AUTEURS LATINS. — CORNEILLE, ETIENNE, DENIS
S.-Xav., Rom., 175b. Edit. portât, par Oberthui-, Patr. lat., 2 vol., arec de nombreux textes parallèles de Cicéron, par Bunemann, Leips., 1739, par Fritzsche, Leips., 1842, 2 vol.; Migne, sér. lat., t. VI et VII. Cf. Stœckl, Philos, de l'ère patrist., p. 249; VS'œrter, lac. cit.
§ i3. Corneille, Etienne e( Denis, évê<|aes de Rome.
Epistolœ rontanoi'um Pontificum, par P. Constant, Paris, 1721, continuées par Thiel, Lips., 1867.
Outre les ouvrages grecs écrits à Rome par les auteurs déjà mentionnés (Hermas, Hippolyte, Gains), il nous reste à citer quelques productions grecques et latines dues aux trois papes placés en tête de ce paragraphe.
1. Corneille (251-252), originaire de Rome, a écrit plusieurs lettres à saint Cyprien, évêque de Carthage, et à Fabien, évèque d'Antioche, sur l'hérétique Novatien, qu'il avait excommunié '. C'est le pape Corneille qui a dit : Unus Deiis, imus Christus, nm(s episcopiis; « Un Dieu, un Christ, un évèque'. » « Lorsque les factieux entreprenaient de diviser l'épiscopat, dit Bossuet sur ce passage, une voix commune de toute l'Eglise et de tout le peuple fidèle s'élevait contre cet attentat sacrilège par ces paroles remarquables'. »
2. Etienne (253-257) écrivit aux évèques des Gaules à propos du schisme soulevé à Arles par Marcien, et plusieurs lettres sur la validité du baptême des hérétiques, à Firmilien, évêque de Césarée, à saint Cyprien.
Il n'en reste que des fragments \
3. Denis (259-269) adressa : i° aux Eglises d'Egypte une lettre encyclique contre les sabelliens, où nous lisons ce remarquable passage sur la sainte Trinité : « La sainte et admirable unité ne doit pas être partagée en trois dieux, ni la dignité et la grandeur suréminente du Seigneur ravalée par (le terme de) T^oiT,;j.cr.; mais il faut croire à Dieu Père tout-puissant, et à Jésus-Christ, son Fils, et au Saint-Esprit, et que le Yerbe est uni au Dieu de l'univers; » 2° une lettre à Denis d'Alexandrie, où il le blâme d'avoir employé le terme T^oivy.a. en parlant de Jésus-Christ ; 3" une lettre à l'Eglise de Césarée pour consoler
<Dans Coustant et Gallandi, Bibl, t. III; Routh, t. III; Migne; série lat., t. VII. — * Epist. ad Cypr. — ' Cit. du trad. Cf. Bossuet, Orais. funèb. du P. Bourgoin. — * Dans saint Cvprien. Ep.. n. 73 et 75; Eusèbe, Bi$l., VII, V.
les fidèles des maux que leur avait attirés l'invasion des barbares * .
Ces trois hommes, identiques par leurs traits généraux, offrent cependant des différences considérables quant à leur caractère personnel et à leur tendance.
§ ii. Coap d'œil rétrospectif.
Les auteurs que nous avons étudiés jusqu'ici, malgré la différence des esprits et des opinions, ont une communauté de vues qu'il est impossible de méconnaître : tendre à un même but par la liberté et la variété, tel est le trait distinctif de l'ancienne littérature chrétienne. Les Pères et les écrivains de ce temps ne croyaient pas que la science chrétienne fut définitivement constituée ; ils pensaient, au contraire, qu'on y avançait progressivement sous la double influence de l'Esprit d'en haut et.des efforts personnels. S'il arrivait qu'on s'éloignât de la tradition une et immuable, l'Eghse s'en apercevait bientôt, et, en des termes plus ou moins doux ou sévères, se hâtait de rappeler dans la bonne voie les esprits fourvoyés. Elle le fit surtout à propos de la doctrine du Verbe, dont on se faisait des idées inexactes, en tombant dans le subordinatianisme et le dithéisme. Sur la Trinité, on était généralement plus correct, malgré certaines tendances vers l'ontologisme.
' Gallandi, Bibi, t. III: Rœssier, Bibl. des Pères de l'Egl, 2 vol., p. 281.
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