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C. A la fin d'août de la même année, attaque d'hémiplé

adductis, inconiinenti rex respondit : ((Mittatur ergo propter reginam. » Sed quia in remotis tune forte fuerat abinde partibus et morbus instabat, consilium omnium in commune fuerat quod puella ei aliqua intérim, qua sibi remedium compararet et quasi vitam redimeret, adduceretur. Quod cum ei proponerent, hanc solam fore curam ejus asserentes, episcopus etiam et personae quae aderant omnes peccati impunitatem ei promitterent et erga Deum super hoc se sponsores darent, respondit vir bonus, « Si non est alla quam haec u valetudinis hujus cura, faciat de me Dominus voluntalem suam, « quia malo mori castus quam vivere adulter. » Et sic Deo totum committens, ejusdem miseratione, qui non derehnquit speranles in se, brevi convalescens, remedio divinitus date morbi malitiam exsuperavit. O quam sanum, quam sahUiferum, memoratuque dignissimum, principis verbum! »

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gie droite avec aphasie motrice concomitante. Le refroidissement subit est nettement indiqué comme cause provocatrice.

D. Aggravation des troubles moteurs, spécialement des troubles aphasiques (d'août à octobre 1179). Abolition complète de la motilité dans le membre inférieur droit.

E. 1180, 5 mars. Constatation d'un état de dépression profonde du roi.

F. 1 180, commencement de juin. Philippe-Auguste enlève à son père le sceau royal.

G. Mort (1180, 18 septembre) consécutive à la lésion circonscrite du cerveau et à la cachexie paralytique.

Nous allons reprendre tous ces points avec les textes à Tappui.

L'examen de la pathologie de Louis VII nous amène à étudier ici un acte de PhiHppe-Auguste qui n'a pas reçu encore de solution satisfaisante. Nous voulons parler de la reprise des sceaux par Phihppe à son père en 1180. Ce fait ne pouvant à notre avis s'expliquer que par la pathologie de Louis VII, nous sommes obligés d'intervertir ici l'ordre chronologique des événements pour étudier Tacte de Philippe- Auguste en même temps que la pathologie de son père.

Section 3.

^ i. Le i" novembre 1119, le roi de France Louis VII (alors âgé de cinquante-neuf ans) avait associé à la couronne (suivant la tradition des rois capétiens) son fds Philippe-Auguste et l'avait fait sacrer à Reims. — Moins de huit mois après (Juin 1180), le jeune roi associé enlève à son père le sceau royal, marque principale de la souveraineté, et confisque le pouvoir à son profit. — Louis VII, relégué à l abbaye de Saint-Port, meurt trois mois après son exclusion des affaires (18 septembre 1180).

§ 2. Quel jugement l'histoire doit-elle porter sur ce coup d'État de Philippe-Auguste contre son prédécesseur?

Le très exact chroniqueur anglais Raoul de Dicel qui nous rapporte cet acte du jeune roi français, son contemporain, se borne à dire que « Philippe enleva à son père le sceau royal afia que Louis VII ne pût, à Tinsu de son fils, décréter quoi que ce fût dans le royaume > : « Ludovicus rex Francorum ne quid in regno statueret cilra filii conscientiam, sigilli sui potestate privatus est » (éd. Stubbs, t. II, p. 6).

Tenus à moins de réserve, les modernes historiens français n'hésitent point à accuser l'ambitieux Philippe d'ingratitude et d'impiété filiale.

Dans la critique allemande les opinions sont divisées. Des historiens d'outre-Rhin les uns, comme Davidsohn, auteur de l'excellent livre Philipp II August iind Ingeborg, enchérissent sur leurs prédécesseurs français (« A peine couronné, le jeune roi démasqua la violence de caractère qui formait le fond de sa nature ; il dépouilla du sceau royal son père... qui n'avait plus que peu de temps à vivre, etc..» Davidsohn, p. '1).

