‹ Patria belgica; encyclopédie nationale ou exposé méthodique de toutes les connaissances relatives à la Belgique anicenne et moderne, physique, sociale et intellectuelleChapitre 22 sur 37 · MÉDAILLES, TAPISSERIE, DINANDERIE · texte numérisé non relu

MÉDAILLES, TAPISSERIE, DINANDERIE

Les batteurs en question travaillaient des ouvrages de tout genre, les uns de forme grossière, destinés aux usages domestiques, tels que pots, cuves, chaudrons, mortiers, plats, chenets, bassins, vases, aiguières, chandeliers et autres ustensiles, — et encore, parmi ces monuments de la vie privée, nous en est-il parvenu de irès-curieux par leur ingénieuse ornementation ; — les autres, employés dans l'église, tels que candélabres, pupitres, lutrins, lustres, lampes, tabernacles, colonnetlcs, grilles, clôtures, bénitiers, fonts baptismaux, etc. Ces ouvrages, battus et façonnés au marteau ou jetés en fonte et ciselés, étaient le plus souvent décorés de rinceaux, de feuillages et de figures d'hommes et d'animaux.

11 ne nous reste plus des anciens monuments en cuivre d'une certaine importance que les fonts de l'église de Saint-Barthélemi, à Liège, lesquels remontent à Tan 1112, une des plus admirables, choses du xii** siècle; les fonts de l'église de Saint-Germain, à Tirlemont, qui datent de H49, et qui sont de fabrication fort grossière, et un très-curieux chandelier pascal, aussi du xn" siècle, dans l'église de l'abbaye de Postel. Le xni* siècle est l'époque où l'on exécute en cuivre beaucoup de. dalles tumulaires et des tombeaux élevés avec statues.

L'industrie de la fonte et de la batterie de cuivre avait introduit à Dinant la prospérité et la richesse, et en avait fait une ville qui occupait le troisième rang dans l'État ; les batteurs y formaient un tiers de la population. Depuis lors, on les voit s'associer à toutes les luttes civiles du pays de Liège. D'autœs querelles furent occasionnées par la jalousie de Dinant et de Bouvignes, car l'industrie de la batterie de cuivre n'avait pas tardé à s'introduire dans cette dernière ville. II fallait que l'une des deux villes voisines succombât : ce fut la plus puissante qui fut écrasée.

Des documents irrécusables établissent que les Dinantais faisaient au xiv* siècle un grand commerce en Angleterre et en France, et s'étaient établis dans diverses localités, savoir : à Louvain en 1322, à Bruxelles en 1373, à Malines en 1377, à Tongres en 1383, etc Chose étrange, il ne nous reste presque rien de ces travaux multiples, et, à en juger seulement par ce que l'on sait avoir existé, nos pertes sont énormes.

Toutefois il me faut signaler à rallenlion quelques objels en cuivre deb XIV* et xv« siècles qui ont heureusement «échappé aux iconoclastes fanatiques et aveugles de Tépôque de nos troubles religieux, et aux rénovateurs ignares des deux derniers siècles, et même de temps plus modernes, lesquels

ut BELGIQUE MORALE ET INTELLECTUELLE.

avaient un souverain mépris pour toutes les productions de Part du moyen &ge.

En premier lieu il convient de mentionner le remarquable lutrin et le chandelier pascal deTégliso de Notre-Dame, à Tongrcs, qui sont des œu\Tes de Jean Josés, de Dinant. Cet édifice possédait bien d*autres ustensiles en cuivre fondu qui sont détruits. Dans les églises de Saint-Nicolas, de Saint-^Piat, de Saint-Jacques, de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Brice, à Tournai, on conserve des lutnns-aiglcs fondus, dont les trois premiers sont datés des années 4383, 4403, 4444, et dont les deux autres sont du xv« siècle. A celte dernière (époque remontent aussi les lutrios des églises de Freeren (4428), de Léau, de Leuze (4469), de Chièvres (4484), etc.; un élégant lustre, dans la chapelle de Thospice Wenemaer, à Gand ; les fonts baptismaux des églises de Saint-Pierre et de Saint-Jacques, à Louvain : le bénitier de Téglise de Léau ; un pupitre dans le baptistère de Téglisc de Notre-Dame du Lac, k Tirlemont, etc., et un grand nombre de girandoles et de chandeliers de toute espèce, parmi lesquels le chandelier à trois branches de Téglise de Gaurain mérite d*élre particulièrement signalé.

Nous avons conservé, en outre, des œuvres de deux habiles fondeurs en cuivre de la seconde moitié du xv« siècle, dont les noms sont connus : Guillaume le Fèvre, de Tournai, et René Van Thienen, de Bruxelles. Les productions du premier sont signées; ce sont : dans Téglise de Saint-Martin, àUal, les admirables fonts baptismaux avec les statuettes des apôtres (4446) et très-probablement aussi le lutrin-aigle; dansTéglise de Saint-Ghislain, un grand chandelier (4442); dans Téglise d*Antoing, un chandelier d*élévation, et un lutrin-aigle dans celle d'Avalghem. Des documents authentiques établissent que les ouvrages suivants sont du second artiste nommé plus haut, savoir : le magnifique chandelier pascal, dans le grand chœur de Téglise de Saint-Léonard, à Léau, la pièce de fonte la plus colossale qui se voie encore en Belgique, et le lutrin de la cathédrale de Saint-Chad, k Birmingham, qui provient de Téglise de Saint-Pierre, à Louvain. Un objet en cuivre fondu, don» Forigine dinantaise est incontestable, parce que le nom de Dinant y est gravé, est une statuette de Notre-Dame de Foi, que Ton conserve dans la sacristie de Féglise de Saint-Martin, à Hal.

