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I. — PATROLO(;iE. I i

210 l'AlROLOGIK.

cette ville. Rufiii l'a incorporé dans sa version latine de VHistnire ecclésiastique d'Eusèbe. Son authenticité n'a été contestée que de nos jours, parce qu'Eusèbe et saint Jérôme dans son Catalogne ne le mentionnent point. Cette difficulté est aisée à résoudre : ce symbole n'était destinée qu'à lEglise de Néocésarée, et n'avait qu'un caractère privé.

3. Une Métaphrase sur l'Ecclésiaste , que saint .Jérôme vante comme très-utile, CataL, cap. iav.

A. Une Epîtrc canonique, de 258. Ce sont dix canons où sont indiquées les peines qu'on doit imposer aux pénitents ; l'édition de Voss en contient un onzième, qui manque dans les manuscrits grecs : c'est une explication en forme d'appendice ajouté plus tard'. Nous omettons les écrits notoirement apocryphes.

II. Jules l'Africain, de Nicopolis, en Palestine, était également en commerce épistolaire avec Origènc et avec son successeur à Alexandrie, Héraclas. Origène et saint Jérôme estimaient ses connaissances dans l'Ecriture, et Sozomène^ le compte parmi les historiens ecclésiastiques.

Des cinq hvres de sa Chrouographic, chronique religieuse et profane qui commence à la création du monde et finit en l'an 22 i après Jésus-Christ, il ne reste que des fragments conservés par Eusèbe^ et saint Basile\ Eusèbe et les historiens postérieurs ont souvent utilisé cet estimable ouvrage. Il a servi de modèle à tous les chroniqueurs du moyen âge.

Dans une Lettre à Origène, il conteste raulhenticité de l'histoire de Suzanne, soutenue par Origène dans la lettre précédemment citée.

La Lettre à Aristide a pour objet d'accorder les deux généalogies de Jésus-Christ en saint Matthieu et saint Luc^

Eusèbe, Photius et Suidas lui attribuent encore quatorze, dix-neuf et même vingt-quatre livres de mélanges sur la médecine et l'histoire naturelle. Dupin présume qu'ils sont d'un autour moins ancien, Sexte Africain, attendu que les auteurs ecclésiastiques de cette période ne traitent guère que des sujets religieux; mais peut-être Jules les a-t-il écrits avant sa con-

' Œuvres compL, éd Gérard Voss, Mayence, 1601; Paris, 16-20-1622, infol.; Gallautli, t. 111; Migne, sér. ijr., t. X. — '^ Hisl. eccL, l,xxi. — ^ Demonslr. eraîig., lib. VllI, c. ii; Prxpar. ecang., lib. X, ex.—'' De SpirilH i-anclo, c. XXix. - ^ Ei;seb.. HisL, VI, XXXI.

i.KS i'0i,i';>!isij-s (;nFcs. vmis. knnkmis d'origènk. 211

version. Ruinart prétend que Jules rédigea aussi les actes du martyre de sainte Symphorose et de ses sept fils ; ce point n'est pas suffisamment établi*.

III. Denis, à qui ses contemporains ont donné le surnom de Grand, à cause des services qu'il a rendus à l'Eglise et à la science, et que saint Athanase appelle « le docteur de l'Eglise catholique, » était do noble extraction. Converti par Origène, il étudia la théologie avec une telle ardeur qu'il succéda à Héraclas dans la direction de fécole d'Alexandrie, et fut promu, en 247, au siège épiscopal de cette ville, qu'il occupa pendant dix-sept ans. Dans l'une et lautre fonctions, il combattit avec un égal succès les ennemis intérieurs et extérieurs de l'Eglise. Parmi ces derniers se trouvaient Sabellius, Paul de Samosate et le millénaire Nepos. Le mot de Toir/j-v., dont il se servit pour exprimer les relations du Verbe avec le Père, donna heu à des malentendus et à des reproches, dont il se purgea dans son "EÀE'/xoî •/«'. ÙKoloyix, adressé au pape Denis sous forme de lettre. Il entendait ce mot dans le sens d'engendrer et non dans le sens de faire, de créer, et il résumait sa doctrine en ces termes : « Nous étendons l'unité indivisible à la Trinité, et nous renfermons la Trinité dans l'unité sans la diminuer. Il mourut en

