VIII. — Dr-acoiitius (fin du cinquième siècle
On a souvent prétendu qu'il était originaire d'Espagne et qu'il écrivait déjà vers l'an 430. C'est une double erreur. Il sortait plutôt d'une riche famille d'Afrique, comme l'atteste l'ancienne inscription d'une poésie intitulée Satisfactioii, qui se trouve à la bibliothèque du Vatican : à Gontamojid, roi des Vandales (484-496), qui l'avait condamné à la prison, dtim essei (auctor) m vinculis. Arevalus, en appliquant cette adresse à Gontharius (mort en 428), roi des Vandales d'Espagne, s'est trompé de pays et d'époque. Les œuvres qu'on lui attribue et qui subsistent encore, révèlent un poète de talent. Saint Isidore de Séville [De scriptor eccles., cap. xxiv), lui attribue d'abord :
1° Un grand ouvrage intitulé : Hexaemeron, en vers hexamètres, sur l'histoire de la création, que Chindasvin, roi des Goths, fit réviser et compléter par Eugène, évéque de Tolède. Un examen attentif du manuscrit de Paris a démontré que ce poème n'est qu'une partie du grand poème De Deo, en trois livres, qui a pour objet la glorification du vrai Dieu et l'éloge
du christianisme. De là vient que le premier livre de cette épopée commence par le tableau de la création du monde d'après la Genèse, qu'il dépeint comme l'ouvrage de l'arnour et de la grâce. Le second livre traite de la miséricorde de Dieu, qui a envoyé son Fils pour effacer et expier les péchés des hommes ; le troisième est une exhortation à louer Dieu, à l'exemple des patriarches, des prophètes et même des grandes âmes du paganisme, à se soumettre à ses desseins et à ses commandements. Le poète commence par l'aveu de ses propres péchés.
2° D'après le manuscrit du Vatican dont nous venons de parler, Dracontius aurait composé dans sa prison un second poème sur le repentir, Satisfactio, en 31G vers. Il s'accuse lui-même d'avoir chanté un roi étranger, au heu des princes de la maison royale des Vandales :
Culpa mihi fuerat dominos reticere modestes Ignotumque mihi scribere vel Dominum.
Puis il adjure le roi d'imiter Dieu dans sa miséricorde, afin que le peuple dise vrai quand il l'appelle un bon roi, rex pius. Ce poème ressemble au premier parla composition et le style, et cette circonstance, jointe à l'aveu de l'auteur, achève de constater son authenticité. — D'autres morceaux qu'on lui attribue aussi, tels que : Metrum de virginitate, de raptu Heïpjiœ, deMedea et Argonautis, sont probablement d'un homonyme.
Un autre poète qui se rapproche de lui, bien qu'un peu antérieur, est Claudius Marins Victor, rhéteur de Marseille, auteur d'un grand poème épique : Libri III carminum, seit commentorii in Genesùri, et d'un autre plus petit : De pervers/s suae eetatis moribus, epistola ad Sabnonem abbatem, qu'on donne aussi comme formant le quatrième livre du premier*.
Dracontii de oiiere seu dierum omnia (avec les libri III de C. M. Victor in Genesin), Paris., 1560; d'après Morelius, "NVeitzius, Sirmond, éd. Rivinus, Lips., 1651, et Bibl. max., Lugd., t. IX; od. Arevalus, Romae, 1791, in-4°; d'après celui-ci, Migrie, sér. lat., t. LX. — On peut consulter aussi les ouvrages allemands de Bœhr, Ebert et Teuffel, déjà mentionnés.
* Tous deux se trouvent dans Bibliolh. max,. t. VIII; éd. Morelius, Paris, 1360, sans ÏEpist. ad Salnwn.; Migne, sér. lat., t. LXI.
LES POÈTES LATINS. — CLAUltlEN MA.A1ERT. 713