D'autres, au contraire, excusent l'acte de Philippe par des raisons d'État, — comme vient de le faire Alexander Cartellieri de Garlsruhe dans le Mémoire déjà cité [Rev. Ilisl. LUI, 277 sqq.) qui est un modèle d'exactitude historique et de contre-sens psychologique. L'auteur explique l'usurpation du jeune roi par la nécessité où se trouvait Philippe-Auguste de couper court aux intrigues politiques de sa mère, l'ambitieuse Alix de Champagne, dont l'ascendant allait chaque jour croissant sur Louis VII affaibli par des maux « corporels » et par la « vieillesse » (il avait alors cinquante-neuf ans !).

Ces maux restent d'ailleurs purement «corporels ». Louis VII peut être « brisé par l'âge et par la maladie » (/oc. cit, p. 269), mais l'intégrité de son état mental est pour l'historien allemand hors de discussion :

« Rien ne nous force à croire que, dans sa conduite vis-à-vis de son père, Philippe-Auguste ait dépassé les limites de la nécessité absolue. Il parait même... qu'on a voulu oublier cet épisode au plus y'dc.... Nulle ])art on ne trouve trace cVunc mauvaise intelligence entre le père et le fils.

Déjà affaibli par des maux corporels et par la vieillesse... Louis chercha un refuge dans la communauté de Saint-Bernard. Renonçant

aux splendeurs du monde profane, il se retira dans l'abbaye cistercienne de Barbeaux, appelée aussi Saint-Port, qu'il avait fondée luimême. Cette démarche répond tout à fait au caractère (hi roi, à sa grande piété et \\soii désir de trouver enfin la paix vainement cherchée jusqu'alors. »

(Alexandre Cartellieri, Uavènement de Philippe- Auguste. Rev. Ilist. LUI, 279.)

On voit par ces citations qu'en dépit des méthodes scientifiques, la mauvaise herbe de la critique subjective pousse en Allemagne aussi vigoureusement qu'ailleurs.

§ 3. Les jugements émis jusqu'à ce jour par les historiens (qu'ils soient favorables ou hostiles à Philippe-Auguste) sont également frappés de nullité, — leurs auteurs ayant toiisovaïs de préciser la variable dont le jugement à porter sur Philippe- Auguste est fonction, à savoir l'état mental de Louis VII à la date de la saisie du sceau royal. De la formule mentale du père à cette date précise de juin 1180 découlera le véritable jugement à porter sur l'acte du fils.

Cette formule, la neuropathologie est-elle en état (à sept siècles de distance) de la reconstituer pour l'histoire, par l'interprétation clinique des textes originaux ? C'est le problème que nous avons à résoudre par la recherche successive de la symptomatologie et du diagnostic.

§ 4. Symptomatologie (Années 1179-1180) :

A. En 1179 (avant la fin d'avril, Rev. Ilist. LIT, 246) attaque prémonitoire de paralysie notée chez Louis MI par le médecin Rigord son contemporain. Très affecté de son état, le roi convoque à Paris un certain nombre de prélats et de barons et leur exprime son désir d'associer son fils à la couronne :

Anno Dominice incarnationis MCLXXIX, Ludovicus christianissimus Francorum rex..., considerans humane vite brevitateni sentiensque se adversa valetudine })aralysi ali(}uanlulum pregravari, convocavit Parisius générale concilium omnium archiepiscoporum, episcoporum, abbatum necnon et baronum tolius regni Francorum in palatium venerabilis palris nostri Mauricii Parisiensis episcopi ; ubi residentibus omnibus, solus rex Ludovicus capellam ingressus primo, ut in omnibus operibus suis facere consueverat, oratione fusa ad Dominum, deinde vocatis singulatim archiepiscopis, episcopis,

abbatibus, et omnibus regni principibus, communicavit cis consilium, quod dilectissimum filiiim siium Philippum a Deo clatum in instanti Assumptione béate virginis Marie, cnm consilio corum et voluntate, in regem Francorum sublimare volebat. Audientes autem prelati et principes voluntatem régis, omnes iinanimiter clamaverunt dicentes : « Fiat, fiat. » Et sic solutum est concilium. (Rigord, éd. Delaborde, I, 9, ann. 1179.)