Ses nombreux écrits, mentionnés au Catalogue de saint Jérôme, c. LXix, sont perclus, saufs de légers fragments recueillis dans la Bibliothèque de Gallandi, t. III, dans Routlie, t. II ; dans Aligne, t. X, sér. gr. Nous n'avons de complet que les Lettres à Novatien, dont il blâme durement les tendances schismatiques (Euseb., Hist., VI, xi.v, et VU, via) et ÏEpitre canonique sur la discipline pénitentiaire, adressée à Basilide, évèque de Lybie. Cfr. Mœhler, PatroL, p. 224, avec l'exposé de sa doctrine. Fœrster, Denis le Grand, appendice à sa biographie, dans la Revue de théolog. histor., 1871, p. 42.

IV. Denis eut pour successeur, comme chef de l'école catéchétique d'Alexandrie, Piérius, également distingué par sa piété, sa culture philosophique, sa connais.sance de l'Ecriture et S'tn éloquence ; il rappelait si bien Origène qu'on l'avait surnommé Origène le Jeune. Son enseignement à l'école catéchétique peut se placer entre les années 264 et 282. Dans cette dei'nière année. Théognoste était déjà nommé chef de l'école.

• Voir les iragmeuls dans Origenis npiva, M. De la Rue. t. I : Gallandi, Bibi, t. Il: Migne. >ér. gr.. l. X.

5i'2 l'ATROI.Or.IF..

11 est probable que dès lors Piérius se voua exclusivement à la prédication. Après la persécution de ûioclétien, il passa ses derniers jours à Rome, au dire de saint Jérôme, Catah, ch. lxxvi. Selon Photius, Bibl., cod. 118, il aurait subi le martyre en même temps que son frère Isidore. Saint Epiphane mentionne une église d'Alexandrie qui était dédiée à un saint Piérius, De hœres., LXIX, n.

De ses œuvres littéraires, Photius, loc. cit., et saint Jérôme dans la préface de son Commentaire sur Osée, mentionnent un Traité sur la Vaque et sur le prophète Osée; un Commentaire sur l'évangile de saint Luc et sur la première Epître aux Corinthiens; saint Jérôme signale encore, dans son Commentaire sur saint Matthieu, xxiv, 36, une critique du texte du Nouveau Testament par Piérius. Photius, de son côté, aurait lu un grand ouvrage en douze livres où Piérius, ainsi qu'Origène, enseignait la préexistence de l'âme, et professait dans la Triniié des choses inexactes sur le Saint-Esprit. Photius n'a pas une autorité suffisante pour porter une pareille accusation, à cause du rôle qu'il a joué dans ce débat religieux. Quoi qu'il en soit, nous pouvons, avec saint Jérôme, Epist. lxx adMagn., ranger Piérius parmi les plus célèbres auteurs de l'ancienne Eglise grecque.

V. Ainsi que nous l'avons remarqué ci-dessus, Théognoste fut chargé de l'école catéchétique dès l'an 282. Saint Athanase l'appelle «vrjo ),ôyioç et donne de grands éloges à son activité littéraire et à son zèle admirable pour la science*. Il est étonnant qu'Eusèbe et saint Jérôme ne le mentionnent point. Photius le traite de disciple d'Origène, Bibliotli., cod. 106, sans dire expressément s'il assista à ses leçons ou s'il s'était formé sur ses écrits. Il composa des Institutions théologiques en huit livres, -JTrorjTrwo-Eiç, dout les trois premiers traitent de Dieu le Père et créateur du monde, du Fils et du Saint-Esprit, et de leurs mutelles relations ; le quatrième, de la nature des anges et des démons; le cinquième et le sixième, de l'incarnation du Fils; le septième, àe. creatione Dei.

Les sentiments sont partagés sur la valeur dogmatique de cet ouvrage. Le juge le mieux placé et le plus compétent, saint Athanase , défend son orthodoxie et félicite l'auteur de lui

1 f)(' (Icn-elifi ,V.'c. et Epist. iv ad Sernpion.

