HÉRÉDITÉ ASCENDANTE DIRECTE
§ 1. Père. Charles VII roi do France (1403-1461). Section 1. — Anamnèse collatérale.
§ 1. Le citrricuhun vilae des enfants dTsabeau ne non s fournit (fante de textes contemporains) que peu de renseignements sur la famille mentale de Charles Yll.
De ces onze frères ou sœurs du Roi, quatre (Charles 1386- 1386; Jeanne 1388-1390; Charles 1392-1401; Philippe 1107- 1407) moururent en bas âge ; — trois n'atteignirent pas vingt ans (Isabelle, novembre 1389-septembre 1409; Louis 1397- I4l5 ; Jean 1398-1417); — quatre eurent une vie de durée normale (Jeanne 1391-1433; Marie 1393-1438; Michelle 1395- 1422; Catherine 1401-1438).
Nous relèverons dans les particularités de cette anamnèse celles-là seules qui peuvent avoir une signification pour la constitution delà formule biologique de Charles VII.
§2. Charles (1392-1401). Les textes contemporains nous apprennent seulement cpie ce second fils dTsabeau (troisième enfant) mourut à Page de neuf ans, d'une maladie qui est évidemment une adénopathie trachéo-bronchique, forme de la tuberculisalion chez Tenfant (Juvénal des Ursins, éd. Buchon, p. 410 : « Charles fils du Roy, qui estoit un très-bel enfant, fut très-griefvement malade, et devint ecliqiie et ioiil
sec. On ordonna prières eslre faites par toutes les églises de Paris, et fut fait ainsi, et en plusieurs et diverslieux. Toutesfois il alla de vie à trespassement, dont tous furent desplaisans. » — Religieux de Saint-Denis, tr. Bellaguet, II, 770 : « Depuis deux mois une grave maladie l'avait réduit à un état de maigreur effrayante. Son corps n'avaitplus que les os et la peau.»).
§ 3. Michelle (1395-1122) femme du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Morte à vingt-sept ans d'une maladie « de langueur » non définie, avec accompagnement de troubles nerveux (Chastellain, I, 341 : « Sy est vray que ceste dame IVlichelle estoit première espouse à ce duc de Bourgongne Philippe, qui cordialement l'aymoit et l'avoit aimée tousjours. Depuis, la noble dame, dès que elle s'estoit perçue de la fausse et criminelle mort du duc Jehan [Jean sans Peur], laqueMe on imputoit à son frère le dauphin, et dont elle doutoit que son seigneur et mary à tousjours ne la tinst à despecte et contrecœur, certes, pleine de mérancolye, devint malade à Gand, là où elle avoit sa résidence ; et finalement chut en lit, où elle paya son dû.. . Or y avoit-il diverses murmures en Gand sur la manière de ceste mort ; car disoient les aucuns, comme j'ai dit, que mérancolye du cas advenu la mena à langueur par doute qu'elle forma contre elle, que son mary dès lors en avant ne la vist à regret; et par ainsi la mort lui pouvoit estre naturelle et consonnant au vray. Autres, eux fondant en souspechon de parfond regard, maintenoient que ceste mort avoit esté avancée par venin, et ce, par une dame nommée Ourse, Allemande de nation, dont jamais toutes-voies ne furent attaintes les preuves, etc.. »).
§ 4. Louis duc de Guyenne (1397-1415).
A. État somatiqiie. — Les renseignements que nous fournissent les chroniqueurs nous permettent de conclure que Louis est mort tuberculeux :
Hémoptysie : Ju vénal des Ursins, p. 481 (année 1413) : «... Du courroux qu'en eut monseigneur de Guyenne ', il fut
1. A la suite do renvahissement de son hôtel par les Cabochiens et de la scène du 9 juillet 1413.
trois jours qu'il jcltoit ol crachoit le sang par la bouche, et en fut très bien malade. »
Le Religieux de Saint-Denis dit non pas trois jours, mais miiliis feriis successivis ^ : « Dux autem Guienne, dolore tactus intrinsecus ex displicencia procedente, multis feriis successivis sputum sanguinolentum emisit » (Religieux de Saint- Denis, V, p. 80-81, livre XXXIV, cli. xxni).
