OD
aa
Meuse
Ourtbe
Amblève
Sambre
Canal de Liège à Maestricht . .
Canal de Maestricht à Bois-le-Duc.
Escaut
Haine
Canal de Monsà Condé . •. . .
Canal de Caraman
Canal de Pommerœul
Canal de Blaton
Dendre
Rupel
Canal de Willebroeck ....
Canal de Charleroi
Embranchements
Dyle
Canal de Louvain
Demer
Nèthe
Grende-Nèthe
Pelite-Nèthe
Canal de Jonction à la Meuse . .
Embranchement vers Beverloo .
Embranchement vers Hasselt .
Embranchement vers Tumhout.
Canal d'Espierre
Canal de Bossuyt
Lys .... ■
Canal de Comines . . . . .
Canal de Roulera . . . . ' .
Canal de Schipdonck ....
Canal de Gand à Bruges . . .
Canal de Bruges k Ostende . .
Embranchement et bassin. .
Canal de Damme
Canal de la Lieve
Canal de Terneuzen
Moenaert et Durme
Canal de Langeleede ....
Canal de Stekene
YsER
Yperlée et canal de Boesinghe . .
Canal de Merckem
Canal de Handzaeme
Canal de Zarren
Canal de Plasschendaelc ....
Canal de M< erdyk .....
Canal de Bourgoj^ne . .' .
Canal de Nieuport à Dunkerque .
Canal de Loo .......
Canal de la Basse-Col me . . .
tm
Longueur totale des voies navigables :
xiii* s.
lâ51
XVIIK S.
xvu» s.
XVII' s.
16iâ
XVie S.
240,133 4,000 19,4Tï S5,050 ^,000 78,000 UOOO !28,130 74,:i46 15,900 40,000 29,770 37,000 14,000 51,000 18,000 89,000 15,000 39,000 63,872 8,400 15,420 114,000 15,000 18,000 54,000 47,092 23,550 19,000 13,700 11,000 19.056 48 000 5,400 4,700
VOIES NAVIGABLES ET ROUTES. 8ii
L'Ourthe, navigable de Barvaux à Comblain-au-Pont (24 kilom.), est canalisée de Comblain à Liège (32 kilom.). L'Amblève a été rendue navigable au moyen de barrages depuis Remouchamps jusqu'à Comblain (H kitom.).
La canalisation de TOurthe a commencé en 1827. Ce travail faisait partie d'un projet de canal devant unir la Meuse à la Moselle en suivant TOurthe jusqu iiOrlho, puis la branche orientale de TOurthe, la Wilz et la Sûre jusqu à la Moselle en amont de Trêves.
La Sambre est navigable sur tout son parcours en Belgique. Des études ont été faites pour lui donner partout un mouillage de deux mètres et pour obvier autant que possible aux fréquents et désastreux débordements de celte rivière.
La canalisation de la Sambre par écluses à sas a été adjugée en 1825 et terminée en 1830. Elle a été entreprise nioyennànt une concession dont la durée devait être de trente-trois ans, mais que le gouvernement a rachetée en 1835.
Les transports effectués en remonte par la Sambre à destination de la France se composent, presque en totalité, de produits des exploitations houillères du bassin de Charleroi et des établissements métallurgiques de la partie orientale du Hainaut.
La Sambre, qui na pas d'affluents navigables, communique avec le canal de Charleroi à Bruxelles, qui la rattache à TEscaut inférieur par l'intermédiaire du canal de Bmxelles à Willebroeck,
Le canal de Liège à Maestricht part de la Meuse en amont de Liège et la rejoint à Maestricht, au bassin du canal de Bois-le-Duc. L'alimentation se fait par la Meuse. Il a été construit pour remplacer la navigation sur la Meuse inférieure dont l'amélioration eût exigé des dépenses considérables. Le projet en a été élaboré sous le gouvernement hollandais, mais les événements de 1830 en ont arrêté l'exécution. Commencé le 4 mars 1846, il a été ouvert à la navigation le 21 octobre 1850.
