AVANT-PROPOS. III
clinique moderne^ — la pathologie médiévale) suffisait d'ailleurs à justifier la nécessité d'une exposition méthodique des principes de la clinique dynastique. C'est à bon droit que Descartes se déclarait toujours mécontent des livres dans lesquels « on ne paraissait « pas dire assez clairement à l'esprit pourquoi les « choses étaient comme on les montrait, et par quels « moyens on parvenait à leur découverte ». (Descartes, éd. Cousin, XI, 219.)
J'ai prononcé le terme àe principes. Peut-être le mot plus modeste de « règles » ou de « préceptes » eût été ici mieux à sa place. Le terme ambitieux de principe suppose une science déjà constituée et dont on a pu dégager les formules génératrices et la synthèse. En pathologie historique, « science encore embryonnaire (a dit Littré), et dont le développement sera Tun des offices intellectuels du xx^ siècle », la méthodologie ne peut que se réduire à l'établissement d'un certain nombre de règles purement pratiques et visant le coefficient de certitude dont peuvent être affectées la découverte et l'interprétation des divers ordres de symptômes cliniques du passé.
Ces })réceptes n'ont d'ailleurs qu'une vertu purement négative. Comme les procédés de la logique formelle, leur fonction n'est pas tant de nous
jy AVANÏ-PHOPOS.
api.rendre à penser juste, que de nous préserver de
penser mal, - les règles scientifiques n'étant, selon
le mol de Condillac. « que des garde-fous mis sur les
, ponts non pour faire marcher les voyageurs, mais
« pour les empêcher de tomber » .
INTRODUCTION