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ÉCRIVAINS ORIENTAIX. — S. GRÉGOIRE DE NAZIANZE

harmonie des psaumes, veilles pieuses, sainteté des vierges, modestie des femmes, assemblée des orphelins et des veuves, regards des pauvres tournés vers Dieu et vers moi ; adieu, maisons hospitalières, amies du Christ et secourables à mon infirmité ! Adieu, cité souveraine et amie du Christ. Adieu, Orient et Occident, pour lesquels j'ai combattu et par qui je suis accablé ! »

Grégoire se retira à Nazianze, où il dirigea la communauté de ce lieu et la défendit contre l'envahissement des apollinaristes, jusqu'au moment où, à sa demande, les évêques de sa province l'eurent remplacé par son cousin Eulalius. Il passa le reste de ses jours à Arianze, sur le domaine de ses pères, qu'il affectionnait particulièrement, et mourut entre les années 389 et 390.

Ouvrages de saint Grégoire de Nazianze.

1 . Ce sont d'abord quarante-cinq discours ou traités dogmatiques et polémiques sur la divinité du Fils et du Saint-Esprit, et sur leurs relations avec le Père dans la Trinité des personnes. Les discours xxvii-xxxi, dirigés contre les eunomiens et les macédoniens, et appelés théologiques, sont les plus célèbres. Grégoire « y défend avec une force invincible, dans sa manière précise et serrée, la théologie des chrétiens sur le mystère de la Trinité*. »

Sous forme apologétique, nous avons les deux Discours contre l'empereur Jidieji, cités ordinairement sous le titre de Invectivse contra hdianum imperatorem. Cet homme abominable, qu'il avait connu à Athènes, lui inspirait une si vive répulsion qu'il avait prononcé ce mot prophétique : « Quelle calamité se prépare le peuple romain ! »

Maintenant que Julien, devenu maître absolu, manifeste ouvertement sa haine et son mépris pour le christianisme, et les appHque avec une sacrilège arrogance afin de renverser le christianisme, Grégoire, plein de zèle pour la maison de Dieu, s'élève contre lui avec un accent amer et indigné. Comme savant et comme théologien, il combattit surtout ce fameux édit en vertu duquel Julien interdisait aux chrétiens le culte des lettres grecques. « Quiconque a le sentiment des joies de

< Bossuet. (Citation du trad.J

l'étude et de la science, dit-il, partagera certainement mon indignation. Sans réfléchir, je sacrifie volontiers tous les autres avantages ; richesses, naissance, gloire ; la science est à mes yeux d une valeur plus haute et plus réelle. A quoi songeait donc cet homme, dont l'insensibilité n'avait d'égal que sa haine irréconciliable contre le christianisme ? Quel était donc son dessein quand il voulait nous fermer les canaux de la science ' ? »

Une autre apologie toute personnelle est celle de la fuite, dont nous avons parlé plus haut\ Le rapport de ce traité sur le sacerdoce avec les ouvrages analogues de saint Chrysostome et de saint Grégoire le Grand est parfaitement marqué dans 1 avertissement dont il est précédé dans l'édition bénédictine : « Saint Chrysostome, dans les six livres Sur le sacerdoce, et saint Grégoire le Grand, dans les quatre livres de la Sollicitude "pastorale, ont tellement puisé dans cet excellent ouvrage, ils ont si bien exprimé celui qu'ils semblent avoir pris pour modèle, qu'ils ne paraissent guère avoir fait autre chose que développer et amplifier ce qui avait été dit par le Théologien avec plus de netteté, de concision et de vigueur. » Pour saint Grégoire de Nazianze, le sacerdoce est « l'art des arts et la science des sciences » (ch. xvi) ; il exige les plus hautes qualités, il implique les plus graves dangers et assume la plus lourde responsabilité. « Il faut être pur avant de purifier les autres ; il faut être rempli de la sagesse avant de l'enseigner aux autres ; il faut être une lumière pour pouvoir éclairer autrui ; il faut s'être approché de Dieu si l'on veut conduire les autres à lui ; il faut s'être sanctifié soi-même, quand on veut sanctifier les autres, les conduire, les conseiller. »

Une autre partie de ses discours renferme les Sermons pour les fêtes du Seigneur, pour les fêtes des saints et des martyrs, ou les discours d'occasion, d'installation, d'adieu, de condoléance ; sur l'amour du prochain , le soulagement des pauvres, etc. Il faut signaler aussi, à raison de leur caractère exceptionnel, les discours funèbres qu'il a prononcés sur son frère Césaire, sur sa sœur Gorgonie, sur son père, en présence de saint Basile, et sur saint Basile lui-même ; il inaugm'ait ainsi dans la littérature chrétienne une nouvelle forme

' Orai. IV conlr. Jul.; prior inveciiva, c XCVI-CV. — * Orat. ii, éd. Ben.

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