Le canal de Maastricht à Bo/.v-te-/)uc part de la Meuse, sous Maestricht, et se termine sous Bois-le-Duc, à la Diéze, affluent du fleuve. L'alimentation se fait par le canal de Liège à Maestricht et un peu plus bas par une prise d'eau dérivant de la Meuse à Hocht, commune de Lanaeken.
Ce canal fut commencé en 1822 et livré à la navigation en 1828. Le projet, avec prolongement jusqu'à Liège, fut conçu en 1819 par le gouvernement des Pays-Bas, en vue d'ouvrir un débouché commercial vers la mer aux provinces du sud-est, une voie de commu-
nication et d approvisionnement aux places fortes de la Meuse, de la Sambre et du Luxembourg, et d'établir ainsi à la fois un moyen de défense pour la rive gauche de la Meuse et un moyen dHrrigation pour une partie de la Campine.
Bassin de V Escaut. La profondeur de l'Escaut est, à l'éliage, de 2 mètres à la frontière de France, de 2",50 à Gand, de 10 mètres dans les passes à Anvers. L'altitude de l'Escaut, à son entrée dans le pays, est d'environ 16 mètres; de la frontière jusqu'à Gand la pente est de 11",38; à Termonde, le fleuve est à peu près au niveau de la mer.
Au point de vue de la navigabilité, l'Escaut se divise en deux parties : le haut Escaut depuis la frontière jusqu'à l'écluse de la Pêcherie, en aval de Gand, et le bas Escaut depuis ce dernier point jusqu'à la mer. Le haut Escaut a été rendu navigable au moyen de barrages et d'écluses ; le bas Escaut est navigable de son propre fond ; il est sujet au mouvement de la marée, lequel se produit jusqu'à Gand; cependant les eaux cessent d'être salées à Doel. Les marées élèvent les eaux à Anvers de trois à quatre mètres. Les rives du bas Escaut, généralement inférieures au niveau des marées hautes, ont été mises à l'abri des inondations par des digues.
De Cambrai à Gand, la navigation de l'Escaut est fluviale ; de Gand à Anvers, elle est en même temps fluviale et maritime, bien que la plupart des bateaux plats cessent de naviguer au-dessous de Termonde ; à partir d'Anvers la navigation est exclusivement maritime.
Les voies navigables avec lesquelles l'Escaut est en communication directe sont : sur la droite du fleuve, 1" la Haine; 2" le catial de Mons à Condé avec le canal de Caraman ; 3^ le canal de Poînmeroeul à Antoing avec le canal de Blaton à Ath; 4*" la Dendre; 5° le Rupel avec les rivières (Dyle, Nèthe, Demer) de son bassin et les canaux (de Louvain, de Charleroi et de Willebroeck) qui s'y rattachent ; 6** le canal de jonction à la Meuse avec ses embranchements vers Beverloo, Hasselt et Turnhout; sur la gauche du fleuve, 1** le canal d'Espierre; 2" le canal de Bossuyt ; 3" la Lys avec les nombreux canaux qui s'y rattachent; i"" le canal du Moervaert et la Durme.
La Haine n'est navigable que sur une très-petite partie de son cours (4 kilom.), à Boussu et à Hainin. Elle communique, à Hainin, avec le canal de Caraman, défluent de droite qui la rattache au canal de Mons à Condé,
C'est vers la fin du xiii* siècle, lors de la découverte de la houille dans cette contrée, que la navigation commença sur la Haine ; on transportait le charbon à dos jusqu'à la rivière, d'où de petits bateaux le conduisaient à TEscaut. Dès lors, la Haine, qui n était qu'un gros ruisseau tortueux et envasé, s'approfondit peu à peu sous les efforts du halage aidés par le courant. Les premières écluses y furent construites dans la dernière moitié du xvi*' siècle ; au milieu du xvnr siècle, la Haine était canalisée; mais son insuffisance fit décréter en 1807 la construction d'un canal latéral de Mons à Condé.