B. A la fin d'août de la môme année, au retour d'un voyage en Angleterre (du 28 au 31 août, Benoît de Peterborough, éd. Stubbs, II, -243), attaque d'hémiplégie droite :

<( Cum Lodowicus ab Anglia rediret et Parisius veniret, maximo fluctuans gaudio ad Sanctum Dionysium iter arripuit ; in quo itinere, subito percussus frigore, incidit in paralysim, ita quod usum dexterae partis corporis sui amisit. » (Benoît de Peterborough, éd. Stubbs, II, 243.) ^

Nous savons d'autre part qu'à la même date la phonation était profondément troublée :

« Nunc ad Regem Francorum revertamur. Praedictus Ludovicus Rex cœpit aegrotare, qui percussus est paralysi in lingua et in toto corpore, sed maxime in lingua » (HF. XII, 286).

L'interprétation de ces troubles articulatoires chez un malade du xu° siècle est assez complexe. Avons-nous simplement affaire à une hémiplégie totale avec dysarthrie concomitante,— ou sommes-nous ici en présence de troubles moteurs d'origine aphasique (liés si fréquemment à l'hémiplégie droite) ?

Si, dans certains cas d'anarthrie liée à l'hémiplégie, la distinction de l'aphasie motrice et de la paralysie est parfois malaisée (comme l'ont montré Féré et Brissaud in Charcot- Bouchard, Traité de médecine, VI, 420), on peut juger de la difficulté qu'éprouve le clinicien à différencier rétrospectivement ces deux affections, — alors que la pathologie médiévale réunit invariablement sous la même formule les troubles de la phonation liés à une paralysie des organes périphériques

1. Hyperémotivité (août 1179) : u Rex vero, malens vilam suam finisse quam videre filiumsuum ita torqueri, die ac nocte fletibus et continuis suspiriis indulgebat, nolens consolari. » (Benoît de Peterborough, éd. Stubbs, t. I, p. 240.)

de la parole et ceux qui résultent de la perle des images motricesd'articulation (avec intégrité de l'appareil phonaleur;.

C. D'août à octobre (1179) aggravation des troubles moteurs. L'état du roi est tel qu'il ne peut être transporté à Reims pour le couronnement de son fils (!''•• novembre 1179j.

« In initio aegriludinis suae, Philippus filius ejus inunctus est in Regem liemis, a Willelmo avunculo suo Remensi Archiepiscopo anno MCLXXIX in festo omnium Sanctoruni, cujus unctioni pater aegrotare incipiens non interfuit. » (HF. Xtl, 286.)

« Sed Lodowicus rex pater e]us^ rnorbo laborans j)aralytico, coronalioni illius interesse non potuit. » (Roger de Hovedeii, éd. Stubbs, II, 1 94.

« Ita quod in anno quinto decimo sue etalis in regem est inunctus, in festo scilicet Omnium Sanctorum, adhuc vi vente pâtre suo christianissimo rege Ludovico, tamen adversa egritudine nimisgravato, videlicet paralysiqueei gressumprorsu negaverat. » (Rigord, éd. Delaborde, I, 13.)

D. Infructueuse entrevue (5 mars 1180) des envoyés du roi d'Angleterre Henri II avec Louis VII, par suite de l'état de dépression profonde du roi paralytique et déjà alité [Bev. Ilisi., LUI., p. 269).

E. Au commencement de juin 1180 (loc. cil., p. 278) « Ludovicus rex Francorum, ne quid in regno statueret citra filii conscientiam, sigilli sui potestate privatus est » (Raoul de Dicet, /. c, II, 6).

Le vieux roi relégué à l'abbaye de Saint-Port y meurt trois mois après, le 18 septembre 1180.

§ 5. Diagnostic. De ce tableau symptomatique ressort aussitôt le diagnostic général de lésion cérébrale en foyer. Reste à fixer le diagnostic différentiel de l'hémorrhagie cérébrale et du ramollissement. Lorsqu'on ne possède que les symptômes de la période d'état, les éléments du diagnostic, comme l'a dit Charcot, doivent être tirés de l'histoire clinique tout entière, car il n'y a pas de signe pris isolément qui ait,

à cette période, une valeur diagnostique réellement indiscutable. L'hémiplégie est un syndrome commun aux deux lésions, et l'aphasie elle-même (en admettant son existence chez Louis VU) n'est nullement pathognomonique de rischémie.