LES POLÉMISTES GRECS. — AMIS. ENNEMIS DORIGÈNE. 2i3

avoir fourni, dans cet ouvrage, le terme d'oaoojo-to,-, qu'il recommanda aux Pères du concile do Nicée et justifia devant eux. Ce terme lui semble seulement un peu dur. Ce ne fut que plus tard que saint Grégoire de Nysse y trouva quantité de choses équivoques, Contra Eunom., lib. III, et que Pholius alla jusqu'à lui reprocher d'avoir renouvelé les erreurs d'Origène sur la Trinité et sur la nature des anges et des démons.

Les fragments qui subsistent encore dans saint Athanaso sont recueillis dans Gallandi, Bihlioth., t. III, p. 662-663; Routh, Reliquiœ sacrx, t. III; Migne, série grecq., t. XVIII, Comp. Ceillier, Histoire r/énér. des auteurs sacrés, etc., 2^ édit., t. III, p. 450-452.

YI. Pamphilc, né à Béryle, d'une famille considérable, étudia à l'école catéchétique d'Alexandrie, sous Piérius, appelé le jeune Origène. D'Alexandrie il alla à Césarée, où il fut ordonné prêtre par l'évèque Agapius. Il fit là le plus noble emploi de sa fortune en fondant la célèbre bibliothèque de Césarée, qui contenait un nombre prodigieux de manuscrits et de traductions de la Bible, et les oeuvres d'Origène. Elle fournit à Eusèbe les moyens d'écrire son histoire ecclésiastique d'après les sources ; de là l'intimité qui s'établit entre lui et Pamphile, dont il prit le nom : Eusebius Pamphili, l'ami (le fils) de Pamphile. Plus tard, saint Jérôme puisa aussi dans les trésors de cette bibliothèque. Sous Maximin, Pamphile subit la prison et la torture, et fut martyrisé (309).

Pendant sa captivité, il composa, avec Eusèbe, une apologie d'Origène, en six livres ; le premier seul a été conservé dans la version latine défectueuse de Rufin, qui ne l'attribue qu'à Eusèbe '. Déjà auparavant, Pamphile avait procuré une nouvelle édition des Septante d'après les Hexaples d'Origène. On lui attribue aussi la division des Actes des Apôtres en quarante chapitres, division qui fut propagée par Euthalius, diacre d'Alexandrie (deuxième moitié du cinquième siècle), lequel avait largement compulsé la bibliothèque de Césarée'.

VII. Origène eut pour adversaire Méthodius, cité comme evêque d'Olympie, en Lycie, et de Tyr, en Phénicie. Il souffrit le martyr à Chalcis, dans la Célé-Syrie, en 309, pendant la persécution de Dioclétien, ou, ce qui est plus vraisemblable, sous

' Oriij. opéra, t. IV; Gallandi, t. IV; Migne. t. X et XVII, série gr. — ' Mœhler, Palrologlc

Maximin, en ol 1 . Il a laissé les ouvrages suivants, qui attestent une grande originalité d'esprit, notamment en ce qui concerne la doctrine de l'incarnation et ses rapports avec l'Eglise et les fidèles.

i" Le Banquet des dix Vieroes, ou Symposion, sur l'excellence de la virginité. Cet. écrit, par l'élévation des pensées et la poésie du style, rappelle Platon, à qui l'auteur a emprunté son titre.

Chacune des vierges }• fait un discours à la louange de la virginité, que l'auteur exalte surtout quand elle est consacrée à l'Epoux céleste et à l'Eglise. Jésus-Christ, qui a été l'idéal de l'humanité, a gardé dans la chair sa virginité intacte. De là vient que l'Eglise tient la virginité en si haute estime. — Deutinger en a donné des extraits dans son Esprit, de la tradition chrétieime, t. Il, p. 05-90.

De ses autres ouvrages, nous n'avons que des fragments dans saint Epiphanc * et Photius^. Ce sont : un traité du Libre Arbitre et de l'Origine du mal, contre cette théorie platonicognostique que la matière est éternelle et la source du mal. Le mal, dit Méthodius, vient de l'abus de la liberté et de la désobéisance à Dieu.