Le canal de Mons à Condé est slimenlé par une prise d'eau dérivant de la Trouille à Hyon, par deux prises d'eau à la Haine sur le territoire de Mons, enfin par le canal de Caraman, qui part de la Haine, h Hainin, et finit à la Hamaide, au canal de Mons. En outre le canal de Mons est en libre communication avec le canal de Pommerœul à Antoing. Au delà de Mons, il est resté sans issue; cependant, dès 1833, des projets ont été proposés pour le relier de ce côté à la Sambre par la vallée de la Haine ou par celle de la Trouille.
Le canal de Mons à Condé a été spécialement destiné au transport des produits du vaste bassin houiller dont il traverse le centre ; il a été livré à la navigation le 27 novembre 1814 et définitivement terminé en 1818.
Le canal de Pommerœul part du canal de Mons à Condé, à Pommerœul, et finit à l'Escaut, à Péroiuies-lez-Antoing. 11 est à point de partage. Le bief de partage s étend de Blaton à Maubray. 11 est en communication directe avec le canal de Blaton^ qui part, à Blaton, du canal de Pommerœul et finit à Ath, à la Dendre.
L'idée première de ces deux canaux date du commencement du xvnf siècle. Depuis longtemps la navigation, très-active sur la partie belge de la Haine, éprouvait des vexations et des entraves sur la partie française, pour l'entrée des transports dans l'Escaut à Condé. On chercha le moyen de créer, de la Haine à l'Escaut, une navigation indépendante ; on étudia des projets de canaux partant de la Haine vers Antoing et de Jemmapes vers la Dendre à Ath; puis (en 1785) un canal de Mons à Ath ; mais il fut perdu de vue à l'approche de la révolution brabançonne et sous la domination française. L'idée en fut reprise sous le gouvernement hollandais.
La Dendre est canalisée et navigable depuis Ath. Elle est reliée au bassin de Mons par le canal de Blaton à Atli. Déjà en 1643,
le roi d'Espagne Philippe II avait octroyé l'autorisation de rendre la rivière navigable depuis Ath jusqu'à Termonde ; mais ce travail ne fut exécuté alors que depuis Alost.
Le Rupel, qui n'a qu'un parcoursde 12 kilom., a une largeur qui varie de 100 mètres h 230 mètres. La marée se fait sentir sur toute son étendue. Sa profondeur à marée basse va en augmentant depuis 2 mètres jusqu'à 8 mètres; les fortes marées s'élèvent à 4",50 et quelquefois à plus de 5 mètres. Le Rupel est endigué sur toute sa rive gauche et sur une partie de la rive droite.
Les voies navigables avec lesquelles il est en communication sont : le canal de Willebroeck avec le canal de Charleroi, la Dyle avec le canal de Louvain et le Demer, la Nèthe.
Le canal de Willebroeck, à grande section, commence à Bruxelles et finit à Willebroeck, en face de Boom, sur le Rupel; il est alimenté par le canal de Charleroi et par une prise d'eau à la Senne.
C'est au commencement du xV* siècle (1415) que parut le premier projet de canaliser la Senne de Bruxelles jusqu'à la Dyle, pour mettre cette ville en communication navigable avec Anvers, qui était alors très-florissante. Après un commencement d exécution, on l'abandonna pour la construction, en 1477, d'un canal latéral à la rivière. L'opposition de la ville de Malines, puis celle de Vilvorde firent abandonner la direction vers lembouchure de la Dyle et prendre celle de Willebroeck. Ce canal fut inauguré le 12 octobre 1561.