En décembre 1415, diarrhée et fièvre : Religieux de Saint- Denis, V, p. 586-587 (livre XXXVI, cap. xiv) : « Tune enim circa decembris inicium profluvio ventris cepit graviter anxiari ; quo durante, quia in toto medicorum consilium noluit observare, accessit et febris pestilens; et sic invalescente egritudine, décima sexta die liujus mensis, anno etatis sue [19], condicioni mortalium satisfaciens, post suscepta ecclesiastica sacramenta, viam universe carnis ingressus est. »
Bellaguet a traduit inexactement profliwiiim venlrispsiV dijsenierie^. Il y a ici différence non de degré, mais de nature. C'est la diarrhée colliquative du phtisique.
La fièvre du duc est désignée dans le Songe véritable^ par febre qiwiidiana (cf. Moranvillé, Glossaire du Songe véritable, p. 396), d'où l'on peut conclure que Louis n'est pas mort des fièvres, mais de consomption et que sa fièvre était la fièvre hectique des phtisiques.
Notons qu'il est emporté à l'entrée de l'hiver, évidemment à la suite d'un refroidissement : « Levendredy ensuivant, jour
1. il/«/h"s faussement traduit par Bellaguet "pair plusieurs. Le texte doit être traduit ainsi : « Le duc de Guyenne fut si violemment affecté de cette scène qu'il cracha le sang cliaque jour pendant longtemps. »
2. Profîuviuni ventris sigmiic diarrhée (flux de ventre). Au moyen âge il y a toujours dysenieria lorsque l'on veut désigner la dysenterie. Ainsi Walsingham, Ilistoria Anglicana (éd. Riley), I, 343 : (( Rex itaque diutina intempérie, quam ex nimio et diutino labore contraxerat, intérim incidit in febrem acutam, cum dysenieria vehementi, quae in tantum ejus vires consumpserant, quod medici eidem medicinas aliquas intrinsecas apponere non audcbent, scd de ejus vita penitus desperabant )>. — Id. ibid. I, 285 : « Hoc anno, Burdegaliac ex dysenieria pcne quatuordecimmillia hominum periere ; tantumque pestisinvaluitin Aquitania et Wasconia,quodvindemialoresetuvarum calcatores in patria defecerunt ». — Chron. Parisienne anonyme Hellot, p. C2 : «... l'agrevementdu flux de ventre qui esi disl sang... »
de Sainct-Nicolas d'hyver [6 déc.]... après disner, le duc de Guyenne alla voir sa mère, qui estoit malade à Sainct-Paul, et retourna au giste à l'hoslel de Bourbon, et le lendemain il accoucha malade » (Juvénal des Ursins, p. 525, an. 1415). Louis meurt le 18 décembre 1415.
B. Etal psychique. — Si Louis eût vécu assez longtemps pour succéder à son père, Thistoire de France aurait eu à enregistrer, à la place du règne de Charles VII, celui d'un mélomane bizarre, impulsif, émotif et moralement déséquilibré comme on peut l'induire du jugement unanime des contemporains (qu'ils soient officieux comme le Religieux de Saint-Denis, — Armagnacs comme le greffier du Parlement de Paris Nicolas de Baye, — Bourguignons comme l'auleur anonyme du Journal d'un Bourgeois de Paris) :
Religieux de Saint-Denis, V, 589 : « Il avait peu de goût pour le métier des armes. Il n'aimait point à deviser familièrement avec les autres seigneurs, ou à se montrer affable, comme son auguste père, à tous ceux qui l'approchaient. On eût dit qu'il lui répugnait de paraître en public ; car il s'enfermait ordinairement dans les endroits les plus retirés du palais avec quelques-uns de ses serviteurs, pour jouer de la harpe et de l'épinette^ et il avait l'habitude de prolonger ses repas fort avant dans la nuit, ce dont on le blâmait généralement. Aussi, comme il dormait souvent jusqu'à midi, n'avait-il pas le temps d'expédier les affaires de l'État, dont son père lui avait abandonné la direction. 11 avait encore déplus grands défauts, qui déplaisaient fort à la noblesse, et il n'endurait les reproches de personne. Si quelqu'un de ses serviteurs s'avisait de lui dire qu'une telle conduite n'était pas digne du fils aîné du roi, il le chassait aussitôt de la cour, lui ôtait son office. »
Nie. de Baye, Journal, II, 231 : « Mercredi, xviij^ jour de décembre. Cedit jour, monseigneur Loiz de France, ainsné filzdu Roy nostre Sire, Dauphin de Viennoiz et duc de Guienne, moru de l'aage de vint ans ou environ, bel de visaige, suffisamment grant et gros de corps, pesans et tardif, et po agile,