BiBLiooRAiMiiii: : Alex. Pinchart, Histoire de la Gravure des médailles en Belgiqtie depuis le \\*> siècle juxqu a la Jin du xyiii*; 4868 (Mémoires couronnés et mémoires des safanls étrangers nubiiés par l'Académie royale, t. XXXV); C.-P. Serrure, Historisch tijdsckrtft, p. \ et 81 ; A IMnchart, Histoire de la dinanterie et de la sculpture de métal en Belgique (voyez: Kujjclins des commissions royales d'art cl d'archéologie, l.^ année el suiv.); Plot, René l'an Thienen (voyez : Revue universelle des arts, i. 1"").

Par M. EUGÈNE GENS.

Origine des armoiries. — Lusage des armoiries remonte aux premiers temps de la période féodale, mais on n*a pas assez remarqué, peut-être, comment elles sont intimement liées à Tessence même de la féodalité, et à l'établissement du système politique qui porte ce nom.

Aux yeux de Tartiste et du poète, les armoiries apparaissent comme la décoration extérieure d*une époque sombre et troublée, comme une efflorescence spontanée, brillante et pittoresque du génie superstitieux du moyen âge. Cest comme la vision d un monde fantastique et surnaturel qu'il était donné à un petit nombre d*élus d entrevoir, d'un monde peuplé de chimères, de dragons, d'animaux impossibles, d'aigles à deux têtes, de lions ailés ou à double queue, de guivres, de tai*asques, de griffons, de licornes. L'imagination se représente volontiers, flottant au sommet des donjons crénelés, audessus des champs de bataille, en tête de ces foules armées qui s'en allaient au hasard, par des chemins inconnus, à la conquête du saint sépulcre, ces bannières, ces gonfanons, ces pennons armoriés où les signes les plus bizarres se paraient des couleurs les plus éclatantes. Mais, pour l'historien, pour le penseur, les armoiries sont autre chose qu'un simple décor ou le hochet de la vanité nobiliaire : elles sont le cachet d'une époque, le symbole d'une idée

sociale, Temblème d'un système politique qui» pendant plus de mille ans, a servi de base au droit public européen.

La féodalité ne fut l'œuvre d'aucun législateur particulier : elle fui la simple résultante des forces sociales qui, après le chaos des invasions germaniques, cherchaient leur équilibre. La main puissante de CharJemagne n'avait réussi à fonder dans son empire qu'une unité factice destinée à disparaître avec lui. Elle cessa d'exister en droit comme en fait quand Louis le Débonnaire eut permis aux évoques d'usurper le pouvoir temporel dans leurs diocèses, et aux gouverneurs de provinces, ducs, comtes ou marquis, de rendre leurs gouvernements inamovibles ; et surtout quand son fils, Charles le Chauve, eut été contraint de consacrer par un capitulaire le principe de l'hérédité des fiefs. Dès lors la féodalité existe de fait, el l'usurpation violente a revêtu la forme d'un droit.

Dans l'immense étendue de l'empire, plusieurs royaumes se sont formés; il existe toujours quelque part un fantôme d'empereur : mais empereur et rois ne sont plus que des mannequins sans pouvoir. Un mot nouveau a été créé^our désigner une autorité d'une espèce nouvelle : de souverains qu'ils étaient, les princes sont devenus suzerains. Ils n'ont plus de sujets, mais seulement des vassaux. Ceux-ci ont des vassaux à leur tour et le vassal ne doit obéissance qu'à son suzerain immédiat. Les États sont subdivisés en une quantité presque innombrable de fiefs, grands et petits, dont chaque titulaire aspire à une indépendance complète. Depuis le haut baron, investi d'un duché ou d'un comté, jusqu'au moindre bénéficier, chacun dans sa terre est roi et déclare ne tenir son pouvoir que de Dieu et de son épée. Les évêques et les abbés des grands monastères se sont assimilés aux seigneurs terriens dont ils exercent l'autorité dans l'étendue de leurs domaines. Le faible lien qui rattache le vassal au suzerain n'est qu'une sécurité de plus, qu'il a achetée par les vaines cérémonies de l'hommage et du relief. Au besoin le vassal en réclamera la protection, mais lui-même n'en remplira les devoirs que dans la limite de ses convenances. Pour mettre son indépendance à l'abri de toute surprise, pour en être à chaque heure bien assuré, chaque feudataire se construit une demeure fortifiée, château ou simple tour, du haut de laquelle il brtave les puissances terrestres et divines. Enfin, pour bien marquer l'union, désormais indissoluble, du fief et de la race, le nom du fief devient le nom de la race .et s'inscrit en rébus dans les plus anciennes armoiries.

Ainsi l'adoption des noms de famille et l'adoption des armoiries

sont deux faits contemporains et corrélatifs. Tous deux sont la conséquence du grand fait historique de Thérédité des fiefs.

Un exemple fera mieux comprendre ceci.