Le canal de Charleroi part de la Sambre, à Dampremy, près de Charleroi, et se termine à Bruxelles, au canal de Bruxelles à Willebroeck. Ce canal a un point de partage qui est situé entre Gouy-lez- Piéton et Seneffe. Le versant de la Sambre a 14,325 mètres; le bief départage (y compris un souterrain de 1,283 mètr.) a 10,840 mètres; le versant de la Senne et de l'Escaut a 49,181 mètres. L'alimentation se fait par les eaux du Piéton, de la Samme, de la Senne et d'un grand nombre de ruisseaux. 11 a, à Seneffe, un embranchement qui se divise en quatre ramifications (environ 15 kilom.) aboutissant à Codenne, à la Croyère, à Hocquet et à la Louvière.
Le canal de Charleroi à Bruxelles a été décrété en 1803, commencé en 1827 et terminé en 1832. Concédé pour un terme de trente-quatre années, il a été repris par l'État en 1839. Ce canal a complété l'importance du canal de Willebroeck, il a mis les charbonnages du bassin du Centre et du bassin de Charleroi en relation avec les marchés de Bruxelles, d'Anvers et de Gand, et a donné à
leur activité un développement considérable. 11 rapporte annuellement un million de fi*ancs au trésor de l*État.
La Djie, depuis le confluent du Demer, à Merchtem, jusqu'à Malines, sur une étendue de 40 kilomètres, a été rendue navigable au moyen de barrages avec pertuis de navigation. En aval* de Malines, elle est navigable de son propre fond par l'effet de la marée. Elle a une dérivation de gauche, le canal de Louvain, et un affluent en partie navigable, le Demer.
Le canal de Louvain part de la Dyle, à Louvain, et se termine au confluent de la Senne et de la Dyle, au Sennegat, en aval de Malines. Il est à grande section. L'alimentation se fait par la Dyle.
C'est au milieu du xvni'' siècle (1749) que les Louvanistes, reconnaissant les difficultés d'améliorer la navigation de la Dyle et constatant les avantages que Bruxelles retirait depuis deux siècles de la construction du canal de Willebroeck, entreprirent la construction d'un canal latéral à la Dyle. Le travail fut commencé en février 1750 et terminé en 1753; mais des défauts de construction en retardèrent l'achèvement définitif jusqu'en 1763.
Le Demer a été rendu navigable sur une étendue de 37 kilomètres, depuis Diest jusqu'à Werchter, par la construction de plusieure barrages. Les premiers travaux d'amélioration de cette rivière furent exécutés au milieu du xvnr siècle (1753-1758); il furent négligés sous la domination française et repris en 1825.
La Nèthe est navigable de son propre fond et subit l'influence de la marée. La Grande-Nèthe porte des bateaux de moins de 30 tonneaux, depuis Westerloo, sur une étendue de 51 kilomètres. La Petite-Nèthe est canalisée sur une étendue de 18 kilomètres depuis Grobbendonck jusqu'à son confluent avec la Grande-Nèthe à Lierre.
Le canal de jonction de la Meuse à VEscaut commence à Bocholt, au canal de Maestricht à Bois-le-Duc, et aboutit à l'Escaut à Anvers. 11 rencontre le Petite-Nèthe à Grobbendonck. L'alimentation se fait par le canal de Maestricht à Bois-le-Duc. 11 fut construit aux frais de l'État, à partir du 3 avril 1843 et ouvert à la navigation, partiellement en octobre 1856, et en totalité en octobre 1859.
Ce canal, appelé aussi canal de la Cam/nwd, a trois embranchements : vers le camp de Beverloo, vers Hasselt et vers Turnhout.
Le système des canaux de la Campine a eu pour but de faire naître, par l'irrigation, la fertilité dans cette région stérile et de créer, en même temps, des moyens de transport peu coûteux pour les besoins de l'agriculture. Déjà au milieu du xvi*' siècle, au temps
de la grande prospérité d'Anvers, il avait été question d'ouvrir un canal entre cette ville et l'intérieur de la Campine, vers Viersel ou Herenthals. Â la même époque, les états de Brabant et de Liège projetaient un canal qui, partant de la Meuse à Smeermaes, irait par Bilsen et le Demer atteindre l'Escaut au confluent du Rupel. En 1803, sur la demande des commerçants de Bruxelles, d'Anvers et de Maestricht, les consuls décrétèrent la construction d'un canal du Nord, faisant jonction de l'Escaut à la Meuse et au Rhin ; mais les travaux commencés furent arrêtés en 4840 par l'influence de la Hollande, dont le nouveau canal devait diminuer le commerce de transit. Le tracé de ce canal était à peu près le même que celui qui a été suivi depuis lors pour le canal de la Campine, d'Anvers à Bocholt, pour le canal du Nord à Venloo et de Venloo vers Neuss.
