‹ Patria belgica; encyclopédie nationale ou exposé méthodique de toutes les connaissances relatives à la Belgique anicenne et moderne, physique, sociale et intellectuelleChapitre 27 sur 37 · AIRS POPUULIRBS ET NATIONAUX · texte numérisé non relu

AIRS POPUULIRBS ET NATIONAUX

Les chants populaires sont 1 expression de la vie la plus intime des peuples, de leur caractère natif et tout spontané. Aussi difièrent-ils essentiellement entre eux, selon les pays et même selon les localités. Les airs flamands n^ont pas du tout la même allure que les volkslieder de l'Allemagne centrale et méridionale, et l'esprit des airs wallons ne ressemble pas à celui que l'on remarque dans les airs populaires de la plupart des provinces de la France.

La tradition orale nous a seule conservé le plus grand nombre de ces chants, et les érudits de notre siècle, dérogeant en cela à leurs habitudes, ont été obligés de les recueillir de la bouche du peuple. H leur a fallu écouter les danseurs de crâmignons, les liedzangers flamands débitant leurs légendes devant un tableau dans les foires et les marchés ; il leur a fallu pénétrer dans le foyer des populations rurales, au moment, par exemple, de la cueillette du houblon ou pendant quelque fête de famille.

La transcription ne s'est pas faite aisément. « Pour noter ces chansons », dit M. de Coussemaker, « il faut se dépouiller en quelque sorte de son éducation artistique, afin de ne se préoccuper ni de la tonalité, ni du rhythme, ni de la carrure des phrases, ni de toutes ces règles ou habitudes de convention dont les airs populaires s'affranchissent dans beaucoup de cas. »

Parfois le rhythme a des coupes inusitées dans la musique des compositeurs modernes; quant à la tonalité, comme dans toute musique monodique, au lieu de se borner aux deux modes majeur et mineur, elle emploie plus ou moins fréquemment les sept modes diatoniques.

Il importe de remarquer que, dans les airs les plus caractéristiques, la musique et la poésie sont intimement liées : il est probable qu'elles sont le produit d'une même inspiration.

Voici d'abord un des noëls les plus populaires de la Flandre, recueilli par Willems h CourtraietparM. de Coussemaker à Bailleul. Cet air n est autre qu'une paraphrase de la mélodie du Veni Creator.

AIRS POPULAIRES

BETHLEEM.

Allegretto.

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ri • a die zou • de naer Betk-U - em gaen, Kers ■ a-vond voor den

^mi

»=fc

ne; Sint Joseph die zou 'de methaergaen^ om hacr den weg te

too - ncn.

Traduction : Marie devait aller à Bethléem le matin de la veille de Noël, ^aint Joseph devant raccompagner ponr lui indiquer le chemin.

Un cantique, fort ancien aussi et encore très-populaire dans tout le pays entre l'Escaut et la mer, est celui des Trois Rois. On y remarque la coupe du distique, propre à d'autres chansons d'une haute antiquité, telles que Herr Allewyn ou la chanson de Louis le Germanique (ix' siècle). C'est apparemment sur des airs de ce genre, sans cadence finale, que se chantaient les épopées des peuples primitifs de l'Europe.

DE DRIJ KONINGEN.

Allegretto.

> ^rf, U ^ Jg:

Daer kwamen drij ko-nin-genmetetnsterr'Datrkwamendrijko-nin-gen

met un sterr\ Uit vrem -de lan - den al - U

zoo

f[''-: 'jfj

fr->

uit vrem - de lan - den al - U zoo verr\ Traduction : Trois rois vinrent, avec une étoile, de loin, d*une terre étrangère.

Le Reuzenlied, la chanson des géants, est attribuée à une origine Scandinave, mais l'air comme l'esprit en ont été altérés ; ce n'est plus qu'une ronde, très-connue dans toutes les Flandres et k Brabant, depuis Anvers jusqu'à Dunkerque, et chantée pendant les cavalcades traditionnelles. On reconnaîtra aisément dans cette mélodie l'hymne : Creator almesiderum.

REUZENLIED.

Allegretto*

Ah de groo-te klok-ke luid, de klok-kc luid, de reu-xe komt

rj.j'j'j'ijj'j'cciJjj'jj'ij.J7

uiLKeer-u-nees om^ de reu-ze^ de reu-ze; keer-u-nees om; reu-ze kom.

Traduction : Quand la grosse cloche sonne, le géant sort. Retourne-toi, géant, géant, retourne-toi, gentil géant.

Il est curieux de rapprocher du Reuzenlied le Doudou de la procession de Mons. Ce chant est noté sur la marche guerrière des anciennes compagnies militaires de Mons. Les paroles du refrain ont été ajoutées fort tard : on se bornait à danser sur ce refrain.

Allegretto.

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