De la Résurrection et des Créatures, deux ouvrages contre Origène. Le premier établit la vérité de la résurrection des corps contre ceux qui prétendent que nos corps ne sont que des tuniques de peau dont Dieu revêtit nos premiers parents. L'auteur reproduit souvent les arguments d'Athénagore, tient le milieu entre le spiritualisme outré d'Origène et le spiritualisme grossier des millénaires; il développe quantité de vues intéressantes. Contrairement à cette opinion hérétique, que le corps est la prison de l'àme, la foi chrétienne confesse que l'homme constitue une unité, une synthèse formée du corps et de l'àme ; que la figure humaine est la plus parfaite de toutes les formes qui ont été données aux créatures. Mais quand le péché eut corrompu son premier ouvrage. Dieu voua à la dissolution et à la mort l'une de ses parties constitutives, afin de détruire complètement le péché et de le guérir ensuite en le transformant. Ce n'est donc pas pour toujours que l'ouvrage primitif de Dieu a été anéanti ; il sera renouvelé dans

■• Hœres.j lxiv. — ' Photius, cod. 234-247.

la résurrection. C'est ce que montre saint Paul, quand il dit : « Comme nous avons porté l'imaçe de l'homme terrestre, nous porterons aussi l'image de l'homme céleste. » C'est là ce que signifient ces paroles : « Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. » Or, c'est en vue de notre image céleste qu'aura lieu la résurrection et l'incorruptibilité. A quoi serviraient l'incarnation, la mort et la résurrection de Jésus- Christ, si le corps était complètement anéanti?

Si l'on demande quel sera ce corps ressuscité, s'il doit avoir la même forme que maintenant, à quoi serviront certains membres, puisque les fonctions inférieures qui y correspondent cesseront alors, c'est là une question insensée. On peut répondre à cette question par une autre question : la créature est-elle capable de se rapprocher de l'état spirituel et peut-elle être gloriliée sans être anéantie? — Méthodins termine par ces lignes : Jésus-Christ est mort afin qu'il fût le maître des vivants et des morts, maître des corps qui sont morts et des âmes qui sont vivantes. Si le corps humain est plus noble et plus parfait que celui de toutes les créatures, puisque Dieu l'a formé de sa propre main, et qu'il est l'organe magnitique de l'àme raisonnable, pourquoi ne dure-t-il que si peu de temps, tandis que les corps de plusieurs créatures privées de raison ont souvent une existence beaucoup plus longue ? — Il faut donc conclure que le corps humain continuera de subsister dans un autre temps.

Cet ouvrage est perdu, mais saint Epiphane ' et Photius' eu ont conservé des fragments si étendus qu'on peut se faire une idée exacte de l'ensemble.

Dans le second ouvrage Sur les créatures, Mélhodius combat l'opinion d'Origène sur l'origine du monde, et prouve que les différents ordres de créatures, comme le ciel et la terre, ont une importance éternelle, ôsï rw ©îw — rà «Oâ-jara ylv/j ny.-jxa. o-oVi^Tôat ; c'est pourquoi elles ne seront pas toutes égales dans l'avenir : les hommes ressembleront aux anges, mais ne seront pas changés en eux.

Partout Méthodius s'efforce de faire prévaloir le réalisme chrétien. Imitateur du style de Platon, soit dans le Sijmposion, soit dans ses autres écrits, qui en offrent de fréquentes

' De hseresibus, lxiv. — « Phol., Bibliolh., cod. 234-

réminiscences, >< il ne lui emprunte cependant que la forme '. »

Nous n'avons non plus que des fragments de la Réfutation de Porphyre, des Commentaires sur la Genèse et sur le Cantique des cantiques. On a supposé que le Traité des créatures n'était qu'un extrait de la- réfutation.

Les Homélies pour la présentation du Seigneur au temple 'ou De Simeone et Anna), pour le dimanche des Rameaux et la Passion, sont, pour des raisons intrinsèques et extrinsèques, considérées comme apocryphes.

Voir le Symposion avec tous les fragments réunis et les Prolégomènes dans Gallandi, t. III; Migne, t. XYIII, série gr.; Methodii opéra omnia, Salm. Halle, 1865 (en grec seulement) ; 2' partie : Methodius platonizans, seu platonismus S. Patr. Eccles. (jreec. S. Methodii exemplo illustrât. Malgré les éloges que nous devons à Ritter pour sa collection soignée des textes que Methodius a empruntés à Platon, nous ne considérons pas moins comme fictive l'influence que Platon aurait exercée sur lui. L'auteur s'attribuerait volontiers le mérite d'avoir révélé le premier le platonisme exagéré des Pères de l'Eghse. Cf. Tillemont, t. Y; Ceilher, t. III: Mœhler, Patrologie, p. 780.