Sur sa rive gauche, en France, l'Escaut est relié à la Seine par le canal de Saint-Quentin, qui s'étend de Chauny-sur-Oise à Cambrai, et qui établit une communication navigable entre Paris, le nord de la France et la Belgique.
En Belgique, l'Escaut communique directement, sur sa rive gauche, avec quatre voies navigables (cafial d'Espierre, canal de Bossuyt, Lys et Durme), qui par leurs embl^anchements le relient au bassin de l'Yser et à la mer.
Le canal d'Espierre part de l'Escaut, à Espierre, et se termine à la Deule, à Lille. Le point de partage se trouve à Roubaix. L'alimentation se fait par les eaux de la Marcq.
La canal de Bossuyt part de l'Escaut, à Bossuyt, et se termine à la Lys, à Courtrai. 11 coupe l'arête de partage (altit. 32 mètres).
C'est le célèbre Vauban qui, à la fin du xyu!*" siècle, eut le premier l'idée de joindre la basse Deule à l'Escaut par la Marcq et Roubaix. Au commencement du xix*" siècle (4819-1822), les études faites pour joindre la Haine à l'Escaut sur le territoire belge firent penser à établir, par la Lys et ITperlée, une navigation aussi directe que possible du Hainaut vers le port d'Ostende pour l'exportation maritime des produits houillers de cette province, et vers Dunkerque pour l'alimentation du littoral septentrional de la France. De là surgirent plusieurs projets, parmi lesquels celui d'un canal suivant le ruisseau d'Espierre jusqu'à Roubaix, projet qui fut adjugé en partie en 1825, ajourné ensuite, repris en 1837 et exécuté en 4845; celui d'un canal entre Espierre et Menin, Escanaffles ou Bossuyt et Courtrai. Ce dernier projet fut repris en 4832-1834, plusieurs fois remis en question et enfin exécuté en 1860.
La Lys a été rendue navigable au moyen de barrages et d'écluses sur tout son parcours en Belgique (114 kilomètres). Outre le caiial de Bo5^uj/i, cinq canaux s'y rattachent directement; ce sont ceux de ComifieSy deRoulers, de Schipdonck, de Gand à Bruges et de Temeuzen.
Le canal de Comines, partant de Comines, joint la Lys à l'Yperlée, à Ypres.
Le canal de Roulers commence à Roulers, suit en partie le cours du Mandel et aboutit à la Lys, à Wielsbeke. On trouve déjà à la fin du \uf siècle, sous Guy de Dampierre, l'idée d'établir une communication navigable entre l'Yperlée et la Lys par le Mandel ; les habitants d'Ingelmunster avaient obtenu alors l'autorisation d'élargir le lit du Mandel. Cette idée reparut au xvu* siècle (1667 et 1679), en 1774 et en 1806,'comme projet de canal de Comines à Ypres ; elle fut reprise en 1840 et reçut son exécution en 1870. Quant à la canalisation du Mandel, elle fut l'objet d'études sous le règne de Marie- Thérèse (1778) et sous le gouvernement des Pays-Bas. Le projet, également repris en 1840, fut exécuté en 1871.
