CHAPITRE X DIXIÈME GÉNÉRATION
§ I. Philippe II dit Auguste, roi de France (1165-1223).
L'hérédité collatérale de Philippe ne nous apporte rien. Elle se réduit à une sœur du même lit, Agnès de France (née en 1171) trois fois mariée (1180, 1183, 1204) et sur laquelle tous les renseignements biologiques font défaut.
Section 1. — Antécédents physiologiques.
§ 1. Ilabitiis extérieur:
A. Qualifié àliiirepel (aux cheveux touffus et hérissés, arrecta coma) par le chroniqueur Philippe IMousket (éd. Reiffenberg, II, vers 19239 et 19242). — Cf. Paul Meyer, Les premières compilations françaises d'histoire ancienne dans Romania, 1885, p. 7; Extrait du ms. fonds français n° 23083; les faits des Romains, folio 4 c :
Après avoir rapporté le mot de Sylla^ : Guetiez vous de cel vallet mauceint. Mousket ajoute : « Quant je lis de Julius César que Luce Silla apeloit le vallet mauceint, si me menbre de Monseigneur le roi Phelippe de France que l'en pooit bien apeler le vallet maupeigné, quand il estoitjuenes, car ilestoit
1. Voici la citation de Suétone, à laquelle fait allusion le chroniqueur : « ... Cingeretur... fluxiore cinctura. Unde émanasse Sullae dictum, optimates saepius admonentis : « ul maie praecinctum piierum « avèrent, »
tous jours hericiez ; ne il n'ot pas meins de sens en lui qu'an Julius César, fors seulement de letres ; ne n'ot pas mains a faire que Julius César ol. Et encontre ce que Julius fu letrez, iert li rois sanz malice. »
B. Chronique anonyme de Saint-Martin de Tours (dont Tauteur est sûrement le chanoine Péan Gatineau, cf. Salmon : Chroniques de Touraine, p. XVIII): « Forma venustus, corpore decens, faciae laetus, capite calvus, colore rubens ».
i; '2. Fonctions de nutrition. Péan Gatineau : « Potui ciboque deditus^ ».
§ 3. Fonctions génésiques. Dans la première rédaction de sa Chronique qu'il fut admis à présenter à Philippe-Auguste en 1196 (Delaborde : Bil>l. de V École des chartes, 1884, p. 590) Rigord énumère les vertus du roi (Delaborde, Rigord, II, p. vu) : « Le roi aima l'équité comme sa propre mère; il fit (( tous ses efforts pour que la clémence l'emportât sur la « justice; jamais il ne permit que la vérité lui devînt étran- « gère ; quant à ta continence conjugale, il l'observa dans sa « maison plus que tous les autres rois (continentiam conju- « galem pre omnibus aliis regibus in domum suam transtu- « lit). » Moins aveugle sur les défauts de Philippe que ne l'était à cette époque le moine de Saint-Denis, le chanoine Péan Gatineau ne cherche point à dissimuler les excès sexuels du roi : « Erat luxuriae pronus ^ ». — Sur la demoiselle d'Arras, l'une des maîtresses de Philippe-Auguste, voici ce que dit la Chronique de Philippe Mousket (édit. Reiffenberg), vers 20723-20725 :
1. Chronicoii Turonens. auctore anonymo S. Martini Turoii. canonico (HF, XVIII, 304) : v Erat enim forma venustus, corpore decens, facie laetus, capite calvus, colore rubens, potui ciboque deditus, luxuriae pronus, amicis largus, inimicisavarus, in machinis perilissimus, fide catholicus, consilio providus, dicti tenax, judex velox et rectissimus, in victoriis fortunatissimus, vitae timidus, de facili motus, de facili mitigatus, malignos regni primates opprimens, eorumque discordias volens, nullum in carcere occidens, minorum consilio utens, nullum nisi parumpcr odiens, superborum edomitor, defensor ecclesiae, pauperum enutritor. »
« Li rois de France, à son solas, Une damoisiele d'Arras Prist, si en ot I biau fil Ki bien seml)loit estre soutil. )>
Sur le bâtard de Philippe-Auguste, Pierre Chariot, évêque de Noyon, cf. Davidsohn, Philipp II Aiigusl und Ingeborg, p. 21*2, note 1, et Delaborde (Rigord, II, p. lxxii et lxxx).