1. A noter le côté bavarois frappant ; — rappelle la folie des Wiltelsbacli (le roi Louis II et Wagner) .
voliintaire eX moult curieux à magnificence d'abiz et joiaux circa culliim siii corj)oris, desirans grandeur d'onneur de par dehors, grant despensier à ornemens de sa chappelle privée à avoir ymages grosses et grandes d'or et d'argent, qui moult grant plaisir avoit à sons d'orgues, lesquelx, entre les autres oblectations mondains, hanloit diligemment . Si avoit-il à musiciens de bouche ou de voix, et pour ce avoit chappelle de grant nombre de jeune gent, dont en avoit levé puiz ij ans vj ou vij des petits enfans de l'église de Paris à une seule foiz, et pluseurs de la Saincte Chappelle du Palaiz, et si avoit bon entendement, tant en latin que en françoiz, mais il emploioit po, car sa condition cstoit à présent d'emploierla nuit à veiller et po faire, et le jour à dormir, disnoit à iij ou iiij heures après midi et soupoit à minuit, et aloit coucher au point du jour ou à soleil levant souvant, et pour ce estoit aventure qu'il vesquist longuement. »
Journal cViin Bourgeois de Paris (éd. Tuetey), p. 66 : « Item, environ la fin de novembre, l'an mil un" et xv, le duc de Guienne, ainsné fdx du Roy de France, moull plain de sa voulenté plus que de raison, accoucha malade et trespassa le xviii'^jour de décembre oudit [an], jour mercredi des nii Temps. »
Geste des nobles (éd. Vallet de Viriville), p. 157 : « Chap. 142. Mort du duc de Guienne. En cellui an trespassa ou chastel du Louvre le duc Loys de Guienne sans lignie de son corps. Lequel fut pompeux, paresceux, inutile, lasche, paoureux et peu amoit ceulx de son lignaige. »
Sur le rôle politique de Louis de Guyenne cf. le remarquable travail de A. Coville, les Cahochiens et Vordonnance de 1413, et la notice de L. Pannier sur les Joyaux du duc de Guyenne.
§ 5. Jean duc de Touraine (1398-1417). Scrofulose. Mort consécutive à une otite tuberculeuse (pour la discussion de l'affection, voy. la leçon du D"" Albert Robin dans la Médecine moderne de 1891, p. 809, document capital pour l'histoire clinique des otites) :
Religieux de Saint-Denis, VI, 16, tr. Bellaguet : « Quelques personnes prétendirent qu'il avait été empoisonné, mais il est plus exact de dire qu'il succomba aux suites d'une lisUile à
Toreille, qui en se fermant avait produit un abcès mortel. » Monstrelet, 1. I, eh. clxx : « Le comte de Hainaut s'en alla hastivement à Compiègne, où estoit le daulphin, son beaufîls, lequel il trouva très griefvement malade, de laquelle maladie il trespassalejourde Pasques fleuries. Etavoitemprès une oreille un apostume, lequel se creva par dedans son col et Vestrangla. » Sur la symptomatologie de cet « estranglement » cf. le curieux passage du Manifeste de Jean sans Peur contre les Armagnacs (25 avril 1417) envoyé aux bonnes villes du Royaume (Pannier, Louis duc de Guyenne^ p. 19) : « Et [de Paris] nostre dit très redoublé Seigneur et neveu arriva audit lieu de Compiègne le jour de son parlement de haute heure, combien qu'il y ait vingt lieues de distance dudit lieu de Paris jusques audit lieu de Compiègne, lequel inconvénient n'a pas esté seul : Car le soir dudit jour, nostre dit 1res redoublé Seigneur et neveu fut Ires griefvement malade, et sans longtemps après est allé de vie à trepassement, tout enflé parmi les joues, la langue, les haulevres et la gorge, et les yeux eslevez et saillants hors, laquelle chose est grant pitié à voir, vu qu'icelle fourme de mourir est une des manières dont gens empoisonnés ont accoustumé de mourir, et l'ont empoisonné les dessus dits rapineurs pour pareille raison qu'ils empoisonnèrent nostre dit très redoublé seigneur son frère. »
Si nous laissons au duc de Bourgogne la responsabilité de son étiologie fantaisiste (inventée pour les besoins de la polémique politique), il est impossible de ne point être frappé de l'exactitude clinique du portrait tracé par Jean sans Peur.