Le canal de Schipdonck ou canal de Deynze à Heyst part de la Lys en amont de Deynze et se termine à la mer, à l'ouest de Heyst. 11 a été destiné, dans l'origine, à servir de canal d'évacuation autant que de navigation, en détournant du bassin de Gand et en portant directement à la mer une partie des eaux de la Lys. Il traverse, près de Schipdonck, le canal maritime de Gand à Bruges, se confond au delà de Somergem avec la Lieve navigable, dont il suit le cours jusque près du village de Maldegem, et longe, à partir de ce point, le canal d'écoulement de Selzaete à Heyst, en rencontrant, de même que ce dernier canal, celui de Bruges à l'Écluse, à proximité de Damme.
Le canal de Gand à Bruges et le canal de Bruges à Ostende forment une ligne de navigation continue, à grande section, depuis la Lys à Gand jusqu'à la mer à Ostende. Il y a un embranchement servant de canal d'évacuation des eaux du sud de Bruges (16 kilomètres), et un autre embranchement aboutissant au bassin du commerce à Ostende (3 kilomètres).
L'idée première d'un canal partant de Bruges vers l'intérieur remonte à la fin du xni*' siècle. Les Brugeois, alors en pleine prospérité, obtinrent de Louis de Maele l'autorisation de creuser un canal allant de Bruges rejoindre la Lys vers Deynze, sans passer sur le territoire des Gantois; mais ceux-ci détruisirent les travaux commencés. En 1613, sous Albert et Isabelle, les travaux furent repris sur le territoire de Gand, puis de nouveau interrompus, parce que
S48 BKLGlUliK POLmUUE ET SOCIALE.
les Gantois ne tenaient pas à un canal qui, pour aboutir à la mer, devait passer par la ville de Bruges, leur ancienne rivale. Alors les Brugeois, voyant que leur commerce était déchu, que le port de rÉcluse était pour eux sans valeur depuis qu'il appartenait à la Hollande, que leurs tentatives de navigation ver3 l'intérieur étaient arrêtées par les Gantois, se décidèrent à créer seulement une voie de navigation vers le port d'Ostende. Ils construisirent donc, en 1622, un canal allant de Bruges à Plasschendaele,d'où l'on pouvait arriver auportparun chenal; en 1664-1666, ils approfondirent le canal et le prolongèrent jusqu'à Ostende. Le projet de canal de Bruges à Gand fut repris en 1664 et en 1724, et une dernière fois en 1751 sous Marie-Thérèse, pour être complètement terminé en 1758, malgré les observations des villes d'Anvers et de Bruxelles.
Le canal de Bruges à Ostende communique directement avec le caiml de Damine et le canal de Plasschendaele ; celui de Gand, traversé à Schipdonck par le canal de Cé^iwe, communique directement avec le canal de la Lieve.
Le canal de Damme ou canal de Bruges à rÉcluse part de Bruges et se termine au chenal du Z\v\n, au sud-ouest de l'Écluse.
Au X* siècle, un canal de navigation, appelé Bye, accessible aux grands navires, mettait Bruges en relation directe avec le Z\vjn, golfe alors considérable. Vers le commencement du xiv* siècle, cette communication étant devenue insuffisante, les Brugeois construisirent un grand canal allant de leur ville au port de l'Écluse, sur le Zw^n, et ce débouché contribua puissamment au développement de la ville de Bruges. Vers la fin du xv^ siècle (1482), l'étal d'envasement du Zwyn arrêtait déjà les grands navires, et cet envasement continuant amena peu à peu la décadence des ports de l'Écluse et de Bruges. En 1810, l'empereur Napoléon 1" fit commencer un nouveau canal qui, interrompu par la chute de l'empire, fut repris par le gouvernement des Pays-Bas et livré à la navigation en 1818.
Le canal d^ la Lieve part, au hameau du Rabot, du canal de Gand à Bruges et va rejoindre, dans la commune de Somergem, le canal de Deynze, avec lequel la Lieve se confond au delà de ce point.