Tant que le pays de Salm ne fut qu'un gau administré par un graf amovible et révocable, il n'a pas le titre de comté. Si l'un de ses gouverneurs apparaît quelque part, c'est sous son nom de baptême; il s'appellera Frédéric ou Henri, il ne sera pas comte de Salm, mais comte au pays de Salm, cornes in page Salmemi. S'il a un sceau et une bannière, ce sceau et cette bannière sont purement personnels, sans i^apport avec la contrée dont il a l'administration temporaire. Lorsqu'un de ces comtes aura réussi à transmettre son gouvernement à son fils, celui-ci forcera l'empereur à reconnaître celle transmission héréditaire comme un droit. Il s'appellera comte de Salm et peindra deux saumons sur son écu. Ces saumons deviendront le cachet de la famille, le signe du nom, et le signe de la possession héréditaire du fief.

Nous avons pris ce nom de Salm au hasard, comme un exemple de cette espèce d'armoiries qu'on appelle des armes parlantes. Les boules de Boulogne, les cors (horn) des comtes de Horn, la tour de Tournai, le lion de Léau sont aussi des armes parlantes. Nous ne prétendons pas que ces armoiries remontent au x* siècle ; peut-être à cette époque existaient-elles, mais elles n'étaient pas fixées ; le blason, qui est la grammaire de cette langue, n'était pas encore une science constituée.

Si les armes parlantes où s'inscrit le nom du fief remontent Ji l'origine même des armoiries, il y en a d'autres, tout aussi anciennes, qui rappellent une dignité, un office ou un droit héréditaires, ou un fait d'armes glorieux dont la race entière s'enorgueillit. Leur signification est la même : toutes sont le signe dune possession héréditaire désormais incontestée.

A l'intérieur des petits États féodaux, l'ordre social achève de s'organiser sur la même base que l'ordre politique. Presque tous les offices sont érigés en fiefs et deviennent héréditaires. On peut dire que le système féodal tout entier n'est qu'une conséquence exagérée du principe de l'hérédité. Le cachet qui scella ce nouveau contrat social, ce fut le blason.

Dans cette société nouvellement constituée, la noblesse occupe naturellement le premier rang, ou plutôt elle seule jouit de la plénitude des droits de cité, car la société féodale forme une sorte de cité d'après le sens antique du mot, dont tous les membres se re-

connaissent comme pairs, et en dehors de laquelle il n'y a qu'oppression et servage. Les seuls membres de cette cité ont le di*oil d'en porter la marque : un nom héréditaire, un écusson d'armoiries.

Pour la noblesse, la conquête de l'hérédité avait rendu irrévocable son affranchissement du pouvoir impérial ou roval. Les armes dont elle l'avait scellé étaient par conséquent pour elle un signe de liberté. Quand, à l'exemple de la noblesse, la bourgeoisie s'affranchit à son tour, secouant à la fois le joug des rois et le joug des seigneurs féodaux; quand les communes se constituèrent et prirent dans la hiérarchie féodale le rang d'un haut baron ou d'un vassal immédiat, elles s'empressèrent d'adopter des armoiries qui, pour elles aussi, furent le signe de l'affranchissement, de la liberté. En même temps aussi, les bourgeois adoptèrent des noms de famille, parce que le droit de bourgeoisie était attaché à la famille.

De même que les gi'ands États féodaux s'étaient morcelés en une foule de petites seigneuries, l'unité de la commune s'était morcelée en une foule de corporations qui formaient autant de personnes civiles, avec leurs franchises, leurs privilèges et leurs immunités. Les associations guerrières des gildes ou serments, si puissantes dans les Flandres, les corporations de métiers eurent, à leur tour, leurs armoiries. Les premières prirent pour emblème l'arme dont elles se servaient, l'arc ou l'arbalète; les secondes choisirent un des instruments de leur profession : les mesureurs de gi-ains, un seiier; les boulangers, une pelle à enfourner; les tailleurs, des ciseaux. Ou bien ils peignaient sur leur bannière l'image de leur saint patron : saint Sébastien pour les archers, saint Nicolas pour les serruriers, saint Pierre pour les pêcheurs, saint Éloi pour les orfèvres.

Ainsi la bourgeoisie opposa h la noblesse indépendance pour indépendance, droit pour droit, blason pour blason. A Tindividualisme * orgueilleux, elle opposa lesprit d'association et de solidarité; au symbole de l'usurpation triomphante, le symbole de la fraternité, de la force dans l'union. Le blason de la commune, comme celui de la noblesse, signifie donc indépendance territoriale, souveraineté, juridiction libre. Seulement, la pensée qu'il exprime s'est élargie. Ce signe de noblesse donné à des associations d'ouvriers, c'est la réhabilitation du peuple, c'est Y anoblissement du travail, c'est le trait d'union de la féodalité avec la société moderne.

C'est surtout en Belgique qu'on vit de bonne heure le blason cesser d'être exclusivement un attribut aristocratique, et consacrer les libertés populaires, comme il avait scellé l'indépendance de la no-

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blesse. Il sassocie à nos splendeui^ communales, aux triomphes pacifiques de nos gildes, de nos corps de métier et do nos chambres de rhétorique, comme aux victoires de nos princes, et, plus d'une fois, sur les champs de bataille de Groeningue, de Mons-en- Puelle, de Guinegate, les étendards bourgeois du peuple flamand firent reculer les orgueilleuses bannières de la noblesse française. Aussi, dans aucune de nos révolutions, n'a-t-on vu le peuple effacer ou mutiler les écussons d'armoiries et s'en prendre au blason des abus que Ton combattait, parce que jamais, en Belgique, nous n*avons eu à réagir contre les idées exprimées par le blason.

