‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 36 sur 183 · Voy ci dessous liv. Il, chap. XVII, partie II · texte numérisé non relu

Voy ci dessous liv. Il, chap. XVII, partie II

CLVIII PATHOLOGIE HISTORIQUE

bornant à la simple étude des chroniques sans valeur historique (si on ne les a pas contrôlées par les pièces d'ar- €hives), les historiens se sont bornés à copier le texte de Froissart. Ne sachant pas que la fistule est un phénomène morbide, et le cautère un procédé thérapeutique et un exutoire artificiel, Sismondi écrit : u Froissart dit que par ordre du médecin il portait un cautère au bras ^ » De même H. Martin dit cautère (V, 331). Dans leur ignorance de la science médicale, ils ont fait un contre-sens et pris pour un traitement ce qui était un symptôme morbide.

Les médecins allemands, qui n'ont pas pris la peine de remonter à la source, lisant l'histoire de France dans Sismondi et H. Martin, répètent : eine Fontanelle'^ et bâtissent un système sur ce prétendu cautère.

A la haine de l'agnosticisme, si vivace encore de nos jours, le moyen âge ajoute l'incapacité de comprendre la mort comme une fonction natiwelle (cf. Littré dans Discours Acad. de Renan). Dès lors, la cessation de la vie, lui semblant un fait mystérieux et anormal, ne peut être rapportée qu'à une cause extraordinaire. C'est toujours le poison : pour Duguesclin, Charles V, Louis VIII, etc. Si Charles VI est fou, c'est encore le poison donné comme aphrodisiaque; si Louis VI est pâle, si Charles V est chauve, etc., c'est toujours le poison ^

Ainsi de nos jours la mort de Chanzy, Skobeleff, Miribel a prêté à la même légende, la déséquilibration et la nervosité des modernes y aidant.

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