‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 54 sur 183 · C. Antécédents pathologiques. Pas de renseignements · texte numérisé non relu

C. Antécédents pathologiques. Pas de renseignements

i:^ 4. Mort. Consécutive à une attaque d'apoplexie {Chron. de Ducibus Bav. d. Bœhmer, Fontes, I, 144. — Annales Eistett. p. 531). — Viti Arnpekhii Chronicon Bajoariae Pez III, c, 341 : « Venerunt igitur venatores ad Imperatorem dicentes quod ursum invenissent. Oui cum magna delectatione et venandi libidine cum duobus militibus sylvam petiit. Ubi dolore vehcmenti ex vertigine capitis de equo corruens inquit : 0 dulcis Virgo Maria, adesto morti meae! Haec dicens in gremio cujusdam rustici mortuus est. » — Epist.

démentis VI ad Cardin. Bertrandum (ap. Rainald. a. 1347, n° 9) : « Credimus ad tuam nolitiam perduclum, qualiter inveteratus ille dierum malorum Bavarus, hostis Cliristi et Ecclesiae siibitanea morte de medio sit sublatus^ »

§ 5. État psychique. Alb. Mussato, Liidovîcus Bavants (Muratori, X, col. 784) : « In armis strenuus et audax ad omne discrimen, sed praeceps... In adversis consilio egens, jocosus atque urbanus. In incessu citus. Frequens sessionum et locorum mutator. »

La vie politique de l'Empereur est trop connue pour que nous y insistions. Intelligent, actif, mais astucieux, faible de caractère et confinant à l'état psychopathique par son extrême motilité d'humeur et l'absolu manque de suite dans ses projets. Sa méfiance semi-pathologique (Louis prenait tous les jours un contre-poison) tient de la psychose de la persécution. Riezler nous a donné de ce prince un très remarquable portrait {Gesch. Bai. t. Il, p. 502-507).

Section 6. — Sixième génération.

§1. Stephan II de Bavière-Landshut (1319-1375) dit l'Agrafé (« der Gehaftete », on « Stephan mit der Hafte », fibulatus), surnom qu'on ne rencontre jamais dans les sources du xiv^ siècle (Riezler, II, 105) et que cet historien bavarois ne sait à quoi rattacher (/. c. p. 106).

1. Et Aventin, Annales ducuni Boiarine, éd. Riezler, II, 456 : « Eodeni anno dum imperator Litavicus, quod senectus ipsa, quemadmodum vulgo dici solet, morbus sit, valetudini suasu medicorum venatibus indulgendo consuht ac inter Monachiuiii et Augustam Rhetiae proximc Furstoveltas et vicum Bochos.. venationi operam dat, ..quinto idus Octobris circiter meridiem de equo lapsus repenliiio atque inopinato fine (apoplexiaii vocant) naturae concedit. vixit annos treis et sexa^çinta, imperavit treis atque triginta, minus diebus sex. locus, ubi mortuus est, Caesaris pratum inde vocatur. corpus a monachis Furstoveltas translatum, ut cum parentibus conderetur. »

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§ 2. Anamnèse collatérale. Frère aîné : Louis V, margrave de Brandebourg (1315-1361).

A. État somaiiqiie. En 1359 maladie chronique non définie (Meichelbeck, Ilistoria Frisingensis, II, 156, 178-185).

B. Mort. Louis de Brandebourg meurt subitement à l'âge de quarante-six ans le 18 septembre 1361 [Annales Eistettenses 548. Monum. SS.).

Sur la fable de Tempoisonnement cf. Filippo Villani (Muratori, XÏV, 744).

Sur Tétiologie probable de cette mort subite chez Louis V — fils d apoplectique (sect. 5, § 4), — petit-fils d'hypocondriaque fsect. 4, § 3), — frère de fou (ci-dessous, § 3), — cf. l'étude de nombreux cas analogues dans l'excellente monographie de Cullerre, Des morts subites dans les familles névropathiqiies [Ann. Médico-psychol. 1" série, t. XV, janv. 1892) et Brouardel, La Mort et la Mort subite, 1895.

C. Etat psychique. Normal (cf. Westenrieder, Betrachlung liber Ludwig den Brandenburger, passim).

§ 3. Anamnèse collatérale (Suite). Frère cadet* : Guillaume III diiVInsensé, comte de Hollande (1333-1388).