C'est donc aux symptômes de la période prodromique qu'il faut, de préférence, demander le vrai diagnostic de l'alfection (cf. sur ce point les excellentes remarques du Prof. Strûmpell d'Erlangen,Pûf//îo/. int. II, 357). L'hémorrhagie cérébrale, consécutive à une rupture d'anévrisme miliaire, fait subitement explosion, tandis que le ramollissement offre toujours une période prémonitoire (troubles nioleurs, etc.). — Ce dernier cas est précisément celui de Louis VII, et les troubles paralytiques présentés parle roi pendant les six mois qui précédèrent V ictus sont nettement symptomatiques de l'ischémie cérébrale. On peut donc affirmer que le père de Philippe-Auguste a succombé à un ramollissement par thrombose, comme l'indiquent les prodromes, d'une durée d'environ dix-huit mois (mars 1179septembre 1180).

Nous avons diagnostiqué un ramollissement', ajoutons qu'un des signes prodromiques constants estr/z?/7?ere/7?o/ù'z7edansla période prémonitoire, souvent d'une année ou deux.

Nous avons pu faire remonter les premières attaques de Louis VII à la fin de l'hiver de 1178-1179. Or nous trouvons à la date de novembre 1 177, soit dix-huit mois avant, une scène lacrymatoire politique, très intéressante.

Il s'agit de la conférence de Graçay qui eut lieu en novembre 1177, entre Louis VII et Henri II, et dont Giraud de Barri nous a laissé ce récit :

« Lodowicus itaque Francorum rex, post mullas inter ipsum et Angloruni regem variis ex causis motas discordias, et ex discordiis graves interdum inimicitias, ex utrisque vero gravissimos quoqiie bellorum plerumque conflictiis, dcmum in ultimo quod inter ipsos l'uerat colloquio, senio jam et valetudine confcctus, Angloruni regem coram Willelmo Remensi archiepiscopo et duobiis ejusdem fratribus, comité Theobaldo et comité Flandrensium Philippe, in haec verba convenit : « In multis mihi, rex, ab initio regni vestri et ante, spreta « fidelitatis et hominii reverentia — sed, ut de aliis taccam, super « terris praeter jus et aequum occupatis — injurias irrogastis. Sed « prae cunctis injuriis illa de Alvernia longe major est et manifestior;

LOUIS Vn. 23S

« (juam ciLra jus omne coiilra coroiiani Franciac Lam iinj)U(l('nU'r « detinere praesumitis. Porro viribus de caetero et armis ob aetalis " ingruentiam hanc lorram vel alias recuperare non pracvaleo, '< ([Licrelac lamen et causae non renuntio. Quin immo coram Dco et « baronibus bis regni noslrisquc fidclibus jura coronac publiée pro- « lostor, cl lioc ex nomine, Alverniam in priniis, Berri cuni Castello (( Radulli, Gisortium cum Vigesino Normannico, supplicans régi « regum, qui mihi haeredem dédit, quatinus, qui mihi peccatis exi- (( gcntibu.s jura coronae revocarc non dédit, sallcm haeredi meo « illud indulgeat. Causani itaque regni Deo et haeredi meo ac baro- « nibus coronae de caetero committo. » Et sic reversus ad suos cuni lacrimis colloquium terminavit. » (Giraldus Cambrensis, édil. Warner, 1891, t. VIII, p. 226-227.)

Un médecin s'empresserait de s'emparer de ce fait et de le transformer en symptôme de la période prodromique.

Je vais en profiter pour donner aux médecins une leçon de méthode en pathologie historique, et montrer qu'on ne peut tenir compte de ce fait :

1° Par ï insécurité historique. Giraud de Barri est plus pamphlétaire qu'historien. Mais il ne faut pas cependant exagérer : s'il ignorait les secrets d'Etat, il était familier des deux cours de France et d'Angleterre, et au courant des choses de cour; or cette entrevue et la physionomie de Louis VII, à cette occasion, étant une chose publique, il a très bien pu la savoir exactement. Il faut de plus prendre en considération que Louis VII lui était sympathique.

2° Par Vinutitisation^ au cas où cette première difficulté est vaincue, et où l'attitude lacrymatoire du roi est vraie.

