‹ Patria belgica; encyclopédie nationale ou exposé méthodique de toutes les connaissances relatives à la Belgique anicenne et moderne, physique, sociale et intellectuelleChapitre 14 sur 37 · ARCHÉOLOGIE · texte numérisé non relu

ARCHÉOLOGIE

Les restes de la première époque sont plus uombreux qu on ne se rimaginait autrefois. Ils consistent principalement en monuments o^lithiques et en monnaies gauloises aux types atrébates, armoricains» rémois, etc. Nous ne pouvons nous arrêter ici à examiner si les nombreuses sépultures germaniques situées dans la partie nord du royaume sont contemporaines des Romains ou leur sont antérieures.

Dans les Flandres, on a trouvé des monnaies gauloises à Gand, à Àlost, à Mespelaere, à Deerlyk, à Moerbeke, à Sinay, à Wanzele, il Watou, à Thourout,. à Audenarde, à Quaremont, h Roulers. Kerkhem possède une pierre levée. Dans la province d*Ânvers, Wavre-Sainte-Catherine a eu un monument du même genre, et on en a signalé, en Brabant, à Asscbe, à Dilbeek, à Thorembais-les- Béguines. Vieux-Heverlé et Louvain ont fourni des médailles gauloises. LeHainaut a produit une moisson plus abondante : Hollain, Epbaut, Bray, Forrière, Ghlin, Sivry et Boutonville sont connus pour leurs pierres levées ; des monnaies gauloises ont été trouvées à Saint-Sauveur, à Roucourt, à Courcelles et un atelier de silex tail- 'és a rendu Spiennes aujourd'hui célèbre. Un dolmen fort remarquable existait à Jambes et une grande quantité de monnaies gauloises ont été rencontrées dans plusieurs localités de la province de Namur : Saint-Servais (Hastedon), Pessoux, Fraire-Fairoul, Vonêche, Ciney, Haltinnes et Han-sur-Lesse. Dans la province de Luxembourg, des monnaies gauloises ont été recueillies à Fisennes, et Ton prétend reconnaître des pierres levées à Salm-Cbâteau, à Roche-à-Frêne, à Fraiture, à Waha, à Mousny, ainsi qu à Louveigné, h Romsée et à Stavelot, dans la province de Liège.

Toutes ces traces de populations originelles sont accompagnées des vestiges de quelque oppidum primitif et de voies très-anciennes.

Avant d'aborder les antiquités de l'époque romaine, nous avons à signaler la découverte, dans les ruines du château de Menil-Favay, d'une hache de forme élégante, accompagnée d'un anneau portant une inscription en caractères numides, et surtout la découverte éminemment importante d'antiquités étrusques à Eygen-Bilsen.

La domination romaine, qui s'est maintenue dans notre pays durant 468 ans et qui s'est exercée sur seize ou dix-sept générations, a laissé naturellement bien des traces de son existence. La grande voie impériale, la « haute chaussée », qui reliait Bavai à Cologne, entre sur notre territoire à Aulnois, passe contre Binche, puis fi Gembloux, gagne Tongres et nous quiih» :i Vro(Mihovon poin^ se

diriger sur Maestricht. Plusieurs divei^ticula empierrés s'embranchent à cette voie principale, dont les vestiges sont reinar((ual)les. Bien que deux villes seulement, Tongres et Tournai, trois si Foû veut y comprendre Arlon, remontent à l'époque romaine, de nonibreuses habitations étaient éparpillées dans le pays, comme le constatent les substructions rencontrées en des lieux si divers. Ce sont autant de champs d'exploration pour l'archéologue, auxquels il Êiut joindre les cimetières à ustion.

Les restes de l'époque romaine se montrent surtout dans les provinces du midi et au sud de la « haute chaussée ». En i824, od découvrit à Andenelle un four de potier encore rempli de ses produits; en 1872, une trouvaille analogue fut fkite à Arquennes, e( en plusieurs endroits, des scories de fer, connues vulgairement sous le nom de crayats des Sarrasins, renfermant des bronzes aux effigies d'Antonin et de Marc-Aurèle.

La domination romaine prit fin en 418. Douze ans plus tard, on constate déjà la présence des Franks. Les nouveaux conquérants remplissaient d'ailleurs, depuis près de soixante et dix ans, les fonctions publiques au nom de l'empire et occupaient les villas de leurs prédécesseurs. Leur mode de sépulture les fait reconnaître : les Franks sont inhumés avec leur^ armes et leurs insignes. Il y a de ces tombeaux antérieurs à l'an 418.

Caractères des trois époques. — Les fouilles exécutées en Belgique depuis vingt-cinq ans ont confirmé l'opinion que la plupart des villas romaines avaient été élevées sur l'emplacement d'habitations antérieures. C'est ainsi qu'on y rencontre des restes de l'âge gallogermain, dont la poterie, souvent informe et parfois confectionnée h la main, n'a pour ornement que de simples stries. D'autres fois, ces poteries ont passé au tour et sont ornées d'une bordure feite au moyen d'une molette; mais toutes sont mal cuites et formées de matières incomplètement malaxées. De la même époque sont des pesons en terre cuite et certains jouets d'enfents. Les haches et les ustensiles en silex remontent aux âges les plus reculés, mais l'usage des haches polies s'est maintenu jusqu'au xi* siècle.

A l'arrivée de César, les populations belges connaissaient les métaux : des couteaux de bronze, des pointes de lance et des haches de petites dimensions, également en bronze, appartiennent à celte époque, mais on n'a pu constater l'existence d'aucun spécimen d'objet en fer.

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