Cependant, la force seule ne suffit pas longtemps h la noblesse. La chevalerie vint lui donner un idéal. plus élevé. Pour légitimer moralement sa domination, il fallait l'éclat, la gloire, fillustration personnelle jointe à celle que lui donnait sa position sociale. Le noble voulut être le premier en tout, en courage, en générosité, en loyauté, comme il était le premier en puissance et en dignité. De là le fanatisme du nom, le culte de l'honneur dont son écusson devint l'emblème. On disait indifféremment un honneur ou un écusson sans tache. Préserver son écusson de toute souillure signifiait conserver un nom à l'abri de tout reproche.

Signe extérieur d'une naissance illustre, le blason rappelait l'obligation continuelle d'en rester digne.

Il acquit bientôt une autre signitlcation qui acheva de le rendre populaire.

L'écusson du feudataire marquant la possession du fief devint l'écusson du fief lui-même. Le lion des comtes de Flandre devint l'étendard national des Flamands. Le signe de la souveraineté du prince devint, pour le peuple et le pays, le signe de la nationalité, et l'amour du peuple pour son drapeau égala le respect du prince pour ses armoiries de famille.

Le blason. - Les premières armoiries, arbitrairement choisies, durent fréquemment varier. Un feit d'armes nouveau, une dignité, une conquête nouvelle à enregistrer, le simple caprice portaient leurs possesseui^ à les modifier, h y introduire des pièces nouvelles. La signification des emblèmes, leurs formes, leurs couleurs, n'avaient rien de fixe, de nettement déterminé. C'était une langue sans syntaxe et sans règles. Cependant cette langue tendait à devenir universelle. Les signes conventionnels qu'elle employait devaient se comprendre partout, par conséquent être les mêmes en tout pays.

C*est surtout dans les tournois, dans les expéditions faites en commun, lorsqu'un grand nombre de nobles se trouvaient réunis, qu'il devint indispensable, pour éviter la confusion, de fixer défimti\^ ment la valeur de leurs emblèmes. Des officiers spéciaux furent chargés de ce soin. On les nomma hérauts d'armes^ d'ob le nom d'art héraldique donné au blason, qui est la science des armoiries. Les hérauts tenaient des registres où étaient consignées les armoiries de tous les nobles qui avaient pris part aux joutes. A rapproche d'un tournoi, ils annonçaient l'entrée des chevaliers dans la lice, soimant d'abord de la trompe, puis décrivant à haute voix ou blasonnant à mesure les armes de chacun des combattants. « Les hérauts, dit Nicot, blasonnant les armoiries d'un prince, récitaient la haute signification du blason d'icelui, y ajoutant ses louanges, hasardeuses entreprises et prouesses pour montrer qu'il portait tel blason à juste cause. »

Cet usage de sonner de la trompe (blasen) a fait donner le nom de blason à la science des armoiries. Le nom est allemand. Le système féodal avait ses racines dans les institutions de la vieiUe Germanie; aussi est-ce en Allemagne qu'il se trouva d'abord constitué. C'est en Allemagne aussi que les armoiries paraissent avoir pris naissance ; au moins c'est h ce pays qu'appartiennent les plus anciennes armoiries connues. Enfin, c'est en Allemagne qu'eut lieu le plus ancien tournoi (938), et l'on a vu que les tournois ont perfectionné et peut-être donné naissance à l'art du blason.

Un temps assez long se passa naturellement avant que des usages communs pussent s'établir dans ces différentes contrées, alors séparées par tant d'obstacles et ayant entre elles si peu de relations. C'est ce qui explique que, malgré leur origine remontant peut-être au dixième siècle, l'usage des armoiries héréditaires ne devint général qu'à la fin du onzième, c est-à-dire à Fépoque des premières croisades. Quant à la langue héraldique, elle ne se trouva formée qu'au xn** siècle. Aucun auteur ne parle du blason avant fan 1150.

« Les prouves de noblesse, dit le P. Ménestrier, se sont faites longtemps en Allemagne par les tournois et insensiblement elles s y introduisirent dans les principales églises, où elles sont nécessaires pour y être reçues. Cet usage passa d'Allemagne au Pays-Bas où les chanoinesscs de Mons et autres lieux (Nivelles, Munsterbilsen, etc.) sont obligées de les faire et s'est estendu en Lorraine et en Picardie. »

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« L'art héi-aldique a commencé en France au temps de Louis le Jeune qui régla les fonctions et les oflices des hérauts pour le sacre de Philippe-Auguste. »

Le P. Ménestrier, dans son traité de rOrigine du blason, donne quelques extraits d une description en vers d'un tournoi qui eut lieu à Tihange, près de Huy, vers la fin du xiii'' siècle, dit-il, mais certainement avant la bataille de VVoeringen, puisqu'il y est question du comte de Limbourg. L'auteur de ce poème, qui appelle le brave chevalier liégeois Radoux des Prez twstre voué, est Liégeois luimême, selon toute apparence. 11 blasonne avec beaucoup d'exactitude, et dans les termes du blason moderne, les armoiries de tous les chevaliers qui prirent part aux joutes. Preuve évidente qu'au xiir siècle la langue héraldique était déjà familière dans nos contrées.