Ce symptôme, capital en 1896, est inutilisable (je ne dis pas nut) en 1190, à cause des rites du moyen âge, si bien décrits par Bernheim [Lehrbuch der historischen Méthode^ cité cidessus, p. 195).

De nos jours, l'acteur politique ne pleure plus que dans les grandes circonstances. M. Albert Sorel Ta très finement montré dans le parallèle qu'il fait de l'émotion de Jules Favre et de celle de Talleyrand, dans son récit de l'entrevue de Ferrière entre Bismarck et Jules Favre [Histoire diplomatique de la guerre franco-allemande, t. I, p. 362, note) : « Ce trait rappelle celui de M. de Talleyrand dans une de ses discussions de Vienne avec l'empereur Alexandre, en 1814.

PATHOLOGIE MEx\TALE.

Alexandre voulait la Pologne pour lui et la Saxe pour la Prusse ; Tallcyrand ne voulait point céder la Saxe, Alexandre menaçait de rompre l'alliance et de recommencer la guerre : « Les convenances de iEiirope sont le droit (disait l'Empereur). — Ce langage, sire, n'est pas le vôtre, et votre cœur le désavoue. — Non, je le répète, les convenances de l'Europe sont le droit. » — u Je me suis alors tourné vers les lambris près desquels j'étais (poursuit Talleyrand), j'y ai appuyé ma tête, et, frappant la boiserie, je me suis écrié : « Europe! malheureuse Europe/ » (I^cttres au roi, 4 octobre 1814.) Le désespoir de Talleyrand était tout diplomatique, celui de M. J. Favre était fort sincère; le premier était habile, le second n'est qu'émouvant. C'est, en politique, toute la différence qui sépare l'art du réalisme. »

Au moyen âge, l'attitude de Talleyrand était normale et faisait partie des rites sociaux. La double difficulté que nous venons de signaler peut faire sentir aux médecins combien il est délicat de constituer une symptomatologie, la critique historique exigeant d'abord qu'on ait satisfait aux règles de l'authenticité, de l'autorité, c'est-à-dire de la valeur historique du texte, et ensuite de sa valeur psychologique.

§ 6. Etat psychique avant 1 179. Prince dévot et mou. HF. XII, '226 : (( Pou savoit lettres mais bon nourrissieres de gens estoit et essampleres de pitié. Il se fioit plus tos dis en oroisons qu'en armes. » — Pertz, Script., XXV, 800 : « Vir satis sensatus, pi us tamen et mollis ». — « Vir columbinae simplicitatis ' ». — « Paulo autem simplicior quam deceret principem '^ ». — « A multis deceptus, nullumque

1. IIP. XV, 723 : « Cornes autem tailler ab Imperatore inslructus et informatus ad propria rediit ; et accedens sicut tentator ad dominum suuin Regem Francorum, viruin siquidem piiun et colurnbinac siniplicifalis, fraudulenter suggessit ei ex parte ipsius Imperatoris bonum simulatum de reformanda pace Romanae Ecclcsiae, in haec verba : Vult Imperator^ etc •>

2. Guillaume Newborough (éd. Ilowlett, 1884, I, 223): (( Anno a partu Virginis m^c'^lxxx", qui fuit Ileniici régis Anglorum vicesimus septimus, et Lodovici régis t'rancorum quadragesimus (juartus, idem rex Francorum liominemexuit. Homo iutepidae devotionis in Deum, et eximiae lenitatis in subditos, saerorum quoque ordinum praecipuus venerator ; paulo autem simplicior (juam deceret principem. »

decipiens, in sancta simplicilale iransivit ad Dominum K » Avare : u Rex, sicut vero Israelilae, in quo dolus non est, in bona simplicitate sua consensit, etc. » (HF. XV", 723). Il favorise les Juifs et les protège tant qu'il peut, pour en tirer de Targent : « Iste Ludovicus Francorum Rex pii.ssinms, in hoc tamen graviter Deu m offendit, quod in regno suoJudaeos ultra modum sublimavit et eis multa privilégia, Deo et sibi et regno contraria, //7?moc/era/rt deceptus cupiditate, concessit » {VUa Lmlovici VII, HF. XII, 286).