IHAVAUX HIS'IORIQUES DU 11' tT D,, \\V SIECLES. § 3?i. Actes de« martyrs et Ifémolre d'ilégféslppe.

Voyez Permaueder, Patrologia specialis, t. 1, part. I, p. 273-303 ; et part. II, p. 681-692.

« Nous avons admiré jusqu'ici, dit Mœhler, qui suit la même division que nous, les progrès victorieux de la foi par la science; dans l'histoire des martyrs, nous verrons, sous une forme plus brillante encore, le môme progrès s'accomplir au sein de la vie pratique. Ce progrès forme donc par son objet, sinon par son étendue, une des parties constitutives de la littérature chrétienne » [Patrol., p. 407).

1 . Outre les nombreux renseignements sur les martyrs, qui remontent aux actes du martyre de saint Ignace, ce témoin

^ Ritter, Histoire de la philosophie chrétienne, t. II.

LES POLÉMISTES CVKECS. — ACTES HliS MARTYRS. 217

héroïque des temps apostoliques, et qui ont été poursuivis ensuite avec de grands développements (Eusèbe se plaît à leur faire des emprunts dans son Histoire ecclésiastique), on avait encore autrefois les Calemlaria martyr um, qui, à raison de leur destination ecclésiastique, ne donnaient que le nom des martyrs de chaque jour. En y ajoutant quelques détails sur leur vie et sur leur mort, on fit ce qu'on appelle les Martyrologes, ou, comme disaient les Grecs, les Ménologes (de ,txY;v , mois), mêlés encore de bien des éléments apocryphes. Le plus célèbre Ménologe grec, comi)osé au neuvième siècle par ordre de l'empereur Basile, fut édité en 1717 sous ce titre : Menoloç/iimi jussu Basilii imper atoris (sa'C. ix) grxce coUecfitm, nunc primum qrœc. et lat. éd. cardinal Hamiibal Alhani, Ilrbini, 17-27, 3 vol. in-fol. Chez les Latins, saint Jérôme, au dire de Cassiodore, est l'auteur du plus ancien Martyrologe.

Chez les Grecs, Siméon Métaphraste, et, en Occident, Jacques de Voragine, dans la Léqende dorée, ayant écrit les Vies des saints et des martyrs suivant les traditions populaires, avaient enregistré bien des détails erronés ou peu acceptables. De là, pour Ruinart ' et pour les Bollandistes', la nécessité de les soumettre à une sévère révision. Le Martyrologe romain, le seul qui fût universel et qui s'étendît à toute l'Eglise, était défectueux à bien des égards.

2. Nous n'avons plus le travail, en cinq livres, composé au deuxième siècle par Hégésippe. Suivant Eusèbe, qui le cite souvent mot à mot \ l'auteur aurait appartenu à la première génération qui succéda aux apôtres. Saint Jérôme * confirme ce sentiment par l'expression de vicinus apostolorum. Pour mieux s'assurer de la doctrine traditionnelle des apôtres, il avait entrepris de grands voyages et avait longtemps séjourné à Rome, ce qui donne un grand prix à ses documents. Le terme {VvT:oiJ.'jT,u.7-irT</.u.vjo;, dont Eusèbe qualifie sa méthode, et ce passage de saint Jérôme : Oinnes a passione Domini usque adsuam œtatem ecclesiasticorum actuum tejce?is historias.

* In acto primorum martfiram sincera el selecta. Amsterd., i"13. et ailleurs. Aita sanctorum per menses digesla. Mentionnons aussi la correction du Martyrologe par Benoît XIV. — "■ Edité par Barouius sur l'ordre de Grégoire XIII, en 1586. Edit. augm. par Hérab. Rosweid, S. J. Nouv. édit., Malines, 1846, Ratisb., 1847 et 1838. — 'f/^s^, IV.xxii: Routh, Reliqtiiae sacrae. II. — * CnUtl, n et xxii.

font supposer que son ouvrage était intitulé : '\T:oavr.'^a.ra z'^^

Cf. Jess, Valeur historique d'Hégésippe fNiedner, Revue de théol. hisf.. 1865, p. 1).

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