‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 87 sur 183 · NEUVIÈME GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

NEUVIÈME GÉNÉRATION

§ 1. Louis VII dit le Jeune, roi de France (1120-1180; Section 1. — Anamnése collatérale.

§ 1. Frères. 1° Philippe, frère aîné, né en 1116, associé au trône en 11*29, tué en 1131, d'une chute de cheval, causée par un porc : « Régis enim Ludovici filius, floridus et amenus puer, Phylippus, bonorum spes timorque malorum, cum quadam die civitatis Parisiensis suburbium equitarel, obvio porco diabolico oiîensus eqiuis gravissime cecidit, sessoremque suum nobilissimum puerum silice consternatum, mole ponderis suiconculcatum, contrivit. » (Suger, \^ie de Louis le Gros, édi[. Molinier, p. 121). Voir aussi Roger de Hoveden, éd. Stubbs, I, p. 185 : « Contigit etiam quod filius régis Francorum, qui diademate regni fuerat (ut praedictum est) decoratus, du ni caballum ludens agitaret, obvium suem habuit, cui cum pedes e({ui currentis olTenderent, rex novus cecidit, et fractis cervicibus expira vil. »

2° Robert dit le Grand, comte de Dreux, 1132 ou 1137, -j- 11(S8. Se révolte contre Tautorité de Suger pendant que le roi Louis VII est en Palestine.

« Secundus filius Robertus fuit purus idiota et regno totus

inhabilis, et ideo per Regem et Proceres a regni solio refutatus

et armis, et sibi datus est comitatus Drocarum. » [Chronicon

SilhienseS. Bertini, IIF. XIII, 469.)

« Robert fut conte de Dreux (lequel Robert estoit ainsné dudit Loys), mais pour ce que ycelui Robert esloit sot, il fut fait conte de Dreux. » (Abrégé de l'Hist. des Rois, HF. XII, ^229.)

Ceci est une légende. Robert n'était pas Taîné, mais le cadet de Louis VII. Il a pu être sot, mais la légende qui, en le faisant l'aîné, dit qu'il a été écarté du pouvoir à cause de cet état, a pu naître du fait de la rébellion de Robert pour s'emparer du pouvoir.

3° Pierre de Courtenay '.

Pas de renseignements biologiques.

4° Henri, religieux cistercien à Clairvaux (1146), ensuite évêque de Beauvais (élu 1149), puis archevêque de Reims, -j- 13 novembre 1175 : « 1175. Hoc annodecessit Domnus Francorum régis fdius, bonae memoriae Remorum Archiepiscopus. » (Clironicon Bemense, IIF. XII, 275.)

5° Hugues, mort en bas âge : « Hugo... qui et puer decessit » [Gesta Franciae Regum, HF. XII, G7).

6° Philippe, fut évêque de Paris en 1159, résigna cetévêché et mourut en 1161 doyen de Saint-Martin de Tours: « Philippus ... in juventute decessit » [Chronicon Turonense, HF. XI l,

§ 2. Sœur : Constance, épouse en 1141 Eustache de Blois, comte de Boulogne, et en 1154, Raymond V, comte de Toulouse, marquis de Provence, qui la répudie en 1164-65 ou 1166; f après 1176.

« Soror istorum régis fdia fuit Constantia, quae primo tradita est Eustachio comiti Boloniensi, filio régis Stephani, ac

1. Le P. Anselme fait naître Pierre de Courtenay en 1127, et mourir entre 1179 et 1183 ; il le classe septième parmi les enfants de Louis le Gros, h' Art de vérifier les dates cite Pierre comme le quatrième.

On voit d'après cette note (jue M. Bracliet comptait faire d'autres recherches à ce sujet [\. B.-K.).

postmodum Raimundo, comiti Sancii Aegidii, quam postea repudiavit. » (Badulfi Coggeshall abbalis C/ironicon Anglicanum, éd. Stevenson, p. 6.)

Section 2. — Anamnèse personnelle.

§ 1. Antécédents physiologiques :

A. Nutrition^ Système nerveux. Pas de renseignements.

B. Fonctions génésiques. Étant données les mœurs d'AIiénor de Guyenne, la femme répudiée de Louis Vil, nul compte à tenir pour la clinique des allégations de l'épouse divorcée contre son mari, relatives à la question des rapports sexuels (« causante se monacho^ non régi nupsisse », HF. XIII, 102). On ne peut utiliser davantage, comme document génésique pathologique, l'apostrophe à Louis VII, mise dans la bouche de la reine par le conteur fantaisiste du xni*^ siècle, le Ménestrel de Reims (« En nom Dieu, dist la roine... vous ne valez pas une pomme pourrie »).

Au dire du Gallois Giraud de Barri, auteur du De Principis instructione liber, l'extrême continence de Louis VII aurait été jusqu'à provoquer chez le roi des troubles morbides ^

1. Silv. Girald. Cambrens., De Instructione Principis (éd. Warner, 1891, t. VIII, p. ISl-lSi"! : '( Ut autem ad moderiia tempora regnaque vicina propius accedamus, Christianissimi Francorum régis et nostro tempore féliciter regnantis Lodowici, patris scilicet régis Philippi sub quo Norinannorum in Neustria evanuit gloria, gesta quaîdam memoraludigna recolemus. Dictns itaque Rex Lodo^vicus, cum in castricn jusdam Burgundiae fmilms expugnatione, peregrinis et viatoribus infestissimi, cui nomen Nunenta, duobus fera mensibus expeditionem pertraxisset, reversas Aurehanis g-ravi morbo et fere desperato decubuit. Gujus cum medici, tam proprii quam undique confluentes, causas aegritudinis snbtilius inquisiissent, tandem in hoc omnes convenerunt quod ex longa contineutia et defectu coitus incommodum ei ilhid acciderat ; erat enim hoc circa prima tempora quibus reginam, sciUeet Alam nomine, duxerat, de qua postea Pliilippum regem susceperat, quam non mediocriter diligebat. Hoc igitur ei exposito coram urbis ejusdem episcopo, abbatibus quoque et prioribus, personis quoque plurimis ac viris religionem habitu praeferentibus ad hoc

Cette anecdote du pamphlétaire anglais du xni° siècle n'est qu'un conte édifiant dépourvu de valeur historique.

§2. Antécédents palliologiqiies :

A. Maladie aiguë (1151) non définie : Robert de Torigny, édit. L. Delisle, I, 255: « Intérim, credo dispositione divina, quae videbat negotium illud non posse finiri sine multa eiï'usione humani sanguinis, si uterque exercitus bine inde convenirent, rex Ludovicus in civitate Parisius acula febre interceptus, lecto prosternitur. Hac de causa, sapientibus viris ac religiosis intercurrentibus, ex utraque parte dantur et accipiuntur induciae, donec rex convalesceret. Quo convalescente, Dei misericordia serenitas pacis refulsit; reddito Geraldo Berlai, pro quo in maxima parte discordia erat, et rege assumente hominium Ilenrici ducis deducatu Normanniae. »

B. Au commencement de l'année 1179, sûrement avant la fin d'avril (Cartellieri, L'avènement de Philippe- Auguste^ Rev.Hist. LU, 246), légère attaque de paralysie (Rigord, édit. Delaborde, 10 : « Rex sentiens se adversa valetudine paralysi aliquantulum pregravari, convocavit Parisius générale concilium... ))), sûrement WmiiéQ à une simple monoplégie brachiale, puisque la motilitédu membre inférieur reste normale (« solus rex Ludovicus capellam ingressiis primo... » Rigord, 10). A cette date, Louis VII a cinquante-neuf ans (et non soixante, comme ledit Cartellieri).

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