Ainsi la science du blason est née en Allemagne et n'a pénétré en France qu'en passant par les Pays-Bas, c'est-à-dire par la Belgique romane. C'est dans la Belgique romane que sest formée la langue héraldique. Les hérauts d'armes de la Picardie, du llainaut et du Tournaisis se constituèrent les grammairiens d'une langue qui se parlait à la fois en Allemagne, en France, en Angleterre, en Espagne et en Italie.

Les croisades étaient venues offrir un aliment merveilleux à ce besoin d'acquérir de la renommée qui tourmentait une noblesse turbulente et guerrière. L émulation de la gloire donnait une direction plus haute à cette activité dévorante qui jusque-là n'avait trouvé à se satisfaire que dans des guerres privées ou, à leur défaut, dans les tournois qui en présentaient l'image brillante. La noblesse s'y précipita, autant peut-être par la séduction de l'inconnu, par amour pour les aventures et les expéditions hasardeuses, d'où elle devait l'apporter los et proufit, que par entraînement religieux. Les croisades devaient naturellement fournir à la science du blason un grand nombre d'emblèmes. La plupart des croisés changèrent leurs armoiries ou y introduisirent des pièces nouvelles destinées à rappeler la part qu'ils avaient prise à ces expéditions. Beaucoup, à leur retour, tracèrent sur leur écu la croix qu'ils avaient atta- . chée sur leurs épaules en partant, et c'est là l'origine du grand nombre de croix de toute forme et de toute couleur qu on rencontre dans les armoiries, notamment dans celles de Montmorency en France, et dans celles d'Argentoau et d'Aspremont-Lynden en Belgique.

Les lions, emblèmes de courage et de force, si nombreux dans les armoiries de l'ancienne noblesse belge, sont considérés aussi comme des souvenirs des croisades. 11 en est de même des croissants, enlevés aux étendards turcs; des besants, pièces d'or rapportées de Byzance, souvenirs de la quatrième croisade; des merletles, oiseaux voyageurs dont on ne voit pas les pattes, parce qu'ils soni représentés nageant : signe d'un voyage outre-mer; des têtes de More, etc.

C'est au retour des croisades que les comtes d^ Flandre, les ducs de Brabant et de Limbourg ont adopté le lion de leurs armoiries. Les trois alérions (petites aigles sans bec ni pattes) qui figurent encore dans les armes de la maison de Lorraine rappellent un exploit peu connu de Godefroid de Bouillon.

On lit dans un vieil auteur :

« Un jour, après la conquesie de Hicrusalem, Godefroid de Bouillon esianl en la tour de David, dcmaDda aux gens du pays le nom de trois oiseaux, qu*il v(^it journellement voiler par dessus la dicte tour : auquel il fut dict qu'on les appeloil al(^rions, et que de toutes auciennetez, par une commune renommée des anciens, on disait qu'ils dehvoient estre tuez par un qui par'droict devoit eslre roy «le Hierusalem. Et adonc Godefroy prit son arc et tira contre iceulx, tellement que d'un seul coup les perça tous trois. Et en mémoire de ce fuict il voulut porter lesdictz alérions sans piedz et bccz en manière de bende, au travers de escu d'or. » (Wassebourg, cité par Paquot.)

Nous avons plusieui*s raisons pour croire que celte anecdote doit être rejetée au rang des fables inventées pour expliquer des signes héraldiques dont le vrai sens était perdu. D'abord, Godefroid de Bouillon n'a pas pu porter les armes de Lorraine dont l'origine, comme nous le verrons plus loin, est postéiieure de près d'un siècle. En second lieu, les alérions repi^ésentent presque toujoure des drapeaux pris sur l'ennemi. Tels sont les seize alérions des armes de Montmorency. Marc-Antoine Colonna accosta la colonne, qui forme les armes parlantes de sa famille, de 14 alérions, en mémoire d'autant de drapeaux qu'il avait pris sur les Turcs à la bataille de Lépante. Enfin, il est à remarquer que le mot aleirion, comme on l'écrivait . alors, est l'anagramme du nom de Lorraine.

Nous voici arrivés h l'époque oii les armoiries sont définitivement fixées, où elles sont universellement reconnues comme la marque d'une possession héréditaire. 11 nous reste à faire connaître le blason des diverses souverainetés féodales dont la réunion a formé la Belgique actuelle.

f An^DlRieLS DES ANCIENS ÉîATS FÉODALX DE U BEUiîgCE. — BflAlUNT. —

sut que le noyau du duché de Brahant fut le cnmté de Louvâin, auquel se joîgiiirtMil le comlé de Bruxelles en 973 et le niRrquisal d'Anvers en 1 106* Les comtes de Louvnin furent investis du titre de dues de Lolhicr ou de Basse-Lmbiiringie et conté m tm\k\H* prirent en m^me lemps le titre de dues de Braliant*

tOii donne pour armes aux anciens comtes Louvain celles que portent encore aujourd'hui les villes de Louvain et de Bouillon :

Mais ees armes sont celles de Lorraine et n'ont pu être portées par les comtes de Loii- %»ain avant qulls ne fussent investis du litre de dues de la basse Lorraine, Elles n ont pu l'élre méiTie par le premier duc, Godcfroid le Barbu, qui régna de lULlG k i l iO, car ces armoiries elles-mêmes ne remonlent qu'à la fin du xn'^ siècle. Voici ce que rapporte à ce sujet un vieil historien, cité par Devaddere :

^t'éi^iit m i 190, ail si^gc de Plale^maîs.