En mai 1357 condamne au feu l'un de ses secrétaires pour une faute vénielle (Cf. le récit de son contemporain Philippe de Leyde De Reipublicae cura cas. LXI, p. 209, — cas. LXX, p. 240, 258) ; quelques semaines après (août 1357) il poignarde sans motif un seigneur flamand, Gérard de Watringen (Id. ibid^ et Riemer, Description de la Haye, t. I, ch. iv, p. 184).

Il fut dès lors gardé à vue, et son état mental s'étant aggravé, il fut enfermé au château du Quesnoi où il vécut encore trente et un ans (Joann. à Leydis, 1. XXX, cap. 27, p. 284; — Van Mieris Ilistoria Hollandiae, II, 520), en proie à des accès furieux de manie aiguë.

1. 11 n'est que demi-frère de Stephan II et de Louis V, étant né du second maria^^e de l'empereur Louis IV avec Marguerite de Ilainaut, fille de Guillaume comte de Hollande. Nous ne mentionnons Guillaume III qu'à titre de renseignement complémentaire.

Sur la forme de sa folie cf. la relation de son contemporain, le très exact chroniqueur Jehan le BeP.

§ 4. Etat somatique. Pas de renseignements.

§ 5. Mort. Non définie : « Anno D. 1375 Stephanus senior obiit in die Gordiani et Epimachi et sepelitur in Monaco, etc.. » (Oefele II, 567). — « A. D. 1375 Stephanus dux Bavariae obiit. » (Veit Arnpeck d. Pez III, c, 368), — Nous ne pouvons accepter l'affirmation (sans preuves) d'Aventin [Annales^ 1. VII, cap. 21) qui assigne àla mort du duc une cause d'ordre psychique: « Stephanus, fratrissocordiae iratus, sexto idus Maii Monachii moritur » (éd. Riezler, II, 472).

§ 6. État psychique. Normal. Sur l'incontestable valeur politique d'Etienne II, cf. Riezler, Gesch., III, 106.

Section 7. — Septième génération.

§ 1. Stephan III de Bavière-Ingolstadt (f 1413) dit le Magnifique, le Bien paré (der Kneyszel)'-. — Père d'Isabeau de Bavière.

1. Jehan le Bel [Chron., éd. Polain, I, 322) : « Comment le corde Willaume de Haynau entra en frénésye et perdy sens et mémoire : Mais ainchois, vouldray-je dire qu'il avint à ce duc Willaume de Bavière, conte de Haynau, de Ilolande et de Zélande. Sachiez qu'il estoit grand et joeune, fort, noir et légier, et plus apert de son corps que nul de son pays ; et avoit à femme la fille du proeu et vaillant duc de Lencaste ; et estoit de si desguisée manière et si estrange qu'il ne daignoit ains saluer ne encliner aucunement comme grand prince ; et ne prenoit solas à dame ne à demoiselle, en leste ne aultrement ; et ne créoit nul e spécial conseiller, fors que ung tout seul que on appelloit maistre Therry ; et si ne povoit-on sçavoir parfaitement quand on estoit bien en sa grâce ou non. Dont il avint au derrain, et assez tost aprez qu'il eust fait l'acord entre le conte de Flandres et le duc de Brabant, qu'il perdit sens entièrement, et luy convint lier pyez et mains le plus du temps; et furent depuis les deux pays Haynau et Ilolande gouvernez par madame sa femme qui n'en eut oncques enfant, et au derrain par son frère aisné le duc Aubert. »

2. Arnpeck, cap. 60 (Pez III, c, 369) : « Stephanus dux possedit Ingelstadt... vulgo diclus est Kneifl'el ». Faute, dit Riezler (Gesc/<. Baieras, t. 111, p. 107, note 4), en Bavarois Kneyszel.

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^ 2. Éiat somalique.

K.llabiliis extérieur. — Arnpeck, cap. 60 (Pez III, c, 3G0 : (( Hic largus et stalura pusillus erat. »

B. Anlécédenls physiologiques. « Vir jocundus et amator mulierum » (Arnpeck, /. c).

A noter la ressemblance d'Isabeau à son père :

Car elle estoit basse el brunetle.

Plaine de sy grand gaiclé, Ne de sy grand joliveté, Sy amoureuse, ne sy lie...

(Le Pasioralet, éd. Kervyn, p. 578.)

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