§ 7. Etal psychique, 1179-1180. Cette découverte du diagnostic (Voy. § 5) va nous donner du même coup la formule mentalede Louis, après 1 178. C'est la notion étiologique, on le sait, qui bien plus que la manifestation symptomatiquc fixe ici le degré d'importance des troubles psychiques.

Tumeurs cérébrales, — hémorrhagie, — ramolHssement, — tel est l'ordre ascendant dans lequel la neuropathologie a distribué les lésions circonscrites, selon le degré de gravité des troubles mentaux qu'elles engendrent.

De toutes les lésions en foyer le ramollissement est donc la forme la plus redoutable au point de vue de la déchéance intellectuelle. Sur la marche de l'amnésie et de l'aboulie dans cette affection, — sur l'hébétude et le gâtisme de cette classe de malades cf. l'excellent travail du médecin russe Lwoff, Troubles inlellecluels dans les lésions circonscriles du cerveau, p. 94. — « C'est dans le ramollissement, dit également Strïimpell, que la démence fait les progrès les plus rapides. »

L'étude du traité du D'' Legrand du Saulle sur les Testaments contestés, et du livre du même auteur sur V Interdiction forme le meilleur commentaire clinique des remarques pré-

1. Gervais de Til])iiry (III". XIV, 13) : « Pliilippo successit Ludovicus Lippus . Cui successit Ludovicus piissimus, amator cicri et vjras Dei cultor; quia multis deceptus, nullumque decipiens, in sancta simplicilale iransivit ad Dominum, relicto fdio Pliilippo, qui paternain postponens siniplicitafem, materni gencris asfuti.is duxil in usum. Ilic rcp^ni sui nobilissimos vi atque ingenio suppeditans, terminos avitae pro{):-ietatis, intni sui tamen rcg'ni metas, ampliavit. QuiJ de cœtero de futura succcssione sit per t'utura lempora venturum, judicare nescio ; cum apud me spiritus non sit prophetiae, satisque sit narrasse prœterita, et ig^norassc futura. »

cédentes. Ces deux monographies, classiques en médecine légale, nous éclairent pleinement sur la loi de régression dans la démence paralytique et sur le mode de désintégration mentale chez les ramollis.

L'étendue du ramollissement (comme l'a noté Marcé, Démence el troubles paralytiques^ p. 7) est toujours en raison directe de l'intensité des phénomènes paralytiques, et dans cette affection « les désordres de l'intelligence et ceux de la « motilité marchent parallèlement » (Id. ilnd.,p. 8). Or, plus de neuf mois avant que Philippe exclût son père des affaires, l'abolition des fonctions motrices était si complète chez Louis VII que le roi ne put assister à Reims au couronnement de son fils le 1*^'" novembre 1179.

§ 8. Un malade qui présenterait, en 1896, l'état mental qu'offrait Louis VII en juin 1 180 serait interdit de piano par tous les tribunaux d'Europe. A la date de la reprise du sceau royal, le roi, en enfance depuis bien des semaines, n'était plus qu'un jouet aux mains de son entourage. S'il y avait, en cette circonstance, un reproche à adresser à Philippe-Auguste, ce serait plutôt celui d'avoir tardé si longtemps à prendre une mesure qu'exigeait la sécurité de la couronne, surtout en présence des intrigues de sa mère, l'ambitieuse Alix de Champagne.

Lorsque M. Luchaire écrira cette vie de Philippe-Auguste que la science attend du maître de l'histoire capétienne, il pourra, — grâce à l'aide que nous a fournie la pathologie, — décharger en sécurité Philippe-Auguste de tout reproche. Le dossier de ce grand souverain est d'ailleurs assez lourd au point de vue moral sans qu'il soit nécessaire de le grossir par des accusations imaginaires.

§ 9. Pour achever de nous conformer aux règles de la méthodologie, il ne nous reste plus qu'à mettre en regard des solutions de la clinique les assertions psychologiques des historiens.

