ROBERT I
dans son esprit de pernicieux desseins, et préparait le malheur de plusieurs personnes. Mais un jour que revêtu d'un habit précieux, il siégeait au milieu des siens, et qu'il exposait son sujet, il fut frappé d'une apoplexie foudroyante, causée par une trop grande abondance d'humeur : ses doigts se fermèrent, ses nerfs se contractèrent, sa bouche se tordit vers l'oreille, et il expira subitement, entouré des siens, saisis d'horreur et d'effroi. Ils l'enlevèrent et l'ensevelirent à Saint-Quentin.» (Richer, Histoire de son temps, éd. Guadet, t. I, c. 37, p. 181.)
Cependant ce tableau, basé sur un diagnostic vrai, a été fait de chic. On ne peut demander au malheureux moine Raoul Glaber • la précision médicale du médecin Richer:
Raoul Glaber, édit. Prou, p. 8; liv. I, chap. 3 : « Jam enim praedictus lieribertus morte crudeli obierat; nam cum diutino excruciatus languore ad vite exitum propinquaret atque a suis tam de sainte anime quam de sue domus dispositione interrogaretur, omnino nihil aliud respondebat nisi hoc solummodo verbum : « Diiodecim fiiimiis qui traditionem « Caroli jurando consensimiis. » Hocque plurimum repetens expiravit. »
Selon lui, Héribert aurait souffert longtemps ; aux demandes de ses proches qui l'engageaient à penser au salut de son âme et à prendre ses dispositions dernières, il se bornait à répéter : « Nous étions douze associés par serment pour trahir le roi Charles. » Après avoir dit ces paroles, il expira.
Une partie de ce récit doit retenir notre attention, c'est celle où Raoul Glaber rapporte des paroles qu'aurait proférées Héribert avant de mourir.
Ces paroles n'ont rien d'invraisemblable dans la bouche d'un moribond, et si Héribert les a réellement prononcées, nous serons en présence d'un cas de rétramnésie (monoïdéisme).
On sait que la réminiscence à l'article de la mort, de tous les actes de la vie, ou de quelques-uns d'entre eux, est un fait qui a été souvent observé.
« Quand le moi est constitué par tout un passé, par de longs souvenirs, le danger subit de la mort dont on se rend compte