Li^opoîd, ducdMutrjctie, défeudail coulre de nombreux assailtanis unr tour dont il s*éiait emparé. J.a plupart de ses compagnons avaient LîtéUti^'s: tu j-iT»i?me diiiiit couvert de blessures. Pour ne pas tomber vivant aux ma»ns des Sarnisins, it$e}ela à la mer, tout rouge de sang., à rexceplion de sa ceinture qui p^ir^iissajt blanche. L'empereur Frédéric fi»! ici la ce vaillant capitaine sur aa hravoureet, aux applaudbsenicnlâ de toute t*armée, lui donna un écu mufte coupé d'une ceinture blanche, pour rappeler rdial où chacun ravnît vu.

KSi c'est Ik lorigine de Pécu de gueules a la fh^ce dAmjenl des dues de Loi'niine» il n'a pu être porté par Godelroid de Boni lion partant pour la première croisade, et le bronze de la place Royale aurait consacré un anachronisme de près d'un siècle, ,

En tout eus, il na pu être porte par les anciens comtes de Louvain, ni môme par les pre- ^^^^^ miers ducs de Biabanl. Leur premier blason J^^^!J^^^^^ Mrédilaire, cet lai n, a été le lion de Bmbant, ^"^t'-^-JB^^^

pi est aujourd'hui le lion de Belgique. Ji::^.;:^v;p::c: £';

Lorsque après la bataille de Woeringen *—*»**-— (1288), Jean I' eut réuni le duché de Limbourg au duché deBra-

HE ltRAH4»T-WITmE1t.

DUCHE DK DKABAKT-LIM BOURG.

tlcartelè aux I <;t A Av BrahaMt, aux i ft 3 de l.initKMirg. Cri :

LlHBOtKU A ttVI t*A VUSmCIH.

bant, il écaitcla les aFmes de Brabant de celles de Limbourg ei changea son cri en celui de : Limbourg à qui ta conquis.

Les comtes de Limbourg, revêtus du Ulre de ducs en même temps que les comtes de Louvain, avaient p^is d'autres armes (voy. la deuxième vignette de la page).

Ne pouvant, comme les comtes de Louvaio, porter les ai*mes de Lothier, ils en prirent au moins les émaux qui sont argent et gueules. Les lions d* armoiries qui, tels que le lion de Limbourg, ont la queue double et passée en sautoir, la portent ainsi, dit-on, en imitation du lion de Bohême. Ladislas 11, roi de Bohême, ayant quqiê de uhboubg. rendu de grands services à l'em- a

pcreur Frédéric Barberoussedans la guerre contre les Milanais, obtint de l'empereur de pouvoir changer Taigle de ses armoiries contre un lion, comme marque de la valeur qu'il avait déployée. Malheureusement, le peintre qui peignit ce lion sur les drapeaux du roi, lui cacha la queue, de façon que les soldats en raillèrent, en disant que c'était un singe. L'empereur ordonna alors qu'on lui fit la q^ucue double et passée en sautoir pour la rendre plus visible.

Henri 111 de Limbourg fut comte d'Arlon du chef de sa mère. Ce comté fut érigé en marquisat en i 119 et fit retour à Luxembourg en 1221. d.'pî.^^^™"^ Arlon ainsi que la seigneurie de Rolduc étaient ^Û^J^iZ^cn"^^ des alleux que les ducs de Limbourg relevaient

des ducs de Brabant. On ne connaît pas les armoiries du comté ou marquisat d'Arlon avant qu'il eut fait retour à Luxembourg. Cest probablement de cette époque que datent les armoiries actuelles de la ville d'Ârlon, qui sont celles de Luxembourg, moins la couronne du lio*n.

Les sires de Fauquemont étaient issus d'une branf,tiJiliZm<^\r\»m che cadette de la maison de Limbourg. Ils portaient les

IMinf. d'or au InniM j • i / • i i

d'aiufp«,*e..nthef. Qrmcs dc Limbourg (moins la couronne du non, qui n'appartenait (ju'aux vassaux immédiats de l'empire) avec un lambel pour brisure. Le lambel était le signe des puînés. Il représentait le lûbel, nœud de rubans que le fils attachait à son casque, dans les tournois, pour se distinguer de son père.

bEIGNKUKlE UK FArUUEMOM.