Traités par l'interprétation pathologique, les textes originaux nous ont révélé qu'à la date de juin 1180 Louis VII ramolli n'est plus qu'un être inconscient des phénomènes extérieurs et

réduit, pour employer le langage de la neuropatliologie, à l'élat de détritus psychologique. Son biographe allemand Alexander Cartellieri, qui en est encore à

Peindre Galon ^■alanl et Brutus damcret,

fait de celte reprise du sceau royal (comme on Ta vu cidessus) une lutte diplomatique du père et du fds : lambilieux Philippe « ne souffre aucune puissance à côté de lui » (/oc. cit. p. 278) ; il estime que la situation politique « ne comporte plus Texistence de deux rois en même temps » : (p. 277). Toutefois, dans cette usurpation du pouvoir paternel, Philippe ne « dépasse pas tes timites de la nécessité absolue » (p. 278). De part et d'autre on s'efforce « d'oublier au plus vile cet épisode » (p. 278). Les rapports du père et du fds restent excellents : <( nulle part on ne trouve trace d'une mauvaise intelligence entre le père et le fils » (p. 278). Désabusé enfin des vanités du monde, le père « renonce » au siècle et se retire dans le cloître de Saint-Port. Cette « démarche répond tout à fait à son caractère » (p. 279) et à « son désir de trouver enfin la paix vainement c/ze/'c/zee jusqu'alors » (p. 279).

Ces lourdes erreurs du plus récent et du meilleur des historiens allemands de Philippe-Auguste ne justifient-elles pas la remarque de P. Lacombe dans son livre sur V Histoire considérée comme science (p. 28) :

Les rapports de la psychologie avec l'histoire, le parti à tirer de celle-là pour celle-ci, reconnus souvent principe par des historiens et des moralistes clairvoyants, restent pourtant déniés ou méconnus par beaucoup d'esprits.

Il y a d'abord les érudits. Quand ces érudits bornent de parti pris leur ambition à la tâche méritoire d'établir les faits, nous n'avons rien à dire; la psychologie leur est inutile. Mais ceux d'entre eux (pii, sous les faits, cherchent les motifs de leurs auteurs, ont besoin de cette science. S'ils ne sont pas munis des notions générales que la 2:)sychologie renferme et que leur tache exige, ils sont aussi mal j)réparés et aussi ])lûmables que l'érudit, voué aux faits, peut l'être ([uand il néglige d'apprendre une langue ou de lire des documents indispensables. Il n'y a cependant dans le monde de l'érudition (|ue cette dernière faute (jui soit sentie et qui soit reprise. On peut commettre l'autre complètement sans que personne y i)renne garde.

§ 10. La pathologie ne nous servira pas seulement à justifier la conduite politique de Philippe-Auguste. C'est encore elle

qui nous donnera la clef d'un autre problème relatif à la diplomatique de ce souverain.

Avec sa saf^acité accoutumée, M. Léopold Delisle, dans son Catalogue des Aciea de Philippe- Auguste (n°^ 1-5), avait supposé que certains actes royaux de Tannée 1180, bien qu'expédiés au seul nom de « Philippe roi des Français » à Texclusion de celui de son père, devaient néanmoins être rapportés à la période antérieure à la mort de Louis VII.

Cette hypothèse restait inexplicable tant qu'on admettait, avec tous les historiens, la conservation de l'intégrité mentale chez Louis VII. En nous donnant la preuve que la déchéance psychique du roi était complète dès le printemps de 1180, la pathologie a justifié psychologiquement la supposition de M. Delisle et nous permet d'expliquer comment Philippe Auguste (contrairement aux traditions de la royauté capétienne) a pu se substituer à son père encore vivant.

Section 4. — Femme de Louis VII.

§ 1. Alix, fille de Thibaut le Grand, comte de Champagne, et de Mahaud de Carinthie. Épouse (1160) Louis VII, roi de France. — -j- 1206.

§ 2. Anamnèse héréditaire.

Père : Thibaut IV -J- 1152 (janvier, d'Arbois, Hist. des Comtes de Champagne^ II, 398).

Par l'entremise du fameux chanoine westphalien Norbert, aumônier de l'empereur Henri V, fondateur de l'abbaye de Prémontré, épousa en 1124 (d'Arbois, /. c. t. II, p. 263, n. 1) Mathilde (fille d'Engelbert, duc de Carinthie et marquis d'Istrie, et de Utha de Sultzbach):

« Domnus Norbertus Praemonstratensis Ordinis institutor, missus ad partes Alemannorum a Comité Theobaldo Campaniae al acquirendam et deducendam sibi uxorem Mathildem filiam cujusdam Ingelberti nobilisMarchionis Forojuliensis. » (Chronicon Alberici, HF. XIII, 696.)