Arétée, il y a dix-huit siècles, notait déjà, dans les crises mortelles d'étouffement, « la face vultueuse et violacée, les yeux saillants comme chez ceux qu'on étrangle ».
Section 2. — Anamnèse personnelle.
Etat normal [somatique).
§ 1. Ilabitus extérieur. — Chastellain, II, 178 : « Cesluy Charles donques septiesme, de qui les histoires, entre les
autres ses devanciers, sont à esmerveillier pour les choses qui en son temps furent inopinables, à proprement le descrire au vif, selon que nature y avoit trouvé, n'estoit [pas] des plus spéciaux de son œuvre, car moult estoit linge et de corpulence maigre ; avoit faible fondation et estrange marche sans portion ; visage avoit blême, mais spécieux assez. En luy logeoit un tresbeau et gracieux maintien. »
Thomas Basin (éd. Quicherat), I, 312, 1. V, ch. xxn : « Fuit autem ipse Carolus rex statura mediocri et bona facie, satis venusta, aequis humeris, sed cruribus ac tibiis justo exilior atque subtilior. Cum togatus esset, satis eleganti specie apparebat ; sed cum curta veste indueretur, quod faciebat frcquentius, panno viridis utens coloris, eum exilitas cruris et tibiarum, cum utriusque poplitis tumore et versus se invicem quadam velut inflexione, deformem utcumque ostentabant. »
Pour la déformation articulaire et Tanomalie de volume du membre inférieur chez Charles Vil, voy. ci dessus, page 44, § 1 .
Nous avons dit la signification (au point de vue de la dégénérescence héréditaire) de ces malformations congénitales liées à un vice de développement : il est donc superflu d'insister sur ces stigmates physiques.
§ 2. Fondions de nutrition. — Chastellain, II, 185 : « Estoit morigéné assez et sobre à table. »
Basin, I, 312 (1. V, cap. xxn. De moribiis et conditionibus Caroli Régis) : « Cibi ac potus satis temperans fuit, quod eidem ad valetudinis bonae conscrvationem plurimum conferebat. »
Portrait de Chartes VII par Henri Baude dans Chron. de J. Chartier(éd. Vallet de Viriville), t. III, p. 129 : « Il prenoit deux repas le jour seulement. Il parloit et buvoit peu. »
§ 3. Fonctions génésiques. — Sur le harem du vieux roi Charles VII [copiosiis grex inatiercutariim), — sur ses excès génésiques pendant les vingt dernières années de sa vie, — cf. le témoignage unanime des contemporains :
Chastellain, II, 185 : « Avec femmes il desvoya plus que assez et fut exemple de grant mal et de grant playe en son temps. »
Basin, I, 313 : « Lasciviis non modo in prima aetate, verum etiam jam senex, satis et supra, quam fas honestumquc fuisset, deditus fuit : in hujusmodi ministrantibus sibi, qui circa se aderant, assentatoribus, ut tali ministerio ejus sibi gratiam ac favores ampliores conciliarcnt. Unde, tempore trcugarum quac inter ipsum et Anglicos cucurrerunt, habuit in deliciis unam praecipuam satis formosam mulierculam, quam vulgo « pulchram Agnetem » appellabant : nec eam quippe solam, nec ipsa eum solum, sed cum ipsa etiam satis coplosum gregem inuliercularum omni vanitatis generi deditarum. Qui pellicum grex, proh dolor! sumptuosus nimis atque onerosus regno tune pauperi exsistebat. Nam quoquo ipsc rex pergcret, illo etiam cum apparatu luxuque regali gregem illum advehi oiDortebat, ad quarum vanitates pascendas infmita quodammodo pecunia expendebatur, et longe amplior quam status reginae consumerct. Quae, licet niliilominus tantum studii, gratiae ac favoris eisdem impartiri non ignoraret, easdemque frequentius simul cum ea in eodem Castro seu palatio sciret hospitari, tamen patientiam prœstare sibi opus erat, ita ut nec mutire propterea ausum habcret. »