Anvers avec le pays de Ryen formait une marche, comlé-fi-ontière, margraviat ou marquisat de l'empire. 11 était entré dans la maison de Louvain avec le duché de Basse-Lotharingie. On peut suivre en quelque sorte les phases diverses par lesquelles son blason a passé avant de s'arrêter à sa forme actuelle. Un sceau apposé sur une charte de 1231, tirée des archives de Saint-Bavon, à Gand, nous donne probablement sa forme la plus ancienne. Par la grossièreté de la gravure, surtout par les caractères de Tinscription en lettres onciales qui l'entoure, ce sceau paraît remonter au xi^ siècle. Il représente une forteresse d'une forme toute différente de celle qui figura plus tard dans le blason de la ville. C'est une sorte de donjon crénelé à cinq étages, surmonté* d'un belvédère. A la droite, un bras armé et gantelé tient une bannière. Dans le champ se trouvent six étoiles à peu près disposées comme dans la constellation de la petite Ourse. La légende porte : Sigillum monarchie Antverpensis.

ce Cest évidemment Tancien sceau du marquisat. La constcllaiion de TOurse indique la situation de cette marche au nord de Tempire, et sa bannière tenue par une main gantcléc, sa qualité de iief de bannière, tenu par un chevalier ; mais c*est aussi celui de la ville, car la charte dit : Sigillum oppidi. C*est qu*Anvers est avant tout la capitale d*un Ëtat féodal, d'une monarchie. C*est celte qualité qui fait sa force et qu'elle invoque daips les actes diplomatiques.

a Ce sceau paraît avoir servi jusqu'à la fin du xni*' siècle, où il fut remplacé par celui qui se trouve attaché à un acte de 4310, conservé aux archives de la ville. 11 représente un château de forme ovale, flanqué de tours. La porte est surmontée d'une haute tour carrée, à trois étages, crénelée, supportant U ses angles deux petites tourelles en forme de poivrières. Sur la porte on remarque deux étoiles. Cinq bannières surmontent les créneaux, deux sur les murailles, trois au sommet de la grande tour ; elles portent chacune dans leur champ une main appaumée. Aux deux bannières plantées sur les murailles sont suspendus des écussons : celui de gauche porte les armes de l'empire ; celui de droite, les lions écartelés de Brabant etdcLimbourg : preuve évidente que ce sceau est postérieur à 1:288. Quelques années plus tard on en rencontre un autre, à peu près semblable à celui-là. Ces trois sceaux portent encore la légende : Sigillum monarchie Antxverpiensis, C'est toujours le sceau du marquisat, du Iief de bannière du Saint-Empire. Au revers de celui-ci, en forme de conlre-scel, est appliqué le sceau des échevius avec la Xé^QHiiiQ : SecreUim Scnbinorum Antwerpiensium. Ce qui est remarquable, c'est qu'il ne.porte point les emblèmes de la ville, mais l'aigle impériale à deux têtes. Même dans leur sceau secret, les échevins conservent la marque de la position féodale de la cité. » (Voir Hùtoire de la ville d'Anvers^ par Eugène Gens.)

Ces sceaux représentent donc en même temps le blason du marquisat et celui de la ville. 11 n y en eut point dautres jusqu'au XVI* siècle, où Ton arrangea le blason moderne avec des pièces empruntées à lancien.

D AKVCBS.

Les armes de la ville sont les mêmes, moins le chef qui indique la vassalité immédiate de Tempire. Elles étaient en- HARQcisàT tourées d'une couronne de roses, trois rouges et trois blanches.

Ces sceaux nous donnent aussi lancienne bannière rouge avec une main blanche. Ici encore, comme dans les armes de Louvain, de Bouillon et de Limbourg, nous retrouvons le rouge et le blanc, c'est-àdire les couleurs de Lorraine.

Nous ferons remarquer une fois pour toutes que ces mômes émaux se retrouvent dans les armoiries d'une foule de grands fiefs compris dans le duché de jj^^j;!'^ •■ ^■^•

COMTE DE DAELHEM.

Basse-Lotharingie, notamment dans celles des comtés 5^^- '".i^^^ de Moha, de Vianden, de Salm, de Montaigu, de la «««-w^ •*=«»•*«« Roche, de Durbuy, de Manderscheidt, de Reifferscheidt, deDaelhem, dans celles de Nivelles et de Tournai, etc.

COMTÉ Parmi les grands fiefs vassaux des ducs de Brabant,

nous citerons encore le comté d'Aerschot^ le comté de Daelhem et V abbaye de Nivelles.

Aerschot était un alleu des comtes de Louvain. Il fut donné en apanage en 1280 à Godefroid de Bi-abant, sire de Vierzon, troisième fils d*Henri III, pour le tenir en fief des ducs de Brabant.

Le comté de Daeihem fut conquis en 1228 par le duc Henri II sur Lothaire, comte de Hostade. Conrad, fils de Lothaire, devenu archevêque de Cologne, essaya de le récupérer par les armes.

Il fut vanicu et enfin, en 1243, il renonça en faveur du duc à tous ses droits.

Labbaye de Nivelles était un monastère de dames

, nobles dont labbesse était princesse du Saint-Em-

I ^\ pire et Dame de Nivelles. Elle relevait la ville et sei-

j JT gneurie de TSivclles des ducs de Brabant.

V I y LuxEMiJouRG. — Pour éviter les répétitions nous

^■^f^^ dirons ici quelle " fut lorigine commune des divei's

D'arp..nt k uno comtés sortls du démembrement de Tancien comté

gueules po8éc en ,«i. bénéficiaire d'Ardenne.

A la fin du ix'" siècle, le comté d'Ardenne et le duché de Mosellaiie

D'arpcnl a tntia fleurs i\v Iy« «le sabli*.

' Cm amioirii'4 ioul ••ncoif portPfK tir iio»

jimr* |»ar les comU's »rAer>rhnl.,

ABBAYK

ok: mveli es.