Sa cautèlc: « Theobaldus cornes Blesiensis, prae ciinclis Principibiis Galliae magno pondère justitiae emiiiet in Francia..., in commerciisnegotiatorum cczM/as et discretus... » (Anselmi Gemhlacen^is Chronicon, HF, XIII, 270).

Sa répulalion d'homme d'Etal et sa grande influence politique: « Ann. 1152. Decessit et Theobaldus comes, Princeps pacis et justitiarum, iitilissimiis in moderanda Repiiblica totius regni Franciae. » (Joh. Hagustaldensis Chron. HF, XIII,9J.)

<( Ann. 1252. Famosus in. nostro saeculo Comes Campaniae 'llieobaldus moritur. » (Willelmi Godelli Chronicon^ HF, XIII, 676.)

v> 3. Anamnèse collatérale:

Quatre frères : Henri le Libéral, — Thibaut V, comte de Blois, — Etienne de Sancerre, — Guillaume, archevêque de Sens (1134-1202).

l'Henri le Libéral (1127-1181).

D'Arbois, t. III, p. 110 : « Le 10 mars 1181 est atteint à Troyes d'une maladie mortelle (cf. Ccdaloguedes actes d'Henri^ n'' 319, 320, — à la fin du même volume de D'Arbois, p. 382).

Il meurt le 16 mars 1181, huit jours après son retour d'Orient: « 1181 . Henricus comes infra septem dies suae reversionis, apud Trecas diem obiit. » [Annales Aquicinctensis monasterii, HF, XVIII, 534.)

« Ann. 1181. Henricus comes Campaniae de Jerosolymis pcr Asiam redit, a Turcis captus : sed ab Imperatore Graeciae liberatus est. Ut demum suam terram attigit, quos ex reditu laetificaverat, ex céleri obitu mox contristat. » [Chronologia Roberti Altissiodorensis, HF, XVIII, 248.)

2" Thibaut, comte de Blois, sénéchal de France, meurt de Yarnoldia en juin 1191 devant Acre (voir ci-dessous sur ïarnoldia au chapitre de Philippe-Auguste).

3'' Sur les deux autres frères pas de renseignements.

4*" Outre ces quatre frères, Alix avait encore (d'Arbois, II, 403) cinq sœurs sur lesquelles nous n'avons aucun renseignement biologique.

§ 4. Antécédents physiologiques. Pas de renseignements. (HF, XII, 204: « Aie estoit bêle et plaisant et trop bien faite de cors. )))

§ 5. Etat psychique. Valeur mentale de la reine qui contraste avec la nullité, la faiblesse et l'indécision du roi. HF, XII, 204: « Elle estoit de trop granl sens ». — Alix avait hérité de la caulèle paternelle. Au dire des contemporains, la fourbe de Philippe-Auguste serait même d'héritage maternel (Gervais de Tilbury, HF, XIV, 13 : « Paternam postponens simplicilatem, Philippus matcrni generis astiitias duxit in usum >>).

Section 5. — Rapports des deux facteurs.

§ 1. Mariage à faible consanguinité. Pour la discussion du rapport des deux facteurs, voy. Longnon, Atlas historique, p. 1'2[ ; — Pfister, Robert le Pieux, p. 234 ; — Lot, Derniers Carolingiens, p. 377.

La parenté des deux époux s'établit comme suit:

Héribert I"'', comte de Vermandois.

Béatrice, ép. Robert I^-^\ roi des Francs.

Héribert II de Vermandois, t 943.

Hugues le Grand.

Hugues Capet.

Robert H.

Henri V'.

Philippe I".

Louis VI

9Louis VII.

Ledgarde de Vermandois, ép. 943 Thibaut le Tricheur.

Eudes Ie%-|- 995.

Eudes H, i 1037.

Thibaut ^St 1089.

Etienne le Sage, 7 1 102.

Thibaut le Grand, 7 1152, ép. Mahaud de Carinthic.

Alix (le Champagne.

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