La Lieve paraît être un ancien lit de la Lys. Au xni* siècle, la ville de Gand voyant que l'envasement graduel du Brackman compromettait ses communications avec la mer, obtint de Marguerite de Constantinople (1251) autorisation de creuser la Lieve en canal pour les grands navires, de Gand par Somergem, Eecloo, Middelbourg et Damme, où le Zwyn arrivait encore avec un chenal profond. Mais
VOIES NAVIGAULES ET KOUTES. ' 8-29
vers la tin du xvi'' siècle (1574), le port de Damme n'était plus qu'un fossé aboutissant au fort de l'Écluse; dès ce moment, la communication avec la mer devenant impossible, la navigation de la Lieve fut abandonnée et se réduisit au transport des approvisionnements des communes de l'intérieur.
Le canal de Tenieuzeii ou canal du Sas de Gand part de la Lys à Gand et se termine à l'Escaut occidental, sous Terneuzen. L'alimentation se fait par les eaux de la Lys et de l'Escaut à Gand; par un ruisseau sous Evergem et par les eaux des terrains riverains.
Le canal fut construit, sous le règne de Charles-Quint (1552), par les Gantois, qui voyaient s'amoindrir la voie de la Lieve par laquelle ils arrivaient aux ports de Damme et de l'Écluse. Mais l'importance du canal du Sas de Gand diminua peu ii peu par suite de l'envasement du Brackman et de ses ramifications vers Axel. En 1817, on reconnut la nécessité de le recreuser et de le prolonger jusqu'à Terneuzen; en 1823, on forma le projet de construire un canal semimaritime partant de Gand et aboutissant au chenal profond de l'Escaut occidental, à. Terneuzen. 11 fut livré à la navigation en 1827.
Le canal de Terneuzen communique, à Mendonck, avec le caiial du MoervaerL Ce dernier part, k Mendonck, du canal de Terneuzen et va se confondre avec la Durme, affluent de l'Escaut, dans la commune de Dacknam. De ce point, la Durme est canalisée; elle passe à Lokeren et va finir dans l'Escaut, à Thielrode. Le canal du Moervaert fut achevé en 1562, et continué jusqu'à Hulst en 1660. il servait à la fois de voie commerciale et de voie d'écoulement des eaux.
Du Moervaert se détachent deux canaux : celui de Langeleede et celui de Stekene, Le premier traverse la commune de Wachtebeke et aboutit à la frontière des Pays-Bas, à la crique de Canisvliet. Il avait été élargi et approfondi au temps de Marie-Thérèse (1778), pour faciliter l'écoulement des eaux de la Lys vers le nord, dans le Canisvliet, Tune des nombreuses criques qui sont en communication dans la Zélande avec l'Escaut occidental. 11 sert aussi à la navigation de bateaux d'un faible tonnage (20 tonneaux). Le canal de Stekene, partant du Moervaert à Moerbeke,fut (construit en 1315 pour étendre jusqu'à Stekene la navigation de la Durme; il fut prolongé en 1638 jusqu'à Hulst, pour être mis en communication avec l'Escaut occidental ; mais la fermeture de ce fleuve, prescrite par le traité de Munster (1648), ayant amené la ruine du commerce assez considérable de la ville de Hulst, cette partie du canal fut abandonnée et peu à peu supprimée par l'elfot des ensablements naturels. Ce canal n'est
donc aujourd'hui qu'une impasse s arrêtant à Stekene (5 kilomètres) et pouvant porter seulement des bateaux d'un faible tonnage.
Bassin de l'Yser. — L'Yser, qui finit dans la mer au-dessous de Nieuport pai' un chenal de 3 kilomètres, est navigable sur tout son parcours en Belgique (41 kilomètres). La partie inférieure est canalisée jusqu'à récluse de mer. Aux basses eaux, le courant est à peine sensible, mais au moment des crues il est très-rapide, surtout entre Dixmude et Nieuport. La profondeur deau va en augmentant, de l-,35 à 1",9d.
