle « mourut de phtysie au chasteau de Pont d'Ains le 24 d'avril 1483 » '.

Utilité que nous retirons de cette étude :

A. Découverte de la cause prédisposante chez Charles VI, vainement cherchée jusqu'ici-.

B. La source de Henri IV et des Bourbons; d'abord régressas pendant deux siècles, puis progressus biologique par une vigoureuse hérédité réparatrice.

C. La source de Charles-Quint et de Don Carlos, attribuée jusqu'ici uniquement à Jeanne la Folle.

1. Pour cette étude des Bourbons, voir le tableau à la fin de ce chapitre.

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