Dépêche de l'ambassadeurmilanaisCamulio (9 mai 1460, Beaucourt, VI, 422): « El re de Francia protinus lie in governo de femine. »
J. du Clercq, IV, 29 : « Après laquelle Belle Agnès morte, le Roy Charles accointa en son lieu la niepce de ladicte Belle Agnès, laquelle estoit femme marriée au seigneur de Vilecler ; et se tenoit son mai y avec elle ; et elle estoit bien aussy belle que sa tante ; et avoit aussi cinq à six damoiselles des plus belles du royaulme, de petit lieu, lesquelles suivoicnt ledit Roy Charles partout où il alloit ; et estoient vestucs et habillées le plus richement qu'on pooit, comme roynes ; et tenoient moult grant et dissolu estât, et le tout aux despends du Roy, et plus grand estât qu'une Royne ne feroit. )>
Id., IV, 22 : « Et avoit en sa compagnie les plus belles damoiselles qu'elle pooit trouver, lesquelles suivoient toujours le Roy où qu'il allast, et se logeoient toujours une lieue ou moins près de luy. »
Dans sa récente Histoire de Charles VII ^ M. de Beaucourt se borne à s'indigner des débauches de son héros : « Le scandale dépasse toutes les bornes. Le Roi déshonore sa vieillesse » (Beaucourt, VI, 422). Si M. de Beaucourt eût été clinicien, il n'eût point omis de faire entrer en ligne de compte, dans le cas du fils d'Isabeau de Bavière, les tares de l'hérédité maternelle (pour ne parler que de celles dont nous pouvons avoir connaissance certaine).
Il ne faut point oublier que chez le dégénéré héréditaire, les excès sexuels ne sont pas la cause, mais V expression de
CHAULES VII. G3
l'élat névropalhique' . Rapproché (comme nous le montrerons plus loin) de l'ensemble des symptômes psychopathiques du Roi, cet érclliisme génital qui domine si impérieusement l'âge mûr et la vieillesse de Charles VII reprend sa véritable signification : Charles VII est un névropathe, et c'est précisément parce qu'il est névropathe qu'il fait ces excès.
Section 3. — État normal [psychique).
§ 1. Stigmates héréditaires. — L'état phobique d'isabeau de Bavière (cf. pp. 51-53) reparaît, aggravé, chez son fils. Pour l'étude clinique de ces obsessions morbides, il est nécessaire de séparer, chez le Roi, les phobies congénitales des phobies provoquées.
§ 2. Phobies congénitales :
A. Agoraphobie. Chastellain, II, 181 : « N'osoit passer un pont de bois à cheval, tant fust-il bon. »
Chron. de la Pueelle (éd. Vallet de Viriville), p. 325 : « Il y avoit aucuns en la compaignée du roy qui avoient grand désir qu'il retournast vers la rivière de Loire et luy conseillèrent fort, auquel conseil il adhéra fort, et estoit de leur opinion et conclud qu'il s'en iroit, et luy fit-on sçavoir qu'il
1. Demêmedans ralcooUsme(Lasègiie: N^ est pas alcoolique quiveut) . Mathieu, Neurasthénie, p. 28 : <( De môme qu'il ne faut pas attribuer à l'alcool ce qui est le fait de la dipsomanie ou de la dégénérescence dont la dipsomanie est Fexpression, de môme il ne faut pas attribuer à l'onanisme ou aux excès sexuels ce qui appartient à la névropathie antérieure. C'est une idée que nous avons souvent entendu soutenir par Lasègue et qui paraît désormais admise par la majorité des auteurs. »
Moreau de Tours, Psychol. morbide, p. 120 : « La plupart des alcooliques ne seraient jamais devenus ivrognes si un état nerveux préexistant, consistant en un besoin impérieux, irrésistible de surexcitation psycho-cérébrale, ne les eût entraînés à des excès dans lesquels ils trouvaient du soulagement. »
passeroit la rivière de Seine, par une ville nommée Bray, dans le pays de Champaigne, oh il y avoit bon pont. »
B. Pantophobie. Chastellain, II, 185 : « N'estoit nulle part seur, ne nulle part fort. »