Les voies navigables avec lesquelles l'Yser est en communication directe, sont : à droite, 1" YYperlée avec le canal de Boesinghe; 2" le canal de Handzaeme; 3" le canal de Plasschendaele avec le canal de Moerdyk, et le canal de Bourgogne; à gauche, 4** le canal de Nieuport à Duîikerque avec le canal de Loo et le catial de la Basse-Colme,
L'Yperlée n'étant pas navigable naturellement, on a construit latéralement le canal de Boesinghe, dérivation de droite qui, parlant de la rivière à Ypres, va la rejoindre dans la commune de Noordschoote, à l'endroit nommé Dry Grachten (longueur, 12,460 mètres). De ce point, la rivière est canalisée jusqu'à son embouchure dans l'Yser (longueur, 3 kilomètres). L'Yperlée reçoit à Noordschoote le Haenebeek qui est navigable depuis Merckem (3 kilomètres), sous le nom de canal de Merckem,
C'est au xni* siècle que la ville d'Ypres, alors très-prospère, obtint une communication directe avec la mer. La comtesse Marguerite (1 251) fit approfondir TYperlée, d'Ypres à Boesinghe, creuser un canal de Boesinghe à l'Yser, au fort de Knocke, et rendre l'Yser navigable de ce point jusqu'à Nieuport. A différentes époques (1311, 1358, 1385, 1643, 1657,1826, etc.), il a fallu approfondir l'Yser et l'Yperlée pour eu prévenir l'envasement.
Le canal de Handzaeme est la partie inférieure du Crekelbeek, rendue navigable depuis Handzaeme jusqu'à l'Yser, à Dixmude (longueur, 12 kilomètres). 11 reçoit à Essene le Zarrebeek, navigable depuis Zarren, sous le nom de canal de Zarren (2 kilomètres).
Le canal de Plasschendaele à Nieuport communique, dans la commune de Zandvoorde, avec le canal du Waerevaert ou canal de Moerdyk qui commence à Moerdyk. C'est au milieu du xvii* siècle que ce canal fut établi par l'approfondissement et l'élargissement du ruisseau le Waerevaert; mais il ne fut pas entretenu et perdit bientôt son tirantd'eau.Enl827 on enleva les atterrissements qui l'encombraient et on le rendit de nouveau navigable.
Le Waerevaert reçoit, dans la commune de Westkerke, le canal de Bourgogne ou canal de Westkerke, partie inférieure d'un ruisseau, canalisée depuis le pont de Bourgogne. Il a été construit à la même époque que le canal de Moerdyk, comme voie de navigation et voie d'écoulement des eaux.
Le canal de Nieuport à Dunkerque part du chenal de ITser, à Nieuport, et se termine au canal de la Cunette, à Dunkerque, où il se rattache au canal de Duiikerque à Bergues. Il forme, avec le canal de Plasschendaele, une voie de communication intérieure parallèle au rivage de la mer, entre les ports de Dunkerque, de Nieuport et d'Ostende. Cette voie de communication donne lieu à un mouvement commercial assez important, en même temps qu elle sert à l'écoulement des eaux d'une partie de la Flandre occidentale.
La navigation intérieure du littoral occidental de la Flandre, de Bruges à Dunkerque, s'opéra sans importance jusqu'au xyu** siècle par des canaux, ouverts, à diverses époques, plutôt pour l'assèchement des terres et pour l'exploitation agricole que pour le commerce. Au commencement du xyu** siècle, lorsque la ville de Bruges cherchait un débouché non-seulement vers Ostende, mais vers Dunkerque, une entente s'établit entre les trois villes de Bruges, Fumes et Dunkerque, qui firent reconstruire (1640) simultanément et à frais communs les canaux de Plasschendaele à Nieuport et de Nieuport à Furnes et à Dunkerque.
Deux canaux se rattachent, en Belgique, au canal de Nieuport à Dunkerque : 1" le catial de Loo; 2** le canal de la Basse-Colme. Le caiial de Loo ou canal de la Fvitelle à Furnes paraît être un ancien bras de l'Yser. Le canal de la Basse-Colme ou canal de Bergues à Furnes part,àBergues,du canal de la Haute-Colme et n'a plus aujourd'hui grande importance.