D'arf^f-nl au rhitraa lie |(ueult*ii.

ART HERALDIQUE.

Xi J.s#

forinèi^nt un grand comté bénéficiaire aux mains de Régnier au Long Col, comie de xMons et premier duc bénéficiaire de Lotharingie. A ta mort de ce prince (916) ils passèrent à son fils Riciiiii et sont désignés ensemble sous le nom de comté d'AideHoe. Ricuin mourut assassiné eu 945, après avoir partagé ses États entre ses ensuis. Latné de ses fiïs, Codefroîd, fut comte d'Ardenne, de Bouillon, de Xûràmi et probablement aussi de la Roche et de Durbuy. Le Pfeond, Otton, fut comte de Bar. Le troisième, SigetVoid, eut tes comtés de Luxembourg et d*Arlon, Sa fille Mathilde» mariée à Ariiould de Granson, cul le comté de Chiuv.

Comté ile Luxemhounj. — Uu ne connaît pas les armoiries dm premiers comtes de Luxembourg, descendants de Ricuin, dont la stérile mille séleignit eji 1136. Henri II, fils Waleraui de Limboujg, devenu comte de Luxembourg du chef de sa mère ErmésiiidOt adopta les armoiries ci-contre.

II est facile de leconnaïtre daus ces armoi* lies les armes de Limboui'g dont le champ est ehai*gé de cinq iasces d'azur^ Les fasces au nombre de cinn, divisant le champ de Técu en dix pièces, prennent le nom de burellcs et forment une brisure, ou signe distinctif entre les branches d'une même famille.

Le comté de Luxembourg eut d abord un ter- h *..^*r..MV 4\.f\mt^^'K lîtoire assez restreint. Il s agrandit en 1122 des ^"-»*t''tf. i^"i-"i-Mt*-im.« oomtés de la Roche et de Dur bu y, et eu 1221 des comtés d^AHori «t de Longw^, Mais sa suzeraineté s'étendait sur un grand nombre de comtés souverains et puissanis.

Les premiei^ comtes de Luxembourg étaient comtes de Sûlm, on ignore à quel litre, Gilbert, fils de Freine I*', prend ce titre eu 1035 Gilbert, comte de pbxembourg et de Salm, eut deux fils, Conrad I*', qui lui succéda au comté de Luxembourg en 1057, ei Berman, qui fut comte de Salra. Herman I"' est tige des comtes de Salm en Ardenne* Il fut couné ï"OÎ de Germanie en 1082 et nommé empereur

électeurs guelfes. Les princes de Salm-Neubourg sont ses dants directs»

Les comtés de la Roche et de Durbuy appartenaient, au xf siècle» à la maison d*Ardanne. Regel inde, fille de Gothelon 1*. due de m. 19

Itni4'l4- kl 'Bruant ut <r*Mr lu

tMUft m UiM,

COMTÉ DE DCBIDT.

Bunilé d'aifflfll «l d*azar, ma lioa napuit de fueulM biochant sur le ImL

La lambel

Lotharingie et comte d'Ainlenne, les porta dans la maison de Namur CONTÉ DE LA ROCHE, par son mariage avec Albert II, comte de Namur, qui les donna en apanage à son fils pu! né Henri. En 1122, ils passèrent de la maison de Namur à celle de Luxembourg. Depuis Ermésinde, fille unique de Henri l'Aveugle, les comtes de Luxembourg joignirent constamment à leur titre celui de comte de la Roche. Les comtes de i>« gueuii» au lion la Rochc avaicut Tavouerie du monas- ^TMfôun:h!i^rt^*paa* tèrc dc Stavclot.

née en sautoir, au lam- # i w i n ji i

bel dar k trois pen- Lc coffité dc DurouY lut donué en

danta brochant sur le i i • » /•! j*r»

»•«» apanage à Gérard, deuxième fils d clr-

mésinde et de Waleram de Limbourg.

Les armoiries actuelles de la Roche ne remontent

pas au delà de sa réunion à Luxembourg. Le lion

d'argent sur champ de gueules est le lion de Limbourg dont les émaux sont intervertis indique un apanage des puinés.

Dans les armes de Durbuy on retrouve encore l'écusson de Limbourg avec les burelles qu'y mit Waleram, et moins la couronne du lion, que Gérard supprima en devenant arrière-vassal de Fempire.

Entre la Roche et Durbuy, sur le cours de i'Ourthe, se trouvait le petit comté de Montaigu, dont

l'histoire dit peu de chose.

Comté de Chxny, — Le comté de Chiny forma un État indépendant

jusquen 1367, date de sa réunion à Luxembourg. Arnoul II, fils d'Arnoul de Granson, eut deux fils : Othon, qui lui succéda, et Godefroid, qui fut la tige des comtes d'Orchimont. On varie sur les armes des comtes d'Orchimont. D'après les uns, ils portaient de gueules à la bande d'argent; d'après d'autres, d'or au sanglier de sable, à la défense d'argent, chargé d'un écusson du même.

Arnoul II, comte de Chiny, fonda dans ses domaines l'abbaye d'Orval.

Les historiens de l'ordre de Cîteaux i-acontenl, au

sujet de cette fondation , une jolie anecdote héi'al-

dique.

lyëe d'argent.

COMTK DE CHINY.

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